jeudi 15 mai 2008

Une date, un lieu : Paris se barricade en 1968, en 1848, en 1648, en 1588...

Joli mois de mai, qui fut aussi celui des barricades certaines années.....
En effet Paris a barré ses rues à maintes reprises au cours de son histoire. En mai 1968 dont on parle beaucoup en ce moment..... Mais aussi en 1871 (Commune), en 1848 (Révolution "romantique"), en 1648 (Fronde).....
La première barricade, digne de ce nom, date de mai 1588. c'est elle qui a lance cette "spécialité parisienne". Elle fut initiée au Quartier latin par les étudiants parisiens et leurs professeurs...
Le matin du 12 mai, les étudiants parisiens et leurs professeurs, suivis par les parlementaires et les bourgeois se regroupent autour de la place Maubert. Craignant une agression de l'armée royale, ils barrent les rues en tendant des chaînes et en entassant des objets divers. C'est une première dans l'Histoire de Paris et de la France.

L'émeute reste connue sous le nom de «journée des barricades».
Le mot lui-même est forgé à cette occasion à partir de barriques,
l'un des objets les plus utilisés par les émeutiers pour barrer les rues.....
Suivront les journées de Juillet 1648, pas moins de 1260 barricades bloquent le Palais-Royal où réside Mazarin.....
Celles de Février 1848... Les barricades se multiplient......
Mai 1871... quartier du Point du Jour, à Boulogne.Les Versaillais ont en face d'eux une dizaine de milliers de fédérés déterminés. Ils doivent conquérir les barricades l'une après l'autre.
Enfin Mai 1968..... sur lequel je ne m'étendrai pas. A l'époque, nous travaillons Jean Pierre et moi au centre de Bruyères-le-Châtel (CEA). Une période qui reste pour moi étonnante quand les AG se tenaient presque au quotidien et où nos revendications recevaient presque toutes une réponse positive. N'habitant pas Paris, nous suivions cela à la télé. Seule rencontre avec ces barricades, un soir où nous allions dîner chez des amis près du Sénat, notre véhicule bloqué au milieu de la foule ! Très inconfortable..... dans nos familles, Jean-Claude Boulloud et Jean-Baptiste Thorel, alors étudiants ont vécu cela au plus près et pourraient en parler mieux que moi.

lundi 12 mai 2008

Exposition Kiraz avec Sylvie

Auteur-réalisatrice, Sylvie Boulloud nous invite à visiter l'exposition consacrée au dessinateur Kiraz..... Sylvie est la fille d'André, un frère de Jean-Pierre. Voici quelques extraits de son communiqué de presse. Si vous êtes en région parisienne ou si vous avez l'occasion de venir dans la capitale entre le 14 mai et le 21 septembre 2008, alors rendez-visite aux Parisiennes de Kiraz.....
Qui ne les a pas croisées en feuilletant un magazine ou aperçues au coin d'une rue sur des affiches publicitaires, ou encore au détour d'une page de magazine ?

Piquantes, délurées et sensuelles, la silhouette reconnaissable entre mille, elles ont fait la réputation de leur créateur, Edmond Kiraz. Nées dans les années 1950, d'un trait de crayon et d'éclats de couleur, les Parisiennes entrent dans la légende à partir des années 60 où on les retrouve dans de nombreux magazines. Souvenez-vous, on les trouvait partout dans Jours de France, Marie-Claire , Paris-Match . Les plus jeunes ont du les rencontrer dans Gala. Par contre, comme moi, peut-être vous souvenez-vous les avoir retrouvées en tant que stars de la publicité : Canderel, Clio, Chipie, Nivéa...
Fidèles à l'esprit de Paris qui les caractérise, les filles de Kiraz s'invitent dans le plus parisien des musées de la capitale. Cette exposition est l'occasion unique de découvrir les Parisiennes sous toutes les coutures : intemporelles dans leur féminité, indémodables dans leurs styles et déconcertantes d'actualité dans leurs propos.
Gouaches originales, peintures inédites, dessins, reportages, croquis, photographies, coupures de presse, affiches publicitaires.. : près de 130 oeuvres présentent toute une vie de travail passionné de Kiraz.
Je ne peux m'empêcher d'évoquer auprès de Kiraz, le dessinateur Peynet. Ses amoureux ont aussi fait le tour du monde... mais je m'égare ! Allez voir nos petites Parisiennes.....

samedi 10 mai 2008

Vacances de printemps...

Flash-back..... nous voici le jeudi 18 avril sur l'autoroute en direction du Morbihan. Il fait beau, tous les espoirs sont permis, les vacances l'année dernière à pareille époque avaient été estivales. On y croit ! Pas de chance vendredi 19, c'est la pluie qui nous réveille ! Zut.....
Samedi 20 avril, les premiers arrivent en train, Christel et sa petite famille. Jean-Michel a du renoncer à les accompagner ayant du prendre la direction des USA pour raisons professionnelles. Christel ne s'attardera pas reprenant le train le lendemain à l'heure ou Céline arrivera à son tour avec ses enfants. Même tableau, le papa retenu, cette fois à Paris. Céline a pris deux semaines de vacances ce qui nous permettra de profiter de sa présence et de son aide ! Elle s'absentera toutefois quelques jours pour rendre visite à sa belle-soeur Catherine dite "cathy" à Concarneau.
Tous les acteurs sont en lices..... la météo n'est pas particulièrement optimiste mais dans l'instant, c'est un temps d'avril correct "ne te découvres pas d'un fil !".
Repas en famille et au quotidien... haut-lieu du partage en tous genres et toutes tonalités !
Et selon les jours et les instants, les activités se diversifient....




Emilie et Margaux nous montrent leurs talents d'architecte... jusqu'ici exercice plutôt pratiqué par les garçons au point qu'on ne peut plus circuler dans certains endroits qu'avec d'infinies précautions !
Bravo les filles !


Un autre jour nous est proposé un spectacle où chacun s'exprime selon ses goùts et sa spécialité. Margaux pratique la danse classique. Emilie a choisi la gymnastique rythmique et sportive. Enfin tous s'exercent à la nouveauté du moment qui, si Mamie a bien compris, se nomme "tectonique"... ! au final tous les acteurs se réunissent pour saluer l'assistance.....










Le jardin a aussi sa part au jour le jour, terrain privilégié pour mesurer son talent à celui de sa cousine..... Pas mal n'est-ce pas !


Et les jours succèdent aux jours avec la joie d'être réunis regrettant toutefois les absents mais on leur racontera, on prend des photos à leur intention, etc.....Arrive le 1er mai où nous accueillons Christel et Corinne (le 2). l'occasion d'un repas "amélioré" précédé d'un apéritif convivial.


Sur le premier cliché...Corinne, Emilie, Céline, Christel et Clément, les grands-parents, Baptiste et Gautier... Margaux prend la photo... on l'a retrouve sur la seconde photo. Cette fois, c'est Emilie qui filme !
Ne soyez pas étonnés de voir des visages aux couleurs de la France. Corinne revenue des Etats-Unis a apporté à ses neveux un tube "trois couleurs" à utiliser au jour des JO de Pékin en août prochain, jeux qu'elle commentera pour Europe 1. Quelques-uns, avec elle, ont juste pris une longueur d'avance !.....
Jours de vacances... jours de détente et farniente..... mais pas au même endroit ! Les mamans ou la tante préfèrent abuser du soleil printannier... les garçons privilégient la compagnie de leur "Nitendo DS" dans leur chambre !..... restant sourds aux appels des aînés à venir pousser le ballon dehors, jouer au croquet, aux boules, au volant... que sais-je à profiter de l'air marin... dur...dur ces pousses d'ados ! mais Mamie a bonne mémoire et se souvient de sa "grogne" lorsque ses filles préféraient rester écouter de la musique dans leur chambre au lieu de profiter du grand jardin à Ozoir ! Mais oui....Enfin, il y a la plage avec un temps parfois un peu frisquet..... Bof, c'est tellement tonique un bol d'air marin et puis on s'éclate entre cousins.....
Mais voilà le 2 mai et les vacances se terminent. Demain, nous accompagnerons Christel, Céline et leurs enfants à la gare de Vannes où le TGV les attend ! Nous reprendrons, un peu tristes, la route de Saint-Gildas où nous y prendrons un peu de repos, ferons quelques petits travaux avant de regagner, à notre tour la Francilie. Auparavant, nous aurons la visite de ma soeur Mady et de son époux Michel Fraisseix que nous irons "saluer" nous-mêmes avant notre départ. A +

Jean-Claude et Klasien chez les indiens.....

Jean-Claude Boulloud et Klasien rentrent d’un voyage en mars-avril aux USA….
Ils nous envoient quelques clichés de leur périple. Un séjour qui ne leur donne qu’une envie … y retourner... on les comprend !








à gauche : Klasien et Tineke ... à droite : un paysage classique de l'Arizona
Pour ceux ou celles qui n'appartiennent pas à la "bulle" Boulloud... Jean-Claude est le fils aîné du frère aîné de Jean-Pierre, vous me suivez ! Un très jeune neveu puisqu’il n’a que 10 ans de moins que son oncle, c’est dire les bonnes parties partagées « avant-hier ».
Jean-Claude a épousé en 1967 une sympathique hollandaise Klasien de six ans ma cadette, nos liens étant plus proches d’un cousinage rapproché que de liens hiérarchiques « tradi » ! Tineke, la soeur de Klasien réside dans l'Utah et habite près de St-Georges dans la campagne. Elle a 12 chevaux, mules, ânes, 2 chèvres, 2 chiens, 4 chats... Waouh !
La boîte aux lettres à 10 miles soit environ 16 kms ! parcourus à cheval ou en 4x4 bien sûr ! pas simple à concevoir pour nous, européens qui n'avons guère plus de 50 mètres à parcourir pour relever notre courrier.
St-George est dans le sud de l'Utah, vers le Nevada, c'est la deuxième ville de l'Utah après Salt Lake City plus au nord. C'est une capitale mormone ( 80% de la population).
Ils se sont alors baladés dix jours dans les territoires indiens surtout ( Utah, Arizona, New Mexico et Colorado). Cette ballade leur a fait découvrir de près les indiens Navajos, Hoppis, Acumas etc.

Paysages somptueux de l'Ouest, nous écrit Jean-Claude !

Faut-il essayer de décrire Monument Valley, quand le site a été la scène de tant de longs métrages et de clips publicitaires. Le premier film tourné ici fut la "Chevauchée Fantastique" qui contribua à rendre John Wayne célèbre, dès 1938. Depuis, y furent notamment tournés les célèbres " Il était une fois dans l'Ouest ", de Sergio Leone et " La Prisonnière du Désert " de John Ford. Depuis quelques années, on y filme de nombreux spots publicitaires : la pureté dépouillée du décor, les couleurs chaudes, l'image de l'Ouest américain mettent les produits en valeur. Pour le monde entier, Monument Valley est un symbole. A cheval sur la frontière de l'Utah et de l'Arizona, à la limite de la réserve navajo, Monument Valley appartient aux indiens, qui exploitent le site.
La beauté devant moi fasse que je marche
La beauté derrière moi fasse que je marche
La beauté au-dessus de moi fasse que je marche
La beauté au-dessous de moi fasse que je marche
La beauté tout autour de moi fasse que je marche
( chant shaman navajo )


Jean-Claude ajoute "Nous avons eu la chance d'assister à une de leur cérémonie d'appel à la pluie. Nous étions les seuls visages pâles..." Pas de photos de la cérémonie,ni des acteurs... et tant mieux ! participer à des cérémonies rituelles ou visiter des campements met souvent le touriste dans une situation de "voyeur" pas vraiment confortable. Nous l'avons vécu à la frontière de la Thaïlande et de la Birmanie appelés à visiter la réserve où sont parqués les "Karens" (et leurs "femmes-girafes"), un peuple persécuté par la dictature militaire birmane. Intolérable ! Nos voyageurs remarquent encore que la plupart des indiens sont chrétiens. Hé! oui il fut un temps où cette terre était une terre de mission ! Il est probable que cet "appel à la pluie" soit le fait des tribus Hopis qui habitent en plein centre de la réserve navajos. Leur présence est d'ailleurs antérieure à celle des navajos et ils descendent, dit-on des Anasazis qui vivaient dans des villages constitués de maisons en briques de terre installés à l’abri des falaises des canyons. comme le montre la photo.....

Alors demandai-je ... et eux comment allaient-ils chercher leur courrier !!! "Ils avaient des échelles faites avec des fibres de Yuca. On voit aussi qu'il faisaient des petites encoches dans la roches, ils grimpaient et descendaient comme cela ( "toes tracks").....dingues !" me répond Jean-Claude.

Enfin, nos voyageurs ont pu observer que le prix de l'essence les handicape encore plus que nous, les transports en communs n'existant pas dans le coin... Logique, non !

vendredi 9 mai 2008

Une petite fille et le 8 Mai

Si je vous ai parlé du 8 mai, ce n'est pas pour en souligner le symbole, les médias sont là pour çà. Pas davantage pour en retracer les tribulations mais plutôt pour me permettre d'y voir plus clair avec vous. Car figurez-vous que, pendant bien des années, cette date n'a pas représenté autre chose pour moi qu'un jour férié que nos gouvernants nous donnaient ou nous retiraient selon l'air du temps. Joie ou déception !.... La seule date qui, dans mon souvenir, évoquait la fin de la guerre était le jour de la Libération de Rennes, le 4 août 1944. Je m'étais réveillée le 5 août, jour anniversaire de mes 7 ans libérée sans évidemment en bien saisir le sens. J'avais compris tout de même que les bombardements subis, le séjour à la cave tout cela était terminé, que je pourrai suivre des classes normalement et qu'on ne croiserait plus dans la rue ces hommes qui me faisaient si peur, les"miliciens". J'ignorai leur rôle mais j'avais saisi à travers l'attitude de mes parents que c'étaient des gens dangereux ! Les enfants ressentent ces choses-là.....
Alors, il me fallait redonner au 8 mai la place qui lui revient dans la mémoire familiale par le biais des archives familiales et que je n'aurai su lui donner avec les seuls souvenirs d'une enfant de 7 ans.
Ce que j'ai compris aujourd'hui (enfin un peu avant tout de même !) c'est que ce 8 mai fut pour beaucoup de nos aînés le chemin de la liberté ou même de la liberté tout court et..... ce n'est pas rien ! Je n'en citerai que quelques-uns, les plus proches..... d'autres ne sont pas revenus.....
Ils sont souffert ... Ne les oublions pas !
Georges Boulloud, frère aîné de Jean-Pierre qui nous a quitté en novembre dernier rencontre sa femme en 1942. Cette même année, la Kommandantur d'Enghien recherche les jeunes gens en âge de partir au S.T.O (Service du travail obligatoire). Emile, mon beau-père, cadre dans une société de forages miniers a des relations avec les sociétés minières. Georges part travailler au fond d'une mine de charbon près de Saint-Etienne. Mariage en 1943 et trois jours après le mariage...la mine! Claude le rejoint durant les vacances et se souvient du petit hôtel où ils se retrouvaient: l'hôtel Chirac! Les choses devinrent plus difficiles quand l'hôtel fut réquisitionné par les Allemands.Quand Claude fut enceinte (Jean-Claude naîtra en juillet 1944), Georges voulut rejoindre sa femme. Mais comment faire quand les Allemands interrogeaient Claude. Où est votre mari? Alors le directeur de la sucrerie voisine embaucha Georges justifiant ainsi sa présence. Il y remplit diverses tâches avant de pouvoir enfin vivre au grand jour.

Michel Thorel, oncle Michel, le petit frère de maman..... En décembre 40, sa famille sait qu'il est prisonnier dans un camp à Saint-Brieuc. En 1941, interné au stalag XVIIB à Gneixendorf (près de Wiesbaden) avant d'être envoyé dans une ferme pour y travailler comme prisonnier. A partir d'octobre 41, il travaille chez un tonnelier, un travail qui lui plaît davantage que l'agriculture. Les années passent, en mars 43, Michel toujours prisonnier apprend le décès de Madeleine, sa maman. Immense douleur qu'il partage de loin avec frères et soeurs. Il apprend encore le terrible bombardement de Rennes et veut espérer qu'il n'est rien arrivé à Geneviève et à sa famille. Ce n'est qu'en décembre 1944, quatre mois après leur libération qu'il sera rassuré sur le sort des Rennais. Par contre le danger aérien devient de plus en plus menaçant pour lui mais "il prend des précautions. J'ai confiance au Bon Dieu et je mets mon espoir en lui seul". Michel rentre à Paris dans la nuit du 15 au 16 Avril 1945. Il se rend chez sa soeur Anne-Marie qui l'hébergera jusqu'à son retour au noviciat d'Athis Mons un peu plus tard. Auparavant, il a maintes démarches à faire et il faut songer à troquer sa tenue militaire pour un habit civil. Le jour du 8 mai 1945, il écoute à la Radio le discours du Général de Gaulle et l'hymne national. Puis le lendemain, il entend le Te Deum de la Victoire à Notre-Dame, le Regina Coeli et pour terminer l'hymne national. Michel est heureux d'entendre à nouveau de beaux chants dont il a été privé si longtemps.

Xavier Thorel alias oncle Xavier, autre frère de maman qui, épris d'aventure, s'est engagé en 1938. A cette date, il est caporal chef au 23è RIC cantonné au Fort d'Ivry. Il rêve de partir au loin et sera envoyé en Indochine. Xavier écrit : "Que sont les conventions sociales, la vie actuelle en France, vie embarassée de préjugés, de racontars et de défiance. A lui, les horizons larges et les espoirs sans limites !" La famille reste sans nouvelles de 39 à 46. L'inquiétude est grande de le savoir prisonnier des japonais !..... Mars 46, Xavier peut enfin rassurer les siens qui se préparent à le serrer dans leurs bras et faire connaissance de son petit François, né en 1941. Des inquiétudes pour ce petit bonhomme dont l'état de santé est préoccupant. Joie du retour mais peine de laisser derrière lui la maman de François, décédée et de ne plus retrouver sa mère, Madeleine (+ janv. 43) ainsi que la maison de Courbevoie où, tous ensemble, ils ont laissé tant de souvenirs. Geneviève ajoute qu'il trouvera une famille aggrandie, des neveux, des nièces qui "attendent avec impatience ce nouveau petit cousin" et elle ajoute "Tu es paré de tout le charme que représente l'inconnu du pays où tu as vécu". Et c'est vrai que du charme, il en eut cet oncle qui, plusieurs années durant partagera nos vacances enfantines et nos jeux sur la plage. Nous l'adorions ! Il rencontra un peu plus tard Edith et ils nous offrirons alors quatre ravissantes petites cousines.

Bernard Thorel, frère des précédents.... En 1939, c'est à son tour d'être mobilisé et envoyé sur le Front mais son moral est excellent. Et ce n'est qu'en 1941 que la famille connaîtra les circonstances tragiques au cours desquelles Bernard fut fait prisonnier le 21/06/1940 sur la ligne des Vosges. En août 42, un prisonnier qui était dans le même camp que Bernard et qui a été libéré, donne de ses nouvelles à sa mère... "La santé et le moral sont bons mais il faut pour cela la grâce du Bon Dieu car leur vie est bien dure. Envoyez-lui des colis car la nourriture est insuffisante." Ses coordonnées Lieutenant B. Thorel, n°3779, camp Kriegsgef, Offizierlager VI A à Soest (Westphalie). Il y apprendra la venue au monde d'un nouveau neveu, un petit Michel au foyer de Geneviève et d'Yves à Rennes. Arrive avril 1945, Bernard écrit "enfin libre! enfin retrouvées des conditions d'existence moins anormales!" Il est toujours à Soest car il a choisi d'y rester en arrière-garde au lieu de rentrer de suite à Paris. Il reste pour assurer la vie religieuse de milliers de français et de françaises dispersés dans la région et qui, dès leur libération, ont commençé à se regrouper autour d'eux. Soest est devenu un point de départ et de mise en route pour la France. Bernard espère tout de même être à Paris vers la mi-mai. Bernard rentrera en France le 13 mai 1945 dans la nuit. A l'inverse de son frère Michel, il est moralement moins atteint mais davantage physiquement. Peu importe, il est libre !

D'autres ne sont pas rentrés.... et n'auront pas goûté cette liberté commémorée le 8 mai mais à laquelle ils ont contribué par leur sacrifice.
Ne les oublions pas !
Georges de Chappotin (lien collatéral par les Noury), Capitaine au long cours, son bateau avait été immobilisé en Afrique du Nord par le débarquement allié de novembre 1942. Il perdra la vie sur son navire dans les combats liés à ce débarquement à Casablanca.
Quelques semaines avant la disparition de son père Jean-Claude de Chappotin sera arrêté par les nazis et déporté en Allemagne pour avoir fait passer la frontière espagnole, à travers la montagne, à nombre de personnes. Il avait dix-huit ans.
Hippolyte d'Estibayre, parent de la Jean-Michel Dulac, époux de notre fille Christel, trouva la mort le 19/12/1944 dans l'Est de la France au "Col du Bonhomme".
Roger Laurance (petit-fils d'une soeur de mon arrière-grand-mère maternelle née Bressel). Décédé en mars 1945 au camp de concentration de Buchenwald des suites de la dysenterie ou de mauvais traitements subis par les Nazis à l'heure de l'avancée des Alliés.

jeudi 8 mai 2008

De Rouen à Lyon ou de Lyon à Rouen ou ....?

La généalogie ressemble à un gigantesque jeu de piste qui vous emmène sur des chemins parfois inattendus. Il est coutumier d'entendre dire que jusqu'au 20è siècle, les gens bougeaient si peu qu'il était aisé de les localiser. Nenni.... car si il est exact que la sédentarité était grande, certains partaient saisir leur chance ailleurs souvent assez loin de leur terroir d'origine (cf. le parcours de Etienne Vital Rabillon sur ce blog en janvier dernier). Alors commence une longue traque !... pour retrouver la trace perdue par la famille. Un travail de longue haleine et passionnant qui peut demander des années. Je pourrai ainsi citer maints et maints exemples de liens qui restent à trouver..... et surlesquels je me penche au quotidien à travers documents et archives numérisées ou pas.J'en citerai pour exemple la famille Thorel connue depuis Jean né à Rouen entre 1575 et 1600. Premières recherches menées par notre cousin Paul Thorel, fils André l'un des frères de mon grand-père. Je tente depuis d'enrichir la connaissance de cette famille avec quelques résultats et encore plus d'impasses ! Majoritairement présente sur Rouen, elle y est toujours représentée par les descendants de Marcel, autre frère de mon aïeul. En 1698, un de ses petits-fils Jean Antoine Thorel quitta Rouen pour s'installer à Lyon comme marchand de soie. On peut penser que son père, son grand-père travaillait déjà dans le textile à Rouen. Pourquoi alla-t-il à Lyon et surtout comment ? A cette époque là, les routes ne sont pas sûres. Il est probable que la liaison entre les deux villes se faisait plutôt par voie fluviale rendant ainsi possible le commerce entre ces régions. Quoiqu'il en soit, et en vertu de ce que nous connaissons aujourd'hui, le couple eut 11 enfants, huit filles et trois garçons. Nous intéressant aux garçons, nous ne connaissons bien que la descendance de l'un d'entre eux, notre aëul Antoine qui, lui, repart en Normandie et se marie dans l'Eure et y eut descendance (notre branche). Nous reste donc à retracer le parcours de l'un des autres garçons Guillerme né en 1708 à Lyon, le troisième étant décédé en bas-âge.
Pour l'instant, Guillerme se fait encore discret et échappe à nos investigations ..... mais ce qui m'interpelle et m'intéresse, c'est qu'à loccasion de mes pérégrinations dans le Lyonnais, j'ai relevé que des Thorel y existaient déjà avant la venue de Jean Antoine
.
J'en veux pour exemple ce document relevé sur "Notes et documents pour servir à l'histoire de la ville de Lyon (Antoine Péricaud)"
1576.—Juin 19. Erection du Collége des médecins de Lyon.—Les statuts furent lus et publiés au présidial le 6 juillet suivant, et confirmés par lettres patentes du mois d'octobre 1577. Génébrard nous a conservé les noms des dix médecins qui composaient ce collége, en 1597; c'étaient Jacques Pons, doyen, Louis Thorel, Laurent Faye, Isaac Connan, Ange Fournier, Laurent
Richard, Jean Marquis, Jérémie Lagnier, Pancrace Marcellin et Michel Ribier. Le Collége des médecins ou agrégation de Lyon eut beaucoup de peine à faire vérifier, en 16oo, ses statuts au Parlement de Paris, surtout l'article qui portait que l'on donnerait cent écus pour y être agrégé ; mais ce droit d'entrée fut depuis beaucoup augmenté dans ce collége, de même que dans toutes les autres agrégations. On n'observait nulle part l'art. de l'édit de 1707 qui réduisait ce droit à 5o livres. Cependant les aspirants n'osaient se plaindre,clans la crainte de se donner l'exclusion pour toujours, quelque mérite qu'ils eussent.


La question reste alors posée , Jean Antoine est-il venu rejoindre des cousins dans cette région ou s'agit-il d'une toute autre famille sans lien avec les Rouennais ??? L'origine de la famille se situe-t-elle en Normandie ou dans le Lyonnais ou ailleurs..... à suivre !

Evénement : le Millénaire de l'abbaye de Rhuys

Cette année se sont ouvertes en janvier les festivités organisées à Saint-Gildas-de-Rhuys pour fêter les mille ans de la reconstruction de la célèbre abbaye de Rhuys fondée probablement au 6è siècle par le moine Gildas qui y est enterré. Située dans une presqu'île de la côte de Vannes, nommée Rhuis (ou Rhuys), l'abbaye subit deux raids des Vikings en 914 et surtout en 919. La communauté s'enfuie en emportant les reliques du saint fondateur. L'abbaye Saint-Gildas-de-Rhuys tombe alors en ruine. Il y a alors quelque mille années que, mandaté par un duc de Bretagne Geoffroy 1er, Félix, moine bénédictin replié à Fleury-sur-Loire revint dans la presquîle pour y remettre debout l'abbaye. Ce sera le début d'une passionnante histoire , l'histoire de cette abbaye, célèbre dans le monde chrétien mais aussi dans le monde littéraire en raison, par exemple, du séjour qu'y fit le moine Abélard dont chacun connaît la passion pour Héloïse et qui lui vaudra son exil en terre bretonne. Abélard, ce célèbre philosophe et théologien du 12ème siècle, est élu abbé de Rhuys en 1125. Alors qu'elle connaissait une période de décadence, il veut en restaurer les bâtiments et y restaurer une forme de vie religieuse plus conforme à la règle de St Benoît. Mais les moines s'opposent à ces tentatives et Abélard doit fuir en 1132 menacé par les moines devenus plus paillards que religieux. Les ducs de Bretagne contribueront ensuite à redorer le prestige de l'abbaye. Plusieurs d'entre eux y feront enterrer leurs enfants morts en bas-âge dont on peut voir les pierres tombales dans l'église.
Il est intéressant de noter que Monsieur Raphaël Valéry, docteur en Histoire, a préparé un livre sur le patrimoine religieux du pays de Rhuys. Un ouvrage de référence pour les gens passionnés d'Histoire mais aussi un ouvrage guide pour le promeneur.
Contact : univem@wanadoo.fr
Concernant les festivités prévues pour ce millénaire : Randonnées, concerts, expositions, conférences... www.lemillenairederhuys.fr/2.html)