vendredi 5 juin 2015

Vous souvenez-vous d'Albert Marie Bouinais et d'Abel Marie Paulus... deux historiens du 19è siècle chez "nos familles" !.....

 Le 22 novembre 2012, j'éditais sur ce blog un billet retraçant le parcours atypique d'Abel Marie Paulus. Pourquoi m'y étais-je intéressée puisqu'il ne m'est pas proche parent ? Je l'avais approché car il est lié par son épouse  Amélie Bouinais à la branche Noury dont je descends par Jean-Marie Noury. Je vous recommande de relire ce "billet" sous le label "Albert Marie Bouinais et Abel Marie Paulus... deux historiens du 19è siècle chez "nos familles" !.....(page accueil du blog à droite "Archives du blog 2012" ou "Libellés...généalogie Branche Noury"). 

Je vous en redonne ici l'introduction.....
Début novembre 2012, je reçois un mail d'une historienne Chantal Rizet-Clergue qui prépare un doctorat en histoire sur les professeurs agrégés "spéciaux" au 19è siècle. Elle s'intéresse entre autres à l'un d'entre eux Abel Paulus...
Albert Bouinais
Ses recherches l'amènent à découvrir qu'Abel écrivit plusieurs livres avec un certain Albert Bouinais. Et c'est cet Albert Bouinais qui la conduit jusqu'à moi.....
En effet, Albert appartient bien à la branche Noury ainsi d'ailleurs qu'Abel qui a épousé sa soeur, Amélie. Ma correspondante attend donc de moi des informations sur les familles Bouinais et Paulus ! Si je peux lui apporter une documentation assez complète d'Albert, j'ai bien peu de choses à lui offrir concernant Abel.
Abbaye de Timadeuc
Toutefois, j'ai eu la chance  de lui donner le renseignement qui lui permit de le retrouver après 1891 où il disparait. Les archives de la famille disaient que, séparé de sa femme, il avait choisi de vivre en reclus chez les moines de l'abbaye de Timadeuc en Morbihan. Etrange homme que cet Abel Paulus !

Chantal Clergue prit alors contact avec le prieur de l'Abbaye. Il lui confia le témoignage d'un moine sur Abel qui se consacrera alors à des travaux bibliques...ou à des romans jusqu'à sa mort en 1924.
A entendre Chantal Clergue, ce témoignage fut la clé qui lui permit de poursuivre sa thèse sur cette "agrégation spéciale" introduite par Victor Duruy en 1866.

Et le 12 avril, je reçois ce message :

"J'ai le plaisir de vous annoncer que je soutiendrai ma thèse sur les agrégés de l'enseignement spécial, le samedi 4 juillet, sûrement au matin.
Si vous pouvez vous libérer et faire le déplacement à Lyon, ce sera un très grand plaisir de vous rencontrer.

Il ne me sera pas possible de m'y rendre... Nouveau message :

"Une fois validée, je vous transmettrai une version PDF du document.
Merci à vous pour toute l'aide que vous m'avez apportée. Cette recherche est "vivante", grâce à tous les documents fournis par les généalogistes. Oui, un grand merci !"

Un exemple, parmi d'autres, que nos recherches croisent parfois la trajectoire d'inconnus à qui on apporte la clef qui leur permet d'ouvrir le dernier verrou qui bloquait leur entreprise. 
 

  *** Il me reste à évoquer cette fameuse agrégation spéciale obtenue par Abel Paulus. Et qui peut mieux en parler que celle que j'ai eu le bonheur de conduire à l'Abbaye de Timadeuc... Chantal Rizet-Clergue.....
Victor Duruy
"L'agrégation spéciale" n'a pas vécu longtemps : 1866/1891. Elle faisait de l'ombre à l'agrégation classique et les agrégés classiques voyaient d'un mauvais oeil que des agrégés "spéciaux" aient le même statut qu'eux. Nous étions alors dans un siècle où le latin et le grec avaient seuls droit de cité... les sciences, les langues vivantes étrangères, la littérature française, bref un enseignement résolument "moderne" n'avaient pas leur place dans cette fin du 19è siècle.
Les agrégés du type "Paulus" étaient traités par les classiques de "bestiaux" et l'enseignement spécial était l'enseignement des "épiciers" ! Il est vrai qu'un agrégé spécial n'avait pas besoin du bac ni de la licence pour passer le concours. Duruy leur donne la possibilité de se glisser dans l'enseignement secondaire par une petite porte et de devenir, selon leur mérite, des professeurs du secondaire.
Les classiques n'ont jamais accepté que de simples primaires puissent se prévaloir du titre d'agrégé de l'Université; bref, la bataille est rude tout au long du siècle...
Il y a eu 468 agrégés spéciaux; et m'expliquait alors Chantal Clergue "mon travail consiste donc à connaître leur carrière professionnelle et à voir, entre autres, comment ils se sont inscrits dans le siècle. Certains sont brillants, font de très belles carrières. Le cas Paulus en est un exemple..."

Le 4 juillet, je n'oublierai pas Chantal Clergue 
et lui souhaite le succès qu'elle mérite
pour ce travail
 qu'elle mène depuis plusieurs années.....

 et je prendrais plaisir à lire sa thèse.