dimanche 8 mars 2009

Benoît Joseph Decq

Je vous ai, à plusieurs reprises, parlé de Bonaventure Joseph Decq à propos d'une médaille reçue lors d'un sauvetage en mer. Ma curiosité doublée d'un entêtement qualifié de breton ??? m'a permis de reconstituer l'histoire de ce naufrage au large du Brésil en 1906 et de reconstituer une partie de la carrière maritime de notre oncle Joseph. Je garde le souvenir d'un homme discret qui traversa ensuite bien des épreuves mais sut toujours rester un homme digne et respectable.Aujourd'hui, j'évoque le parcours de son père Benoît Joseph Decq. Il fut l'un de mes arrières grands-pères comme il le fut pour nombre de mes cousins. Ils se reconnaîtront !

Benoît Decq descendait d'une famille du Nord. Les Decq sont presque tous domiciliés dans le village de Vicq. Un autre village nommé Hecq est situé en plein coeur de la forêt de Mormal. Par ailleurs, le nom Decq s'écrivait au XVIIè siècle D'Hecq ou de Hecq. Aussi Jacques Decq (+1992) faisait-il l'hypothèse suivante " le premier du nom "devait être originaire d'un de ces trois villages : Ecques (62), Ecke (59), Hecq (59). Ces trois noms dérivent de l'allemand Eiche qui signifie Chêne et nous voici revenus à la forêt de Mormal et ses célèbres chênes."
J'ai repris la route du Nord sur les traces de Jacques et de Benoît remontant cette famille jusqu'à Antoine né 1669 à Vicq (59). Je n'ai donc pas encore pu vérifier l'exactitude de l'hypothèse d'oncle Jacques. Jusqu'à cette fin du 17è siècle, la famille reste résolument implantée à Vicq et tournée majoritairement, à travers les générations, vers l'agriculture ou le métier de charron quand ce n'est pas les deux. Benoît Joseph choisit une autre voie, celle de l'armée où il entre comme cannonier en 1843. Il a 18 ans..... Nous le retrouvons capitaine en 1861 et c'est en 1868 qu'il épouse à Rennes, Marie-Caroline de Caqueray Valolive issue d'une famille très ancienne de maîtres-verriers normands mais encore de militaires ou d'universitaires comme l'était le père de Marie-Caroline. Rien ne prédestinait donc l'union de Benoît et Caroline.....Comment se sont-ils rencontrés ? aucune des sources en notre possession aujourd'hui ne le dit. On peut imaginer que Benoît ait été basé à Rennes et qu'ainsi, fréquentant la bourgeoisie locale, il ait été mis en situation de prétendre à la main de la fille de François Marie Gaston qui était alors titulaire de la chaire de droit romain à la Faculté de Droit de Rennes. On peut aussi penser que militaire, il ait été l'ami de l'un des frères de Marie-Caroline, Charles Marie Joseph ou François Marie Frédéric tous deux dans l'armée !
Je laisse à Jacques Decq le soin de faire les présentations : "Grand, svelte, distingué, le Capitaine Decq, Chevalier de la Légion d'Honneur servait sa patrie avec fierté et désintéressement. Pour lui, le devoir
et l'esprit de sacrifice, c'était tout un. Sa femme, Marie-Caroline de Caqueray, brune, jolie, aussi vive qu'énergique était l'âme de la maison. Avec toute sa foi de bretonne, elle abandonnait à la Providence l'avenir d'une famille qui comptera un jour onze enfants ! Riche d'honneur et de vertus, ils l'étaient peu de monnaie courante. A cette époque, la solde d'un capitaine ne montait pas très haut, et la fortune de la famille avait sombré à la génération précédente, par l'indélicatesse d'un ami qui, gêné dans ses affaires, avait emprunté à l'aïeul une somme importante sans lui rendre jamais. Peu importait à ces deux vaillants chrétiens unis par un solide amour. Ils menaient une vie modeste et sérieuse dans leur proprièté " les Tilleuls". Cette maison située Bd. de Cleunay (actuellement Bd. de la Liberté) semblait aux enfants le paradis terrestre." Toute une époque résumée en quelques mots !
Le couple eut trois fils et huit filles. L'aînée Marie, religieuse en Irlande suivie de..... Marguerite (célibataire), Caroline (ma grand-mère et celle de mes cousins de Sallier), Pauline (+ à 10 mois), Laure (religieuse, supérieure des soeurs de saint-Vincent de Paul qui eut une conduite héroïque durant la dernière guerre), Gabrielle (+ à 6 mois), Bonaventure Joseph (cf. chroniques à son sujet et aïeul de mes cousins Decq, Ollivier, Lonak et Bienvenu), Henriette (Célibataire), Charles (Religieux Eudiste au Québec), Louis (marié sans postérité) et Jeanne (grand-mère d'Armelle Abegg-Huchet dont j'ai récemment parlé).
Gaston de Caqueray dans son ouvrage "Evocations du passé familial" relate que le général Lambert publiant ses "Souvenirs de 1870 de Rennes à Sedan" dans le "Correspondant" du 10 septembre 1907 dit de Benoît Joseph....."J'avais acquis la confiance du terrible Capitaine Decq qui était, au demeurant, le meilleur homme du monde, très consciencieux et excellent instructeur." Etait-il donc si terrible que cela ?
Benoît Joseph terminera sa carrière comme chef d'escadron puis sera nommé lieutenant-colonel. Il décède à Rennes en 1912.
En 1926, Marie-Caroline fait son testament :" Je laisse par principut et hors part à mes filles Marguerite, Henriette et Jeanne tout ce dont la loi me permet de disposer. Si une ou deux venaient à disparaître la part de la quotité disponible reviendrait à ses deux soeurs ou à la soeur légataire restante.
Je ne fais point ceci par quelque défaveur pour mes autres enfants pour lesquels je prie Dieu d'accorder toute prospérité, mais comme l'avenir de ceux-ci est plus ou moins assuré, je suis obligée de veiller particulièrement à la situation possible de mes filles vu l'exiguité de ma fortune et ce qui pourra être leurs moyens d'existence.
Aussi j'espère que mes autres enfants seront les premiers à approuver mes dispositions".
Ma grand-mère pense à se deux filles restées célibataires et sans aucune ressources ainsi qu'à Jeanne, veuve avec deux enfants et en situation précaire. Pour elle, les religieuses et religieux sont "en bonnes mains", ma grand-mère "bien mariée", Joseph et Louis avec des emplois. Elle peut quitter ce monde !
Marie-Caroline décède en 1929 et peu après la maison familiale sera vendue.
"Les Tilleuls" avec les dépendances ont été vendues en octobre 1929 à deux sociétés. Mon père évoquait souvent "Cleunay" où il allait pour voir ses grands-parents. Il en parlait toujours avec émotion. Je suis certaine qu'il devait, de temps à autre, revenir sur les lieux habités de son enfance mais il ne nous y a jamais conduit. J'avoue que le désir de connaître ce lieu de mémoire ne m'a pas alors effleuré. Jeunesse ! je le regrette aujourd'hui mais rien de tout cela n'existe plus depuis longtemps. Alors.....

Tous ensemble.....

Aujourd'hui, vous ne pourrez y échapper..... Journée internationale de la Femme. Alors en tant que telle, je me dois d'apporter ma modeste contribution à une initiative qui n'a rien de folklo en dépit de possibles récupérations......
La journée internationale de la femme existe depuis 1910. A l'époque, ce sont des danoises qui créent ce concept afin de permettre aux femmes de voter. Mais la journée n'a commencé à prendre de l'ampleur qu'après la seconde guerre mondiale. Pourquoi ? parce que la femme a pris au cours de la guerre une place prépondérante et nouvelle dans la société. Ce n'est toutefois qu'en 1977 que les Nations Unis ont reconnu le 8 mars comme la journée internationale de la femme. La France s'est faite un peu attendre et n'a décrété le 8 mars journée de la femme qu'en 1982.
Outre le titre, cette journée a un véritable but. Celui de faire le point chaque année sur les combats menés dans l'intérêt de la femme, que cela soit d'un point de vue social ou du point de vue des droits. Cela signifie bien sûr que dans chaque pays, l'objectif de cette journée pourra être différent.
Au delà des discours, je retiendrai ceci : En dépit de son label, cette journée nous concerne tous et pour illustrer mon propos, je laisse la parole au Secrétaire général des Etats-Unis :


« Il nous incombe à tous, hommes et femmes, membres des forces armées et des forces de maintien de la paix, simples citoyens et dirigeants, de contribuer à mettre un terme à la violence contre les femmes. Les États doivent tenir les engagements qu’ils ont pris de lutter contre la violence, en traduisant en justice les auteurs de ces actes et en offrant des moyens de recours aux victimes. Chacun de nous doit parler de ces actes de violence en famille, sur son lieu de travail et dans sa communauté, pour qu’un terme y soit mis. »
Ban Ki-moon