mardi 27 novembre 2012

Pierre Chouin, un Vendéen de "nos familles" au coeur de la Forêt de Grasla

J'ai déjà évoqué cette page de l'histoire de "nos familles" en 2008 mais de façon très brève. J'y reviens car, outre la singularité d'une naissance, elle rappelle une période tragique de notre histoire ! La naissance c'est celle de Pierre Chouin, appartenant à l'ascendance maternelle de Michel, époux de notre fille Céline. 
Profitant d'un court séjour en Vendée, cet été en juillet dernier, Michel, Céline et leurs enfants sont donc allés sur le lieu de mémoire de la famille Chouin à la rencontre de leur aïeul vendéen qui vit le jour en 1794 dans une forêt vendéenne... et c'est là que la Grande Histoire fait son entrée.....cette naissance de Pierre n'est autre qu'un instant de vie d'un grand nombre de malheureux vendéens, terrifiées par les "colonnes infernales" du Général Thureau à la poursuite de Charette. Ces familles ont fui leur village pour se réfugier dans la forêt voisine, la forêt de Grasla.

La famille Chouin habitait un petit village La Copechagnière dont on nous dit que le nom vient du patois vendéen... "cope" pour coupe, chagne pour Chêne, chagnière plantation de chênes. Cette petite bourgade devait, en effet, son origine à quelques cabanes que des bûcherons élevèrent à l'extrémité de la forêt de Grasla, qui se trouve sur son territoire.
Reconstitution du Refuge des Loges
Une forêt désormais reconnue comme un sanctuaire... Longtemps, on a pu encore voir, dans l'endroit le plus épais et le plus écarté, les débris d'une ville rustique, construite en 1793, et qu'on appelait le Refuge ou les Loges, asile à un grand nombre de familles vendéennes. Des branches, appuyées sur les troncs des arbres et supportées par de forts pieux, formaient la charpente de chaque habitation ; d'autres branches, entrelacées et tapissées de mottes de gazon, servaient de murs. Les cabanes, alignées sur plusieurs rangs, présentaient l'aspect de rues pavées d'une herbe courte et épaisse. Au-dessus les grandes branches des chênes touffus, s'élevaient en dôme et protégeaient la ville contre les ardeurs de l'été et les vents orageux de l'hiver.
Chacun y avait transporté son ménage et ses provisions. Dans cette retraite impénétrable, on trouvait une église, des marchands, des boutiques. Les mariages s'y célébraient, les enfants y recevaient le baptême, et tandis que toute la Vendée était couverte de feu et de sang, un petit coin de la forêt jouissait encore, au milieu du bocage, d'une apparente tranquillité qui lui faisait concevoir des jours meilleurs. Les républicains n'osèrent guère y pénétrer, dans la crainte d'y être surpris; et, en effet, ils n'entrèrent que deux ou trois fois dans la forêt. Heureusement l'idée ne leur vint pas d'y mettre le feu; et comme pendant la nuit, ils restaient dans leur camp, les gens avaient quelques facilités pour se procurer ce dont ils avaient besoin.

 On y vivait sous ces cabanes. Les différents métiers y étaient exercés, par exemple par des forgerons, des armuriers et des charpentiers. Ceux-ci pouvaient travailler en sans inquiétude grâce aux guetteurs placés dans les arbres qui donnaient l’alerte dès que des soldats s’approchaient de la forêt.  Un légende tenace affirme que le trésor de Charette serait caché aux environs.

 On y trouvait encore une chapelle, et comme en de nombreux endroits de France, des prêtres réfractaires réfugiés là, y célébraient la messe et donnaient les sacrements. Le prêtre qui avait suivi ses ouailles tenait le registre paroissial clandestin... toujours disponible dans les archives de La Copechagnière... C'est ainsi que j'ai pu, il y a quelques années, retrouver l'acte "clandestin" de la naissance de l'aïeul de deux de nos petits enfants  :
Registre clandestin
 "Pierre Chouin, fils du légitime mariage de Louis Chouin et de Anne Micheau, son épouse, demeurant au bourg de la Copechagnière, est né dans la forêt de Gralard en la dite commune le quinze avril mil sept cent quatre vingt quatorze."
Un premier acte validé plus tard par un second officialisant le premier écrit dans la clandestinité.
 et savez-vous comment on nomma ensuite cet enfant ?..... Pierre dit "Joli bois".Un surnom qui lui est resté en l'histoire familiale.
Cette forêt de Grala, aux épaisses futaies, servit aussi de refuge aux soldats de Charette.  Elles déconcertèrent toujours les généraux républicains ». Les soldats républicains firent souvent des incursions dans cette forêt mais sans le trouver. 

Depuis 19 ans, une association, celle du refuge de Grasla s'est donnée pour mission  la reconstitution d'un village de loges de 1794 au coeur du massif forestier de Grasla. Elle évoque la vie des poulations réfugiées au coeur de la forêt.
Un bon plan pour un petit détour touristique et culturel si vous avez l'occasion un jour de taverser la Vendée.
http://www.refugedegrasla.fr/