Sur un site d'Internet faisant référence aux entreprises coloniales...j'ai eu la chance et le bonheur de rencontrer un membre de la famille de Caqueray qui n'est autre qu'un frère de mon arrière grand-mère.
Je me souviens parfaitement de ce grand-oncle, un peu intimidant, qui plus est me précéda sur le chemin de la généalogie et édita un livre sur cette famille.
Gaston de Caqueray, un ancien officier de marine...administrateur délégué de la Compagnie marocaine et de la Société du port de Tanger...
Officier de la Légion d'honneur, titulaire des médailles du Tonkin et de la guerre 1914-1918, commandeur de l'ordre marocain du Ouissam-Alaouite...chevalier de Sainte-Anne de Russie...etc.
Né à Rennes, le 20 septembre 1869, il épouse en 1894 Isabelle de Rodays dont il aura trois enfants.
Les Caqueray sont issus d'une des plus anciennes familles normandes figurant au d'Hozier et qui compte trois chevaliers croisés dont Richard Coeur de Lion se porta caution en 1191...
Cet oncle fut élève du lycée de Rennes puis du collège de Jersey et de l'Ecole navale. Il était aussi licencié en droit...
Il fit douze années de service dans la marine nationale : Pacifique, mer de Chine, Siam, Russie etc...
En congé, hors cadre comme lieutenant de vaisseau et attaché à l'administration centrale de Schneider et Cie. A ce titre, il effectue un voyage d'étude en 1899 au Maroc et s'est alors consacré aux questions marocaines...Il reprit du service lors de la mobilisation et sera chef de la section de la Presse au cabinet du ministre de la guerre jusqu'à fin 1916...puis au cabinet du ministre de la Marine !
A cette présentation officielle d'oncle Gaston, j'ajoute quelques passages de ce que j'ai récolté et écrit sur lui à travers mon travail sur la généalogie de "nos familles".....
Extrait de sa rubrique nécrologique parue dans "Ouest-France" le 28 décembre 1964...
"Nous venons d'aller nous incliner devant la dépouille mortelle d'un grand français, d'un marin qui, jusqu'à son dernier souffle, porta fièrement l'uniforme de notre Marine Nationale et qui était étroitement attaché à cette section locale des "Anciens Cols Bleus" dont il était le Président d'honneur, après en avoir été le président effectif pendant de longues année.
Né à Rennes, le 26 septembre 1869, Gaston de Caqueray, était issu d'un des plus anciennes familles de gentilhommes verriers normands. Elève de l'Ecole Navale, licencié en droit, sa personnalité éclate: au physique, il est de grande taille et s'impose par ses qualités intellectuelles et humaines... Aujourd'hui, nous voulons nous en tenir au deuil que ressentiront les Dinardais à l'annonce du décès d'un des leurs qui est passé dans l'au-delà à l'âge de 95 ans, en toute sérénité, après avoir oeuvré presque jusqu'aux derniers instants pour les pauvres et les affligés. Il était le vétéran des Anciens Combatants d'Ille et Vilaine, le bienfaiteur de toutes les sociétés patriotiques qui lui feront leur dernier et reconnaissant "Adieu", mardi matin, à 11h. en l'église de Saint Enogat.
Pour nous, à Ouest-France, c'est un grand ami que nous perdons: un conseiller sûr et objectif, une source de souvenirs du vieux Dinard qui s'est brutalement tarie."
Dans la grande famille des Caqueray (ou Cacqueray), seules quatre branches subsistent aujourd'hui des 23 branches recensées dans diverses travaux généalogiques comme ceux de notre oncle Gaston évoqués dans son ouvrage "Evocations du passé familial". C'était le fils d'un frère de notre arrière grand-mère Marie-Caroline.
J'ai peu de souvenirs de ce grand-oncle si ce n'est celui d'un homme bon, un peu intimidant avec une belle barbe blanche (pas de chance, la seule photo que j'ai de lui le montre à une époque où la barbe n'avait pas encore blanchi ). Il était admiré de tous dans la famille et, en particulier de ses soeurs Laure et Marie.
Il avait beaucoup d'ascendant sur elles ! A compter de sa retraite, il habita Dinard avec Isabelle, son épouse, quartier de la Richardais. Je me souviens, par contre, très bien de ses petites filles (surtout la plus jeune) Odile et Brigitte venues à plusieurs reprises "jouer" avec nous , rue de la Monnaie. J'ai bien connu, par contre, ses soeurs Laure et Marie qui vivaient à Rennes et sa belle-soeur Jeanne vivant à Le Hézo dans la presqu'île de Rhuys que nous avons souvent rencontrée, ainsi que les filles de Frederic surtout Marie-Bernadette. A notre connaissance, le patronyme Caqueray-Valolive a disparu en 1964 avec le décès de Gaston. Il avait, certes, 9 frères et soeurs mais.... 4 sont morts en bas-âge, un frère par accident à 28 ans et sans alliance, deux soeurs célibataires, un frère aura deux filles et un autre aucune postérité. Lui-même aura deux petites-filles !
Sur l'acte du décès de son épouse, Gaston de Caqueray est demeurant à Dinard, Bd. Albert 1er, n°13.....
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mercredi 21 février 2018
samedi 23 avril 2016
Bienvenue à Azilis et Matthias...
Ma cousine Cécile Bienvenunous fait part de la naissance
de sa petite-nièce Azilis
née le 6 mars à Rouen (76)
au foyer de Vianney Bastit et Aude, née Fargnier
où elle est venue rejoindre Sybille et Mayeul.
Vianney est le fils de Henry Bastit et Sophie, née Bienvenu...petit-fils de Roger Bienvenu (+2005) et Monique, née Decq (+2007)...Monique Decq étant une cousine germaine de mon père Yves Rabillon (+1971).
et de celle de Matthias
son petit-neveu
né le 2 février
au foyer de Guillaume de Saint Savin
et Sabine, née Desclèves
et Sabine, née Desclèves
où il est venu rejoindre Thomas et Alixane.
Guillaume de Saint Savin (cousin germain de Vianney) est le fils de Bertrand de Saint Savin et d'Isabelle, née Bienvenu...petite-fille de Roger Bienvenu (+2005) et Monique, née Decq (+2007) et soeur de Sophie précédemment citée.
Toutes nos félicitations aux parents
Nos voeux affectueux pour Azilis et Matthias
Cécile est la soeur de Sophie et d'Isabelle...Azilis et Matthias tous nouveaux venus dans la branche Decq-Caqueray Valolive de "nos familles"dont je descends moi-même...
Illustration ci-dessous.....
Libellés :
Généalogie (Branche Decq-Caqueray)
dimanche 27 octobre 2013
Laure Decq (bonus)
Le 15 avril dernier, je vous contais la belle histoire de "Soeur Decq", celle qui, pour ses neveux et nièces, restera plus simplement Tante Laure. Je sais que son histoire a touché nombre de vous qui me lisez fidèlement ou seulement de temps à autre..... A cette occasion, ma fille Céline a écrit dans les commentaires " Bravo pour ce résumé qui honore une grande dame !
... et notre cousine Cécile Bienvenu-Decq m'avait confié avoir rencontré, rue du Bac à Paris, soeur Claire Hermann en charge des archives de la Congrégation des Filles de la Charité. Cécile avait pu voir le portrait de Tante Laure dans la salle des archives avec celui des autres supérieures.
Et aujourd'hui, c'est à nouveau Cécile qui me signale qu'en tapant "Laure Decq" sur google images, on trouve la photo de son "portrait" peint quand elle était supérieure générale 1940-1946 dont elle a pu voir l'original rue du Bac.Cécile ajoute que ce sont les soeurs de saint Vincent de Paul aux USA qui sont à l'origine de ce site.
Lors du billet qui lui a été consacré en avril dernier, j'ai évoqué plusieurs rencontres à Rennes avec Tante Laure. C'était alors des rencontres organisées à l'occasion de sa venue pour toute sa famille, soeurs, frères, neveux et nièces, petits-neveux et nièces dont j'étais..... Il s'agissait alors de l'après-guerre. Vous avez pu voir les photos de ces rencontres dont je garde le souvenir et la solennité dans le billet du 15 avril dernier.
Ici, j'évoque une rencontre plus ancienne, vraisemblablement la première en septembre 1942. J'étais alors avec ma soeur Marie Edith confiée à la garde de ma grand-mère maternelle Madeleine Thorel, née Sausse et de sa fille Anne -Marie, dite Tatie, soeur de ma maman et ma marraine.
Un jour de septembre 42, Tatie emmène ses nièces voir Laure Decq (leur grande-tante) rue du Bac à Paris. Nadette a cinq ans, Mady pas encore quatre ans. Leur grande tante qu'elles n'ont jamais vu est alors Supérieure des Soeurs de Saint-Vincent de Paul. L'histoire familiale raconte que si tante Laure fut très heureuse de voir ses petites nièces, elles ont été d'une timidité effrayante...... Nadette reçut un jeu de cubes représentant les apparitions de la Vierge ! Tatie a voulu lui faire dire un compliment mais..... qui fut dit d'une toute petite voix ! Aujourd'hui si longtemps après, je peux témoigner que la petite fille que j'étais alors dut effectivement être bien impressionnée autant par le regard de "Soeur Decq" que par "la cornette".....
... et notre cousine Cécile Bienvenu-Decq m'avait confié avoir rencontré, rue du Bac à Paris, soeur Claire Hermann en charge des archives de la Congrégation des Filles de la Charité. Cécile avait pu voir le portrait de Tante Laure dans la salle des archives avec celui des autres supérieures.
Et aujourd'hui, c'est à nouveau Cécile qui me signale qu'en tapant "Laure Decq" sur google images, on trouve la photo de son "portrait" peint quand elle était supérieure générale 1940-1946 dont elle a pu voir l'original rue du Bac.Cécile ajoute que ce sont les soeurs de saint Vincent de Paul aux USA qui sont à l'origine de ce site.
Lors du billet qui lui a été consacré en avril dernier, j'ai évoqué plusieurs rencontres à Rennes avec Tante Laure. C'était alors des rencontres organisées à l'occasion de sa venue pour toute sa famille, soeurs, frères, neveux et nièces, petits-neveux et nièces dont j'étais..... Il s'agissait alors de l'après-guerre. Vous avez pu voir les photos de ces rencontres dont je garde le souvenir et la solennité dans le billet du 15 avril dernier.
Ici, j'évoque une rencontre plus ancienne, vraisemblablement la première en septembre 1942. J'étais alors avec ma soeur Marie Edith confiée à la garde de ma grand-mère maternelle Madeleine Thorel, née Sausse et de sa fille Anne -Marie, dite Tatie, soeur de ma maman et ma marraine.
Un jour de septembre 42, Tatie emmène ses nièces voir Laure Decq (leur grande-tante) rue du Bac à Paris. Nadette a cinq ans, Mady pas encore quatre ans. Leur grande tante qu'elles n'ont jamais vu est alors Supérieure des Soeurs de Saint-Vincent de Paul. L'histoire familiale raconte que si tante Laure fut très heureuse de voir ses petites nièces, elles ont été d'une timidité effrayante...... Nadette reçut un jeu de cubes représentant les apparitions de la Vierge ! Tatie a voulu lui faire dire un compliment mais..... qui fut dit d'une toute petite voix ! Aujourd'hui si longtemps après, je peux témoigner que la petite fille que j'étais alors dut effectivement être bien impressionnée autant par le regard de "Soeur Decq" que par "la cornette".....
dimanche 18 août 2013
Charles Decq, Eudiste (1880-1960)
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| Marie Decq |
"Je me donne à vous, Ô Seigneur,
Avec mon amour le plus tendre
Fermez votre coeur sur mon coeur
Pour ne plus pouvoir le reprendre... ! "(Caudéran, 5 juin 1892).
Texte prophétique puisque Charles, quelques années plus tard, choisira la vie religieuse.
L'année précédente, elle lui avait déjà envoyé un pieux poème pour sa Première Communion (24 mai 1891).
Charles fit ses études secondaires au Collège Saint-Martin à Rennes (1890-1896). Nous ignorons où il a suivi les petites classes. Au terme de sa scolarité à Saint-Martin, il entre au Juvénat de Kerlois ** en Morbihan (1896-1899).
En 1898, Charles écrit à sa soeur Caroline pour la naissance de son fils Yves (mon père). Il a hâte de l'embrasser mais devra, pour cela, attendre des vacances. Aussi, il demande à sa soeur de donner de temps en temps et de sa part un petit baiser au "gros Yves" et il ne l'oublie pas dans ses prières.
J'ai pu joindre le Canada qui m'a mis sur la piste d'un livre dédié aux prêtres et religieux partis en mission. Il s'agit du livre de A. Cleophas Morin /prêtre qui s'intitule "Dans la maison du Père" et qui traite de la nécrologie sacerdotale du diocèse de Rimouski pour la période 1867-1967. A la page 201, l'ouvrage cite Charles Decq.....
Né le 20 décembre 1880 à Rennes, en France, de Benoît Decq et Marie de Caqueray. Il fit ses études au Collège Saint-Martin à Rennes (1890-1896) puis au juvénat de Kerlois (1896-1898) et enfin ses études philosophiques toujours à Kerlois en 1899 où il est entré chez les Eudistes en 1898. Il serait arrivé au Canada en 1900, il a alors vingt ans. Un départ sans doute lié aux mesures anti- congrégationnistess religieuses de l'époque. Il fait alors sa théologie au Séminaire du Sacré-Coeur de Marie à Halifax (province de la Nouvelle-Écosse). Il est incorporé à la Congrégation, à Halifax, le 8 février 1902 et ordonné prêtre le 6 juin 1903 au Séminaire du Sacré Coeur d'Halifax.
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| Eudistes posant devant le premier collège |
Lors du décès de son père en 1912, Charles est donc toujours à Halifax.
Puis il sera aumônier de Sainte-Domitille du Bon Pas à Laval des Rapides (province du Québec) de 1915 à 1918.
De 1919 à 1922, on le retrouve au Collège de Sainte-Anne de la Pointe de l'Eglise, à la Rivière Pentecôte en 1924 et à Godbout (Province du Québec) de 1925 à 1926.
En 1929, au moment du décès de sa mère, Charles est au Hâvre Saint-Pierre (Province du Québec) où il restera jusqu'en 1934.
Puis on le trouve vicaire à Caraquet en 1935, chapelain à l'hôpital de Chandler en Gaspésie de 1936 à 1939.
De 1939 à 1950 Charles est à la Pointe aux Pères (Province du Québec) et de 1950 à 1952 à la Maison des missionnaires Eudistes à Laval des Rapides, sans doute une maison de retraite pour les religieux. Charles a alors 72 ans.
C'est alors qu'il revint en France .....
Avant de le voir, je connaîtrais Oncle Charles par les colis qu'il enverra à Rennes après la Libération. Ce sera, en particulier pour moi, le souvenir de blocs de bonbons qu'il fallait casser avec un marteau pour en extraire de menus morceaux. Peut-être "cet oncle sucré" envoyait-il d'autres sortes de gâteries à ceux qui avaient souffert des privations durant quatre longues années mais la petite fille que j'étais alors n'a retenu que le bonbon !....
Lors de son retour en Métropole, nous vîmes souvent oncle Charles à la table familiale, rue de la Monnaie à Rennes. C'était un homme bon et affable. Il me semble qu'il était alors résidant au Collège Saint-Martin de Rennes. Puis ce fut la maison de retraite de Plancoët et on ne le vit plus que rarement. Sans doute les déplacements ne lui étaient guère faciles. Je ne me souviens pas, par ailleurs, avoir été le visiter à cet endroit où il décède le 17 janvier 1960.***
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| Maison de retraite de Plancoët |
* Marie Decq, religieuse du Sacré-Coeur à Bonchuch (Isle de Wignt, 1839-1932)
** Note sur Kerlois : Kerlois a été contruit par la famille du Pou. La propriété appartient ensuite à plusieurs propriétaires jusqu'en 1875. C 'est alors que le père Jollivert, appartenant à la congrégation des pères Eudistes achète Kerlois.Les pères eudistes entreprennent d'y construire un séminaire pour former des prêtres. Mais à cause des lois anticongréganistes (contre les congrégations), les pères ont l'obligation de quitter Kerlois en 1905. C'est, en partie, ce qui explique, le nombre d'Eudistes envoyés au Canada, dont Charles Decq, en ce début du 20è siècle. Situation inconfortable des religieux en France et besoin de religieux missionnaires sur des contrées encore peu civilisées.
*** Oncle Charles était le frère de ma grand-mère Caroline Decq qui épouse en 1896 Vital Rabillon et de Laure Decq dont j'ai évoqué le parcours dans un précédent article.
lundi 15 avril 2013
Laure Decq en famille.....
Allez je me lance ! Il y a bien longtemps que
je souhaite évoquer la mémoire de Laure Decq, soeur cadette de ma
grand-mère paternelle Caroline Decq qui épouse Vital Rabillon en 1896.
Serai-je à la hauteur pour lui rendre témoignage ?
Je réponds là aussi au désir de Cécile Bienvenu qui, à plusieurs reprises, m'a demandé de "me mettre au travail" ! Mais avant d'évoquer la vie de notre grande-tante (dans le billet suivant), la voici "en famille".
Autour de notre grande-tante Laure Decq, en religion Soeur Antoinette, sont réunis trois générations de la branche Rabillon-Decq.....Quelques-uns s'y reconnaîtront, d'autres y retrouveront des visages connus.....
Cette première photo a sans doute été prise fin 1941 ou début 42 lors d'une visite de Laure à Rennes.....
Dernier rang..... Geneviève Ollivier, née Decq (+2004) 2 ..... Henri de Sallier Dupin (+1987) 2 ..... Monique Bienvenu, née Decq (+2007) 2..... Jeanne Jartel, née Decq (+1970) 1 .....et Marie-Louise Decq (+2006) 2
Rang du milieu..... Anne de Sallier Dupin, née Rabillon (+1977) 2 ..... Xavier de Sallier Dupin 3 ..... Germaine Decq, née Charpentier (+1963) 1 ..... Laure Decq (+1950) ..... Aliette Marical, née de Sallier Dupin (+2005) 3 ..... André Jartel (+2009) 2 ..... Soisik de Sallier Dupin 3 ..... Yves Rabillon (+1971) 2
Premier rang..... Geneviève Rabillon, née Thorel (+1965) 2 ..... Marguerite Decq (+1963) 1 ..... Bernadette Boulloud, née Rabillon3 ..... Henriette Decq (+1958) 1 ..... Marie-Edith Fraisseix, née Rabillon3 ..... Jean-Pierre Huchet 3 ..... Guy de Sallier Dupin 3 .....et Anne-Marie Huchet, née Jartel (+2008) 2 .
Entre le premier et le deuxième rang à gauche, deux silhouettes que j'ai d'abord eu du mal à identifier. je pense qu'il s'agit de Marie de Caqueray (tout à gauche +1965) et de Laure de Caqueray (+1954) cousines de Laure Decq.
Vous reconnaîtrez le lien avec Laure Decq grâce aux chiffres en rouge :
1 soeurs de Laure Decq ou belle-soeur.
2 nièce ou neveu... nièce ou neveu par alliance
3 petite-nièce ou petit-neveu
Dernier rang..... Marie-Louise Decq (+2006) 2..... Michelle Lonak, née Decq (+2005) 2..... Guy de Sallier Dupin et ..... André Jartel (+2009) 2.
Deuxième rang..... Bernadette Boulloud-Rabillon 3..... Marie-Edith Fraisseix-Rabillon 3..... Laure Decq ..... Aliette Marical-de Sallier Dupin (2005) 3 et ..... Soisik de Sallier Dupin 3.
Premier rang..... Michel Rabillon 3 et ..... Jean-Pierre Huchet 3
Les présentations ayant été faites, je vous invite à découvrir l'histoire de Laure Decq dans le post qui suit. Une histoire si riche qu'elle ne peut tenir en quelques phrases. Mais ne lâchez pas le fil, le parcours de Laure en vaut la peine. A travers son chemin, ce sont aussi des fragments de l'Histoire qui sont évoqués. Bonne lecture !
Je réponds là aussi au désir de Cécile Bienvenu qui, à plusieurs reprises, m'a demandé de "me mettre au travail" ! Mais avant d'évoquer la vie de notre grande-tante (dans le billet suivant), la voici "en famille".
Autour de notre grande-tante Laure Decq, en religion Soeur Antoinette, sont réunis trois générations de la branche Rabillon-Decq.....Quelques-uns s'y reconnaîtront, d'autres y retrouveront des visages connus.....
Cette première photo a sans doute été prise fin 1941 ou début 42 lors d'une visite de Laure à Rennes.....
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| cliquez sur la photo |
Dernier rang..... Geneviève Ollivier, née Decq (+2004) 2 ..... Henri de Sallier Dupin (+1987) 2 ..... Monique Bienvenu, née Decq (+2007) 2..... Jeanne Jartel, née Decq (+1970) 1 .....et Marie-Louise Decq (+2006) 2
Rang du milieu..... Anne de Sallier Dupin, née Rabillon (+1977) 2 ..... Xavier de Sallier Dupin 3 ..... Germaine Decq, née Charpentier (+1963) 1 ..... Laure Decq (+1950) ..... Aliette Marical, née de Sallier Dupin (+2005) 3 ..... André Jartel (+2009) 2 ..... Soisik de Sallier Dupin 3 ..... Yves Rabillon (+1971) 2
Premier rang..... Geneviève Rabillon, née Thorel (+1965) 2 ..... Marguerite Decq (+1963) 1 ..... Bernadette Boulloud, née Rabillon3 ..... Henriette Decq (+1958) 1 ..... Marie-Edith Fraisseix, née Rabillon3 ..... Jean-Pierre Huchet 3 ..... Guy de Sallier Dupin 3 .....et Anne-Marie Huchet, née Jartel (+2008) 2 .
Entre le premier et le deuxième rang à gauche, deux silhouettes que j'ai d'abord eu du mal à identifier. je pense qu'il s'agit de Marie de Caqueray (tout à gauche +1965) et de Laure de Caqueray (+1954) cousines de Laure Decq.
Vous reconnaîtrez le lien avec Laure Decq grâce aux chiffres en rouge :
1 soeurs de Laure Decq ou belle-soeur.
2 nièce ou neveu... nièce ou neveu par alliance
3 petite-nièce ou petit-neveu
Cette autre photo a été prise juste après la guerre 1944 ou 45 ! et toujours à Rennes. Où ? je n'en sais rien... si mes cousins ou cousines s'en souviennent... je prends l'info !
Dernier rang..... Marie-Louise Decq (+2006) 2..... Michelle Lonak, née Decq (+2005) 2..... Guy de Sallier Dupin et ..... André Jartel (+2009) 2.
Deuxième rang..... Bernadette Boulloud-Rabillon 3..... Marie-Edith Fraisseix-Rabillon 3..... Laure Decq ..... Aliette Marical-de Sallier Dupin (2005) 3 et ..... Soisik de Sallier Dupin 3.
Premier rang..... Michel Rabillon 3 et ..... Jean-Pierre Huchet 3
Les présentations ayant été faites, je vous invite à découvrir l'histoire de Laure Decq dans le post qui suit. Une histoire si riche qu'elle ne peut tenir en quelques phrases. Mais ne lâchez pas le fil, le parcours de Laure en vaut la peine. A travers son chemin, ce sont aussi des fragments de l'Histoire qui sont évoqués. Bonne lecture !
Laure Decq..... Fille de la Charité... Sa vie !
Laure Decq était la cinquième enfant de Benoît Decq et Marie Caroline née de Caqueray, mes arrières grands-parents. Elle connut une enfance heureuse au milieu de ses neuf frères et soeurs.. Intelligente, sérieuse, douée d'une mémoire extraordinaire, elle fait de bonnes études au "Vieux Cours" à Rennes et passe avec succès son Brevet. On ne visait pas plus haut pour les filles à cette époque ! Dans une ambiance familiale simple et heureuse, Laure acquérait équilibre et bon sens. Dans ce milieu breton, ce qui domine c'est la Foi chrétienne ! Comme sa soeur aînée Marie, religieuse en Angleterre, Laure est bien décidée, dès ses dix-huit ans, elle s'en ira... et ce qu'elle veut, elle le veut bien ! Ses parents diront : "Quand Dieu nous fait l'honneur d'appeler un de nos enfants à son service, nous ne pouvons y mettre obstacle." Quelques jours plus tard, Laure relevait ses lourdes tresses noires, pour commencer son postulat à la maison du Griffon, à Rennes. La séparation d'avec sa famille fut une épreuve pour Laure d'autant que la jeune postulante se livre difficilement. L'isolement dans la vie commune et puis certaines coutumes la surprennent ; "Baiser terre, c'est malpropre". Pendant plusieurs semaines, elle s'en abstiendra ce qui lui vaudra une prolongation de séjour d'un mois entier au Griffon !
Elle arrive le 22 août 1893 rue du Bac à Paris où l'office du magasin lui échoit. Cette vie recueillie, régulière, c'est ce à quoi elle aspire. Le travail accompli sans hâte lui convient mais surtout ce qui la captive c'est le solide, l'évangélique esprit de Saint Vincent de Paul. Août 1894, elle est rue Championnet au n° 8, paroisse de Notre Dame de Clignancourt. Elle y restera près de soixante ans. Laure verra le quartier se peupler, se sur peupler avec ses enfilades de maisons ouvrières ; elle verra la ferme, qui fait face à la Maison des Soeurs, céder la place à une importante école municipale pour filles et garçons et sur les terres incultes de la "zone" Laure verra surgir une couronne immense de "Maisons à bon marché" aux huit ou dix étages, aux milliers de locataires... Nous sommes dans le dix-huitième arrondissement c'est tout dire à ceux qui l'aiment, s'y dévouent ! Ici, c'est le peuple, énergique, travailleur, pas toujours commode, aimant rire et la bonne chère mais qui a le coeur sur la main.
On n'est pas très dévot dans le 18è mais on aime les Soeurs, on a
confiance dans la "cornette blanche" (immortalisée dans plusieurs films). C'est là qu'en 1880,
après la laïcisation de l'école, les Soeurs se sont repliées. Des
bienfaiteurs prennent leurs intérêts en mains et bientôt une école est
construite grâce, en particulier, au banquier Mûller. Les autres oeuvres
: asile, dispensaire, etc. sont dispersées dans des
locaux de fortune. Laure qui a pris le nom de Soeur Antoinette se voit
confier un cours élémentaire de soixante-dix élèves ! Plus tard, en
1908, elle sera chargée du Cours Supérieur. Il y avait de quoi frémir :
préparer au Brevet alors qu'on en a pas appris beaucoup plus que ses
élèves. Soeur Antoinette ne recule pas : l'autorité a parlé... "Je tremblais
plus que mes élèves, dira-t-elle plus tard !Appréciée de toutes ses compagnes et l'une des plus jeunes de la Maison, elle sera choisie pour succéder à la Supérieure de cette Maison après le décès de cette dernière. Discrète, ne se mettant jamais en avant mais faisant toujours preuve d'un jugement droit et juste, ses compagnes plus âgées pensaient certainement que Soeur Antoinette ne changerait rien. Pourtant un rajeunissement, un réajustement s'imposait à la conscience de Laure. Il n'y eut de sa part ni pression, ni ordre, mais petit à petit les choses redevinrent ce qu'elles devaient être. Laure dut faire face aussi à de sérieux revers financiers avec la banqueroute de la banque Müller. Mais sa confiance totale en la Providence lui permit de garder un calme imperturbable. Et, chaque fois que la situation devenait critique, un ou plusieurs dons arrivaient.
Sa timidité pouvait paraître froideur, sa réserve de l'incompréhension. Peu à peu, l'expérience et sa vertu solide rendirent sa bonté plus expansive, sa compréhension des âmes plus intuitive. Elle vivra toujours dans la plus grande simplicité. En 1912, lors du décès de son père, elle est Supérieure des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul à Paris.
A plusieurs reprises, elle connaîtra des heures tragiques. C'est d'abord une douloureuse anxiété au sujet de sa chère école. Depuis 1904, tous les établissements scolaires libres sont condamnés à plus ou moins longue échéance... Pour les Soeurs, c'est la dispersion qui guette !...: mais le 4 août 1914, la guerre est déclarée, les instituteurs partent au front, les écoliers sont à l'abandon... le décret Marly intervient qui garde à la France toutes les écoles libres existantes. Les classes reprennent donc et pendant quatre ans, la vie se poursuit, à peu près normale, malgré l'angoisse de la guerre. Le 14 mars 1918, terrible explosion ! C'est une grosse usine d'obus qui saute à la Courneuve. Les vitres sont pulvérisées, les châssis des fenêtres arrachés, les murs ébranlés, les écolières affolées... Soeur Antoinette est là, très calme. A sa vue, le silence se rétablit et on descend en ordre dans les sous-sols. Les parents se hâtent de venir chercher leurs enfants et, de ce jour, cherchent à leur trouver un refuge en province, aidés de la "Bonne Mère". Elle-même se préoccupe pour ses cinquante orphelines : quatre jours plus tard, elles partaient pour Betton, près de Rennes, où elle avait obtenu la jouissance du château de la Hublée.
La même année, Soeur Antoinette sera nommée Visitatrice en Bretagne. Elle craint ce rapprochement avec sa famille. On lui confie alors la Normandie puis plus tard la Seine (banlieue Nord) et la Seine et Marne. Toutes les Maisons dépendant de Soeur Decq lui conserveront une confiante affection et une grande reconnaissance.
Le 1er janvier 1926, Laure a soif de s'unir davantage à Dieu et prononce ses voeux dans une absolue confiance. Puis en mai 1934, Laure est nommée Assistante de la Compagnie. En cette qualité, elle se trouva à la Maison Mère. Il lui faut quitter Championnet, souffrance mais Soeur Antoinette est disponible pour remplir pleinement son devoir, non seulement à la Maison-Mère, mais partout où l'envoie l'obéissance. De violents remous politiques agitent l'Europe. En 1935, la Turquie proscrit le costume religieux : c'est l'expulsion ou la laïcisation. Grave et douloureux problème que le Saint Père solutionne : on ne peut abandonner chrétiens et néophytes. Les Soeurs doivent, non pas se laïciser, mais porter l'habit civil, ce qui est bien différent. En 1936, c'est d'Espagne qu'arrivent d'effrayantes nouvelles : églises pillées et brûlées, couvents dévastés, prêtres et religieux emprisonnés ou martyrisés. Les Filles de Saint Vincent protégées par le prestige de leur charité ont pu continuer leurs oeuvres mais la situation devient intenable, périlleuse. Soeur Antoinette est envoyée à Marseille pour accueillir ses compagnes et les réconforter avant de les ramener vers la Maison-Mère.....
En 1937, son triennat d'Assistante s'achève et le 26 juin 1937, elle est de retour à Championnet. En trois ans bien des choses ont évolué. La nécessité d'un second centre religieux s'impose. Il faudra, en ces temps troublés, l'audace et l'optimisme du Cardinal Verdier pour bâtir l'église. Sainte Hélène qui sera un des quatre vingt-dix "Chantiers du Cardinal". Au retour de Soeur Decq, l'église est terminée, la vie paroissiale constituée, assurée par un Curé et deux vicaires. Les seconder, c'était le devoir des Soeurs. Le quartier est des plus déshérités...: la zone, un bidonville, bâti sur les anciennes fortifications... Ce sera le champ d'action des Soeurs, de la rue des Poissonniers à la Porte de Clignancourt et de celle-ci à la Porte de Saint-Ouen. Elles y auront d'abord une pauvre baraque pour y accueillir les enfants puis petit à petit des dons afflueront de partout, des bonnes volontés se manifesteront qui viendront en aide aux Soeurs. Une baraque plus vaste est construite qui accueillera dispensaire, patronage et chapelle ! Mais à présent cela fait trois paroisses à desservir dans ce 18è. On se croirait au temps de la primitive église. Des religieux, des prêtres venus d'ailleurs apportent leur concours.
Mais bientôt, c'est la guerre... Mars 1940, des avions survolent Paris. Sans attendre, les internes sont mises en sûreté. Mais que d'enfants tremblent au son de la sirène. Où leur trouver un refuge ? Après bien des recherches, un grand hôtel à la Bernerie (Loire-Inférieure), vide de baigneurs recevra volontiers les petites parisiennes. Deux cent fillettes des différentes paroisses quittent la capitale. Pendant six mois, elles oublieront bombardements et restrictions alimentaires. Au retour, Soeur Antoinette ne sera pas là pour les accueillir.
Le 13 mai 1940, les Soeurs de Paris et de la Banlieue sont convoquées à Paris pour élire une nouvelle Supérieure Générale. Le scrutin donne pour Mère à la Communauté "Soeur Laure-Marie-Joseph Decq, . Un des premières missions de la nouvelle Supérieure Générale sera l'accueil aux réfugiés. Les camions arrivent au 140 de la rue du Bac avec des femmes, des enfants, des bébés, des vieillards, tous perdus, affolés, ne sachant où aller. Un centre est organisé où "les cornettes" accueillent ces malheureux. D'autres centres ouvriront dans les différentes Maisons et les Soeurs seront présentes sur les quais des gares de l'Est et du Nord. La situation de la France s'aggrave de jour en jour, l'armée allemande fonce sur Paris..... Alors survient l'inévitable quand on sait que l'une des Soeurs de Paris, Soeur Hélène *, aidait des prisonniers ou des enfants juifs à s'évader. Soeur Antoinette le savait couvrant les activités de la première. Elle avait pleinement conscience de l'épée de Damoclès sur sa tête mais jamais ne se départira de sa sérénité habituelle.
Le 11 février 1943, elle est arrêtée par la Gestapo. Il fut un temps où personne ne savait où elle était et quand elle reviendrait si elle revenait ? Quelques lignes parues dans la "Semaine Religieuse" en 1950, apporteront quelques précisons sur une Résistante, fille d'officier, Fille de la Charité...Depuis le début de l'année 1943, un réseau de surveillance se resserrait autour de la Maison Mère des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul. La Gestapo voulait à tout prix connaître la résidence de celle que tout le monde alors connaissait sous le nom de Soeur Hélène *, la Soeur Hélène qui avait aidé à l'évasion de nombreux prisonniers français incarcérés en Allemagne dont celle du Général Giraud. et d'un certain François Mitterand ! Recherches et interrogatoires restants infructueux, Soeur Decq, fut arrêtée comme responsable le 11 février à 9 heures du matin.
Elle était emmenée, le jour même, dans une auto fermée, sous la surveillance d'un agent de la Gestapo pour une destination inconnue. Arrivée à Sarrebrück en pleine nuit, elle fut emprisonnée. Après d'humiliantes formalités, n'ayant pris aucune nourriture depuis le matin, elle fut conduite et verrouillée dans une étroite cellule. Pendant quarante sept jours, elle fut gardée au secret, sans travail, sans messe, sans communion, livrée à ses propres pensées, mais plus encore livrée à son Dieu "dont elle ne sentit jamais si fortement la présence", dira-t-elle plus tard. Seuls les interrogatoires coupent ces longues heures de solitude, interrogatoires serrés et terribles, dont elle ne parlera, plus tard qu'avec un frisson et la terreur au fond des yeux. Souffrance morale indicible... Si la prisonnière refuse de donner l'adresse de Soeur Hélène, non seulement elle s'expose à la mort mais la Communauté entière en subira les conséquences : arrestation des Supérieures locales (déjà quatre arrestations ont eu lieu), toutes les Soeurs de moins de quarante ans emmenées en Allemagne... Soeur Decq garde un sang-froid admirable. Elle répond clairement, prudemment, mais que d'angoisses secrètes : chaque mot peut avoir une telle répercussion.
Jours et nuits sont troublés par de terribles bombardements. La D.C.A. se trouve juste au-dessus de sa cellule, la prison est secouée, les prisonniers enfermés à double tour. Le 29 mars, la porte de la cellule s'entr'ouvre: Est-ce un nouvel interrogatoire? Est-ce la mort? "Vous êtes libre!" C'est l'agent de la Gestapo, celui-là même qui a procédé à son arrestation. "Je vais vous conduire à Metz en voiture, pour vous éviter toute fatigue et vous procurer une compagne de voyage." Il semble troublé, honteux et murmura comme adieu: "Priez pour moi !". Six ans plus tard, le malheureux devait être fusillé. Le 30 mars les portes de la chapelle de la rue du Bac s'ouvraient pour accueillir celle qui, le corps meurtri par la douloureuse épreuve, mais l'âme sereine et forte, revenait parmi ses compagnes.
Le 14 juin suivant, son premier triennat achevé, Soeur Antoinette était réélue à l'unanimité. Aux oeuvres habituelles s'ajoutent désormais les oeuvres de guerre : bléssés à panser, poste de secours à assurer de jour et de nuit, sinistrés à accueillir, morts à identifier et ensevelir après les bombardements, ouvroirs de guerre à diriger, enfants à convoyer, visite des prisonniers quand elles obtiennent l'autorisation de la Kommandantur. La Maison de la rue Championnet sera gravement bombardée dans la nuit du 20 au 21 avril 1944. Elle abrite cette nuit-là dix-neuf soeurs, quatre postulantes, les employées et quelques grandes internes. C'est le bombardement de la gare de la Chapelle transformée en dépôt de tanks. Le préau de l'école flambe, le dispensaire s'effondre, le troisième étage de la maison est soufflé. Le sol tremble... aux premières explosions, toutes sont descendues dans les sous-sols. Projetées violemment les unes contres les autres, étouffées par le soufre, aveuglées par la poussière et la fumée, on prie ! Quelques heures plus tard, Soeur Antoinette accueillera et réconfortera les rescapées avant de se rendre sur place pour constater l'anéantissement de son cher Championnet.
Il est d'usage que la Supérieure se rende à Rome au début de son généralat pour recevoir la bénédiction du Saint Père. Compte-tenu des événements, elle n'eut cette grâce qu'en février 1946. Puis le 10 juin de cette même année, une nouvelle Supérieure venant du Brésil sera élue. Quelle sera sa prochaine mission ? Sa surprise est grande, c'est à l'Hospice Sainte-Marthe du Vatican que l'obéissance l'envoie. Elle a près de soixante-dix ans, n'a jamais résidé à l'étranger, ne sait pas un mot d'italien. Elle y restera peu d'années. Sa santé n'est pas brillante. On s'inquiète de son amaigrissement. Elle change à vue d'oeil. Et la Supérieure Générale, lorsqu'elle vient à Rome, comprend aussitôt la nécéssité de la rappeler en France. Rue du Bac, on l'attend. Son aspect est navrant ! N'est-ce pas la conséquence de son emprisonnement ? Peut-être mais on pense aussi à l'implacable maladie de Parkinson. Cependant sa netteté d'esprit, son incroyable mémoire, sa bonté... rien de cela n'est atteint et elle veut servir sa Communauté "jusqu'à la fin". Laure retrouvera Paris et son quartier de Clignancourt. Ce n'est plus hélas ! la chère vielle Maison de la rue Championnet, anéantie en avril 1944. Mais la Maison revit à un petit quart de là au 47, rue Montcalm dans un immeuble.. Et c'est là que le 2 octobre 1947, Soeur Antoinette est installée comme Soeur Servante. Heureusement, tout est de plein-pied ce qui lui permet de présider tous les exercices de la Communauté, se déplaçant en poussant une chaise devant elle. Elle a beaucoup de visites et tant qu'elle pourra le faire, elle sortira dans le quartier ou rendra visite à la Maison-Mère.
Laure, en religion Soeur Antoinette ou encore Soeur Decq, Laure est pieusement décédée le 13 février 1950, munie des Sacrements de l'Eglise dans la 76è année de son âge et la 57è de sa vocation. En recommandant aux prières des fidèles l'âme de Mère Laure Decq, la "Semaine Religieuse" soulignait les épreuves qu'elle avait subies, pendant l'occupation et sa déportation en Allemagne, son silence héroïque qui révélait sa noble origine : fille d'officier, Fille de la Charité.
Je me souviens, petite fille, après la guerre l'avoir vue à deux reprises lors de visites à Rennes. Des visites qui donnaient lieu à un grand rassemblement familial autour d'elle. J'étais très impressionnée par celle qu'on appelait Tante Laure ! Elle apportait, avec elle, toutes sortes d'objets ou de petits vêtements qu'elle mettait en loterie. Je suppose que ses frères et soeurs, neveux et nièces étaient invités à lui acheter des billets pour cette loterie familiale dont le profit devait aller à ses oeuvres. C'est ainsi que, petite fille, j'ai "gagné" un chemisier vert clair (je m'en souviens encore, chemisier dont la taille était celle d'un adulte. Qu'est devenu le chemisier, je n'en sais rien !
* Ma cousine Cécile Bienvenu-Decq a rencontré, rue du Bac à Paris, soeur Claire Hermann en charge des archives de la Congrégation. Elle a ainsi appris que Soeur Hélène Studler a eu des funérailles nationales mais Tante Laure est restée très humble et discrète sur sa mission. Cécile a pu voir le portrait de Tante Laure dans la salle des archives avec celui des autres supérieures. Il n’est pas impossible, ajoute-t-elle que la fille de Gérard Oury ait quelques infos (cf. le film « la grande vadrouille »).
jeudi 15 mars 2012
Le testament de Marie-Caroline de Caqueray
Marie Caroline de Caqueray, mon arrière-grand-mère, épouse en 1868 Benoît Decq, militaire de carrière qui au jour de son décès en 1912 était Lieutenant-Colonel. Ils eurent douze enfants ! A l'époque, c'était assez courant.....Son testament fait en la forme olographe*, daté du 8 septembre 1926 est intéressant à plus d'un titre :

" Je laisse par préciput** et hors part à mes filles Marguerite, Henriette et Jeanne (Photo de droite) tout ce dont la loi me permet de disposer. Si une ou deux venaient à disparaître la part de la quotité disponible reviendrait à ses deux soeurs ou à la soeur légataire restante.
Je ne fais point ceci par quelque défaveur pour mes autres enfants pour lesquels je prie Dieu d'accorder toute prospérité, mais comme l'avenir de ceux-ci est plus ou moins assuré, je suis obligée de veiller particulièrement à la situation possible de mes filles vu l'exiguité de ma fortune et ce qui pourra être leurs moyens d'existence.
Aussi j'espère que mes autres enfants seront les premiers à approuver mes dispositions".
Ainsi Marie Caroline, même si elle s'en défend, ne laisse pas parts égales à ses enfants ! En 1829, il lui reste 10 enfants. Quand elle évoque l'avenir plus ou moins assuré de quelques-uns, elle désigne Marie (1), Caroline (3), Laure (5), Bonaventure dit Joseph (7), Charles (9) et Louis (10).
Que deviendront-ils ? Auront-ils le privilège d'un avenir assuré comme le pensait leur mère ? Je vous invite à les retrouver..... Mari
e est entrée chez les religieuses du Sacré-Coeur de Jésus à Bonchurh (Isle de Wight)... Laure a choisi, en 1893, les soeurs de Saint Vincent de Paul dont elle sera la Supérieure générale. Sa vie est une histoire passionnante et courageuse qui vous sera contée. Charles, Père Eudiste au Canada, reviendra en France en 1952. Les ordres religieux assurent le quotidien de leurs membres jusqu'au dernier jour. Marie Caroline pouvait être rassurée !
Restent Caroline, Bonaventure Joseph et Louis.....Question Caroline, elle pouvait, à juste titre, espérer pour sa fille vie stable et confortable. Ce fut le cas au moins sur le plan matériel. Elle avait épousé en 1896 un avocat avec du bien !
Moins de chance avec les deux autres dont la vie ne fut pas le long fleuve tranquille qu'elle espérait pour eux ! Joseph, capitaine au long cours et armateur à Casablanca aurait pu faire fortune ! Atteint de paludisme et très marqué par le décès de deux de ses enfants en bas-âge, Joseph eut peur et avec son épouse décida de tout liquider et de rentrer en Métropole. Il voulut alors se lancer dans les affaires à Paris mais, trop honnête, ne réalisa jamais ses ambitions et tomba malade. En 1929, au moment du décès de sa mère, Joseph est déclaré sans profession et en instance de séparation. Je peux témoigner qu'il vivra à la charge des siens. Je crois qu'il ne fut guère heureux.
Louis, termina sa vie dans une quasi-misère. Séparé de son épouse, il mena une vie assez misérable si j'en crois une lettre adressée à ma grand-mère, sa soeur Caroline en 1936. Louis la remercie de son mandat. Un mandat sans doute envoyé pour l'aider à se loger et à vivre! Comme travail, des prospectus à distribuer. Aux Pompes funèbres, le directeur, un rennais que Louis a connu lui a offert tout ce dont il dispose vu son âge (54 ans), une place de croque-mort. Louis a-t-il accepté, il ne le dit pas. Enl 1939, au moment du décès de sa soeur qui l'a tant secouru, il est employé à l'hospice de Vertou (Loire-Atlantique). Un décès qui, dit-il, le touche très particulièrement. Je n'ai aucun souvenir de ce grand oncle et ne pense pas l'avoir jamais rencontré. Je pense qu'il s'était plus ou moins marginalisé.
Restent les trois "nominés" pour la meilleure part !
Marguerite et Henriette, célibataires de 58 et 50 ans avaient bien peu de chances de trouver un mari ce qui s'avéra exact. Jeanne, 45 ans, était mariée, vivait sous le toit maternel et, si j'en crois la gazette familiale, le couple ne s'entendait guère. Notre bonne arrière grand-mère était aussi une bonne maman et sa décision était juste.
Malheureusement..... l'Histoire avec un grand H et les événements qui l'ont marqué sont venus contrarier ses voeux. Si le testament, pièce à conviction, atteste bien que trois de ses enfants recoivent "double part" en francs 1929, les dévaluations successives des années 29-39 puis 39-49 ont sûrement et rapidement "égratigné" le capital reçu.
J'ai souvenir des grandes tantes vivant dans une grande précarité. J'aimais bien celles que l'on appelait "les tantes", Marguerite et Henriette vivant ensemble mais tellement différentes. Marguerite, solitaire et discrète, que l'on voyait peu... Henriette, souvent à la maison, ne serait-ce que pour partager notre table sans quoi elle n'aurait pas pris de repas. Victimes d'une éducation qui ne poussait pas les filles à s'instruire mais à trouver un mari (fortuné de préférence !) et d'une époque chaotique. Je dois ajouter qu'un membre de la famille s'est montré d'une grande générosité envers elles, ce fut oncle Raymond Huchet dont la fille Armelle doit peut-être lire ce blog de temps à autre. Il a sûrement adouci leur condition en achetant en viager le pavillon des célibataires et en logeant Jeanne, sa belle-mère pourtant fort peu reconnaissante de son vivant !
* Le testament olographe doit être écrit entièrement de la main du testateur, daté et signé par lui.
** Le préciput est, en droit civil, un avantage accordé à un héritier.
dimanche 8 mars 2009
Benoît Joseph Decq
Je vous ai, à plusieurs reprises, parlé de Bonaventure Joseph Decq à propos d'une médaille reçue lors d'un sauvetage en mer. Ma curiosité doublée d'un entêtement qualifié de breton ??? m'a permis de reconstituer l'histoire de ce naufrage au large du Brésil en 1906 et de reconstituer une partie de la carrière maritime de notre oncle Joseph. Je garde le souvenir d'un homme discret qui traversa ensuite bien des épreuves mais sut toujours rester un homme digne et respectable.Aujourd'hui, j'évoque le parcours de son père Benoît Joseph Decq. Il fut l'un de mes arrières grands-pères comme il le fut pour nombre de mes cousins. Ils se reconnaîtront !
Benoît Decq descendait d'une famille du Nord. Les Decq sont presque tous domiciliés dans le village de Vicq. Un autre village nommé Hecq est situé en plein coeur de la forêt de Mormal. Par ailleurs, le nom Decq s'écrivait au XVIIè siècle D'Hecq ou de Hecq. Aussi Jacques D
ecq (+1992) faisait-il l'hypothèse suivante " le premier du nom "devait être originaire d'un de ces trois villages : Ecques (62), Ecke (59), Hecq (59). Ces trois noms dérivent de l'allemand Eiche qui signifie Chêne et nous voici revenus à la forêt de Mormal et ses célèbres chênes."
Benoît Decq descendait d'une famille du Nord. Les Decq sont presque tous domiciliés dans le village de Vicq. Un autre village nommé Hecq est situé en plein coeur de la forêt de Mormal. Par ailleurs, le nom Decq s'écrivait au XVIIè siècle D'Hecq ou de Hecq. Aussi Jacques D
ecq (+1992) faisait-il l'hypothèse suivante " le premier du nom "devait être originaire d'un de ces trois villages : Ecques (62), Ecke (59), Hecq (59). Ces trois noms dérivent de l'allemand Eiche qui signifie Chêne et nous voici revenus à la forêt de Mormal et ses célèbres chênes."
J'ai repris la route du Nord sur les traces de Jacques et de Benoît remontant cette famille jusqu'à Antoine né 1669 à Vicq (59). Je n'ai donc pas encore pu vérifier l'exactitude de l'hypothèse d'oncle Jacques. Jusqu'à cette fin du 17è siècle, la famille reste résolument implantée à Vicq et tournée majoritairement, à travers les générations, vers l'agriculture ou le métier de charron quand ce n'est pas les deux. Benoît Joseph choisit une autre voie, celle de l'armée où il entre comme cannonier en 1843. Il a 18 ans..... Nous le retrouvons capitaine en 1861 et c'est en 1868 qu'il épouse à Rennes, Marie-Caroline de Caqueray Valolive issue d'une famille très ancienne de maîtres-verriers normands mais encore de militaires ou d'universitaires comme l'était le père de Marie-Caroline. Rien ne prédestinait donc l'union de Benoît et Caroline.....
Comment se sont-ils rencontrés ? aucune des sources en notre possession aujourd'hui ne le dit. On peut imaginer que Benoît ait été basé à Rennes et qu'ainsi, fréquentant la bourgeoisie locale, il ait été mis en situation de prétendre à la main de la fille de François Marie Gaston qui était alors titulaire de la chaire de droit romain à la Faculté de Droit de Rennes. On peut aussi penser que militaire, il ait été l'ami de l'un des frères de Marie-Caroline, Charles Marie Joseph ou François Marie Frédéric tous deux dans l'armée !
Je laisse à Jacques Decq le soin de faire les présentations : "Grand, svelte, distingué, le Capitaine Decq, Chevalier de la Légion d'Honneur servait sa patrie avec fierté et désintéressement. Pour lui, le devoir
et l'esprit de sacrifice, c'était tout un. Sa femme, Marie-Caroline de Caqueray, brune, jolie, aussi vive qu'énergique était l'âme de la maison. Avec toute sa foi de bretonne, elle abandonnait à la Providence l'avenir d'une famille qui comptera un jour onze enfants ! Riche d'honneur et de vertus, ils l'étaient peu de monnaie courante. A cette époque, la solde d'un capitaine ne montait pas très haut, et la fortune de la famille avait sombré à la génération précédente, par l'indélicatesse d'un ami qui, gêné dans ses affaires, avait emprunté à l'aïeul une somme importante sans lui rendre jamais. Peu importait à ces deux vaillants chrétiens unis par un solide amour. Ils menaient une vie modeste et sérieuse dans leur proprièté " les Tilleuls". Cette maison située Bd. de Cleunay (actuellement Bd. de la Liberté) semblait aux enfants le paradis terrestre." Toute une époque résumée en quelques mots !
Comment se sont-ils rencontrés ? aucune des sources en notre possession aujourd'hui ne le dit. On peut imaginer que Benoît ait été basé à Rennes et qu'ainsi, fréquentant la bourgeoisie locale, il ait été mis en situation de prétendre à la main de la fille de François Marie Gaston qui était alors titulaire de la chaire de droit romain à la Faculté de Droit de Rennes. On peut aussi penser que militaire, il ait été l'ami de l'un des frères de Marie-Caroline, Charles Marie Joseph ou François Marie Frédéric tous deux dans l'armée !Je laisse à Jacques Decq le soin de faire les présentations : "Grand, svelte, distingué, le Capitaine Decq, Chevalier de la Légion d'Honneur servait sa patrie avec fierté et désintéressement. Pour lui, le devoir
et l'esprit de sacrifice, c'était tout un. Sa femme, Marie-Caroline de Caqueray, brune, jolie, aussi vive qu'énergique était l'âme de la maison. Avec toute sa foi de bretonne, elle abandonnait à la Providence l'avenir d'une famille qui comptera un jour onze enfants ! Riche d'honneur et de vertus, ils l'étaient peu de monnaie courante. A cette époque, la solde d'un capitaine ne montait pas très haut, et la fortune de la famille avait sombré à la génération précédente, par l'indélicatesse d'un ami qui, gêné dans ses affaires, avait emprunté à l'aïeul une somme importante sans lui rendre jamais. Peu importait à ces deux vaillants chrétiens unis par un solide amour. Ils menaient une vie modeste et sérieuse dans leur proprièté " les Tilleuls". Cette maison située Bd. de Cleunay (actuellement Bd. de la Liberté) semblait aux enfants le paradis terrestre." Toute une époque résumée en quelques mots !
Le couple eut trois fils et huit filles. L'aînée Marie, religieuse en Irlande suivie de..... Marguerite (célibataire), Caroline (ma grand-mère et celle de mes cousins de Sallier), Pauline (+ à 10 mois), Laure (religieuse, supérieure des soeurs de saint-Vincent de Paul qui eut une conduite héroïque durant la dernière guerre), Gabrielle (+ à 6 mois), Bonaventure Joseph (cf. chroniques à son sujet et aïeul de mes cousins Decq, Ollivier, Lonak et Bienvenu), Henriette (Célibataire), Charles (Religieux Eudiste au Québec), Louis (marié sans postérité) et Jeanne (grand-mère d'Armelle Abegg-Huchet dont j'ai récemment parlé).
Gaston de Caqueray dans son ouvrage "Evocations du passé familial" relate que le général Lambert publiant ses "Souvenirs de 1870 de Rennes à Sedan" dans le "Correspondant" du 10 septembre 1907 dit de Benoît Joseph....."J'avais acquis la confiance du terrible Capitaine Decq qui était, au demeurant, le meilleur homme du monde, très consciencieux et excellent instructeur." Etait-il donc si terrible que cela ?
Benoît Joseph terminera sa carrière comme chef d'escadron puis sera nommé lieutenant-colonel. Il décède à Rennes en 1912.
En 1926, Marie-Caroline fait son testament :" Je laisse par principut et hors part à mes filles Marguerite, Henriette et Jeanne tout ce dont la loi me permet de disposer. Si une ou deux venaient à disparaître la part de la quotité disponible reviendrait à ses deux soeurs ou à la soeur légataire restante.
Je ne fais point ceci par quelque défaveur pour mes autres enfants pour lesquels je prie Dieu d'accorder toute prospérité, mais comme l'avenir de ceux-ci est plus ou moins assuré, je suis obligée de veiller particulièrement à la situation possible de mes filles vu l'exiguité de ma fortune et ce qui pourra être leurs moyens d'existence.
Aussi j'espère que mes autres enfants seront les premiers à approuver mes dispositions".
Je ne fais point ceci par quelque défaveur pour mes autres enfants pour lesquels je prie Dieu d'accorder toute prospérité, mais comme l'avenir de ceux-ci est plus ou moins assuré, je suis obligée de veiller particulièrement à la situation possible de mes filles vu l'exiguité de ma fortune et ce qui pourra être leurs moyens d'existence.
Aussi j'espère que mes autres enfants seront les premiers à approuver mes dispositions".
Ma grand-mère pense à se deux filles restées célibataires et sans aucune ressources ainsi qu'à Jeanne, veuve avec deux enfants et en situation précaire. Pour elle, les religieuses et religieux sont "en bonnes mains", ma grand-mère "bien mariée", Joseph et Louis avec des emplois. Elle peut quitter ce monde !
Marie-Caroline décède en 1929 et peu après la maison familiale sera vendue.
"Les Tilleuls" avec les dépendances ont été vendues en octobre 1929 à deux sociétés. Mon père évoquait souvent "Cleunay" où il allait pour voir ses grands-parents. Il en parlait toujours avec émotion. Je suis certaine qu'il devait, de temps à autre, revenir sur les lieux habités de son enfance mais il ne nous y a jamais conduit. J'avoue que le désir de connaître ce lieu de mémoire ne m'a pas alors effleuré. Jeunesse ! je le regrette aujourd'hui mais rien de tout cela n'existe plus depuis longtemps. Alors.....
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