lundi 4 février 2008

Les notaires au 16è, 17è, 18è siècles, des acteurs hauts en couleur.....

Ce soir, j'ai envie de vous parler des notaires. C'est une profession que je rencontre très souvent dans les actes recherchés. Il y en a dans presque toutes les familles, chez les Boulloud, les Deschamps, les Noury, les Sausse pour ne citer que ceux-là. Je me suis alors interrogée et documentée sur cette confrérie ! «Notaire » vient du latin notarius, de nota, note. L'histoire du notariat en France est assez obscure avant Saint Louis. C'est lui qui attacha au Châtelet 60 clercs sous le titre de notaires royaux, chargés de recevoir tous les actes de la juridiction. Philippe Le Bel les étend en 1302 à toutes les terres de la couronne. François 1er fixe leurs attributions en 1542 sous le nom de tabellions. Puis seront créés des Gardes-Notes en 1575 dont la mission est de veiller à la bonne conservation des actes. Les tabellions sont définitivement remplacés par les notaires et garde-notes en 1597 par Henri IV. Plus tard, la Révolution les transforme en notaires publics en 1791, question de vocabulaire républicain ! Il faudra attendre 1803 pour voir une réelle réorganisation. On verra alors apparaître les notaires impériaux puis vers la fin du 19è on ne parlera plus que du notaire tout... simplement. Dans une population de ruraux et de gens de la terre, le monde de nos ancêtres est peuplé de ces figures particulières, les notaires ! Notables respectés et influents, acteurs importants de la vie économique, les notaires constituent alors le noyau dur et actif de la société. Ils doivent cette image et leur position au fait de se trouver au carrefour de deux mondes: la ville et la campagne, le monde des affaires et le monde de la terre, la noblesse et la paysannerie. Ils sont au service de tous et aucun ne peut s'en passer. Je compare un peu leur position à celle du maréchal ferrant, du forgeron ou du curé. C'est un travailleur indépendant, itinérant, allant par les routes, sur une mule ou un cheval (pour les plus riches), de maison en maison, de ferme en ferme, tantôt pour y rédiger un testament, y dresser un inventaire après décès, établir un contrat de mariage, etc. La plupart sont aisés et pères de familles généralement nombreuses. Notre aïeul Jean Marie Noury aura ainsi 18 enfants !
Leur position leur permettra, pour les plus entreprenants, d'acquérir les terres de la noblesse rurale désireuse alors d'aller s'installer en ville durant la saison hivernale. Plus de confort et une vie sociale plus riche. Mais on ne va pas habiter en ville n'importe où, il faut construire une belle maison, voire un hôtel particulier. Cela coûte... alors, on vend des terres et qui achète ? les notaires...

J'ai ainsi dépouillé dans mes archives des titres de propriété de terres de Châteaugiron (ph. haut de page), fief de la famille Noury. J'ai pensé longtemps que ces terres héritées par mon père avaient été achetées par mon grand-père. Pas du tout, j'ai constaté que leur acquisition s'était faite du temps de Jean Marie et de l'omni présence de la famille à Châteaugiron. Shéma identique sans doute si l'on se tourne vers le Boulloud (Vaulnaveys, ph. de droite). L'histoire familiale raconte que les Bolloud de Murianne étaient propriétaires du domaine de Chamrousse, aujourd"hui station de ski en Isère. Un lieu-dit "Le Bachat-Boulloud" en atteste... Deux exemples qu'on pourrait facilement multiplier.

François Louis Hippolyte Monpou (1804-1841)

J'avais beaucoup entendu parler de ce compositeur. Maman fredonnait souvent les paroles de "Gastibelza", un texte de Victor Hugo :
"Le vent qui souffle sur la montagne me rendra fou..."
mis en musique disait-elle par son arrière-grand oncle. Or dans les années 50-60, c'était Georges Brassens qui interprétait cette mélodie sur une musique qui lui était attribuée. Aussi Geneviève, reprochait à ce dernier d'avoir emprunté sans vergogne la musique de notre aïeul. J'ai alors voulu en savoir plus car "fan" de l'ami Georges, ce reproche ne collait pas avec le profil du poète qu'était Brassens pour moi.
Pour retrouver la trace d'Hippolyte, j'ai d'abord consulté "Google" en 2003 et j'y ai trouvé une communication d'un groupe de chercheurs de l'université de Jussieu à Paris intitulée "Variation sur une guitare de Hugo...", un texte qui mentionnait à plusieurs reprises notre homme ! J'ai longtemps attendu une réponse de Jussieu. Plusieurs mois après, ce groupe en la personne d'Arnaud Laster m'a répondu. En voici la teneur : "Hippolyte Monpou a bien composé un "Gastibelza" sur la "Guitare" de Hugo, avant Litz et Brassens. Cette chanson obtint un grand succès au 19è siècle et lorsque j'ai présenté sur France-Culture les oeuvres de Litsz inspirées par Hugo, j'ai fait enregistrer le premier couplet de la chanson de Monpou. Il ne me semble pas que Brassens s'en soit inspiré mais il faudrait réecouter cet enregistrement et comparer les partitions. Monpou a mis en musique six autres poèmes de Hugo".
Hippolyte Monpou, compositeur français, né à Paris le 12 juin 1804, mort à Orléans le 9 août 1841. Il entra d'abord comme enfant de chœur à l'église Saint Germain l'Auxerrois et suivit les cours de la Maitrise de Notre Dame sous ladirection de Desvignes. Il alla ensuite continuer ses études musicales à l'Ecole royale et spéciale de chant, que Choron venait de fonder et fut nommé à l'âge de 16 ans organiste de la Cathédrale de Tours où il resta deux ans. Choron le rappela alors à Paris pour lui confier les fonctions de professeur d'accompagnement dans son institution. Successivement organiste de Saint Thomas d'Aquin, de Saint Nicolas des Champs, de la Sorbonne, le jeune Hippolyte Monpou fit exécuter dans ces églises plusieurs messes de sa composition. Il n'étudiait guère à cette époque que les Maitres de musique sacrée, Palestrina, Clari, Carissimi, Haendel, et travaillait consciencieusement à se mettre au niveau d'une tâche pleine de grandeur et de sévérité. Tout à coup, la révolution de 1830 éclata. L'Eglise, qui avait adopté le jeune artiste et qui paraissait aussi se charger de le faire vivre, ne lui offrait plus de ressources. L'école de Choron qui en 1824 avait été transformée en Institution Royale de Musique classique et religieuse avait été fermée, et plusieurs artistes formés dans cette école avaient pris leur essor vers les différentes branches de l'art où ils allaient bientôt se faire une réputation. Monpou se décida bravement à abandonner la musique religieuse pour la musique profane. Désespéré de la messe et du psaume, il se jeta dans la romance, et entreprit de se distinguer par un style sérieux et tendre, par une coupe aventureuse, par des rythmes piquants, heurtés et nouveaux. C'est ainsi qu'il écrivit: l'Andalousie, Gastibelza, les deux Archers, les Resurectionnistes, le Voile bleu...
Mais il fallait que ses romances fussent chantées. Il trouva des artistes qui lui prétèrent eur voix, et ne s'en tint pas là... il chanta sur le Théatre de l'Odéon...dans la Salle Laffitte où il donna un concert entièrement composé de ses œuvres. Il puisait ses inspirations dans les poésies d'Alfred de Musset, de Victor Hugo, de Frédéric Soulié, auxquelles sa musique prêtait un nouveau charme. Il avait mis en musique jusqu'à un chapître des paroles d'un Croyant de l'abbé de La Mennais, jusqu'à la dernière scène d'Othello de Shakespeare, littéralement traduite par Alfred de Vigny. Plein de volonté et de persévérance, Monpou voulait prouver qu'il était capable d'écrire autre chose que des romances et forcer les barrières de la scène lyrique. Le théatre du Palais-Royal, nouvellement ouvert, offrait aux jeunes compositeurs les moyens de se faire connaitre. Adolphe Adam, Flotow, Pilatti et quelques autres travaillaient pour ce théatre, où l'auteur de cet article retrouva Monpou en 1833. Monpou fut chargé par les spirituels auteurs de la pièce de Vert-Vert, Mrs Deforges et de Leuven, d'écrire pour une autre pièce intitulée La Salamandre, plusieurs morceaux de musique qui furent chaleureusement applaudis.Peu de temps après, Frédéric Soulié lui confia le livret des ""Deux Reines, opéra-comique en un acte qui fut représenté en 1835. Ce coup d'essai du compositeur sur la scène de l'Opéra-Comique fut un coup de maître. "Adieu mon beau navire devint bientôt populaire... aux "Deux Reines" succèdérent "Le Luthier de Venise" et "Piquillo", paroles d'Alexandre Dumas, représenté en 1837. Vinrent ensuite "Perugina", "Le Planteur" , et "La chaste Suzanne" au Théatre de la Renaissance. Mais quoique Monpou eût répandu dans toutes ces productions une foule d'idées heureuses et qu'il y ait fait preuve d'un talent réel, il ne retrouva pas un succès égal à celui qu'avait obtenu son premier opéra des Deux Reines. Il était en train d'écrire la partition d'un nouvel ouvrage en trois actes, "La Reine Jeanne", lorsqu'il tomba gravement malade. On dit que la crainte de n'avoir pas terminé son travail dans le délai fixé entre lui et le Directeur de l'Opéra-Comique contribua beaucoup à aggraver cette affection, dont il était atteint depuis longtemps. Il partit pour la Touraine, comptant sur la salutaire influence de ce doux climat. Arrivé à Orléans, il se sentit hors d'état de continuer sa route, et se fit transporter dans une maison de campagne des environs (La Chapelle-Saint-Mesmin) chez un ami . Bientôt après il put revenir à Orléans pour être plus à portée des secours de la médecine; mais tous les efforts de la science furent impuissants, et il succomba dans cette ville, à l'âge de 37 ans. Sa femme qui l'accompagnait, fit transporter ses restes à Paris.Ses obsèques eurent lieu à Saint Roch le 14 août 1841; on y exécuta une messe dans laquelle M. Dietsh avait eu l'heureuse idée de faire entrer un motet composé sur des motifs des "Deux Reines" et de "La chaste Suzanne", et qui fut chanté par Duprez. La dépouille mortelle d'Hippolyte Monpou fut déposée au cimetière du Père Lachaise. Cet artiste, enlevé trop tôt à son art, n'avait écrit qu'un acte de son opéra de "La Reine Jeanne"; il laissa aussi en manuscrit plusieurs morceaux d'un autre opéra en trois actes, "Lambert Simnel" - les deux ouvrages, terminés par Adolphe Adam, ont plus tard été représentés.
Sources : Extrait d'un article de la Gazette et Revue musicales de Paris)


Selon son acte de décès, il semble qu'il résidait à Paris au 8, rue Louvois (2è).
La tombe d'Hippolyte est toujours au Père Lachaise dans le carré des muiciens Une enigme persiste sur le patronyme Monpou ou Monpoux. Les biographes du compositeur parlent d'Hippolyte Monpou. Son acte de décès mentionne François Louis Monpoux d'où notre difficulté pour trouver l'acte à Orléans. Il faut encore souligner que l'acte de mariage d'une de ses soeurs Colombe Eugénie évoque son frère compositeur en tant que témoin sous l'identité François Hippolite. Et sur cet acte, l'épouse déclare qu'une erreur a été faite sur l'acte de décès de son père et que leur patronyme est bien Monpoux (avec un x). La tradition familiale a, elle, entérinée Monpou (sans x) !

Bibliographie : autres articles trouvés dans.....
-"Dictionnaire biographique des musiciens" collection Bouquins, chez Robert Laffont - 1995, 2ème tôme p. 2825-2826
-Larousse "Grand dictionnaire universel du XIX ème siècle"-1982- Tôme XI

André VY.....

Odile Thorel (fille d'André et de Marie Louise Aulanier) nous a appris le décès récent à 60 ans de André Vy.
André était le fils de Jeanne (née Thorel) et de Robert (+1988). Il vivait avec sa mère et sa soeur dans un petit village normand à Montreuil-l'Argillé dans l'Eure. Nous partageons la peine et la douleur de Jeanne et de ses enfants.
J'ai peu connu cette cousine germaine de maman mais je me souviens d'un séjour dans la famille Vy alors qu'elle résidait en banlieue parisienne. Je devais avoir douze ou treize ans !

mercredi 30 janvier 2008

Nos joies et nos peines en 2007


  • Naissance de Constantin BATAILLE, le 10 janvier à ?........................... (Branche Bressel)
  • Naissance de Anne Edith FRAISSEIX, le 1er mars à Vannes (56)........ (Branche Rabillon)
  • Décès de Jacques THOREL, le 1er mars à Rouen (76) et inhumé en cette ville le 7 mars(Branche Thorel)
  • Naissance de Emmanuel SEELBACH, le 2 avril à Düsseldorf (All.)........ (Branche Thorel)
  • Naissance de Basile BOULLOUD, le 17 avril à Paris (12è) à la maternité des Bluets................ (Branche Boulloud)
  • Naissance de Jacques-Yves de SALLIER-DUPIN, le 7 mai à Vitré ?..... (Branche Rabillon)*
  • Naissance de Aelig de SALLIER-DUPIN, le 22 mai à ?............................ (Branche Rabillon)*
  • Mariage de Florian LE CORNEC avec Servanne CHAIGNEAU, le 2 juin à Chantenay-Villedieu (72) en l'église Saint-Jean-Baptiste................................................ (Branche Deschamps la Riviere)
  • Naissance de Zoé MACHET de la MARTINIERE le 10 juin à ?................ (Branche Thorel)
  • Mariage de Soline MACHET de la MARTINIERE avec Nicolas DROUAULT, le 14 juillet à Mardié (45)........................................................................................................ (Branche Thorel)
  • Naissance de Cyprien JOLIVET, le 21 septembre à Redon (35).............. (Branche Thorel)
  • Décès de Monique DECQ (veuve de Roger Bienvenu), le 2 octobre à Nantes ? (44) et inhumée le 5 octobre à Rennes (35)............................................................... (Branche Decq)
  • Mariage de Hervé de SALLIER DUPIN avec Elise FLAVIGNY, le 5 octobre en l'église de Veyres (33)........................................................................................................ (Branche Rabillon)
  • Décès de Marlise THOREL (veuve de Henri de la Martinière), le 14 novembre à Orléans (45) et inhumée à Mardié (45) en la chapelle familiale de Lantigny.......... (Branche Thorel)
  • Décès de Georges BOULLOUD, le 30 novembre à Eaubonne (95) et inhumé à Ermont (95) (Branche Boulloud)






lundi 28 janvier 2008


Il est temps que je vous présente mon petit clan..... quelques absents... je tâcherai de faire mieux la prochaine fois. Cette photo a été prise dans notre petit coin du Morbihan à Saint-Gildas-de-Rhuys en juillet 2006.....

à gauche... Corinne Boulloud, Gautier Dulac et Emilie Violet
au centre... Christel Dulac-Boulloud, Clément et Margaux Dulac
à droite... Jean-Michel Dulac, Céline Violet-Boulloud et Baptiste Violet
sont absents : Jean-Pierre Boulloud, Bernadette Boulloud-Rabillon et Michel Violet

Je ne sais pas si ce qui va suivre va vous passionner mais je trouve que c'est une entrée en matière qui en vaut une autre... sans les registres... pas de généalogie ou si peu ! Si donc vous êtes curieux vous y verrez l'évolution de nos archives, pourquoi il est si difficile d'établir les filiations avant 1787 tant les infos transcrites sont pauvres... registres peu soignés...patronymes écorchés...
1334 - Le registre paroissial le plus ancien de France (Givry en Saône et Loire)
1539 - Ordonnance de Villers-Cotterets: Institution des registres de baptêmes avec indication du nom du père
1563 - Concile de Trente: Mention des noms des parrain et marraine
1579 - Ordonnance de Blois: Création des registres de mariage, décès et publication des bans
1582 - Le Calendrier Grégorien remplace le Calendrier Julien: le 9 décembre est suivi du 20 décembre
1667 - Ordonnance de St-Germain-en-Laye (Code Louis) Tenue des registres en deux exemplaires dont l'un est déposé au greffe. Uniformisation de la rédaction des actes - Signature des parrains et marraine pour les baptêmes, des conjoints et des témoins pour les mariages et de deux des parents pour les sépultures
1674 - Tenue des registres sur papier timbré
1685 - Révocation de l'Edit de Nantes, suppression des registres protestants
1736 - Déclaration royale: Les deux registres ont un caractère authentique et doivent êtres signés par les deux parties
1787 - Édit de tolérance: Rétablissement des registres protestants
1792 - 20/25 septembre: Création de l'Etat civil moderne. La tenue des registres (RP) est enlevée aux prêtres et remise aux Municipalités. Création des tables annuelles et décennales, mention des professions, âge et domicile des défunts sur les actes de décès, instauration du divorce.
1793 - 24 septembre: Entrée en vigueur du Calendrier républicain, mis en application en l'an II (deux)
1798 - du 22 septembre au 26 juillet 1800 (1er vendémiaire An VII au 7 thermidor An VIII): mariages au chef lieu de canton
1800 - Indication du lieu de naissance et de la filiation du défunt sur les actes de décès
1806 - au 1er janvier, retour au Calendrier Grégorien
1816 - Suppression du divorce1850 - Mention sur les actes de mariage, d'un éventuel contrat (loi du 31 juillet)1876 - Création du Livret de famille1884 - Rétablissement du divorce
1886 - Mention des divorces en marge des actes de mariage et de naissance
1897 - Mention des mariages et légitimations en marge des actes de naissance
1922 - Mention des dates et lieux de naissance des parents sur les actes de naissance des enfants
1927 - Suppression des registres de publication de mariage
1945 - Mention du décès en marge de l'acte de naissance
1955 - Mention de l'adoption en marge des actes de naissance
1989 - Non inscription des mentions marginales sur les exemplaires des actes détenus par les greffes (par mesure de simplification administrative).

Etienne Vital Rabillon, une histoire étonnante !

L'histoire étonnante de Etienne Vital, celui qui est à l'origine de la branche rennaise des Rabillon...

Né à Piolenc (84) en 1769, il fait de brillantes études chez les Oratoriens d'Avignon. Ses classes terminées, il lui faut choisir une carrière. Ses parents auraient voulu faire de lui un médecin. Pour se rendre à leur désir, il suit quelque temps les cours de la Faculté (Aix sans doute) mais à la première dissection, il renonçe !... A 18 ans, Vital quitta sa famille. On pense que ce fut à la suite d'une violente dispute avec son père ayant trait à son refus de faire médecine. Un ami l'engage alors à s'embarquer avec lui sur le navire dont son père avait le commandement. Vital accepte et se rend à Marseille où il avait rendez-vous. Par suite d'un malentendu, le projet échoua... quand Vital arrive, le navire venait de partir ! On sait qu'il travailla alors dans l'imprimerie et ce, dans plusieurs grandes villes du Midi ...Il était à Bordeaux lorsqu'éclate la Révolution et la levée de 1793. C'est là qu'il s'engage dans les armées de la République le 10avril. D'ailleurs avait-il le choix puisque ceux qui n'étaient pas volontaires, étaient enrôlés d'office avec une mauvaise note ? Vital est incorporé au 4è bataillon de la Charente Inférieure (aujourd'hui Charente Maritime). Son régiment qui devait prendre la direction de la frontière de l'Est esr dirigé vers la Vendée qui venait de se soulever. Il fait donc la terrible guerre dont il garda un affreux souvenir. Les scènes sanglantes auxquelles il se trouva mêlé lui inspirèrent une profonde horreur pour la Révolution et il n'en parlait qu'avec la plus grande indignation... Ayant plus de goût pour les luttes intellectuelles que pour les luttes à mains armées, il exerçe pendant le temps de son service les fonctions de secrétaire de ses colonels et généraux lesquels habituellement ne brillaient pas par leur éruditon. Il racontait qu'à St-Florent-le-Vieil (Maine et Loire), son régiment avait été bien battu par les troupes de Charette et que pour mieux fuir avec ses camarades, il avait été obligé de se délester du Xénophon qu'il portait dans son sac, cadeau d'un de ses maîtres et auquel il tenait beaucoup. Sur des notes écrites de sa main, Vital Rabillon est cité comme ayant fait pendant la 2è et la 3è année de son service, campagne à l'Armée de l'Ouest, et pendant sa 4è année, campagne à l'Armée des Côtes de l'Océan. Pour échapper à l'écrasement total et essayer du secours anglais, les Vendéens acculés franchissent la Loire. Ceci entraîna des déplacements de l'armée des Bleus qui les pousuivait. Le régiment de Vital passa en Bretagne et occupa Rennes fin 1793, début 94. A ce moment là, Vital est sergent dans l'infanterie. Après le 9 thermidor, l'adoucissement relatif de la Convention permit de s'occuper à nouveau de choses anéanties par la Révolution. On ouvre alors à Rennes une bibliothèque qui était encore au moins jusqu'en 1967 la bibliothèque municipale de Rennes. Elle fut composée du fonds confisqué de la bibliothèque des avocats au Parlement de Rennes auquel on ajouta les ouvrages ramassés dans les pillages des châteaux, des biens des émigrés ou autres... Dans cette nouvelle bibliothèque, Vital prenait ses moments de loisirs. Le principal responsable, un certain Mainguy, ancien abbé et ancien professeur au Collège Royal remarqua ce sergent qui passait de longues heures à lire dans le texte grec, Homère, Platon, Hérodote, etc. Par ailleurs, la Convention voulant rétablir les études l'on fonda à Rennes une "Ecole Centrale". Sur les entrefaites survint la paix de Bâle (1795) ce qui permit de renvoyer une partie de l'armée. Aussi Vital s'attendait-il à être libéré. On lui proposa alors de concourir alors pour une chaire d'Histoire qui venait d'être fondée à cette Ecole Centrale. Tout d'abord, Vital refusa tant son désir était grand de retourner dans son pays, d'y établir une imprimerie et de s'y faire éditeur. Mais l'insisances de Mainguy fut si forte qu'à la fin, il céda. Cet acte décida de sa destinée et le fixa pour toujours à Rennes où il épousa en une jeune rennaise en 1804. (Sources : "Extrait de la "Notice généalogique et biographique par Henri de Sallier Dupin").

Mon AAGP Vital ne retourna jamais dans le Vaucluse mais conserva des liens épistolaires avec sa mère et ses frères. Au cours de mes recherches qui m'ont permis de "grimper" plus haut dans l'arbre familial ou de complèter les branches, j'ai pu retrouver une descendante d'un des frères de mon mon aïeul, très active au sein du cercle généalogique du Vaucluse.