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mercredi 11 mars 2015

Synthèse d'une famille..."Les Noury" !

Un peu d'Histoire... Bien qu'en partie reconstruite après les guerres de la Ligue, mais peu transformée dans son urbanisme aux 19e et 20e siècles, la ville de Châteaugiron a conservé son identité médiévale. Une première forteresse est édifiée fin 11e siècle par un chevalier nommé Anquetil. Giron, le fils de ce seigneur, donnera son nom au village qui sera alors appelé Châteaugiron. Aux siècles suivants, la cité médiévale se développe jusqu´au prieuré sainte Croix, fondé au 12e siècle par les moines de l´abbaye Saint Melaine de Rennes.La branche aînée des Châteaugiron 
s'éteint en 1427, la baronnie passe ensuite aux mains de familles alliées. Ville prospère, Châteaugiron est en grande partie détruite pendant les guerres de la Ligue et le château est pris en 1592 par les troupes du duc de Mercoeur. La ville a néanmoins conservé son caractère médiéval. Le château, les rues étroites bordées de maisons en "pan de bois" témoignent encore de la cité moyenâgeuse.
Les maisons les plus anciennes sont situées rue de la Madeleine et rue du Porche. Des rues qu'il m'est arrivée de retrouver dans des archives relatives à la famille Noury. Elles datent pour la plupart des 16e et 17e siècles. L'une d'entre elles présente un double intérêt. La présence d´un blason encadré d´une hermine et d´une fleur de lys indique une datation probable entre 1491 (mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII) et 1514 (décès d' Anne de Bretagne). L'insigne des marchands de toile est également visible sur un autre blason et rend compte de l'activité commerciale de la ville. Le pays de Châteaugiron était réputé pour sa production de toile à voile ou "noyales". On y retrouve là encore plusieurs Noury. Une manufacture Royale y fut semble t-il crée dès 1660.En 1858, sont édifiées de nouvelles halles qui servaient à l'origine de grenier à grains et de hangar aux toiles.  Le changement le plus manifeste est lié à l'installation de communautés religieuses qui font construire sur le territoire des bâtiments neufs et imposants. Et toujours la trace des Noury avec deux soeurs religieuses qui seront à l'origine du premier couvent des Ursulines. Nous en resterons là puisque la dernière des Noury qui nous intéresse quittera Châteaugiron en 1908 pour épouser Etienne Vital Rabillon (mon AAGP).
Nos Familles...L’origine des Noury à Châteaugiron est encore l’objet de bien des interrogations. On trouve des Noury à Châteaugiron (35) dès le 16è, une famille, dont un cadet serait venue en Bretagne, pour cause de religion !  Surtout présent dans l'Ouest, Noury serait un nom de personne d'origine germanique, Nodric (nod = besoin + ric = puissant).
.....Pour "nos familles", le premier identifié se nomme Joseph. Il épouse dans les années 1550 Perrine Douard sans que nous en sachions beaucoup plus. On ne leur connaît qu’un fils Michel. Mais il y a débat...Henri de Sallier Dupin fait descendre Michel Noury de Joseph et Perrine Douard. Isabelle Joubert, qui descend, elle-même de cette branche et avec qui j'ai eu plusieurs échanges, lui donne pour parents Christophe et Jeanne Douard. Pour l'instant, nous n'avons aucun élément permettant de trancher ! La thèse d’Isabelle semble meilleure car le mariage en 1550 avec un enfant en 1610 pose question. Mais le débat reste ouvert...et l'état des archives quand elles existent pour cette époque ne facilite rien...peut-être une génération sautée dans la première hypothèse. A suivre ! Pour l'instant un seul fils qui suit...Nombreux êtes-vous, fidèles du blog, à appartenir à cette filiation.....
Michel (..../1610 – 1661) épouse en 1649 à Châteaugiron Guillemette Gaigeot qui lui donnera cinq enfants, deux  filles et trois garçons. Michel et Guillemette décèdent le même jour, 28 octobre 1661...accident...épidémie ? J'ai recherché dans des documents d'époque une trace possible d'épidémies. Effectivement, l'année 1661 fut une année difficile, du mauvais temps, une hausse du prix des denrées et les épidémies qui suivent malnutrition, humidité et pourrissement, etc. Les décès simultanés de Michel et de son épouse pourraient donc bien être liés à une mauvaise fièvre. Quel était alors leur statut social, nous l'ignorons ? Ils n'étaient certainement pas parmi les plus atteints par la crise mais non plus parmi les plus riches. Il faut attendre leur dernier fils Julien pour avoir idée de la profession exercée par les Noury à Châteaugiron : Procureur, marchand de draps et tailleur. Puis viendront ensuite les notaires..... des métiers qui placeront la famille Noury dans une classe intermédiaire entre le paysan et le seigneur, sorte de bourgeoisie avant la lettre.
Julien (1649 – 1690) verra le jour à Châteaugiron et il épouse une jeune fille de la commune Perrine Besnard. La date du mariage est incertaine, plusieurs registres paroissiaux ayant disparu (1669-70-72 et 73). Ils eurent dix enfants et comme trop souvent à cette époque-là, cinq d'entre eux moururent en bas âge (entre 3 et 10 mois). Quatre d’entre eux seulement survivront et auront descendance : deux filles et deux garçons dont trois auront descendance. Sur son acte de décès, il est dit « marchand de toiles ». Nous suivons Pierre, l’aîné des garçons...
Pierre (1675 – 1720), né à Châteaugiron se mariera deux fois perdant sa première épouse décédée après la naissance de leur premier enfant en 1700.  Pierre est Sieur de la Ville Thébert ce qui signifie seulement qu’il possédait de la terre. Comme toujours, en pareille circonstance, le père se hâte de trouver une nouvelle épouse et se remarie à la fin de l’année. De cette seconde union avec Perrine Philippes, il aura dix enfants : 4 filles et six garçons. Là encore six enfants perdront la vie après leur naissance ou la petite enfance. Sur les quatre survivants, seuls deux auront postérité.
Pierre-François (1701 -1734) naît, se marie et décède à Châteaugiron. La famille Noury est, cette fois, visiblement bien implantée dans la commune.
Il est dit «Notaire et Procureur, Sénéchal de la Fontaine [Corps-Nuds] et de la Baronnie de Chateaugiron ». Il semble qu’à travers toutes ces années, la famille Noury ait acheté des terres ou les ait acquises par le biais des dotations lors des mariages. Pierre François épouse en 1723 Jeanne Marie Turmier qui lui donnera neuf enfants : 3 filles et 6 garçons. Cette fois, seule une petite fille, la dernière décède à 26 mois.C'est avec Jean-Marie qui suit, que quelques-uns d'entre nous prendront le chemin d'un autre fils de Pierre-François...Gabriel Henri François dont j'ai évoqué, sur le blog, le parcours incroyable les 8 et 11 novembre 2014.
Jean-Marie (1725 – 1806) sera le second de cette grande fratrie. Et comme son père, toute sa vie se déroule à Châteaugiron. La famille fait partie alors des notables. Il suit les traces de son père « Notaire, Procureur de la baronnie de Châteaugiron et autres, Juge de Paix 1789 ». Il épouse en 1748 Françoise Gilbert, dite Demoiselle de la Charlotais qui lui apporta une dot de 50 000 francs de l'époque. Jean Marie avait, paraît-il, dans sa jeunesse, des goûts plus belliqueux que ceux qu'indiquait la carrière qu'il avait fini par embrasser. Il avait pris part à la guerre de succession d'Autriche et avait même été blessé à la bataille de Fontenoy  en 1745.
Jean Marie et son épouse eurent dix sept enfants ! Suivant l'habitude du temps, au prénom de chaque enfant était adjoint le nom d'une terre et souvent l'enfant n'était connu que sous ce dernier nom. Une habitude d'autant plus singulière qu'à cette époque toute prérogative portait ombrage et que toute distinction allait devenir un danger. La Révolution arrivera dix ans après la naissance de leur dernier enfant. Jean Marie sera un notable dans la ville. La cinquième de la fratrie et seconde fille reste à nos cotés. La majorité des enfants de Jean Marie et Françoise auront descendance, l’une restera sans enfants, deux seront religieuses et une autre restera célibataire. La descendance de notre aïeul est donc très très nombreuse mais, en dépit des années, j’ai encore des échanges avec plusieurs de ses descendants.
5ème enfant de Jean-Marie, Angélique (1753 – 1825) sera la première à quitter la commune de Châteaugiron après son mariage en 1775 avec François Debout, originaire de Pontivy (Morbihan). Après leur mariage, Ils s'installèrent en cette ville mais Angélique n'y voulut point rester ! Ils revinrent à Rennes et François Marie fonda un commerce très florissant se jetant en même temps dans le bâtiment ce qui n'était pas sa spécialité. Parmi ses réalisations figure la construction à Rennes des maisons de la rue Bertrand, de la percée du Mail et la Butte du Champ de Mars. Pour ce dernier chantier, des remerciements officiels lui furent votés, ces travaux ayant été faits en période de grand chômage. Toutefois, par suite de la déloyauté de son associé qui, profitant de son inexpérience l'avait odieusement trompé mais aussi en raison de l'époque troublée (Révolution Française) François Marie ne tarda pas à voir sa belle fortune s'engloutir !  Le chagrin engendra chez lui une maladie de poitrine à laquelle il succomba en 1792 à Rennes, en son domicile, rue de Pezé. Ce nom ne me disant rien, j'ai recherché le nom ancien des rues de Rennes. Cette rue est devenue la rue de l'Horloge bien connue.Angélique, devenue veuve avec quatre enfants, dont l'aînée (notre aïeule) n'avait que seize ans, se retrouve chargée d'un commerce en décadence et  des débris d'une fortune ruinée au moment de la Révolution.  La vie ne fut pas facile pour Angélique et ses enfants.....

J’arrête ici l’histoire de la famille Noury avec Angélique...Sa fille aînée Rose Marie épouse à Rennes, en 1804, Etienne Vital Rabillon arrivé dans cette en 1793 après avoir quitté le fief familial de Piolenc en Vaucluse et traversé bien des moments difficiles. C’est alors une autre histoire, celle de la famille Rabillon dont je vous ai "posté" l'ascendance sur ce blog le 15/03/2014. Retrouvez-là en vous aidant des "archives du blog" ou "des liens" (colonne de droite) de la page d'accueil.

Ces pages ne sont qu’une synthèse évoquant l'ascendance de cette branche Noury. Vous êtes nombreux à descendre de l'une ou l'autre de ces branches. Vous en saurez davantage en parcourant  le Livret de descendance qui évoquent alors toutes les branches issues du couple Noury-Douard vivant au 16è siècle.

lundi 11 août 2014

Enigmes... Disparitions... Emigrations...les traces perdues de nos ancêtres !

La lecture d'un acte, quel qu'il soit, nous fait découvrir le vécu, l'environnement, le relationnel des personnes recherchées. On y découvre, en général ce qu'on vient y chercher... des dates, des lieux et des personnes. Plus rarement, on y fait des découvertes inattendues, surprenantes voire tragiques.....
Il m'est arrivé en consultant un acte de mariage d'y trouver la reconnaissance d'un enfant jusque là illégitime, d'y découvrir en marge de l'acte que les époux ont divorcés ou encore que le père d'un des époux a disparu sans donner de nouvelles depuis des lustres. Les contrats de mariage ou les testaments sont souvent très riches d'enseignement sur "nos familles"..... enfants déshérités ou favorisés. Les actes de sépulture ou de décès peuvent aussi apporter leur lot de surprises même si parfois ils posent plus de questions qu'ils ne donnent de réponses..... décès rapprochés dans une même famille par exemple (épidémie ?), mort tragique ou inexpliquée ! 

Je me propose de partager avec vous quelques exemples extraits de nos arbres.....

Selon son acte de sépulture daté de mars 1653 et relevé à Châteaugiron (35)... "Maistre André Philippes Sieur des fontenelles fut inhumé dans l'eglise de la Magdeleine le 20e Mars 1653 aprés quil fut assassiné dans la rue du Porche par Henri Le Roux qui fut pendu à Rennes le 27e mars". J'ai cherché sans résultat jusqu'ici les Actes de justice (on dirait aujourd'hui le procès). Et pourtant un bénévole de l'Entraide d''Ille-et-Vilaine, interessé par cette affaire, a effectué plusieurs déplacements pour consulter différents types d'archives. Il n'a rien trouvé : "J'ai recherché dans la chambre criminelle, dite de la " Tournelle ", les documents possibles pour votre date, particulièrement, les interrogatoires de 1653 et si on en trouve pour août et octobre...rien pour mars, ni pour des Leroux, à cette époque. De même, avec l'aide d'un conservateur, j'ai trouvé dans des listes établies, des homonymes, mais pas ce prénom".....
A moins d'un nouvel indice (il reste à trouver !), nous ne saurons jamais pourquoi ce pauvre aïeul (bien ancien) a été assassiné ! L'une de ses petites filles Perrine Philippes (1678-1760) épousera en 1700, à Châteaugiron, Pierre Noury (1675-1720), grand-père de mon aïeul Jean-Marie Noury (1725-1806) dont bon nombre d'entre nous descendent de l'un ou l'autre de ses 17 enfants.


C'est après la naissance de leur fille Marie Cécile Caroline "Marguerite" en 1848 à Blois (41) que Pierre Louis Léonce Rabillon (neveu de mon aïeul Etienne Vital Rabillon) et son épouse Marie Zoé Caroline Lefort décident de s'embarquer pour les Etats-Unis où naîtra plus tard leur fils... Bien des années auparavant, Léonce (son prénom usuel) victime d'un accident, abandonne la fonction d'avocat pour se consacrer au dessin, à la musique et devint un artiste assez distingué. J'ai retrouvé, entre autres, sur le site de la Bibliothèque Nationale la référence d'un album dédié à l'abbaye de Pontlevoy et son collège, album illustré par Pierre Louis Léonce... Ce qui fera écrire à Henri de Sallier ".....Dans les années qui suivirent son mariage, Léonce Rabillon s'embarqua avec sa famille pour l'Amérique. Il est mort en ce pays d'outre-mer où il avait cru faire fortune mais où son art est de ceux qui n'y sont guère appréciés !"  
On y reconnaît là l'esprit de l'époque mais ce que l'oncle Henri ne savait pas, c'est que le talent de Léonce a bien été reconnu puisque deux de ses oeuvres appartiennent aujourd'hui à un Musée du Maryland, The "Peabody Art Collection". Cette découverte a été faite par mon frère, Michel Rabillon, sur Internet (cf. post publié le 05/04/2009 sous le libellé "Un oncle d'Amérique"). Léonce devint-il riche pour autant ? rien n'est moins sûr !
Pourquoi ce départ en Amérique ? Nul ne le sait.... ce que par contre, j'ai pu relever ce sont les nombreuses visites en France de la famille,  fin 19è et début 20è (cf. Base "Ellis Island").  On est d'ailleurs étonné de les voir prendre le bateau comme aujourd'hui on prend le train et pourtant ce n'était pas rien alors de traverser l'Atlantique ! Sans doute allaient-ils rendre visite à la famille Rabillon restée majoritairement dans le Vaucluse. Il semble qu'ils ne soient jamais venus à Rennes, je n'en ai pas trouvé trace. J'ai pu encore les suivre à travers  les recensements des années 1880, 1900, 1910, 1920 sur la base "Ancestry". En 1880, la famille est au complet, pas d'autre enfant. Les Rabillon résident 407, Park Avenue à Baltimore (Maryland.). Des coupures du journal "The Sun" Maryland" nous apprennent que Mesdames Rabillon donnent des cours de piano (1861) et que Mr Rabillon donne des cours d'Histoire, de littérature française (1876) ou encore de dessin. Les journaux évoquent les expositions des oeuvres de Mr Rabillon dont quelques-unes appartiennent désormais à un musée de Baltimore. Apparemment, Léonce avait fait sa place dans le Maryland et y était connu et reconnu quoique restant modeste ! Plusieurs coupures relatent encore la vie sociale de la famille souvent invitée dans des soirées de notables ou en voyage.....Léonce décède en  1886 à Cape May dans le New Jersey où il termine sa carrière à l'université. Il sera inhumé à Baltimore au St Peter the Apostle Cemetery où  son épouse le rejoindra en 1901 puis leurs enfants en 1925 et 1929 très vraisemblablement sans descendance (US GenWeb).
Restent les interrogations... Pourquoi partir si loin ? Cette immigration en terre américaine fut-elle heureuse ? Je n'en suis pas certaine... sans descendance, ils restent bien isolés des leurs restés en France !  


En 1852 Paul Duboé  quitte la France pour des raisons inconnues..... et part pour l'Amérique sans donner de ses nouvelles ! Paul est le demi-frère de Jean Paul Duboé dit Couyé (1803-1869), aïeul de quelques-uns de mes petits-enfants.
Au fil  de mes recherches, quelques traces de son histoire...Dans l'acte de mariage de sa fille Françoise en 1875, il est dit "... que son père est absent... qu'il est resté à Vieille Adour jusqu'en 1852 époque où il a quitté le pays pour se rendre en Amérique d'où il n'est jamais revenu, ni n'a donné de ses nouvelles depuis fort longtemps; de sorte que son domicile est complètement ignoré"...Quelques années plus tard en 1870, sur l'acte de décès à l'âge de 21 ans de son autre fille, on le dit à Montevidéo ! Une piste à suivre.....L'Entraide 65 à laquelle j'adhère ne tarde à m'apporter un début de réponse..... 
Place historique de Montevideo
"Le 05 juillet 1852, Duboé Paul, âgé de 30 ans, a obtenu un visa accordé par le préfet de Gironde. Il était porteur d'un passeport obtenu auprès du Préfet du lieu de Hautes Pyrénées. Il est parti à destination de Montevideo, sur le navire "Sylvie Sophie". Malheureusement pas d'information complémentaire disponible sur le navire." (Site des visas du Bordelais)
 Nous resterons sur notre faim !... malgré l'aide renouvelée du forum généalogique des Hautes-Pyrénées avec l'aide d'une correspondante de Montevideo. Aucune trace d'un Paul Duboé. Il existe des patronymes voisins ! Le mystère persiste..... Loin des siens Paul a-t-il réussi à trouver le bonheur au delà des mers ???

Le 21 septembre 1901, Camille Alphonse Boulloud quitte la France pour...conquérir le monde ! Après son bachot en 1891 et son service terminé chez les chasseurs alpins, un ami lui offre de le prendre dans sa maison de commission-exportation à Paris. Il y reste 6 ans... une série de mauvaises affaires et la maison ferme ses portes ! Après une rapide étude des connaissances et méthodes commerciales acquises, Alphonse (prénom usuel) constitue un groupe de représentation : parfums et plumes d'autruches. Sa sœur lui avance les frais du voyage et en septembre 1901, sans y connaître personne, il part pour Buenos-Aires. A son arrivée,  on lui dit : « Ah! mon jeune ami, vous arrivez de France ? et par quel bateau ? quand repart-il ? Un bon conseil, reprenez-le. Il n'y a plus rien à faire dans ce pays ! » Il resta et... rencontra la réussite ! Il eut le bonheur de connaître, un français fervent de chasse comme lui. Invité à chasser dans la Pampa, Alphonse fait la conquête de ce Béarnais, qui le reçoit
Une villa à Belgrano
chez lui à Belgrano, banlieue de Buenos-Aires. Les Guirette n'ont qu'une fille, Rosita. Elle a 16 ans... une affinité de goût pour la chasse avec son père, quelques sorties et  invitations... et séduit par Rosita, Alphonse la demande en mariage ! Il fera... des affaires en Argentine, des allers-retours en France, s'investira dans les affaires hôtelières de la famille Thibaud et ne rentrera définitivement en France qu'en 1921. Désormais, c'est un homme fortuné qui, avec sa famille, partagera sa vie entre affaires, mondanités, voyages, cures, etc..... la Belle Epoque !.....


Qu'est-il arrivé à Ernest Auguste Henri Guérin en février 1923 ? Sur son acte de décès reçu  de la mairie de Nantes, on lit que " Le premier février mil neuf cent vingt trois à quatorze heures nous avons constaté quai Jean Bart le décès paraissant remonter à quinze jours environ de Ernest Auguste Henri Guérin domicilié à Nantes, 12 rue du Marchix....." 

Que s'est-il passé quai Jean Bart ? un mystère qui le restera sans doute faute de témoins de l'époque. Ce qui fait question c'est que le corps d'Henri (son prénom usuel) ait été retrouvé à l'adresse ou a proximité du domicile d'Angèle, l'une de ses soeurs domiciliée 1, quai Jean Bart ! a-t-il été agressé et laissé pour mort dissimulé au regard des passants ? 
Angèle était la grand-mère de Colette Chouin, elle-même grand-mère de Baptiste et Emilie Violet, deux de mes petits-enfants. Henri venait-il chez sa soeur, a-t-il été agressé sur le chemin et le corps ensuite caché aux yeux des passants ? Une énigme aujourd'hui et peut-être pour toujours ! Aurai-je toutefois la chance de retrouver quelques éléments de réponse dans les archives journalistiques de l'époque ? C'est possible ! 
 
Quoiqu'il en soit, tous ces récits racontent l'histoire de l'humanité au delà de celle de "nos familles", une histoire où se mêle au quotidien bonheur et larmes.

dimanche 3 août 2014

4 Août 1944...Libération de Rennes ! Témoignage....


Je présume que le 6 juin 2014, beaucoup d'entre vous ont suivi les commémorations du D-Day 1944 avec beaucoup d'attention, à défaut d'émotion pour les plus jeunes !
J'ai été particulièrement frappée, cette année, par le souhait évident de redonner aux populations civiles leur place dans ces journées. Elles étaient sur le devant de la scène aux cotés des "marines", des résistants et beaucoup y ont perdu la vie sous les bombes ou la mitraille ! On les avait un peu oubliés.....
Le débarquement n'est que le premier acte de libération de la France ! Il fallait finir le travail...Je peux en témoigner à travers les souvenirs d'une petite fille de 7 ans que j'étais alors......
A partir du mois de mai 44 jusqu’à la Libération, les bombardements seront quotidiens en Bretagne, souvent meurtriers ! Le temps s’accélère...le 31 juillet après avoir libéré Coutances et Avranches, le Général Patton donne l’ordre de foncer sur Rennes. Le premier août, on apprend que les troupes américaines sont aux portes de la ville. Aprés une avancée rapide sans rencontrer grande résistance, les américains sont soudain confrontés à une riposte allemande sévère devant la ferme de la Chesnaye au lieu dit Maison-Blanche,lieu-dit sur la route d’Antrain, à quelques kilomètres de Rennes.
 

Les combats sont violents.....On ne le sait pas encore mais les allemands y résisteront deux jours... avant de se replier sur Rennes.  

Lorsque se firent entendre les premiers coups de canon, nous sommes chez notre tante Anne de Sallier Dupin, rue de Fougères. Désireux de regagner leur domicile, mes parents sortent. Des passants leur disent que les Américains arrivent et qu'on se bat toujours à "Maison Blanche". Hésitation !...mais nos parents préfèrent regagner la rue de la Monnaie. Nous partons !... Les rues sont désertes, le calme inquiétant, seules quelques voitures bourrées de soldats allemands armés jusqu’au menton... physionomies glacées ! Je ressens cette menace, le danger est là, une fusillade peut éclater à tout moment et la famille prise pour cible par ces hommes en fuite. C’est perceptible même pour une enfant de sept ans. Je marche vite, vite...jeannette, notre jeune bonne, court devant avec mon petit frère. Arrivés à hauteur de l’église Notre-Dame, quelqu'un sortant d'un immeuble nous représente le danger d'une telle promenade, les soldats allemands armés dans les rues et d'autres dans les caves des immeubles ! Juste à cet instant, un avion se fit entendre et nous survolant en rase motte lâche un engin... des cris...abritez-vous !... Nous prenant par la main, nos parents s'engouffrent dans le premier immeuble venu, Jeannette et Michel dans l'immeuble voisin. Je pleure... pleure craignant pour mon petit frère... L'engin, une plaque incendiaire tombe dans un jardin faisant peu de dégâts. On doit repartir... il le faut... nous ne sommes pas arrivés et l’immeuble n’est pas sûr... On nous répète que les caves sont pleines d’allemands. Est-ce vrai ?...  La famille reprend le chemin de la maison et, enfin, nous voici rue de la Monnaie.  Après avoir pris dans l'appartement le nécessaire pour dormir (matelas et couvertures) et nous alimenter (biscuits vitaminés), nous descendons tous à la cave. C'était une grande cave où la famille y rejoint les occupants de l’immeuble. Nous y resterons  trois jours et trois nuits. Nuits passées dans la cave, couchant, nous les enfants sur un matelas, les adultes sur des chaises veillant et tous éclairés par les "rats de cave" (bougie enroulée tel un ressort et que l'on suspendait où l'on pouvait). Comment nos parents ont-ils pu tenir si longtemps ? Je suppose qu’il existe des grâces d’état ! Un tunnel relie notre cave à l'une de l'immeuble voisin. Nous oublions la peur et nous jouons aux sauvages  une échelle mène à un soupirail, autre issue possible en cas de danger. Jeu encore que de monter à l’échelle pourtant interdite !

C'était un Pont sur la Vilaine
Pendant ce temps, et durant trois jours et trois nuits, les américains bombardent la ville en dépit des informations de la Résistance leur annonçant le départ des Allemands. Alors, les explosions se succèdent et pour finir les allemands font sauter les ponts avant de fuir la ville. C'est vers 5h30 dans la nuit du 3 au 4 août que l'immeuble est ébranlé par une forte déflagration, le premier pont saute ! les explosions se succèdent... Quelques heures plus tard, les allemands en fuite, les Rennais découvrent les quais de la Vilaine dévastés. Notre immeuble est proche de la Vilaine, l'appartement subira quelques petits dégâts mais rien au regard des immeubles situés sur les quais. Et ce matin du 4 août 44 ce fut enfin la joie...                      Rennes est libérée !

 Rennes est libérée !

Arrivée des libérateurs !
A 10 heures, les premiers chars arrivent sur la Place de la Mairie...commence alors une époque dont je me souviens comme d’un rêve éveillé : des hommes sortis de nulle part et qui nous prenaient dans leurs bras, nous gavaient de chewing-gum ou de chocolats. Oh ! ces chocolats, leur goût très particulier jamais retrouvé !
Si les plus petits sont gâtés, les plus âgés fraternisent avec nos libérateurs...les jeunes filles en particulier.....
Fraternisation

Parents, oncles et tantes profitent aussi de cette manne « made in U.S.A ». On se rend en famille près des lieux de casernement des troupes américaines. Le trafic s’installe à travers le grillage du campement. Un trafic sans doute officiellement interdit mais admis par une hiérarchie qui ferme les yeux. On apporte des œufs, du beurre, des pommes de terre et l’on repart avec des boîtes de « corned-beef », des boîtes de conserve, du chocolat, enfin toutes sortes de denrées dont les Français ont perdu le goût même si les produits américains ne sont pas exactement à l’image de la gastronomie française. Mac Donald n’a pas encore traversé l’Atlantique ! Les soldats noirs m'impressionnent...je n’avait vu de noirs que sur les boîte de « Banania » ou dans des livres d’histoires pour enfants et encore !   Bref, la vie avait changé de couleur ! moins sombre même si, petite fille, je n’en garde pas un souvenir tragique. D’autres enfants n’ont pas eu cette chance, perdant leur maison ou bien pire, leurs parents... Notre famille a été épargnée. Il restait à connaître le sort de ceux qui avaient été prisonniers. Les reverrait-on ? Une question que je ne me posais pas encore. Je ne connaissais pas ces oncles et puis que voulait dire captivité ? C’était le vocabulaire des grandes personnes qui, elles, même sans dégâts majeurs avaient bien souffert durant quatre années : la peur, la faim, l’ignorance du lendemain ! Mais comment aurais-je pu comprendre ce qu’avait pu être ces quatre années pour mes parents ?...des années terribles où la peur côtoyait au quotidien la faim et l’inconfort....
Pour le moment, la seule chose qui comptait c’est de reprendre le cours d’une vie normale en usant au mieux de système D pour trouver ce qui était encore introuvable d’où ces petits échanges avec les Américains. Comment Charles Wilson ou après lui Clarence sont-ils entrés dans la famille ? Je ne le sais pas. Ils furent souvent reçus rue de la Monnaie et après leur départ de Rennes vers l’Est, Maman continua de correspondre avec eux comme en témoigne plusieurs lettres retrouvées lors du cinquantième anniversaire du débarquement.
Les photos sont là où l’on nous voit avec Charles...ma soeur Mady, mon petit frère Michel et moi-même.  Chacune de leur visite était une fête pour nous : bonbons et chewing-gum assurés et c’était tellement inattendu, tellement bon... que sont devenus nos amis américains ?
Que disait Charles dans ses lettres ? J'en extrais quelques passages.....Il remercie ses amis français de leur lettre et annonce son transfert dans une autre division. Il est dans un village de tentes qu'il situe près de Reims. Prochainement, leur camp devrait se tenir près du Havre. Il espère qu'il y aura une liaison ferroviaire possible pour aller à Rennes tant il a apprécié notre amitié. C'est la dernière missive que j'ai de lui..... 
Dans le meilleur des cas, il est rentré et n'a pu revenir en Europe mais dans le plus mauvais !..... Lors des célébrations et manifestations organisées pour le cinquantenaire, J'ai essayé alors, sans succès, de retrouver leur trace ! Mais je garde à jamais le souvenir de ces jeunes américains venus nous apporter la Liberté. Je me souviens d'un soldat, doux et gentil, arrivant toujours les poches pleines de chocolat, d'oranges et de chewing-gum...... sorte de magicien pour la petite fille de 7 ans qui, jusque-là ne connaissait ni le goût d'un bonbon, ni celui d'une orange. Nostalgie ! une nostalgie que je ne traîne toutefois dans mon souvenir que depuis le cinquantenaire (1994). Pourquoi ? parce qu'alors, toute une page de mon enfance s'est révélée à moi, une page un peu effacée par les années qui ont suivi plus occupées et plus émues par la guerre d'Indochine et surtout la guerre d'Algérie durant laquelle j'ai vu tomber plusieurs de mes copains et amis chers.

lundi 24 mars 2014

Bienvenue à Aurélien !.....


Quelle bonne nouvelle !



Michel Rabillon et Claudine, née Lang
 partagent avec "nos familles"
la première photo 
du petit Aurélien, né ce samedi 22 mars
fils de Hervé Rihm et de leur fille Bénédicte


Bienvenue à ce petit garçon
Qui vient rejoindre Amandine sa "grande soeur"
sa cousine Lou et ses cousins Oscar, Augustin et Gabriel


Nos affectueuses félicitations à ses parents
... à ses grands-parents.

dimanche 16 mars 2014

Dans la série "Photos de famille"... les Rabillon au fil des ans de 1793 à aujourd'hui !


Comme annoncé en décembre dernier au jour du premier chapitre de cette série..... mon frère Michel s'est attelé à une tâche immense... celle de constituer un fichier "photos de famille" à partir d'albums anciens soigneusement conservés et qui nous ont été confiés à cette intention. Travail long et difficile puisque la fragilité des albums en interdisait le "scan".
Après les trois premiers chapitres de la série "Photos de famille" illustrant la famille Deschamps la Rivière (ma grand-mère paternelle) puis les familles Aulanier et de Chapottin (Branche Noury)... je partage aujourd'hui avec vous les photos de ma branche paternelle..... 

L'Histoire des Rabillon à Rennes ne commence que fin 1793 lorsque Etienne Vital (1769-1840) y échoue après avoir connu bien des aléas depuis qu'il a quitté le fief familial de Piolenc dans le Vaucluse en 1787. Très érudit, il fut remarqué par le bibliothécaire en chef de la ville qui lui propose de poser candidature pour un poste de professeur. Il se retrouve dans l'enseignement, épouse Rose Marie Debout, une Rennaise et finira sa carrière en tant qu'inspecteur général de l'Académie de Bretagne. Son histoire est longue et fantastique... vous pouvez la retrouver dans un billet daté du 28/01/2008 sous le libellé "Etienne Vital Rabillon, une histoire étonnante".
Après avoir perdu trois enfants peu après leur naissance, Etienne Vital et Rose Marie  auront un fils Ernest et une fille Louise. Les albums photos nous les rendent alors plus proches !


Ernest Rabillon (1811-1855)
Louise Rabillon (1814-1895)













Ernest Rabillon, né à Rennes, épouse en 1850 à Lavaré (72) Caroline Deschamps la Rivière (1823-1898) avec qui il aura deux enfants Vital et Jenny. Au jour de son décès à l'âge de 44 ans, Ernest est Président du Tribunal de Beaupréau (Maine-et-Loire). Caroline décide alors de rejoindre Rennes, la ville natale de son mari avec ses enfants.
Caroline et ses enfants Jenny et Vital

Vital (1851-1938), sera mon grand-père paternel. Né à Rennes, il y décède en 1938. Il épouse en 1896 à Rennes Caroline Decq (1872-1939) également née à Rennes. Vital était avocat à la Cour d'appel de Rennes mais, selon mes sources, il aurait très peu plaidé et vécut de ses rentes avec sa famille.Je n'ai aucun souvenir de mes grands-parents ayant vu le jour quelques mois après la mort de Vital et n'ayant pas deux ans à celui de ma grand-mère. 
Jenny Rabillon



Sa soeur Jenny (1854-1903) restera célibataire
comme sa tante Louise.

 
                                                         
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Yves Rabillon et sa soeur Anne
Anne (1900-1977) épouse à Rennes en 1924 Henri Félix Louis Marie de Sallier Dupin, médecin. Ils auront cinq enfants, Hervé (+2012), Xavier, Guy, Françoise et Aliette (+2005).

Mon père Yves Rabillon (1898-1971), né à Rennes, y décède en 1971. C'est en 1936 qu'il épouse Marie Josèphe Geneviève Thorel (prénom usuel Geneviève), née à Pontlevoy dans le Loir-et-Cher et qui décède à Rennes en 1965.Au moment de leur mariage, Geneviève vit à Courbevoie (Hauts-de-Seine) avec sa famille. De leur union, trois enfants, Bernadette, Marie-Edith et Michel.

Le chapitre Rennais de la famille Rabillon se termine avec les enfants d'Yves et de Geneviève... tous les trois quitteront la capitale bretonne, les uns pour la région parisienne, une autre pour le Poitou. 
Michel aura un fils Pierre-Yves qui, à son tour aura deux petits garçons... Oscar et Augustin. 
C'est eux qui, désormais et sans doute en d'autres lieux,
 donneront suite à l'histoire
 de la branche Rennaise des Rabillon de 1793 à 1969
et des Rabillon de Piolenc en Vaucluse.