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jeudi 9 janvier 2014

Un arbre qui s'enracine !... Les Chouin

Une famille sur laquelle j'ai commencé à travailler dans les années 2000-2001. Il s'agit de la famille Chouin, branche maternelle de l'époux de notre fille Céline.Dans un premier temps, j'ai pu réunir des archives, photos ou souvenirs avec l'aide de Colette Violet (1922-2011), née Chouin, la maman de Michel. Documents précieux qui ont été la première pierre de l'édifice !
Ensuite aidée par les bénévoles de l'Entraide généalogique de Vendée puis de Loire Atlantique, j'ai habillé l'arbre jusqu'en 2005. A cette date blocage sur Louis Chouin, je perds sa trace !......
Mais entre 2000 et 2005... quelle ballade avec les Chouin ! Un des ancêtres de notre gendre Michel a vite constitué le centre de mes recherches. Son histoire était bien connue de la famille... Pierre Chouin avait eu la chance (ou la malchance !) de venir au monde dans une forêt. Ses parents étaient alors installés à La Copechagnière en Vendée. Nous sommes en 1794 et la Guerre de Vendée fait rage. Les villageois se terrent dans la forêt et c'est là que naît Pierre Chouin (1794-1870). J'ai conté son histoire dans un billet du 27/11/2012 sous le libellé "Famille Boulloud-Chouin" que vous pouvez relire facilement si vous le souhaitez...
Une histoire attachante, un morceau d'Histoire de France !
A partir de là, ballade vendéenne pour y retrouver la famille Chouin et son vécu. Puis un jour, en 2003, j'ai entre les mains l'acte de mariage de Jean Chouin et Anne Fioleau, les parents de notre Pierre dit "Joli bois". Et prenant connaissance de cet acte daté de 1786, je lis qu'ils sont originaires de la paroisse de La Marne, diocèse de Nantes. Voilà qui est nouveau alors que depuis le début, je nageais en eaux vendéennes ! Je vérifie, il existe bien une commune de La Marne en Loire-Atlantique. Une nouvelle page de l'histoire des Chouin est ouverte....J'aurais alors le bonheur de remonter deux générations de Chouin jusqu'à ce Louis dont je n'avais trouvé en la Commune de la Marne que son décès en 1749, celui de son épouse Jeanne Oger en 1751 et six de leurs 8 enfants. Les deux manquants s'étant manifestés à travers des actes postérieurs (mariage ou décès). Où s'étaient mariés Louis et Jeanne et où étaient nés leurs deux aînés. La piste était à nouveau brouillée et cela dura quelques années quand.....récemment, en fouillant des bases de données un peu au hasard, je trouve en Maine et Loire un couple Chouin /Oger mais le couple en question n'est pas celui que je cherche. Toutefois l'homonymie des patronymes m'encourage à aller plus avant. Je consulte alors les archives de la commune en question. Echec ! mais le succès, je le rencontre dans la commune voisine de la Boissière sur Evre,  où je retrouve l'acte de mariage de Louis et Jeanne en 1707.
Louis, ce coquin dit "bûcheur à la forêt" avait quitté la Loire-Atlantique pour un chantier situé à quelques 80 Kms de chez lui... pas mal pour l'époque ! et il y avait trouvé son épouse et très vite une petite fille Louise.
L'acte de mariage indiquait que les parents de Louis étaient de la paroisse de Chéméré en Loire-Atlantique.La seconde petite fille serait-elle née à Chéméré près des grands-parents paternels après le retour de Louis avec sa petite famille en Loire-Atlantique ? C'est donc sans doute entre 1707 et 1714 que le couple s'est installé à La Marne.
Certains des enfants resteront en Loire Atlantique. Un peu plus tard, un peu avant la Révolution un petit-fils de Louis dont descend notre gendre reprendra le chemin de la Vendée. La boucle est bouclée...
Mais bien plus tard, au début du 20è siècle, Samuel le grand-père maternel de Michel fera le chemin inverse et s'établira à Nantes où il se maria en 1920 avec une nantaise Juliette Catelin. La maman de notre gendre y verra le jour en 1922.
Et quand on dit que les gens ne bougeait pas autrefois, en trois siècles les Chouin ont pris racine sur trois départements !
L'Histoire n'est pas finie car si aujourd'hui, nous avons identifié les parents du couple Louis Chouin / Jeanne Oger  à savoir Jean et son épouse Perrine Girard demeurant lors du mariage de Louis sur la commune de Chéméré, tout reste à apprendre de leur histoire si cela est encore possible. Pourquoi... parce que les registres de Chéméré entre 1600 et 1700 sont pratiquement illisibles !!! A suivre... peut-être.....

mardi 27 novembre 2012

Pierre Chouin, un Vendéen de "nos familles" au coeur de la Forêt de Grasla

J'ai déjà évoqué cette page de l'histoire de "nos familles" en 2008 mais de façon très brève. J'y reviens car, outre la singularité d'une naissance, elle rappelle une période tragique de notre histoire ! La naissance c'est celle de Pierre Chouin, appartenant à l'ascendance maternelle de Michel, époux de notre fille Céline. 
Profitant d'un court séjour en Vendée, cet été en juillet dernier, Michel, Céline et leurs enfants sont donc allés sur le lieu de mémoire de la famille Chouin à la rencontre de leur aïeul vendéen qui vit le jour en 1794 dans une forêt vendéenne... et c'est là que la Grande Histoire fait son entrée.....cette naissance de Pierre n'est autre qu'un instant de vie d'un grand nombre de malheureux vendéens, terrifiées par les "colonnes infernales" du Général Thureau à la poursuite de Charette. Ces familles ont fui leur village pour se réfugier dans la forêt voisine, la forêt de Grasla.

La famille Chouin habitait un petit village La Copechagnière dont on nous dit que le nom vient du patois vendéen... "cope" pour coupe, chagne pour Chêne, chagnière plantation de chênes. Cette petite bourgade devait, en effet, son origine à quelques cabanes que des bûcherons élevèrent à l'extrémité de la forêt de Grasla, qui se trouve sur son territoire.
Reconstitution du Refuge des Loges
Une forêt désormais reconnue comme un sanctuaire... Longtemps, on a pu encore voir, dans l'endroit le plus épais et le plus écarté, les débris d'une ville rustique, construite en 1793, et qu'on appelait le Refuge ou les Loges, asile à un grand nombre de familles vendéennes. Des branches, appuyées sur les troncs des arbres et supportées par de forts pieux, formaient la charpente de chaque habitation ; d'autres branches, entrelacées et tapissées de mottes de gazon, servaient de murs. Les cabanes, alignées sur plusieurs rangs, présentaient l'aspect de rues pavées d'une herbe courte et épaisse. Au-dessus les grandes branches des chênes touffus, s'élevaient en dôme et protégeaient la ville contre les ardeurs de l'été et les vents orageux de l'hiver.
Chacun y avait transporté son ménage et ses provisions. Dans cette retraite impénétrable, on trouvait une église, des marchands, des boutiques. Les mariages s'y célébraient, les enfants y recevaient le baptême, et tandis que toute la Vendée était couverte de feu et de sang, un petit coin de la forêt jouissait encore, au milieu du bocage, d'une apparente tranquillité qui lui faisait concevoir des jours meilleurs. Les républicains n'osèrent guère y pénétrer, dans la crainte d'y être surpris; et, en effet, ils n'entrèrent que deux ou trois fois dans la forêt. Heureusement l'idée ne leur vint pas d'y mettre le feu; et comme pendant la nuit, ils restaient dans leur camp, les gens avaient quelques facilités pour se procurer ce dont ils avaient besoin.

 On y vivait sous ces cabanes. Les différents métiers y étaient exercés, par exemple par des forgerons, des armuriers et des charpentiers. Ceux-ci pouvaient travailler en sans inquiétude grâce aux guetteurs placés dans les arbres qui donnaient l’alerte dès que des soldats s’approchaient de la forêt.  Un légende tenace affirme que le trésor de Charette serait caché aux environs.

 On y trouvait encore une chapelle, et comme en de nombreux endroits de France, des prêtres réfractaires réfugiés là, y célébraient la messe et donnaient les sacrements. Le prêtre qui avait suivi ses ouailles tenait le registre paroissial clandestin... toujours disponible dans les archives de La Copechagnière... C'est ainsi que j'ai pu, il y a quelques années, retrouver l'acte "clandestin" de la naissance de l'aïeul de deux de nos petits enfants  :
Registre clandestin
 "Pierre Chouin, fils du légitime mariage de Louis Chouin et de Anne Micheau, son épouse, demeurant au bourg de la Copechagnière, est né dans la forêt de Gralard en la dite commune le quinze avril mil sept cent quatre vingt quatorze."
Un premier acte validé plus tard par un second officialisant le premier écrit dans la clandestinité.
 et savez-vous comment on nomma ensuite cet enfant ?..... Pierre dit "Joli bois".Un surnom qui lui est resté en l'histoire familiale.
Cette forêt de Grala, aux épaisses futaies, servit aussi de refuge aux soldats de Charette.  Elles déconcertèrent toujours les généraux républicains ». Les soldats républicains firent souvent des incursions dans cette forêt mais sans le trouver. 

Depuis 19 ans, une association, celle du refuge de Grasla s'est donnée pour mission  la reconstitution d'un village de loges de 1794 au coeur du massif forestier de Grasla. Elle évoque la vie des poulations réfugiées au coeur de la forêt.
Un bon plan pour un petit détour touristique et culturel si vous avez l'occasion un jour de taverser la Vendée.
http://www.refugedegrasla.fr/

samedi 5 mars 2011

Ernest Auguste Guérin......un décès énigmatique et tragique !

La lecture d'un acte, quel qu'il soit, nous fait découvrir le vécu, l'environnement, le relationnel des personnes recherchées. On y découvre, en général ce qu'on vient y chercher des dates, des lieux et des personnes. Plus rarement, on y fait des découvertes inattendues, surprenantes voire tragiques.....
Il m'est arrivé en consultant un acte de mariage d'y trouver la reconnaissance d'un enfant jusque là illégitime, d'y découvrir en marge de l'acte que les époux ont divorcés ou encore que le père d'un des époux a disparu sans donner de nouvelles depuis des lustres. Les contrats de mariage ou les testaments sont souvent très riches d'enseignement sur "nos familles"..... enfants deshérités ou favorisés. Les actes de décès peuvent aussi apporter leur lot de surprises même si parfois ils posent plus de questions qu'ils ne donnent de réponses..... décès rapprochés dans une même famille par exemple (épidémie ?) ou morts inexpliquées !
C'est le cas de l'acte de décès de Ernest Auguste Henri Guérin reçu dernièrement de la mairie de Nantes.....
" Le premier février mil neuf cent vingt trois à quatorze heures nous avons constaté quai Jean Bart le décès paraissant remonter à quinze jours environ de Ernest Auguste Henri Guérin, cordonnier et domicilié à Nantes, 12 rue du Marchix....."

Que s'est-il passé quai Jean Bart ? un mystère qui le restera sans doute faute de témoins de l'époque. Ce qui fait question c'est que le corps ait été retrouvé à l'adresse ou a proximité du domicile d'Angèle, l'une des soeurs d'Henri domiciliée 1, quai Jean Bart ! Celle-ci avait épousé Jule Catelin. C'était la grand-mère de Colette Chouin, elle-même grand-mère de Baptiste et Emilie Violet. Henri venait-il chez sa soeur, a-t-il été agressé sur le chemin et le corps ensuite caché aux yeux des passants ? Une enigme aujourd'hui et peut-être pour toujours !
Peut-être pourrai-je retrouver quelques éléments de réponse dans les archives journalistiques de l'époque ? C'est possible ! Quoiqu'il en soit, tous ces actes racontent l'histoire de l'humanité au delà de celle de "nos familles", une histoire où se mêle au quotidien bonheur et larmes.

dimanche 10 février 2008

Connaissez-vous l'histoire de la forêt de Grasla ?

La forêt de Grasla, une des plus grandes de Vendée, est constituée de grandes allées forestières où il fait bon se promener en famille. En cette forêt, un parcours pédestre conduit au lieu dit "le refuge de Grasla", haut-lieu des guerres de Vendée. C'est grâce à ce refuge, en 1794, que les paroisses et plus généralement les habitants du pays de Grasla, échappèrent ainsi aux Colonnes Infernales du terrible Général Turreau. A l'intérieur de cette forêt, devenue un véritable camp retranché contre les armées de la République Française naissante, vivaient dans des cabanes faites de branchages et de boue, près de 2000 personnes des villages de la Copechagnière, des Brouzils et de Chavagnes.

L'un des ancêtres de Michel Violet, le mari de ma fille Céline, est né en 1794 en cette forêt et savez-vous comment on le nomma ensuite ?..... Pierre dit "Joli bois". C'est pas beau çà !

Une tradition familiale confirmée par les actes suivants :
"Pierre Chouin, fils du légitime mariage de Louis Chouin et de Anne Micheau, son épouse, demeurant au bourg de la Copechagnière, est né dans la forêt de Gralard en la dite commune le quinze avril mil sept cent qutre vingt quatorze."

Ce premier acte provient d'un registre qui avait du répertorier les événements passés durant la période où les villageois s'étaient cachés.

Nous avons pu ensuite nous procurer l'acte de naissance complet :
"Pierre Chouin fils de défunt Louis Chouin et de Anne Micheau demeurant au bourg de la Copechagnière est né dans la forêt de Gralard en la commune de la dite Copechagnière le quinze avril sept cent quatre vingt quatorze ainsy que l'ont, après serment requis et prêté en présence, et sur la demande de Anne Micheau sa mère attesté Pierre Octeau, laboureur âgé de cinquante six ans, Alexis Baptiste Gaufreteau, menuisier, âgé de trente ans, Jean Bafset? charpentier, âgé de quarante ans, demeurant tous séparément au dit bourg de la Copechagnière, fors le dit Rethoré qui demeure au bourg des Brouzils tous amis, lesquels ont déclaré ne scavoir signé pour le soussigné et nous avons avec notre greffier provisoire signé Etienne Pierre Rethoré. "


Un bon plan pour un petit détour touristique et culturel si vous praversez la Vendée :
L’Association du Refuge de Grasla évoque la vie des populations réfugiées au cœur de la forêt de Grasla, durant l’hiver 1794. http://www.refugedegrasla.fr/visite.html