J'ai retrouvé sur le Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle - Tome 13 (Gustave Chaix d'Est-Ange) le procès-verbal suivant..... il est intéressant à plusieurs titres ! " Messieurs Deschamps , l'un juge de paix à Vibraye, l'autre juge au tribunal civil de Laval, demandèrent vainement, le 30 décembre 1839, l'autorisation de joindre régulièrement à leur nom celui de "de la Rivière" sous lequel ils étaient connus , que leur père avait déjà porté et qui appartenait à la famille de leur mère. Frédéric-Joseph Deschamps, né à Vendôme en 1819, juge au tribunal civil du Mans, demanda le 29 décembre 1868, pour lui et pour son fils mineur, Henri-Frédéric-Antonin, l'autorisation de joindre régulièrement à son nom celui de : de la Rivière sous lequel il avait toujours été connu et que ses frères et sœurs portaient dans leurs actes de l'état civil. Il fut autorisé, par décret du 16 octobre 1871, à s'appeler : Deschamps-Larivière ". (Source : Gallica)Ce jugement m'oblige à revenir un siècle en arrière au jour de l'an 1779 où notre aïeul Noël Marin Deschamps fait l'acquisition de la propriété de la Rivière sur la commune de Lavaré dans la Sarthe.... Bourgeois de Paris et gérant des Domaines du Seigneur de Thorigné (absent de France et Gouverneur d'une colonie) NoëL Marin Deschamps fréquentant la région avait été séduit par ce coin de campagne d'où cette acquisition en 1779 qui lui donne le titre de Sire de la Rivière, Seigneur de l'Osnairon. Il doit rendre hommage de ce fief au Seigneur des Faits de Valennes avec obligation au 15 Août, fête de N.D accompagné de 2 hommes portant gaules enrubannées, de conduire au château de Semur, 5 oisons portant au col 3 chefs d'ail.
Voilà donc notre aîeul devenu seigneur de la Rivière mais que personne ne s'y trompe, cela n'est nullement un titre de noblesse juste un titre de propriété.
A la génération suivante, sa fille unique Rose Judith Nicole épouse Pierre François Deschamps, Juge de paix !... détrompez-vous, il ne s'agit pas d'un cousin ou d'une quelconque parenté mais d'une famille Deschamps bien implantée, elle, à Vendôme dans le Loir-et-Cher. Le père de Rose étant alors Conseiller du Roi et Grainetier et Grainetier à sel à Vendôme, les familles se connaissaient et une alliance fut conclue ! Après son mariage Pierre François fut autorisé à prendre le nom de famille de son épouse Deschamps la Rivière pour conserver ce nom. En effet, à cette date, Rose Judith Nicole est seule à porter ce nom. Son unique frère, Noël René Jacques est mort en 1807 d'une fièvre à Guttstadt en Prusse. Chirurgien de la grande armée, il y soignait sans doute alors les blessés d'Eylau. Jusque là, le patronyme Deschamps la Rivière ne semble pas poser problème. Pourquoi alors ces démarches en justice faites par les descendants de Pierre François et Rose Judith, plus précisément par deux frères de mon arrière grand-mère paternelle.
Si l'on en croit le jugement de 1871, les descendants sont juste autorisés à s'appeler Deschamps-Larivière. C'est moins beau évidemment !
J'en étais là quand j'ai découvert en marge de l'acte de naissance d'Emilie, fille de l'un des plaignants, un nouveau jugement en date du 22/07/1879 . Cette fois, le tribunal de Tours entérine le jugement de 1871 et décide que la petite Emilie "est autorisée à ajouter à son nom patronymique celui de la Rivière et à s'appeler à l'avenir "Deschamps La Rivière". Bingo ! la nuance est importante puisque l'on passe de Deschamps-Larivière à Deschamps La Rivière, tout de même plus chic.
Et ce qui explique, entre autres, la diversité d'écriture du patronyme à travers les années et les actes jusqu'en 1879. Pour conclure, nos arrières-grands-oncles ont donc obtenu satisfaction (pas la particule tout de même !) mais malheureusement le patronyme Deschamps La Rivière s'éteindra en 1998 avec le décès sans postérité de Edith, descendante de l'un des frères de mon arrière grand-mère Caroline Marie Thérèse Deschamps La Rivière qui épouse en 1850 Ernest Etienne Rabillon. Nous ne connaissions pas Edith qui n'a pas rejoint tous les descendants de Noël Marin réunis à Lavaré (Sarthe) en 1979, sur l'initiative de l'oncle Pierre Bodin pour commémorer le 200è anniversaire de l'achat de "La Rivière" par notre ancêtre. Je vous parlerai de cette belle réunion un peu plus tard.


