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dimanche 9 novembre 2014

Les Thorel du Portugal ?.....c'était bien vrai ! Tome I

Je réactive une question
 laissée en suspens depuis des générations... 
Elle concerne Marc Antoine Thorel (1664-1748), l'un des enfants d'Anthoine Thorel (1628-1666) dont je descends par un autre de ses fils. Si l'arbre d'ascendance que j'ai pu remonter jusqu'à Jacques Thorel qui serait décédé vers 1566 est bien complet, au moins en ce qui me concerne comme pour mes proches cousins, il existe des lacunes sur les branches latérales. Pourquoi le destin de ce Marc Antoine me tenait-il tant à coeur !.....
Très simplement parce qu'il était écrit sur certaines notes d'archives familiales 
"a laissé des enfants à Lisbonne où il a du se marier".
J'avais envie d'en savoir plus... mais je ne savais pas très bien comment les retrouver là-bas ne parlant pas un mot de portugais et aucune relation sur place. Heureusement, j'ai appris au cours des années à faire appel à la solidarité des généalogistes implantés en divers pays à travers de nombreux forums de recherche.

C'est ainsi que j'ai pu retrouver de nombreuses infos sur la vie des Rabillon partis au 19è siècle à Baltimore (Maryland), leur adresse, leurs voyages vers l'Europe, leurs occupations, certaines d'ailleurs retrouvées aussi par mon frère Michel, il y a bien des années. Je poursuis encore aujourd'hui une recherche sur un ascendant de quelques-uns de mes petits-enfants parti en Uruguay. Je me suis alors inscrite sur un site d'Entraide portugais où j'ai exposé l'objet de ma recherche...en français ! Quelques jours après, un certain Carlos da Fonte me répondait. Il avait trouvé l'acte de décès d'un Marcos Antonio Torel..... Il y était dit "qu'il était le premier des Thorel à venir au Portugal et qu'il venait de Rouen en Normandie". Ce ne pouvait être que notre homme ou l'un de ses fils !

L'acte de décès en portugais m'a permis d'en comprendre l'essentiel mais Carlos, m'en proposait une traduction bien vite acceptée.....


"Au douze jour du mois de Juin de mil et  sept cent et quarante et huit dans la  Paroisse du Très Saint Sacrement a decedé de la vie  présente et a reçu toutes les sacrements  Marcos Antonios Tourel marié avec Dona Joana Francisca da Cunha Manuel demeurant prés de la Porte Laterale du Carmo, a fait son testament Éxécuteurs testamentaires ses fils Francisco António Torel, António José Torel et le Reverend  Père Maître Frère Joaquim Manuel religieux de l’Ordre du Christ et au jour treizième du mois et année courants, s’a enseveli à l’Église de Notre Dame du Mont Carmel et pour être vrai je l’ai fait et signé  Recteur Manoel Luiz Ribeyro". 

Il restait à confirmer la filiation de Marc Antoine (rebaptisé Marcos Antonio) avec Anthoine Thorel, marchand à Rouen ! mais déjà mon correspondant m'avait envoyé d'autres documents extraits d'un "nobilaire"allant dans le sens d'un lien avec la famille normande comme celui-ci....
"Marco Antonio Torel, fils de António Thorel et de Jeanne Dehors (apparait aussi dans le même contexte "Jeanne de Heri"). Marc Antonio Torel est dit né à Rome, mais peut-être il s'agit de son père."
Tout cela allait dans le bon sens, la naissance à Rome étant, à l'évidence, une erreur de traduction et ne pouvait être que Rouen où nous savons que Marc Antoine est né en 1664. La filiation était exacte.


Il fallait aller plus loin et si cela était possible avec notre ami Carlos. Je lui ai demandé s'il pensait possible de trouver le mariage de Marc Antoine... Il m'envoya, non seulement, la publication des bans du mariage mais encore les enfants du couple. Nous en sommes là ! Pourrons-nous aller plus loin et rejoindre notre siècle ?..... 

L'acte de bans du mariage confirme bien que Marc Antoine est celui que je cherchais......
" Dans le quatre de Mai de mil et sept cent et un, publiés les bans du mariage "via ordinaria" et en vertu d'un mandat du Sieur Docteur Sebastião Monteiro da Vide, Vicaire Général et Pourvoyeur des Mariages, dans la porte de cette Église, a midi, avec autorisation, a reçu en forme ordinaire (selon la) disposition du sacré Concile de Trente, le Révérend  Docteur Jeronimo Roballo Freire Vicaire Général au Archidiaconat de Santarem a.....  Marcos Antonio Torel fils de Antonio Torel et de Joanna du Oz((i)er?) né à Rouen, province de Normandie, Royaume de France, a reçu le baptême en la paroisse de Saint Lô .....et demeurant (aujourd'hui) dans cette ville à la paroisse de São Paulo: avec Dona Joanna Francisca da Cunha fille de Francisco da Cunha Manoel et de Dona Sebastiana de Seixas Felix, née à la ville de Lourinhã, a reçu le baptesme à la paroisse de Notre Dame de l'Annonciation et présentement ma paroissienne. Témoins le Révérend Pére Mathias Craveiro Tagarro, trésorier de cette église et Mathias
[dans la marge gauche]: Marcos Antonio Torel avec  D(ona) Joanna Franc(isc)ª da Cunha/


Hormis la déformation du patronyme de sa mère Jeanne Dehors, on retrouve bien Marc Antoine, fils d'Antoine, né à Rouen, Normandie, Royaume de France et baptisé en l'église Sain-Lô comme on peut le lire dans son acte de baptême que je possède depuis bien des années.

Mon correspondant ajoute qu'il est certain que Marc Antoine n'a pas contracté un mariage avant 1701 car, m'écrivait-il, cette union serait mentionné dans l'acte ci-dessus.


Une branche de la famille Thorel de Rouen
 existe donc bien au Portugal 
ou, du moins, y a existé en attendant...
 que nous puissions pousser plus loin nos investigations !

Cerise sur le gâteau... une ébauche de descendance certifiée de Marc Antoine et de Jeanne Françoise de Cunha : 7 enfants dont 6 garçons et une fille. L'un d'entre eux sera évêque, un autre gentilhomme de la Maison royale avec descendance, tous seront Chevalier de l'Ordre du Christ sans, pour l'instant en savoir beaucoup plus. A suivre si possible.....
J'ajoute que Carlos est, lui aussi, interessé par les Thorel à qui il pourrait être lié, m'at-il confié par l'épouse de l'un des fils de Marc Antoine. 

*  Carlos attire enfin notre attention sur le "jardim do Torel" à Lisbonne...  
On peut retrouver ce site sur Internet.....mais ce jardin, si il a aujourd'hui bien changé, fut à l'origine le lieu d'un palais édifié pour Marc Antoine Torel et sa famille. Il faut croire que notre parent , faisant commerce du coton et de la soie, comme son père et son frère a du faire fortune au Portugal. La suite de l'histoire nous est inconnue si ce n'est que le palais changea de mains mais le jardin est resté le jardin des Thorel où l'on peut encore s'y promener et admirer Lisbonne d'en haut....." L'indication d'origine néerlandaise est intéressante puisqu'il a été souvent évoqué que les Thorel pourrait venir des pays du Nord et descendre des Vikings.
A l'intention des cousins Thorel...Si, un jour, vous allez à Lisbonne, ne manquez pas le "jardim do Thorel" à défaut d'y rencontrer des membres de "nos familles !"

lundi 20 juin 2011

Augustin Alexis Taillet

De qui s'agit-il ? Bonne question..... je répondrai qu'il y a peu de temps encore, je savais peu de choses de lui si ce n'est qu'Augustin Alexis Taillet appartenait à l'ascendance de notre arrière-arrière grand-mère Thérèze Victoire Carré qui épousera en 1835 à Boos (76) Louis Camille Ludovic Thorel...... notre Camille aura 8 enfants dont quatre ont une descendance de nos jours : Philippe (mon grand-père), Marcel (grand-père de Bertrand), Louis (grand-père de Jean), André (père d'Odile et de Paul). Je cite là ceux ou celle qui sont, pour moi, des relais généalogiques.

Mais qu'était donc Augustin Alexis pour notre aïeule Thérèze Victoire ? très précisément un cousin germain de son grand-père. Vous suivez toujours !
C'était aussi un cousin germain de Elisabeth Marie Geneviève Gillet grand-mère de Christophe Allard dont descend Elise Flavigny qui par son mariage en 2007 avec Hervé de Sallier Dupin fera alliance, cette fois, avec ma branche paternelle.
C'est dire que nous sommes nombreux à "cousiner" avec Augustin Alexis !

Qui était-il donc ? Jusqu'à peu, un lointain, très lointain cousin. Et puis, la richesse de la bibliothèque numérique m'a permis de trouver trace de son parcours et il est loin d'être banal. Jugez plutôt..... "Augustin-Alexis Taillet, docteur de la maison et société de Sorbonne, ancien grand-vicaire et archidiacre de Saintes, avait été reçu docteur en théologie en 1772. ll s'attacha à M. de La Rochefoucauld, évêque de Saintes, dont il était l'ami, et qu'il eut la douleur de perdre dans les massacres de septembre. Retiré en Angleterre *, M. l'abbé Taillet y était souvent consulté par ses confrères, et les évêques estimaient sa prudence et recherchaient ses lumières. Il fut chargé de plusieurs missions importantes, et se trouvait à Rome lors de la conclusion du concordat de 1801. M. le cardinal Pacca, qui l'affectionnait, l'avait reçu dans son palais. L'abbé Taillet fut chargé de conduire en Sardaigne le corps de Marie-Joséphine de Savoie, épouse de Louis XVIII , morte en Angleterre le 13 novembre 1810. Il ne rentra en France qu'à la restauration. Ses talents eussent pu encore être utiles, mais son âge et son goût pour la retraite le portèrent à refuser la place qu'on lui offrit. Il a laissé plusieurs écrits." (Source : L'ami de la religion et du roi (page 286) - Edité en 1827 )

*Augustin est né à Rouen en 1743 et décédé à Paris en 1828. Il ne prêta pas serment mais échappa à la guillotine. D'après ce que j'ai pu relever en différents documents, il s'est d'abord caché à Saintes puis finit par passer en Espagne et ne revint en France que sous la Restauration. La bibliothèque numérique donne au moins l'objet d'un écrit d'Augustin Alexis à savoir un mémoire sur l'église de Saintes (1789-1796) qu'il écrivit durant son exil en Espagne. Mais par ailleurs de nombreux articles que l'on peut consulter dans les archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis évoquent le parcours de Augustin Alexis. Il tint, en particulier, à se justifier pour répondre aux critiques d'un certain nombre de catholiques reprochant aux prêtres qui avaient quitté la France sous la Terreur d'avoir abandonné leurs "ouailles". Si cela vous intéresse, quelques clics et vous en apprendrez davantage !
J'aurai aimé trouver un portrait d'Augustin Alexis mais pour l'instant, notre lointain cousin restera sans visage ! Dommage.....

dimanche 6 décembre 2009

On en sait davantage sur les Thorel de Rouen au 16è et 17è siècles.....

A ce jour, notre aïeul le plus ancien connu est Nicolas Thorel qui épouse Anne Roussel. Nous ne les connaissons que parce qu'ils sont mentionnés comme père et mère de Robert qui épouse Jeanne Planterose..... quel beau patronyme ! Robert nous est presque aussi inconnu que ses parents si ce n'est que nous connaissons l'existence d'un contrat de mariage à Rouen en 1591, contrat que nous n'avons pas encore réussi à exhumer des archives notariales ignorant le nom du notaire. Cela viendra ! Robert et Jeanne sont les parents de Jean (1575-1640).....
Celui-ci nous est depuis longtemps déjà plus familier puisque mentionné dans les archives familiales (photo) que m'avait en partie, fait partager Paul Thorel, il y a pas mal d'années. Plus récemment, Bertrand Thorel me les a envoyées dans leur intégralité. Toutefois, ces archives ne remontent pas au-delà de Jean et restent sobres au moins sur les premières générations (16è-17è). Première difficulté lorsqu'on travaille sur une ville comme Rouen, c'est le nombre de paroisses ! il y en a 39... on comprend alors que lorsque l'on établit un contact avec un correspondant normand, il est impératif d'accompagner sa requête d'une paroisse bien précise. Pas facile..... Pour Jean, les archives nommaient sept enfants du couple. En réalité, j'ai pu en identifier deux autres récemment (sans doute décédés en bas-âge d'où le silence des archives familiales). L'une des filles était nommée deux fois. Rectifications faites, nous restions à la tête de neuf enfants dont il restait à préciser les dates et lieux de naissance (voire leur mariage !) à Rouen. C'est là qu'on se trouve confronté à la paroisse, seule détentrice des archives à cette époque. Mes recherches ont évidemment porté en premier lieu sur notre ascendance directe c'est-à-dire sur Anthoine, fils de Jean. Il s'était marié sur la paroisse Saint-Vincent. Je me suis alors dirigée vers cette paroisse. Echec cuisant ! et c'est beaucoup plus tard que la connaissance du mariage de Catherine, l'une des soeurs d'Anthoine, m'a fait changer de cap. Son acte de mariage la disait originaire de la paroisse Saint-Lô (photo ci-contre***) . J'avais touché juste ! très récemment, j'ai donc pu attribuer à tous les enfants de Jean, leur état-civil avec l'aide d'un bénévole qui s'est intéressé à ma recherche . Sur cette lancée, je me suis risquée sur cette même paroisse à rechercher les enfants d'Anthoine. Banco !... ils y étaient tous avec en prime deux petits nouveaux. Reste tout de même à définir la descendance de quelques-uns dont par exemple Marc-Antoine qui, si l'on en croit nos archives serait parti à Lisbonne. Là, c'est une autre histoire mais combien passionnante ! des cousins portugais peut-être.....
Cerise sur le gâteau, ce correspondant m'a, en outre, fait cadeau des décès de Jean et de sa femme Isabeau décédés respectivement en 1640 et 1691. Je n'avais jusqu'ici comme repère que l'extrait d'un ouvrage de Farin "Histoire de la ville de Rouen", où l'on peut lire dans la liste des tombes et sépultures de la paroisse Saint-Lô :
"Dans le cimetière sur un marble attaché contre l'église ci-gît Jean THOREL, marchand, qui décéda le 23 septembre 1640 et Isabeau LAMBERT sa femme".....la tombe est au pied de la Croix."Pour ceux ou celles que cela intéresse (supplément sur demande !)
Anthoine (1628-1666) notre aïeul, épouse en 1656 Jeanne Dehors : 6 enfants identifiés et descendance.
Elisabeth (1629- ?) : épouse Charles Gueroult ou Grout puis Georges Lapostre en 1660. Recherches en cours.
Jean (1631 - ?) : nouveau venu.
Jacques (1632 - ?) : nouveau venu.
Marie (1633-1700) épouse Isaye Clerbout en 1652. Une fille mariée à Rouen, émigration probable à la Réunion, recherches en cours.
Marguerite (1635-1670) : religieuse au couvent de Notre-Dame de Bondeville
Anne (1636- ?) : épouse Jean Lepage, un fils identifié. recherches à suivre.
Magdeleine (1637-1699) : religieuse au couvent de Notre-Dame de Bondeville
Catherine (1639- ?) : épouse Nicolas Lengaigneur en 1699. Pas de descendance connue pour l'instant.

***L'église Saint-Lô existait déjà en 912. Il semble qu'elle fut détruite au cours des invasions vikings et reconstruite en 1446. Désaffectée en 1791, elle disparut au début du 19è siècle. Il n'en reste qu'un portail du 15è à coté du lycée Camille Saint-Saëns.

samedi 28 mars 2009

Les Thorel et Henri II d'Orléans

J'ai récemment trouvé dans un ouvrage la mention de deux de nos ancêtres rouennais Isabeau Lambert, veuve Thorel (1605-1663/1680) et son fils Anthoine (ca1636-1666): il s'agit des funérailles de Henri II d'Orléans qui, le 11 mai 1663, eut l'excellente idée de venir mourir à Rouen, une ville restée durant plusieurs générations le fief des Thorel. Et encore aujourd'hui nous y avons des cousins qui descendent de l'oncle Marcel, l'un des frères de mon grand-père. Depuis quelque temps, j'échange avec Bertrand et Jean-Claude, petits-fils de Marcel. Ils n'habitent plus en Normandie mais y ont encore frères ou soeurs.
Ce brave Henri II venant s'éteindre à Rouen nous permet donc d'y retrouver quelques Thorel qui ont participé par leur savoir-faire à la splendeur de ses funérailles en la cathédrale. Et, cerise sur le gâteau, cela m'a permis d'affiner la date du décès d'Isabeau non encore connue. Jusqu'ici, je n'avais pour repère que la date de naissance de son dernier enfant (1639), un gain de 25 ans. C'est appréciable lorsqu'on doit doit parcourir des archives de cette époque.
Je vous fais grâce de tout le récit pour n'en retenir que ce qui nous intéresse. Si vous souhaitez en savoir plus sur l'événement, vous trouverez le lien en bas de page.....

Le dimanche 11 mai 1663, jour de la fête de la Trinité, décédait à Rouen très haut et très illustre prince Monseigneur Henri II d'Orléans, duc de Longueville et d'Estouteville, prince souverain
de Neufchatel et de Valengin, comte de Dunois et de Saint-Pol, pair de France, duc de Coulommiers, gouverneur de Picardie, puis de Normandie, chevalier des Ordres du roi.
Un des rares auteurs qui nous aient conservé quelques détails est Louis du Souillet, encore le fait-il brièvement; heureusement qu'il nous est possible de suppléer à son silence grâce au
compte du trésorier général de la maison de Longueville, Louis Le Porquier, compte dont le manuscrit est aujourd'hui conservé à laBibliothèque Mazarine.......etc.

....... Dépenses à cause de frais funéraires de Feue Son Altesse Monseigneur.......

A Isabeau Lambert, veuve de feu Jean Thorel, et à Anthoine Thorel son fils, drapier à Rouen, 1436 livres 4 s. pour les étoffes employées à draper les carrosses, les scelles des chevaux, les bâtons à porter le corps, les harnois de carrosse.....
A la dame Isabeau Thorel et son fils 650 livres pour les tentures de velours et drap noir de la salle où était exposé le corps de feu Son Altesse......
etc...etc...

Liens : http://collections.geneanet.org/livres/22802/335
(attention quand vous affichez ce lien, vous arrivez sur la page 335, le début de l'article qui nous intéresse est en page 336, la mention des Thorel en page 340)

jeudi 8 mai 2008

De Rouen à Lyon ou de Lyon à Rouen ou ....?

La généalogie ressemble à un gigantesque jeu de piste qui vous emmène sur des chemins parfois inattendus. Il est coutumier d'entendre dire que jusqu'au 20è siècle, les gens bougeaient si peu qu'il était aisé de les localiser. Nenni.... car si il est exact que la sédentarité était grande, certains partaient saisir leur chance ailleurs souvent assez loin de leur terroir d'origine (cf. le parcours de Etienne Vital Rabillon sur ce blog en janvier dernier). Alors commence une longue traque !... pour retrouver la trace perdue par la famille. Un travail de longue haleine et passionnant qui peut demander des années. Je pourrai ainsi citer maints et maints exemples de liens qui restent à trouver..... et surlesquels je me penche au quotidien à travers documents et archives numérisées ou pas.J'en citerai pour exemple la famille Thorel connue depuis Jean né à Rouen entre 1575 et 1600. Premières recherches menées par notre cousin Paul Thorel, fils André l'un des frères de mon grand-père. Je tente depuis d'enrichir la connaissance de cette famille avec quelques résultats et encore plus d'impasses ! Majoritairement présente sur Rouen, elle y est toujours représentée par les descendants de Marcel, autre frère de mon aïeul. En 1698, un de ses petits-fils Jean Antoine Thorel quitta Rouen pour s'installer à Lyon comme marchand de soie. On peut penser que son père, son grand-père travaillait déjà dans le textile à Rouen. Pourquoi alla-t-il à Lyon et surtout comment ? A cette époque là, les routes ne sont pas sûres. Il est probable que la liaison entre les deux villes se faisait plutôt par voie fluviale rendant ainsi possible le commerce entre ces régions. Quoiqu'il en soit, et en vertu de ce que nous connaissons aujourd'hui, le couple eut 11 enfants, huit filles et trois garçons. Nous intéressant aux garçons, nous ne connaissons bien que la descendance de l'un d'entre eux, notre aëul Antoine qui, lui, repart en Normandie et se marie dans l'Eure et y eut descendance (notre branche). Nous reste donc à retracer le parcours de l'un des autres garçons Guillerme né en 1708 à Lyon, le troisième étant décédé en bas-âge.
Pour l'instant, Guillerme se fait encore discret et échappe à nos investigations ..... mais ce qui m'interpelle et m'intéresse, c'est qu'à loccasion de mes pérégrinations dans le Lyonnais, j'ai relevé que des Thorel y existaient déjà avant la venue de Jean Antoine
.
J'en veux pour exemple ce document relevé sur "Notes et documents pour servir à l'histoire de la ville de Lyon (Antoine Péricaud)"
1576.—Juin 19. Erection du Collége des médecins de Lyon.—Les statuts furent lus et publiés au présidial le 6 juillet suivant, et confirmés par lettres patentes du mois d'octobre 1577. Génébrard nous a conservé les noms des dix médecins qui composaient ce collége, en 1597; c'étaient Jacques Pons, doyen, Louis Thorel, Laurent Faye, Isaac Connan, Ange Fournier, Laurent
Richard, Jean Marquis, Jérémie Lagnier, Pancrace Marcellin et Michel Ribier. Le Collége des médecins ou agrégation de Lyon eut beaucoup de peine à faire vérifier, en 16oo, ses statuts au Parlement de Paris, surtout l'article qui portait que l'on donnerait cent écus pour y être agrégé ; mais ce droit d'entrée fut depuis beaucoup augmenté dans ce collége, de même que dans toutes les autres agrégations. On n'observait nulle part l'art. de l'édit de 1707 qui réduisait ce droit à 5o livres. Cependant les aspirants n'osaient se plaindre,clans la crainte de se donner l'exclusion pour toujours, quelque mérite qu'ils eussent.


La question reste alors posée , Jean Antoine est-il venu rejoindre des cousins dans cette région ou s'agit-il d'une toute autre famille sans lien avec les Rouennais ??? L'origine de la famille se situe-t-elle en Normandie ou dans le Lyonnais ou ailleurs..... à suivre !

lundi 31 mars 2008

Le champ des martyrs

J'ai évoqué dans un précédent message l'union de mon arrière grand-père Noël Thorel avec une jeune fille appartenant à une famille de gentilhommes verriers normands, les Le Vaillant. Le frère de Thérèse Le Vaillant dite de la Lande prit part au débarquement des émigrés à Quiberon en juillet 1795.
Avec ses compagnons, il fut fait prisonnier et fusillé malgré les promesses du Général Hoche de les laisser en vie ! Leurs noms sont inscrits sur le mausolée commémoratif de la Chartreuse de Brecht près d'Auray (Morbihan) où je vous emmène..... Mais auparavant, quelques éléments de la tragédie vécue par mon arrière-arrière-grand-oncle Adrien, il avait 28 ans !
"Le 27 juin 1795, sur les plages de Carnac, plusieurs milliers d'émigrés débarquent venus rejoindre les Chouans. Un objectif commun : restaurer la monarchie. Mais face à la réactivité et à l'organisation de l'armée républicaine, les "Blancs" se retranchent sur la presqu'île de Quiberon dans le fort de Penthièvre. Trois semaines à peine suffiront à l'armée du général Hoche pour réduire le dessein royaliste en cauchemar. L'Histoire lui a laissé le nom d' «Affaire de Quiberon»".
Cet épisode, a tourné au drame. Carnac, Auray, Vannes et Quiberon ont gardé des stigmates du débarquement et de la terrible répression qui s'ensuivit. Des stèles et croix rappellent sur les plages de Carnac et de Quiberon le débarquement des émigrés. Le fort Penthièvre existe bien entendu toujours.
Dès 1795, les lieux d'exécution des émigrés et des Chouans sont appelés «Champs des martyrs». C'est ainsi que 206 d'entre eux dont Adrien sont exécutés dans les marais de Kerzo sur la commune de Brech et ensevelis dans ce champ.

Août 2007... Saint-Gildas-de-Rhuys étant proche d'Auray, nous sommes partis avec trois de nos petits-enfants Gautier, Baptiste et Emilie sur les traces d'Adrien Le Vaillant. Nous avons retrouvé le "Champ des Martyrs", intact, protégé par un enclos et entouré de marais.

Le lieu chargé d'émotion invite au recueillement.
Dans l'enclos, a été édifiée une chapelle votive de style néo-classique qui nous a paru un peu délaissée ! Sur le fronton, deux inscriptions y sont portées



"Hic ceciderunt".....
ici ils tombèrent
"In memoriam eternam erunt justi"
..... dans la mémoire éternelle
ils seront justes.
A coté existe une Chartreuse dont les Chartreux furent expulsés en 1791. Le curé d'Auray rachète le domaine, y installe les "Filles de la Sagesse". En 1814 avec l'aide d'une souscription, il fait construire une chapelle en mémoire des victimes de Quiberon. Il donna l'ordre d'exhumer les corps du Champ des martyrs et de les transporter en cette chapelle. Le Duc d'Angoulême décide ensuite l'érection d'un Mausolée qui couvre le caveau.Nous ne pourrons pas visiter la chapelle et y lire le nom d'Adrien sur le mausolée fermés lors de notre passage. Il est toujours prudent de se renseigner !Nous avons cependant eu plus de chance que mon cousin Jean venu de sa Provence dans le courant de l'été 2006. Notre grand-père Camille Thorel dans une lettre adressée le 2 août 1918 de Gouarec (Finistère) à sa petite fille Geneviève, écrit : "Je regrette de n'avoir pu aller à Sainte-Anne d'Auray où un de mes grands oncles (il s'agit bien sûr d'Adrien) est enterré dans la crypte. C'est trop loin et serait trop coûteux". Se fondant sur cette lettre dont je lui avais communiqué le contenu, Jean ne trouva rien et pour cause... sa mésaventure me poussa à plus d'investigations et c'est ainsi que j'ai retrouvé sur Google le "Champ des Martyrs". Si vous passez dans la région, visitez ce lieu chargé d'Histoire et inscrit à notre patrimoine.

Archives: Je possède une copie du jugement du tribunal militaire condamnant à mort Adrien Antoine, fait prisonnier avec plusieurs compatriotes dans la presqu'île de Quiberon. Convaincus d'émigration, d'avoir porté les armes ou fait partie de rassemblement d'émigrés...Ce document m'a été communiqué par Paul Thorel qui, avant moi, fit des recherches sur la famille Thorel

mercredi 20 février 2008

Guy de Maupassant


Il faisait partie des "on disait que" dans la famille ! On disait que Guy de Maupassant était un cousin de mon arrière grand-père Camille Thorel mais..... on ne s'en vantait pas trop. Le personnage traînait derrière lui une odeur de souffre qui, ma foi, ne me semblait pas trop bien perçue dans nos bonnes familles ! Seul, peut-être, oncle Guy, frère de Maman témoignait d'une vraie admiration pour l'écrivain. D'ailleurs, sa bibliothèque, rue Monge à Paris en témoigne. Bref, "on disait que" mais sans bien savoir comment !



Alors, je me suis lancée sur ses traces ! Si il était cousin de l'arrière grand-père Camille, je devrais trouver le lien chez les Thorel mais j'eus beau fouiller dans les coins, pas de Maupassant. Alors, j'ai cherché du coté de l'épouse de Camille, Louise Victoire Malvina Dubois. Avec l'aide de correspondants sur la Seine-Maritime, j'ai pu remonter cette branche jusqu'en 1700, toujours rien. Je commençais à me demander si le "on disait que" avait quelque fondement quand, dernier recours, je décidais d'explorer la branche maternelle de Louise Victoire dont la mère était une Lemaître. La réponse était là. Tout en haut de l'arbre se tenait en embuscade..... Simon Auguste Thurin.

Simon Thurin (1767-1835) fut, en son temps, à la fois armateur et constructeur de navires à Fécamp. Léopold Soublin dans son ouvrage "Cent ans de pêche à Terre Neuve" dit de lui.....
"Simon construisit en 1826 la maison qu'on peut voir encore dans mon jardin.. Son fils épousa une fille Berigny : leur fille Anne Marie Victoire Thurin fut la grand mère de Guy de Maupassant dont Simon Thurin est donc l'arrière-arrière-grand père " et l'AAAGP de mon AGM... vous me suivez ?


Le cousinage est donc avéré comme le prouve cette arborescence..... Alors me direz-vous, pourquoi disait-on que Camille et Guy cousinaient alors que c'était, en réalité son épouse, mon arrière grand-mère ? L'explication est assez simple. La tradition familiale voulait que Camille aurait entretenu une correspondance suivie avec son cousin, ancien élève comme lui, du petit séminaire d'Yvetôt, et de huit ans son cadet. Mais plus tard, il l'avait détruite à cause de la vie "dissolue et scandaleuse" menée par son cousin. Dommage !..... Longtemps, ce cousinage ne fut donc que rumeur puisque personne n'avait retrouvé le lien qui nous unissait à la branche Maupassant. Mes recherches prouvent donc que le lien est bien réel mais il est avec Louise ce qui n'empêche nullement Camille d'avoir connu Guy au séminaire d'Yvetôt et, pourquoi pas, d'avoir rencontré Louise grâce au cousin sulfureux. Mais là, ce ne sont que supputations !