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jeudi 28 avril 2016

Les perles des archives n°3...Naître sur la paille !

J'espère que vous m'avez rejoint et que vous avez pris connaissance des quatre nouveaux membres de "nos familles", Thaïs...Azilis...Matthias et Camille,  dont je vous ai relayé les faire-part dans les billets qui suivent.....Dépêchez-vous de faire leur connaissance si ce n'est pas encore fait !

Je profite de l'occasion pour vous inviter à revenir plusieurs siècles en arrière... Lorsque l'on parcourt les archives, on "entre dans l'Histoire". Ce que je vous livre aujourd'hui n'appartient pas à "nos familles" mais je l'extrais d'un document communiqué par l'Entraide généalogique à laquelle j'adhère. Voilà ce qui pouvait être lu sur le registre en question.....


Le 29 août 1696 ont été baptisées deux filles jumelles.
L'une a été baptisée à l'église,
l'autre sur la paille !!!

Commentaire.....
Tout simplement, la mère a accouché du premier enfant sur la paille et il a été ondoyé immédiatement à cause du danger de mort. Le second est visiblement né normalement à la maison, sans risque pour l'enfant qui a pu attendre son baptême à l'église. On a trouvé mention de triplés ayant "jailli du sein de leur mère sur le fumier". Preuve s'il en est besoin que l'arrêt maternité n'existait pas sous l'Ancien régime.

Lors d'un accouchement, la sage femme avait autorité pour ondoyer les nouveaux nés en cas d'urgence afin qu'en cas de décès l'âme de l'enfant n'erre pas éternellement dans les limbes.

"Sur la paille" : le contexte historique suggère l'hypothèse suivante : nous sommes en 1696 dans une période de guerre et de famine ; dans le seul hiver 1693-1694, deux millions de personnes sont mortes de faim (deux fois la population de Marseille actuelle) ; la moitié de la population française vit en dessous du seuil de la misère, c'est à dire ne mange pas à sa faim ; l'habitation va avec ce décor de guerre de misère et de famine ; on dort sur la paille, on accouche sur la paille.....

Il est toujours possible d'aller plus loin et de souhaiter de vérifier cette hypothèse de la misère de cette famille...on peut consulter les notaires du lieu : le couple a-t-il passé un contrat de mariage ? un testament ? vendent -ils des terres ? font-ils des dettes ? .... le père est-il inscrit sur la liste des mendiants indiqués en bas de la liste de répartition de la taille, mendiants trop pauvres pour la payer, mais néanmoins cités en tant qu'habitants du village ?)


Tant d'éléments pourraient enrichir l'histoire de cette famille sauf qu'en 1696 si tout est possible cela reste très difficile ne serait-ce qu'au titre de la lecture. J'en ai souvent fait l'expérience pour revenir auprès de nos aïeux fin 17è siècle. Mais l'entraide paléographique est là pour cela. 
 

vendredi 12 février 2016

Histoire et généalogie...Brassier ou Brassière ?

"Brassier" (ou Brassière)...est un mot que l'on rencontre souvent dans les documents d'archives en particulier sous l'Ancien Régime. Il s'agit d'un "ouvrier ou une ouvrière" qui travaillait pour le compte d'autrui ! 

 
Cette dénomination était sans relation aucune, avec une "brasserie produisant ou vendant de la bière".

Cela désignait souvent un ouvrier agricole (travailleur à bras), qui louait ses bras et était payé à la journée.


Mais "Brassier" était aussi utilisé pour qualifier un jeune homme travaillant sur le bien de son père.



 On trouve encore l'expression "journalier"... Il s'agit, le plus souvent, d'un ouvrier agricole, louant sa force de travail à la journée. Il était susceptible de cultiver en une journée un « journal » de terre, unité de surface variable selon les régions et le relief, mais d’environ un demi hectare. Le journalier pouvait être encore celui qui partait tous les jours pour rechercher un travail ou pour travailler chez un propriétaire fermier ou un artisan ... Le travail du journalier pouvait être un travail saisonnier lorsque la mécanisation agricole n'existait pas... ce qui nécessitait alors davantage de main d'oeuvre journalière. 

Quand aux domestiques, ils restaient durant plusieurs années, voir toute leur vie attachés à la maisons qu'ils servaient. C'était encore le cas au siècle dernier...

samedi 24 octobre 2015

Les perles des archives n°2.....Mariés en face d'église !

Que signifie sur certains actes de mariage la mention "mariés en face d'église" ?
Cette fois, il m'est arrivé à plusieurs reprises de relever cette expression dans l'acte de mariage mais sa signification a bien changé au cours des âges.....
Depuis 1183, l’église catholique reconnaît comme base du sacrement de mariage le seul consentement des époux pour valider un mariage légitime.
Le Concile de Trente (1563), confirme pour l’Europe Catholique, le principe du consentement des époux.... au grand scandale des parents ayant un héritage à léguer et voulant choisir leurs gendres et brus.
Le rite du "mariage en face de l'église" a donc été pratiqué durant de nombreux siècles. Son origine est inconnue. Il semble que le but de ce rite était de donner plus de publicité et de révéler d'éventuels empêchements pour proche parenté, par exemple  cousins germains ou affinité tel que  parrain et filleule..... Le curé, revêtu de l'aube, de l'étole et de la manipule, accompagné de son clerc se rend à la porte de l'église devant laquelle les futurs époux, accompagnés de leurs parents, attendent avec les invités… Il leur demande s'il n'y a pas de lien de parenté (jusqu'au 14edegré suivant la computation romaine). Les fiancés ayant répondu à l'enquête ils joignent leurs mains et le père de la fille déclare Je te donne et remets ma fille comme épouse. On lit la charte d'épousailles. Le garçon offre à sa fiancée treize pièces de monnaie et tend la bague d'alliance qu'il pose sur la charte. Le prêtre bénit charte et anneau… La fiancée tend sa main droite et le fiancé engage d'abord l'anneau au pouce Au nom du Père, puis à l'index du fils et enfin au médius et du Saint-Esprit, le tout sous la dictée du prêtre. La mariée se prosterne aux pieds de son époux. Alors se fait l'entrée dans l'église. Les mariés, à qui on a remis un cierge allumé, entrent dans le chœur. Le prêtre revêt sa chasuble et dit la messe. À la fin de celle-ci on tend un drap au-dessus des fiancés et le prêtre lit une bénédiction adressée à la femme. Les époux vont communier. Le clerc présente du pain et du vin que le prêtre bénit. Le soir le prêtre retrouve les époux et il procède à la bénédiction de la chambre et du lit nuptial.

Et en France, depuis l’Edit de Blois (1576), et parallèlement à l’opposition des Protestants, un mariage catholique, pour être valide, doit être célébré « en face de notre Sainte mère l’église », béni par un prêtre, accompagné du consentement des parents. Cette coutume "dans l'écriture de l'acte" n’a été définitivement adoptée et transmise qu’à partir de 1615, sans jamais été avoir été officiellement entérinée par l’Eglise catholique de France.
C’est pourquoi depuis lors pratiquement toutes les bénédictions de mariage contiennent la formule « mariés en face de notre Mère Sainte Eglise » ou encore « et moi, prêtre soussigné, leur ai donné la bénédiction… » ou encore : « telle date, j’ai reçu la célébration du mariage, en face de la sainte Eglise Catholique de Un tel et Une telle… ».

Mais en réalité, à partir du 16è siècle le mariage a bien été célébré à l’intérieur et non pas devant l’église.....la mention « devant l’Eglise » évoque alors l’institution de l’Eglise catholique et non pas le bâtiment de l’église paroissiale, signifiant ainsi que le mariage s’est déroulé en présence d’un prêtre et en respectant les rites canoniques progressivement mis en place par l’Eglise catholique.

Nb: un billet "Mendiant"a déjà été édité sur le thème "Les perles des archives" le 10/07/2015. 


vendredi 10 juillet 2015

Les perles des archives n°1.....Mendiant(e)

Cela fait longtemps que je souhaite partager avec vous quelques perles récoltées au hasard de mes recherches dans les archives...


Il m'est arrivé de voir passer un acte de décès où il était précisé "Mendiant » ! Très surprise, j'ai fait des recherches. "Mendiant" au 16è ou 17è siècle ne signifie en aucun cas retraité et n’est pas non plus synonyme de vagabond.

Autrefois, il n’y avait ni Sécurité Sociale, ni caisse de retraite ; nos ancêtres travaillaient très au-delà de 60 ans... quand ils le pouvaient. Par exemple, une veuve, tout en conservant son domicile, et bien qu’ayant des enfants, mais très pauvres, pouvait être amenée à mendier pour pouvoir survivre.

Une maladie, une mauvaise récolte pouvaient très rapidement faire basculer la vie d’un ancêtre proche de la misère, et le transformer en mendiant.

Plus qu’une profession à proprement parler, il s’agissait d’une activité, reconnue, qui permettait à la personne de vivre ; souvent parce que sa condition ou sa santé ne lui permettait plus de travailler, et qu’elle se trouvait seule.

On trouve même parfois des testaments passés par des mendiants, voire quelques contrats de mariage entre mendiants..... Etonnant !

Toutefois, cela semble démontrer que les mendiants n'étaient pas rejetés comme ils le sont de nos jours. Ils vivaient certainement une vie très précaire mais accompagnée dans leur village ou sur la route !


samedi 9 août 2014

Retrouver des cousins...l'une des missions du généalogiste !

En généalogie, l'été c'est la saison des cousinades ! Mais qui dit cousinades dit cousins, et qui dit cousins dit long travail de recherche de tous les descendants vivants d'un couple donné. Sans aller jusqu'à la cousinade, retrouver des cousins bien vivants mais jamais rencontrés (ou même inconnus) est l'une des missions du généalogiste. Or la recherche de cousins contemporains n'est pas une tâche facile, soumise à deux écueils majeurs....
- Le premier est qu'il n'existe pas d'archives, au sens strict du terme, qui concerne des personnes vivantes. Sauf exception ou clef perso vous permettant de consulter des sites très fermés, les personnes vivantes ne peuvent être trouvées sur une base de données consultables librement sur le web. Elles sont masquées et pour les retrouver, il faut alors se livrer à une véritable enquête.
- En second, des personnes n'ont peut-être pas envie d'être retrouvées, pas la moindre attirance pour votre quête familiale sans parler parfois d'une certaine méfiance !.. Alors, il faudra montrer tact, gentillesse et prudence si on souhaite vraiment établir un contact et l'entretenir..... Et quand on arrive à franchir ces obstacles, c'est du bonheur !...  Certes votre généalogie s'étoffe, vous pourrez peut-être corriger des erreurs mais plus encore le lien créé vous donnera des joies immenses. Vous pourrez profiter de la richesse des échanges, du plaisir de nouer une relation avec de nouveaux membres de votre famille. L'analyse est bonne ! Elle n'est pas de moi mais après une vingtaine d'années de pratique, je confirme... rechercher des cousins vous apporte beaucoup de bonheur mais aussi quelques déceptions ! Jugez-en .....

Bonheur..... de retrouver plusieurs cousins issus de germains dans ma branche maternelle, celle des Thorel. Certes, je savais leur existence mais je n'avais jamais eu de lien avec eux. Le premier "retrouvé" Jean Thorel le fut au terme d'une véritable enquête à partir de quelques indices glanés dans la correspondance familiale (cf. blog du 09/12/2008 sous le libelle "une famille qui va se développer"). Une rencontre eut lieu en 2006 lorsque Jean et son épouse Brigitte sont venus dans le Morbihan... A son tour, il me permit de rejoindre sa cousine germaine Janine Thorel. Retrouvés encore deux autres cousins issus de germains de cette même branche : Jean-Claude et Bertrand Thorel. Cette fois, les choses seront plus simples et se feront grâce à la médiation d'Odile Thorel, fille du plus jeune des frères de mon grand-père. Contacts, échanges... une rencontre est prévu avec eux chez Bertrand dans le Périgord. Elle n'a pu avoir lieu en 2011 mais nous espérons toujours nous  retrouver ! Nous descendons tous de Camille Thorel (1841-1925)..... 

Bonheur... encore cette fois sur la branche Boulloud. J'ai souvent évoqué l'aide que m'a apporté Géraldine Thibaud sur l'ascendance de cette famille. J'ai pu entrer en contact, avec elle, grâce à Pierre Ferrand, fils d'un cousin de Jean-Pierre. Il avait, au cours de sa vie professionnelle, rencontré Cyrille Thibaud et ils s'étaient aperçus qu'ils avaient tous deux des attaches à Vaulnaveys, commune de l'Isère et fief des Boulloud. Pierre lui avait parlé de mon travail et Cyrille lui avait confié que sa soeur Géraldine s'intéressait, elle-même à l'histoire familiale.
Mon relevé du cimetière de Vaulnaveys, avait mis en lumière de nombreux liens avec des Thibaud  ! Mais qui étaient donc ces Thibaud et quel lien avec les Boulloud ? C'est là qu'est entrée en scène Géraldine...avec les éléments que nous avions, nous avons pu mettre en évidence le maillon manquant ! Jean-Pierre et Géraldine descendent de Pierre Antoine Boulloud (1803-1866)...... C'est à la génération suivante que commence la "saga des Thibaud" propriétaires d'hôtels prestigieux à Grenoble et Uriage, une ville thermale alors très en vogue ! (Histoire de L'Hôtel de l'Europe à Uriage... post sous le libellé "de Vaulnaveys en Argentine et retour... publié le 22/09/2008)

L'une des cousines Massat ?
Mais aussi quelques échecs.... Maman évoquait parfois des cousines avec lesquelles elle correspondait de temps à autre : Marie-Louise, Alice et Yvonne Massat. J'avais peu de choses les concernant si ce n'est quelques lettres conservées mais j'avais retenu qu'il s'agissait de la branche protestante de la famille maternelle de Maman.  Je pus retrouver leur trace à Paris et Boulogne. Dans une lettre, Yvonne Massat écrivait "Jean a pris la paroisse de Montmartre". J'ai mis plusieurs années à me décider à frapper à la porte de l'église protestante du lieu. Et c'est seulement en 2010 que prenant enfin contact, le pasteur me répondit : "Vous avez de la chance, je connais des descendants du pasteur Edmond Joussellin... "J'ai pensé que la boucle était bouclée...j'ai contacté Bruneau Joussellin, petit-fils de Berthe Massat, pasteur à Strasbourg. Il devait me mettre en relation avec un membre de sa famille en mesure de m'apporter les rameaux manquants ou incomplets de cet arbre familial. .... J'attends toujours ! Dommage...
A droite Marguerite (en 1917)
A peu près le même scénario avec le fils de Marguerite de Caqueray, une cousine de mon père qui épouse en 1943 Henri Hulot de Collard. J'ai gardé le souvenir de cette tante et de son fils Jean Michel alors tout petit. Facebook m'a mis en contact avec Béranger, l'un des fils de Jean-Michel qui m'a confié les coordonnées de son père à qui j'ai aussitôt envoyé un message pour me présenter et lui expliquer les raisons de ma démarche. La réponse fut brève : "pour la famille, nous verrons plus tard...". On ne pouvait être plus clair !...

 On ne gagne pas tous les jours en généalogie comme ailleurs ! J'oublie les rendez-vous manqués pour ne retenir que les liens renoués.....je pourrai citer le lien retrouvé avec Jean-Claude Pellerin descendant comme Jean-Pierre de Jean Bolloud de Murianne (1647-1721), avocat à Grenoble. Jean-Claude prit contact avec moi en 2004. le hasard a voulu qu'il rencontre à la mairie de Vaulanveys (Isère) un ami, bénévole de l'Entraide généalogique et qui faisait des recherches sur les Boulloud à ma demande. Cet ami lui confia mes coordonnées.....
...ou encore les retrouvailles avec Ghislaine Mougeot, née de Chappotin. Je l'avais connue bien petite à Rennes où elle avait été confiée à sa grand-mère durant quelques mois. Lien renoué par l'entremise d'une autre cousine Michèle Rey du Boissieu, née Drouïn. Toutes trois descendons de Jean-Marie Noury (1725-1806), notaire à Châteaugiron (35)
Les forums généalogiques permettent aussi de renouer des liens avec des cousins. C'est ce qui s'est passé à plusieurs reprises en Hautes-Pyrénées sur l'ascendance de quelques-uns de nos petits-enfants. Rencontre avec Jacques Cipriano dont l'épouse cousine avec les Dulac de Montgaillard et surprise... lui-même cousine avec la famille Boulloud en Isère.

Contacter ses cousins, qu'ils soient génalogistes ou pas, est donc primordial. ce n'est pas forcément simple selon les branches mais le jeu en vaut la chandelle.