En 1793, son père André Nicolas est Receveur au grenier à sel de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire) quand survint le soulèvement de la commune et des environs *, point de départ des guerres "dites de Vendée". Il y sera emprisonné et n'y survécut que quelques mois.
Le 12 mars 1793, tous les jeunes gens originaires du canton sont convoqués à St-Florent-le-Vieil, pour être soumis au tirage au sort permettant de constituer la levée de 300 000 hommes. Les jeunes gens refusent..... Une émeute éclate, des coups de feu sont tirés, c'est le soulèvement !
Il est probable alors que, terrorisée, Marie Anne Perrine prit la fuite et suivit l'armée dite des "Vendéens" dans ce qu'on appellera la"Virée de galerne"*
*.Le 18 octobre, cette armée qu'accompagnent femmes et enfants, traverse, (en barque) la Loire à Saint-Florent-le-Vieil. Elle poursuivra sa fameuse "Virée" jusqu'à Granville. Ne recevant pas l'aide escomptée de l'Angleterre , les "Vendéens" affamés, décimés par la maladie, se ruent sur la ville du Mans où ils espèrent trouver à manger et se reposer. Mais le 12 décembre, ils sont rattrapés par les troupes républicaines. Et c'est dans la ville la chasse à l'homme !..... Tout dernièrement, on découvrira en cette ville "les charniers du Mans". Les survivants seront emprisonnés..... ! ***
C'est donc là que se fixera le tragique destin de Marie Anne Perrine où j'ai retrouvé sa trace...... dans un article extrait de "la Revue historique et archéologique du Maine - 1913"......
"Les registres de l'état-civil de la paroisse de Sainte-Croix conservent les noms de quelques-uns des "Vendéens", morts sur son territoire..... Ces décès eurent lieu à la Mission, l'ancien hôpital de Coèffort, transformé en prison. Enfermés pêle-mêle, demi nus, mal nourris, terrorisés, ils étaient sujets à toutes les maladies..... Pas de registres de décès dans les prisons ...... Lorsque les portes de la "Mission" s'entrouvrirent, les survivantes firent constater le décès de leurs compagnes de captivité avec qui elles avaient été unies par des liens de famille, d'amitié ou de souffrance..... On dressa alors des actes de notoriété, plus tard transcrits sur les registres de l'état-civil de la paroisse de Sainte-Croix..... Les indications sont souvent très sommaires : l'âge, le domicile actuel, parfois le lieu d'origine, rarement la condition sociale et pas toujours la date du décès....."
J'ai eu plus de chance puisque sous le n°54 on lit .....Laugereau Marie-Anne-Perrine, «40 ans, ouvrière en broderie, fille de défunts Nicolas-André Laugereau et de Françoise-Marguerite Chauveau, morte à la Mission le 10 ventôse dernier». Déclaration du 28 pluviose an III (16 février 1795).
L'émotion est bien là à l'évocation de cette tragédie, émotion qui rejoint celle de la naissance d'un ancêtre de Michel Violet, l'époux de notre fille Céline. Lui, a vu le jour dans une forêt de Vendée où tout sa famille avait trouvé refuge pour fuir les armées du général Thureau (cf. post du 10/02/2008 "Connaissez-vous l'histoire de la forêt de Grasla"). Par ailleurs, je m'étonne que les archives familiales soient restées muettes sur le devenir de cette branche familiale. Surprise encore de la profession avouée "ouvrière en broderie" mais, à cela, peut-être plusieurs raisons ! Marie Anne Perrine, par prudence, s'est fait passer pour une ouvrière (sans doute aimait-elle la broderie !) ou bien ses compagnes "survivantes" qui ont déclaré son décès se sont conformées à ce qu'elles avaient pu leur conter ou observer mais tout cela n'est qu'hypothèses.
* http://clemenceaudupetitmoulin.centerblog.net/rub-Il-etait-une-fois-la-Contre-Revolution.html
** http://www.azurever.com/loire/magazine/magloire_st-florent.php3
*** http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Actualites/Communiques_de_presse/p-22-presse.ht



































