mercredi 11 mars 2015

Synthèse d'une famille..."Les Noury" !

Un peu d'Histoire... Bien qu'en partie reconstruite après les guerres de la Ligue, mais peu transformée dans son urbanisme aux 19e et 20e siècles, la ville de Châteaugiron a conservé son identité médiévale. Une première forteresse est édifiée fin 11e siècle par un chevalier nommé Anquetil. Giron, le fils de ce seigneur, donnera son nom au village qui sera alors appelé Châteaugiron. Aux siècles suivants, la cité médiévale se développe jusqu´au prieuré sainte Croix, fondé au 12e siècle par les moines de l´abbaye Saint Melaine de Rennes.La branche aînée des Châteaugiron 
s'éteint en 1427, la baronnie passe ensuite aux mains de familles alliées. Ville prospère, Châteaugiron est en grande partie détruite pendant les guerres de la Ligue et le château est pris en 1592 par les troupes du duc de Mercoeur. La ville a néanmoins conservé son caractère médiéval. Le château, les rues étroites bordées de maisons en "pan de bois" témoignent encore de la cité moyenâgeuse.
Les maisons les plus anciennes sont situées rue de la Madeleine et rue du Porche. Des rues qu'il m'est arrivée de retrouver dans des archives relatives à la famille Noury. Elles datent pour la plupart des 16e et 17e siècles. L'une d'entre elles présente un double intérêt. La présence d´un blason encadré d´une hermine et d´une fleur de lys indique une datation probable entre 1491 (mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII) et 1514 (décès d' Anne de Bretagne). L'insigne des marchands de toile est également visible sur un autre blason et rend compte de l'activité commerciale de la ville. Le pays de Châteaugiron était réputé pour sa production de toile à voile ou "noyales". On y retrouve là encore plusieurs Noury. Une manufacture Royale y fut semble t-il crée dès 1660.En 1858, sont édifiées de nouvelles halles qui servaient à l'origine de grenier à grains et de hangar aux toiles.  Le changement le plus manifeste est lié à l'installation de communautés religieuses qui font construire sur le territoire des bâtiments neufs et imposants. Et toujours la trace des Noury avec deux soeurs religieuses qui seront à l'origine du premier couvent des Ursulines. Nous en resterons là puisque la dernière des Noury qui nous intéresse quittera Châteaugiron en 1908 pour épouser Etienne Vital Rabillon (mon AAGP).
Nos Familles...L’origine des Noury à Châteaugiron est encore l’objet de bien des interrogations. On trouve des Noury à Châteaugiron (35) dès le 16è, une famille, dont un cadet serait venue en Bretagne, pour cause de religion !  Surtout présent dans l'Ouest, Noury serait un nom de personne d'origine germanique, Nodric (nod = besoin + ric = puissant).
.....Pour "nos familles", le premier identifié se nomme Joseph. Il épouse dans les années 1550 Perrine Douard sans que nous en sachions beaucoup plus. On ne leur connaît qu’un fils Michel. Mais il y a débat...Henri de Sallier Dupin fait descendre Michel Noury de Joseph et Perrine Douard. Isabelle Joubert, qui descend, elle-même de cette branche et avec qui j'ai eu plusieurs échanges, lui donne pour parents Christophe et Jeanne Douard. Pour l'instant, nous n'avons aucun élément permettant de trancher ! La thèse d’Isabelle semble meilleure car le mariage en 1550 avec un enfant en 1610 pose question. Mais le débat reste ouvert...et l'état des archives quand elles existent pour cette époque ne facilite rien...peut-être une génération sautée dans la première hypothèse. A suivre ! Pour l'instant un seul fils qui suit...Nombreux êtes-vous, fidèles du blog, à appartenir à cette filiation.....
Michel (..../1610 – 1661) épouse en 1649 à Châteaugiron Guillemette Gaigeot qui lui donnera cinq enfants, deux  filles et trois garçons. Michel et Guillemette décèdent le même jour, 28 octobre 1661...accident...épidémie ? J'ai recherché dans des documents d'époque une trace possible d'épidémies. Effectivement, l'année 1661 fut une année difficile, du mauvais temps, une hausse du prix des denrées et les épidémies qui suivent malnutrition, humidité et pourrissement, etc. Les décès simultanés de Michel et de son épouse pourraient donc bien être liés à une mauvaise fièvre. Quel était alors leur statut social, nous l'ignorons ? Ils n'étaient certainement pas parmi les plus atteints par la crise mais non plus parmi les plus riches. Il faut attendre leur dernier fils Julien pour avoir idée de la profession exercée par les Noury à Châteaugiron : Procureur, marchand de draps et tailleur. Puis viendront ensuite les notaires..... des métiers qui placeront la famille Noury dans une classe intermédiaire entre le paysan et le seigneur, sorte de bourgeoisie avant la lettre.
Julien (1649 – 1690) verra le jour à Châteaugiron et il épouse une jeune fille de la commune Perrine Besnard. La date du mariage est incertaine, plusieurs registres paroissiaux ayant disparu (1669-70-72 et 73). Ils eurent dix enfants et comme trop souvent à cette époque-là, cinq d'entre eux moururent en bas âge (entre 3 et 10 mois). Quatre d’entre eux seulement survivront et auront descendance : deux filles et deux garçons dont trois auront descendance. Sur son acte de décès, il est dit « marchand de toiles ». Nous suivons Pierre, l’aîné des garçons...
Pierre (1675 – 1720), né à Châteaugiron se mariera deux fois perdant sa première épouse décédée après la naissance de leur premier enfant en 1700.  Pierre est Sieur de la Ville Thébert ce qui signifie seulement qu’il possédait de la terre. Comme toujours, en pareille circonstance, le père se hâte de trouver une nouvelle épouse et se remarie à la fin de l’année. De cette seconde union avec Perrine Philippes, il aura dix enfants : 4 filles et six garçons. Là encore six enfants perdront la vie après leur naissance ou la petite enfance. Sur les quatre survivants, seuls deux auront postérité.
Pierre-François (1701 -1734) naît, se marie et décède à Châteaugiron. La famille Noury est, cette fois, visiblement bien implantée dans la commune.
Il est dit «Notaire et Procureur, Sénéchal de la Fontaine [Corps-Nuds] et de la Baronnie de Chateaugiron ». Il semble qu’à travers toutes ces années, la famille Noury ait acheté des terres ou les ait acquises par le biais des dotations lors des mariages. Pierre François épouse en 1723 Jeanne Marie Turmier qui lui donnera neuf enfants : 3 filles et 6 garçons. Cette fois, seule une petite fille, la dernière décède à 26 mois.C'est avec Jean-Marie qui suit, que quelques-uns d'entre nous prendront le chemin d'un autre fils de Pierre-François...Gabriel Henri François dont j'ai évoqué, sur le blog, le parcours incroyable les 8 et 11 novembre 2014.
Jean-Marie (1725 – 1806) sera le second de cette grande fratrie. Et comme son père, toute sa vie se déroule à Châteaugiron. La famille fait partie alors des notables. Il suit les traces de son père « Notaire, Procureur de la baronnie de Châteaugiron et autres, Juge de Paix 1789 ». Il épouse en 1748 Françoise Gilbert, dite Demoiselle de la Charlotais qui lui apporta une dot de 50 000 francs de l'époque. Jean Marie avait, paraît-il, dans sa jeunesse, des goûts plus belliqueux que ceux qu'indiquait la carrière qu'il avait fini par embrasser. Il avait pris part à la guerre de succession d'Autriche et avait même été blessé à la bataille de Fontenoy  en 1745.
Jean Marie et son épouse eurent dix sept enfants ! Suivant l'habitude du temps, au prénom de chaque enfant était adjoint le nom d'une terre et souvent l'enfant n'était connu que sous ce dernier nom. Une habitude d'autant plus singulière qu'à cette époque toute prérogative portait ombrage et que toute distinction allait devenir un danger. La Révolution arrivera dix ans après la naissance de leur dernier enfant. Jean Marie sera un notable dans la ville. La cinquième de la fratrie et seconde fille reste à nos cotés. La majorité des enfants de Jean Marie et Françoise auront descendance, l’une restera sans enfants, deux seront religieuses et une autre restera célibataire. La descendance de notre aïeul est donc très très nombreuse mais, en dépit des années, j’ai encore des échanges avec plusieurs de ses descendants.
5ème enfant de Jean-Marie, Angélique (1753 – 1825) sera la première à quitter la commune de Châteaugiron après son mariage en 1775 avec François Debout, originaire de Pontivy (Morbihan). Après leur mariage, Ils s'installèrent en cette ville mais Angélique n'y voulut point rester ! Ils revinrent à Rennes et François Marie fonda un commerce très florissant se jetant en même temps dans le bâtiment ce qui n'était pas sa spécialité. Parmi ses réalisations figure la construction à Rennes des maisons de la rue Bertrand, de la percée du Mail et la Butte du Champ de Mars. Pour ce dernier chantier, des remerciements officiels lui furent votés, ces travaux ayant été faits en période de grand chômage. Toutefois, par suite de la déloyauté de son associé qui, profitant de son inexpérience l'avait odieusement trompé mais aussi en raison de l'époque troublée (Révolution Française) François Marie ne tarda pas à voir sa belle fortune s'engloutir !  Le chagrin engendra chez lui une maladie de poitrine à laquelle il succomba en 1792 à Rennes, en son domicile, rue de Pezé. Ce nom ne me disant rien, j'ai recherché le nom ancien des rues de Rennes. Cette rue est devenue la rue de l'Horloge bien connue.Angélique, devenue veuve avec quatre enfants, dont l'aînée (notre aïeule) n'avait que seize ans, se retrouve chargée d'un commerce en décadence et  des débris d'une fortune ruinée au moment de la Révolution.  La vie ne fut pas facile pour Angélique et ses enfants.....

J’arrête ici l’histoire de la famille Noury avec Angélique...Sa fille aînée Rose Marie épouse à Rennes, en 1804, Etienne Vital Rabillon arrivé dans cette en 1793 après avoir quitté le fief familial de Piolenc en Vaucluse et traversé bien des moments difficiles. C’est alors une autre histoire, celle de la famille Rabillon dont je vous ai "posté" l'ascendance sur ce blog le 15/03/2014. Retrouvez-là en vous aidant des "archives du blog" ou "des liens" (colonne de droite) de la page d'accueil.

Ces pages ne sont qu’une synthèse évoquant l'ascendance de cette branche Noury. Vous êtes nombreux à descendre de l'une ou l'autre de ces branches. Vous en saurez davantage en parcourant  le Livret de descendance qui évoquent alors toutes les branches issues du couple Noury-Douard vivant au 16è siècle.