Aujourd'hui, on les appelle "routiers", ces hommes de la route au volant de camions au lourd tonnage. Il n'y a pas si longtemps, on parlait des camionneurs mais encore avant... il y avait les rouliers. C'était eux qui transportaient les marchandises sur une charrette , un chariot ou autre matériel roulant... Et comme aujourd'hui, on voit le long des routes des restaurants avec enseigne "les Routiers", il existait des auberges pour les rouliers.Et le savez-vous ? des incidents, des bagarres éclataient quand deux rouliers se trouvaient face à face dans un chemin où ne pouvait passer qu'un seule charrette et que personne ne voulait céder le passage..... ça se terminait parfois à coups de manche de fouet. Bon, d'accord, plus de fouet mais !..... l'explication musclée est encore malheureusement parfois d'actualité.
J'ai entendu dire que des rouliers de Campan dans les Hautes-Pyrénées auraient transporté du marbre de Campan jusqu'à Versailles pour la construction du Petit Trianon..... ils auraient aussi transporté des matériaux pour la construction de la Basilique de Lourdes ! Confirmation m'est donnée par Jean-Michel Dulac, natif de Tarbes et qui connaît bien l'histoire de sa région.
Alors, je me suis intéressée à la destination et au mode de transport des blocs de marbre de Campan. J'y ai été aidée par le témoignage de plusieurs membres du "forum généalogique 65" auquel j'appartiens dans le cadre de mon travail sur les ascendants de Jean-Michel et à fortiori de mes petits-enfants. Quelques-uns habitent encore la région, d'autres s'en sont éloignés mais toujours avides de connaître et faire connaître l'histoire de la Bigorre. Je laisse la parole à l'un d'entre eux :
"Originaire de la vallée d'Aure, je me suis intéressé au marbre de Sarrancolin, Beyrède et Ilhet et j'ai trouvé quelques éléments concernant celui de Campan (rose ou vert) extrait de la carrière d'Espiadet, au pied du col d'Aspin. Si l'on en croit certains auteurs, huit colonnes du Grand Trianon viendraient de la vallée de Campan. D'autres assurent que l'on aurait utilisé ce marbre pour la décoration du Petit Trianon. Comment s'effectuait le transport ? L'Adour ne se prêtant pas au flottage, les blocs étaient «exportés» par voie terrestre sans doute par des rouliers jusqu'à Montréjeau via Bagnères, Cieutat, l'Escaladieu, Mauvezin, mais, très vite, la lenteur et la cherté du procédé firent rechercher une solution plus rapide et moins onéreuse. En 1629, Claude Picot, dit Lafleur, bourgeois de Bayonne et marbrier du roi, écrivait aux consuls de Sarrancolin que le marbre de Campan « devait être voituré sur des chariots ou des tr
aîneaux depuis la carrière d'Espiadet jusqu'au port de la Hourcade, à Beyrède, rive gauche de la Neste ». Les blocs, hissés jusqu'au col de Beyrède à l'aide de chars à boeufs, étaient ensuite descendus jusqu'à la Neste d'où partaient les radeaux de transport jusqu'à Toulouse. Là, les blocs étaient embarqués sur des bateaux à fond plat jusqu'à Bordeaux, puis sur des navires qui rejoignaient Rouen par l'Océan et remontaient la Seine jusqu'à Paris. C'est aussi du marbre de Beyrède que l'architecte Garnier a utilisé pour la construction de l'Opéra. Il emprunta également cet itinéraire. Il semble cependant que voituriers ou rouliers Campanois continuèrent leurs transports par Bagnères-de-Bigorre et l'Escaladieu, Capvern et Montréjeau puisqu'en 1685, un document fait obligation aux habitants de ces villages d'entretenir les chemins pour le passage des convois transportant les blocs de marbre. Cette notification fut également adressée aux consuls de Beyrède le 3 février de la même année, prouvant ainsi l'acheminement des blocs de marbre de Campan à travers la montagne jusqu'au port de la Hourcade.Il est possible que les deux itinéraires - hypothèse tout à fait personnelle - aient été tour à tour empruntés, en fonction des saisons. On imagine mal en effet le transport de gros blocs par le col de Beyrède en période d'hiver. C'est alors sans doute que les rouliers ou voituriers de Campan effectuaient le voyage qui les menait jusqu'à Montréjeau. À la bonne saison, il est évident que le col de Beyrède devait avoir la préférence.Quoi qu'il en soit, compte tenu de leur renommée et malgré les difficultés d'acheminement, les marbres des vallées d'Aure et de Campan ont figuré ou figurent encore dans divers monuments" (André Galicia).
aîneaux depuis la carrière d'Espiadet jusqu'au port de la Hourcade, à Beyrède, rive gauche de la Neste ». Les blocs, hissés jusqu'au col de Beyrède à l'aide de chars à boeufs, étaient ensuite descendus jusqu'à la Neste d'où partaient les radeaux de transport jusqu'à Toulouse. Là, les blocs étaient embarqués sur des bateaux à fond plat jusqu'à Bordeaux, puis sur des navires qui rejoignaient Rouen par l'Océan et remontaient la Seine jusqu'à Paris. C'est aussi du marbre de Beyrède que l'architecte Garnier a utilisé pour la construction de l'Opéra. Il emprunta également cet itinéraire. Il semble cependant que voituriers ou rouliers Campanois continuèrent leurs transports par Bagnères-de-Bigorre et l'Escaladieu, Capvern et Montréjeau puisqu'en 1685, un document fait obligation aux habitants de ces villages d'entretenir les chemins pour le passage des convois transportant les blocs de marbre. Cette notification fut également adressée aux consuls de Beyrède le 3 février de la même année, prouvant ainsi l'acheminement des blocs de marbre de Campan à travers la montagne jusqu'au port de la Hourcade.Il est possible que les deux itinéraires - hypothèse tout à fait personnelle - aient été tour à tour empruntés, en fonction des saisons. On imagine mal en effet le transport de gros blocs par le col de Beyrède en période d'hiver. C'est alors sans doute que les rouliers ou voituriers de Campan effectuaient le voyage qui les menait jusqu'à Montréjeau. À la bonne saison, il est évident que le col de Beyrède devait avoir la préférence.Quoi qu'il en soit, compte tenu de leur renommée et malgré les difficultés d'acheminement, les marbres des vallées d'Aure et de Campan ont figuré ou figurent encore dans divers monuments" (André Galicia).