lundi 29 juin 2009

Receveur au "grenier à sel" : Nicolas Laugereau !......

Les Salines de Salins-les-Bains, dans le Jura ont obtenu samedi dernier leur inscription au patrimoine mondial de l'Unesco en complément de la Saline royale d'Arc-et-Senans, déjà inscrite. Le nouvel ensemble intitulé "De la grande saline de Salins-les-Bains à la saline royale d'Arc-et-Senans" témoigne de l'histoire de l'extraction du sel considéré au 18è siècle comme "l'or blanc". Mon intention n'est pas de vous conter l'histoire des salines mais plutôt l'histoire du sel et, par ce biais, celle de plusieurs de nos ancêtres alors en Maine et Loire qui donneront naissance à la branche Deschamps la Rivière dont descendent les Rabillon, de Sallier Dupin, Jumelais, Bodin, etc. et leurs descendants aujourd'hui.....
Le sel est resté jusqu'au 20è siècle le moyen de conservation de la viande et du poisson. Pour cette raison, il fut dès le début de la civilisation l'objet d'un commerce intense se faisant par voies routières ou plus souvent fluviales. On parlait alors des "chemins du sel" comme on parle encore aujourd'hui de la "route de la soie". Dès l'ancien régime, le sel jouera un rôle capital dans l'économie et un enjeu financier avec l'instauration d'une taxe "la Gabelle". Une taxe qui deviendra très vite impopulaire car très inégalitaire mais un revenu important pour le Roi qui s'assurait ainsi (avec quelques autres taxes) un revenu régulier. Lourd et impopulaire, cet impôt encourageait les fraudes. Des chemins témoignent encore de la traque organisée pour surprendre les fraudeurs. C'est ainsi que pour descendre à notre plage en Morbihan, nous empruntons le chemin des gabelous. Ces douaniers avant la lettre n'étaient qu'un modeste maillon de la chaîne.
Au sommet de la pyramide : la Ferme générale avec son Fermier, sorte d'administrateur chargé de ramener à l'Etat (au Roi) le montant de toutes taxes perçues dont la Gabelle. Et concernant la Gabelle, au niveau local, l'organe directeur de la Ferme était le "grenier à sel". S'y côtoyaient les intendants, les contrôleurs, les receveurs..... Tous ces gens étaient fort impopulaires et nombre d'entre eux eurent quelques soucis à l'heure de la Révolution comme on le verra. Mais le "grenier à sel" c'est aussi l'endroit où le sel est entreposé puis distribué moyennant un coût aux populations contraintes de consommer "le sel du devoir destiné au pot et à la salière". Tout ceci ne concerne que les régions appartenant aux anciennes terres royales (Ile de France, Orléanais, Maine, Normandie, etc.) Les régions productrices comme la Bretagne ou le littoral méditarrénéen en étaient exemptées !.....
J'en viens alors à évoquer plusieurs de nos ancêtres. Les premiers appartiennent à la famille Laugereau (ou Logereau) bien implantée en Maine-et-Loire.
Nicolas André (1713-1793), fut receveur au grenier au sel de Saint-Florent-le Vieil. Sur son acte de décès, on lit " Aujourd'hui quatre nivose an 2 de la république (24/12/1793) à une heure du matin est décédé le citoyen Nicolas André Laugereau époux de Marie Chauveau âgé de .....que le nommé Jean Rousseau son gardien nous a déclaré faire enterrer demain à trois heures après midi dans le cimetière de ce lieu ." Compte-tenu de l'époque, on peut penser que Nicolas André s'est retrouvé dans les geôles de la République ! Mon correspondant en Anjou Guy Lutellier m'écrit "En ce qui concerne André Laugereau et son incarcération à Saint Florent le Vieil , cela ne me surprend guère vu la mauvaise presse des gens de la gabelle . A mon avis , on a respecté le grand âge de l'homme (environ 80 ans) et son incarcération ressemble plus à une assignation à résidence, qu'à une vraie incarcération." Ouf ! le grand âge l'a sauvé de la guillotine ou de tout autre expédient ! Il ajoute qu'à Saint Florent-le-Vieil, il existe une tour de la gabelle qui a du être la résidence de notre ancêtre et m'en envoie la photo. Apparemment, son fils (1744-1821) receveur à Candé (49) fut moins inquiété mais après la Révolution dut changer de travail et de région. Notre grande tante Jenny Rabillon raconte dans ses notes..... "André Nicolas était le meilleur des hommes..... Lorsque les bonnes dames de Candé avaient leur provision de sel à renouveler, elles rendaient visite à André Nicolas et lui proposaient une partie de campagne sur les terres de Bretagne. Il acceptait sans méfiance et au cours de la promenade, sous un prétexte quelconque, elles entraient dans un magasin et y faisaient leurs achats. Elles s'en retournaient ensuite chez elles, passant fièrement devant la douane donnant le bras à M. Logereau, sachant bien que ses employés ne l'aurait jamais soupçonné de favoriser la contrebande ce qu'il faisait bien innocemment ! "
Lors de la suppression de l'impôt de la gabelle, il perdit sa charge et fut alors nommé à Lorient probablement dans les douanes. Plus tard, il revint habiter Candé dont il fut le maire depuis le 1er Messidor an VIII (26 juin 1800) au 10 février 1813. Il habitait place du Marché, habitation en partie démolie pour faire passer la route qui conduit en Bretagne. C'était, paraît-il une des habitations les plus belles et les plus commodes de Candé.
La famille de Sallier Dupin possède un portrait en buste d'André Nicolas. D'autres ascendants de cette même branche eurent des fonctions de Fermier généraux : Jean Deschamps et Charles Marin des Brosses (+1761), Fermier du Prieuré de Lancé dans le Loir-et-Cher. Les Fermes générales furent abrogées par une loi en 1791 mais le principe a été repris et amélioré pour devenir les Douanes actuelles.
Peut-être aurons-nous l'occasion d'en reparler.

De la terre battue au gazon.....



Après Roland Garros et deux semaines bien chargées, voici Corinne en Angleterre à Wimbledon..... Elle nous envoie des images commentées du site.....




"Quelques clichés de l'herbe verte de Wimbledon et de mon poste de travail sur le "center court", au 5ème étage du court central où se disputent les grands matchs.




Je vous envoie aussi une photo du nouveau toit (prévu en cas de pluie) mais aujourd'hui 30° et depuis le début du tournoi pas une seule goutte..... Gag !

Bisous de Wimbledon... Coco"