samedi 14 mars 2009

Le "CAC 40" de nos aïeux

Dans le monde de nos ancêtres et quelque soit le milieu, on revenait toujours à la terre, seule valeur sûre et référence universelle. On le voit bien justement dans les testaments où l'on parle peu d'argent mais surtout de "toit", de terre ou des produits de la terre. Les mesures de surface reposaient sur la parcelle de terre que pouvait cultiver, labourer ou ensemencer un homme ou un animal. Le "journal" correspondait à ce qu'un homme pouvait labourer en une journée. Il variait donc forcément selon les lieux puisqu'en fonction de la nature du sol (lourd ou sablonneux, abrupt ou plat ... ), des instruments de travail (araire ou charrue) et des attelages que ces diférents sols exigeaient ou permettaient (bœufs, chevaux, mulets ... ).

Le rendement d'une journée était donc bien différent d'une région à l'autre.
Voilà évidem­ment pourquoi l'argent est devenu en argot le blé, référence symbo­lique et imagée. Le fric dut son nom au fricot, le ragoût, plat unique qu'il permettair de se payer.
De toute manière, le "bled", désignant autrefois toute céréale panifiable (blé,orge, seigle, et naturellement le froment, qui donnait le meilleur pain), était forcément une des valeurs écono~ miques de référence.

Si la Bourse avait existé
elle n'aurait eu que peu d'articles à son CAC 40
au nombre desquels le blé et le bœuf.

Une partie de la France, au sud, continua longtemps à se contenter de l'araire, dépourvue de roues. Mais plus au nord, on utilisait déjà la charrue que tirait, selon la lourdeur du sol, un attelage de bœufs, en Limousin, ou de chevaux, en Lorraine. L'animal de trait, et particulière­ment le bœuf, producteur en même temps de viande et de cuir représentait donc une richesse considérable et ne pouvait qu'être considéré comme une référence économique. Il arrivait d'ailleurs souvent que les grosses dots soient versées en bétail : un laboureur offrant ainsi volontiers à sa fille qui se mariait une "vache et son suivant" (son veau), autrement dit de quoi assurer plusieurs années de lait, et un bœuf pour l'avenir, une fois que l'affranchisseur (le castreur de bétail) aurait exercé son art.

jeudi 12 mars 2009

Une mine à "fonds ouverts".....les testaments

L'objet de ma précédente chronique était de vous présenter un testament, un de ces documents qui avec les contrats de mariage, les donations, le cadastre et plus tard les recensements, listes électorales, etc... nous en apprennent beaucoup plus sur nos familles que les seuls actes d'état-civil. J'ai choisi le deuxième testament de Jean Bolloud de Murianne qui teste en 1721 à Vizille, bourg proche de Vaulnaveys-le-Bas, fief de la famille Boulloud où Jean-Pierre compte encore de nombreux cousins familiers ou plus éloignés. C'est un exemple mais très représentatif de l'époque.
J'ai conservé l'orthographe de l'époque et les expressions dans ma transcription qui accompagne les clichés que vous pourrez lire vous-même en cliquant sur la photo.Une transcription qui page après page s'accompagne de quelques commentaires ou explications......

Page 1 :
1. Au nom de Dieu soit que le dix neuvième feuvrier
2. après midy mille sept cent vingt et un avec pardevant le notaire
3. royal au bourg de Vizille et témoins soussignés fut présent
4. Sieur Jean Bolloud Murianne Bourgeois de Vaulnaveys

Page 2 :
1. le Bas lequel degré étant Dieu grâce en parfaite
2. santé tant de sa personne que de ses sens mémoire et
3. entendement ainsi qu'il est apparu aux dits notaire et témoins
4. et néanmoins craignant d'être surpris par la mort à
5. cause de l'incertitude de son heure et voulant prévenir
6. tous procès et différents entre les siens au subjet des
7. biens qu'il a pleu à la divine Providence lui départir
8. en cette vie. Il en a disposé par les présents testaments
9. nuncupatif de la manière que s'ensuit. Premierement
10. apres s’etre muny du signe de la Ste Croix et avoir fait
11. les prieres et invocations que tout bon chretien est
12. en coutume de faire en pareille rencontre. Il a
13. choysi la sepulture de son corps dans leglise parroissiale
14. dudit Vaulnaveys en la tumbe de sesdits predecesseurs , et
15. remis ses obseques et funérailles à la discression de
16. son héritier ci-après institué espérant qu'il s'en
17. acquittera honorablement et ainsy qu'il est de coutume
18. dans la ditte parroisse pour les chefs de famille de
19. sa condition donne et legue a laditte eglise parroissiale
20. la somme de trente livres et a la chapelle des penitents
21. erigée en icelle , celle de trois livres le tout payable
22. une année apres son decedz pour etre lesdittes sommes
23. employées en ornement desdittes eglise et chapelle
24. Donne et legue aux pauvres dudit Vaulnaveys deux
25. sextiers seigle pour leur etre distribué le jour de son
26. enterrement, Donne et legue par droit d’institution
27. particuliere et hereditaire a Jean Joseph, Pierre, André
28. Justine, Magdeleine et Therese Bolloud ses enfants
29. du second lict au chacun la somme de trois centz livres
30. a eux payables lors qu’ils auront atteint l’age de
31. vingt cinq ans ou qu’ils trouveront leurs partyes en
32. mariage et jusques a ce veut qu’ils soient nourris et
33. entretenus par sondit heritier en travaillant de leur

Notes : - dans tout testament de cette époque, la référence à Dieu est très, très forte. La prière est aussi très présente avec le désir d'être enterré en l'église paroissiale. Cette dernière disposition est, en général, le signe d'une famille d'un certain rang qui pouvait bénéficier de cet avantage. Plus tard, tout le monde alla au cimetière, en général autour de l'église. Pour ce faire, il était de coutume de verser à l'église une certaine somme d'argent et aux pauvres des vivres à distribuer le jour de l'enterrement.
- Testament nuncupatif : se dit d'un testament fait à haute voix devant témoins.
- Sextier = sestier : mesure de grains.
- quand il teste Jean a huit enfants vivants issus de deux unions. En 1721, les enfants du second lit sont tous mineurs et non mariés. Il leur lègue une certaine somme qui ne sera leur que lorsqu'ils seront majeurs ou qu'ils se marieront (en quelque sorte leur dot). dans l'immédiat, ils restent à la charge de celui qui sera nommé héritier qui devra les nourrir et les entretenir mais pour lequel, en échange, ils devront travailler.

Page 3 :
1. pouvoir au proffit d’icelluy. Et a l’egard
2. de Joseph et Marguerite Bolloud
3. ses autres enfants du premier
4. lict lesquels son mariés il veut et entend quils
5. soient contents de ce qu’il leur a donné en leurs
6. contract de mariage les instituant en ce ses heritiers
7. particuliers / Donne et legue a demoyselle
8. Justine Galland sa tres chere epouze une pension
9. annuelle et viagere de cinq sextriers froment cinq
10. charges de vin huit pots huille de noix dix livres
11. beurre quarante livres fromage vingt livres sel
12. et trente livres argent ensemble son habitation
13. dans l’une des chambres de sa maison avec l’usage
14. des meubles a elle nécéssaire suivant quils seront
15. réglés par deux des plus proches parents lesquels
16. meubles après son décès seront repris par sondit
17. héritier en l'état qu'ils se trouveront. Laquelle susdite
18. pension tiendra lieu à la dite demoiselle Galland des
19. intherets de tous les droits qu'elle pourrait avoir et
20. prétendre sur les biens dudit testateur. Et finalement
21. donne et lègue à tous ses autres parents et
22. prétendants droit en son hérédité au chacun la
23. somme de cinq sols a eux payables dès qu'ils auront
24. fait apparoir de leurdits droit moyennant quoy
25. les exclud prive et dejette aussi bien que tous les
26. autres legataires sy dessus de ses autres biens au
27. residu desquels tant meubles qu'immeubles noms
28. droitz actions et pretentions au quoy que le tout
29. consiste ou puisse consister de present et a l’advenir
30. Il a fait institué et nommé de sa propre bouche
31. son héritier universel Jean Baptiste Boulloud,
32. son autre fils du premier lit par lequel il veut
33. et ordonne ses debtes et legats etre payés et auquelles
34. sans difficultés ny proces declarant que le present
35. est son dernier et valable testament qu’il veut valoir

Notes : - Deux des enfants du premier lit encore vivants sont mariés. Ils devront se contenter de ce qu'ils ont reçu à l'heure de leur mariage dans un contrat de mariage passé en bonne et due forme devant notaire. L'épouse reçoit une rente viagère sous forme de vivres plus une partie de l'habitation qu'elle partagera avec l'héritier jusqu'à sa mort.
- Il institue Jean Baptiste, autre fils du premier lit comme son héritier qui devra régler dettes et legs définis par son père. Un changement par rapport au précédent testament daté de 1716 où l'héritier était un fils du second lit. Que s'est-il passé entre ses dates. Pour l'instant mystère ! Pourquoi le plus jeune aviat-il été désigné ? pourquoi, ensuite, ce fut un aîné qui prend l'avantage ? et pourquoi ne l'avait-il pas eu au premier chef ? tout cela reste en point d'interrogation. Il y a, à l'évidence, un souci dans la famille.....
- Legs = don(s) fait(s) par le défunt et payable(s) par l'héritier.

Page 4 :
1. par droit de testament si faire se peut, sinon par
2. droit de codicille donnation a cause de mort ou de
3. toutte autre manière que mieux il pourra valloir
4. nonobstant le testament par luy cy devant fait en
5. faveur dudit Jean Joseph BOLLOUD son fils du second lit
6. receu par le notaire soubsigné le troisieme juin mil sept
7. cent seize, et tous autres testaments, codicilles donnations
8. a cause de mort et autres dispositions de derniere volonté
9. qu’il pourroit avoir cy devant faites dont il n’est
10. memoratif, le tout quoy il casse revoque et annulle
11. par le present, voulant au surplus que tous les autres
12. testaments et autres dispositions de derniere volonte qu’il
13. pourroit faire dans la suitte a la presente contraires
14. soient nulles et de nul effet et regardées comme suggerees
15. d’une volonté genée si ces mos ny sont expressement
16. rapellés Saint Jean mon patron de qui jay
17. lhonneur de porter le nom pries Dieu
18. pour moy qu’il me fasse misericorde
, priant
19. et requérant ledit testateur les temoins cy apres qu’il
20. a tous bien connus et appellés par noms et surnoms
21. de vouloir conserver mémoire de sa presente disposition
22. pour en pouvoir porter temoignage en jugement et
23. dehors quand ils en seront requis et moy notaire luy en
24. octroyer acte ce que j’ay fait, leu publié et
25. recité audit lieu de Vizille dans mon etude en
26. presence de sieur Jean Baptiste Chaullet de la
27. ville de Romans, habitant presentement en ce
28. lieu, de Pierre Pillon M° chirurgien juré
29. dudit Vizille, de Messire Etiene Pillon son fils clerc
30. tonsuré de ce dioceze, de Claue Martin a feu
31. Cosme, journallier dudit lieu, de Joseph Simonet
32. peigneur de chanvre du meme lieu, d’Etienne Finet

Note : Jean casse donc son premier testament et demande à ses témoins d'être très vigilants. Il ne devrait pas en faire d'autres et si il y en a, c'est qu'il aura été fait alors qu'il n'était plus en état de tester à moins qu'il ne soit mentionné la phrase (en gras) invoquant son saint patron! Jean est quelqu'un de prudent !

Page 6 :
1. journallier aussy du lieu et de Sr Etienne
2. Martinet marchand de Vaulnaveys temoins
3. requis lesdits Sr Chaullet, Pillon père
4. et fils et Etienne Martinet signés
5. avec le testateur non les autres pour ne scavoir
6. enquis et requis lequel testateur a declaré que la
7. valleur de son heredite compris les legats cy-dessus
8. ne peut exceder la somme de cinq livres
9. scavoir de celle qui est au-dessus de la cuisine où
10. il y a une cheminée

Notes : la fin est un peu en forme d'énigme ! Si le notaire n'a pas fait d'erreur, l'on comprend que l'héritier n'a que cinq livres pour lui une fois dispositions, dettes et legs réglés. Pourquoi cette punition ? A suivre.....

Généapassion d'hier à aujourd'hui

Le premier chapitre est commun à toutes générations ! la rencontre avec le monde des archives..... mais une fois épuisées les archives ordinaires du lieu et de l'époque... je veux dire les registres paroissiaux (avant révolution) et l'état-civil (ensuite) vous avez dressé un arbre mais il est bien sec ! connaître naissance, mariage éventuel et décès, c'est certes incontournable mais insuffisant. Que savons-nous alors de nos aïeux ? Les plus chanceux auront exhumé des tiroirs ou des cartons, documents, titres de proriétés, ou lettres religieusement transmises de génération en génération...... peut-être encore profité du travail effectué par des proches atteints, eux aussi, en leur temps par le virus. Je rends hommage dans ma famille à Jenny Rabillon, Gaston de Caqueray, Henri de Sallier Dupin, Jacques Decq ou Paul Thorel. Un travail que l'on reprend et que l'on enrichit en amont comme en aval. La généalogie d'une famille n'est jamais terminée. Cela peut paraître décourageant... pas du tout ! c'est, bien au contraire, passionnant car de nouvelles découvertes sont à tous les coins de "registres". Je veux parler, par exemple, de la richesse des testaments, des listes electorales , des recensements, etc. Evidemment, on n'y trouve pas là la réponse à toute interrogation. Si les testaments peuvent être très anciens et précieux, d'autres archives se sont crées au cours des siècles. A partir du 19è siècle, le recensement est un outil précieux permettant d'identifier les membres d'une famille. Ils m'ont bien aidée, par exemple, à reconstituer une partie de la branche maternelle et nantaise de Baptiste et Emilie. Les listes électorales apportent, elle encore, leur lot d'infos à condition d'être un homme avant 1945 ! et bien d'autres archives encore !....

D'aucuns pensent aujourd'hui qu'avec un certain nombre d'archives numérisées, tout est simple ! quelques clics encore et la famille est dans la poche..... Nenni ! la généalogie c'est encore aujourdh'ui, visionner des pages et des pages, des jours et des jours, pour arriver à trouver l'acte mal écrit ou à moitié effacé ! c'est aussi se heurter aux lacunes qui enlèvent tout espoir , passer des heures devant son ordinateur, un métier manuel en quelque sorte. Bon, alors me direz-vous, pourquoi s'entêter à remonter le temps..... tout simplement parce que la recherche de l'histoire d'une famille est passionnante. A coté de ce travail un peu obscur de déchiffrage, il y a souvent la réponse à des tas de questions laissées en suspens ou la satisfaction d'avoir réussi à découvrir des ancêtres encore plus lointains que ceux qui nous étaient familiers. C'est le bonheur !

Je souhaite évidemment partager cette passion avec le plus grand nombre. Parmi les plus jeunes, quelques-uns ont pris le bâton du pélerin tel Bertrand Thorel représentant de la branche rouennaise de cette famille ou encore Catherine Mouttou-Drouïn pour la famille Aulanier et au delà les liens vers les Noury, branche emblématique et prolifique de Châteaugiron près de Rennes.

D'aucuns pensent que le travail de recherche aujourd'hui est plus simple qu'hier. Je ne le pense pas. Il est seulement différent. Jusque dans les annéees 1960, on pouvait rechercher de l'aide auprès de l'archiviste local. Les demandes étaient peu nombreuses. La société évoluant, le désir est venu à beaucoup de retrouver leurs origines. Les archivistes ne répondent plus aux demandes que de façon très restrictive. Se déplacer vers le lieu de recherche reste toujours un moyen pratiqué profitant de vacances, par exemple. L'informatique et petit à petit la numérisation des archives, leur mise en ligne (encore bien incomplète) a, évidemment modifié la donne ! mais une recherche serait restée bien difficile sans le mouvement d'entraide qui s'est alors développé avec des bénévoles enthousiastes ne ménageant ni leur temps, ni leur peine. Certains deviendront des amis. C'est ainsi que j'entretiens des relations amicales avec l'Isère (Boulloud), les Hautes-Pyrénnées (Dulac), la Normandie (Thorel) ou encore le Vaucluse (Rabillon). Une liste non exhaustive. Au gré des échanges, il arrive aussi que vous y retrouviez des cousins ignorés jusque-là ou seulement perdus de vue.
Ombre au tableau..... se sont installées parallèlement sur le Net des officines commerciales à fuir absolument. De petits malins collectent, par exemple, les faire-part de décès, une mine d'infos au 19è et début 20è siècle. Ce n'est qu'une des dérives observées. Il faut savoir "raison garder", privilégier les échanges en famille ou avec les "Entraides", se servir si elles existent des Archives "en ligne", toujours vérifier ses sources car il arrive que certains assoiffés d'aïeux construisent leur arbre en "piquant" à droite et à gauche sans aucun complexe.
Et si la méthode a parfois changé
Rigueur et authentification reste les clés du travail
bien fait aujourd'hui comme celui d'hier.

lundi 9 mars 2009

Un petit nouveau.....

Pierre Ferrand nous annonce l'arrivée de son deuxième Cd

"Ici et maintenant"
Un premier Cd sorti, il y a quelques années, et vendu au profit de la recherche médicale sur la sclérose en plaques dont est victime son frère Philippe.
Pierre est quelqu'un d'assez étonnant aux multiples talents, doué d'une capacité à mener plusieurs passions en même temps. Encore que..... il vient de m'avouer avoir renonçé à s'occuper des affaires du chanteur "Eric Charden" n'arrivant plus à tout concilier (quand même !) pour mieux se consacrer au reste à savoir....la gestion d'un restaurant à Toulouse, celle de quelques SCI, la musique et plus encore sa passion des voyages, du ski, de sa maison à Djerba (tiens, il nous l'avait caché !).
La musique, c'est déjà (si j'ose dire) une vieille compagne. Relisant mes notes, je lis que dès 1983 il est Directeur (bénévole) des programmes d'une radio privée et écrit des chansons (paroles et musique) qui passent quelquefois sur son "Canal 69" et que sa grand-mère écoute... "en ne les trouvant ni mieux, ni moins bien que d'autres !". Encourageant n'est-ce-pas pour un si jeune compositeur qui, depuis, est resté fidèle à sa passion musicale.
J'ajoute que Pierre est le petit-fils d'Aimée Ferrand-Boulloud (+1985), soeur de mon beau-père Emile (+1984). Ce fut la tante Aimée et son époux le général Ferrand qui représentèrent les parents de Jean-Pierre à notre mariage à Rennes. Les parents de Pierre, Claude et Madeleine, enseignants à Lyon ont choisi de s'installer, la retraite venue, à Sainte-Blandine près de La Tour-du-pin, village fief de la dynastie Ferrand. Nous les y retrouvons de temps à autre au retour des séjours alpins.
Le Cd de Pierre peut être acheté sur
en tapant Pierre Ferrand
ou en lui écrivant :
65 allée Charles de Fitte
31300 Toulouse
Et si cela vous intéresse ou simplement si vous êtes curieux..... le lien vers sa maison de Djerba :
http://www.homelidays.com/djerba/maison-villa235618fr.htm
(Pour une bonne visualisation, cliquez sur les images)

dimanche 8 mars 2009

Benoît Joseph Decq

Je vous ai, à plusieurs reprises, parlé de Bonaventure Joseph Decq à propos d'une médaille reçue lors d'un sauvetage en mer. Ma curiosité doublée d'un entêtement qualifié de breton ??? m'a permis de reconstituer l'histoire de ce naufrage au large du Brésil en 1906 et de reconstituer une partie de la carrière maritime de notre oncle Joseph. Je garde le souvenir d'un homme discret qui traversa ensuite bien des épreuves mais sut toujours rester un homme digne et respectable.Aujourd'hui, j'évoque le parcours de son père Benoît Joseph Decq. Il fut l'un de mes arrières grands-pères comme il le fut pour nombre de mes cousins. Ils se reconnaîtront !

Benoît Decq descendait d'une famille du Nord. Les Decq sont presque tous domiciliés dans le village de Vicq. Un autre village nommé Hecq est situé en plein coeur de la forêt de Mormal. Par ailleurs, le nom Decq s'écrivait au XVIIè siècle D'Hecq ou de Hecq. Aussi Jacques Decq (+1992) faisait-il l'hypothèse suivante " le premier du nom "devait être originaire d'un de ces trois villages : Ecques (62), Ecke (59), Hecq (59). Ces trois noms dérivent de l'allemand Eiche qui signifie Chêne et nous voici revenus à la forêt de Mormal et ses célèbres chênes."
J'ai repris la route du Nord sur les traces de Jacques et de Benoît remontant cette famille jusqu'à Antoine né 1669 à Vicq (59). Je n'ai donc pas encore pu vérifier l'exactitude de l'hypothèse d'oncle Jacques. Jusqu'à cette fin du 17è siècle, la famille reste résolument implantée à Vicq et tournée majoritairement, à travers les générations, vers l'agriculture ou le métier de charron quand ce n'est pas les deux. Benoît Joseph choisit une autre voie, celle de l'armée où il entre comme cannonier en 1843. Il a 18 ans..... Nous le retrouvons capitaine en 1861 et c'est en 1868 qu'il épouse à Rennes, Marie-Caroline de Caqueray Valolive issue d'une famille très ancienne de maîtres-verriers normands mais encore de militaires ou d'universitaires comme l'était le père de Marie-Caroline. Rien ne prédestinait donc l'union de Benoît et Caroline.....Comment se sont-ils rencontrés ? aucune des sources en notre possession aujourd'hui ne le dit. On peut imaginer que Benoît ait été basé à Rennes et qu'ainsi, fréquentant la bourgeoisie locale, il ait été mis en situation de prétendre à la main de la fille de François Marie Gaston qui était alors titulaire de la chaire de droit romain à la Faculté de Droit de Rennes. On peut aussi penser que militaire, il ait été l'ami de l'un des frères de Marie-Caroline, Charles Marie Joseph ou François Marie Frédéric tous deux dans l'armée !
Je laisse à Jacques Decq le soin de faire les présentations : "Grand, svelte, distingué, le Capitaine Decq, Chevalier de la Légion d'Honneur servait sa patrie avec fierté et désintéressement. Pour lui, le devoir
et l'esprit de sacrifice, c'était tout un. Sa femme, Marie-Caroline de Caqueray, brune, jolie, aussi vive qu'énergique était l'âme de la maison. Avec toute sa foi de bretonne, elle abandonnait à la Providence l'avenir d'une famille qui comptera un jour onze enfants ! Riche d'honneur et de vertus, ils l'étaient peu de monnaie courante. A cette époque, la solde d'un capitaine ne montait pas très haut, et la fortune de la famille avait sombré à la génération précédente, par l'indélicatesse d'un ami qui, gêné dans ses affaires, avait emprunté à l'aïeul une somme importante sans lui rendre jamais. Peu importait à ces deux vaillants chrétiens unis par un solide amour. Ils menaient une vie modeste et sérieuse dans leur proprièté " les Tilleuls". Cette maison située Bd. de Cleunay (actuellement Bd. de la Liberté) semblait aux enfants le paradis terrestre." Toute une époque résumée en quelques mots !
Le couple eut trois fils et huit filles. L'aînée Marie, religieuse en Irlande suivie de..... Marguerite (célibataire), Caroline (ma grand-mère et celle de mes cousins de Sallier), Pauline (+ à 10 mois), Laure (religieuse, supérieure des soeurs de saint-Vincent de Paul qui eut une conduite héroïque durant la dernière guerre), Gabrielle (+ à 6 mois), Bonaventure Joseph (cf. chroniques à son sujet et aïeul de mes cousins Decq, Ollivier, Lonak et Bienvenu), Henriette (Célibataire), Charles (Religieux Eudiste au Québec), Louis (marié sans postérité) et Jeanne (grand-mère d'Armelle Abegg-Huchet dont j'ai récemment parlé).
Gaston de Caqueray dans son ouvrage "Evocations du passé familial" relate que le général Lambert publiant ses "Souvenirs de 1870 de Rennes à Sedan" dans le "Correspondant" du 10 septembre 1907 dit de Benoît Joseph....."J'avais acquis la confiance du terrible Capitaine Decq qui était, au demeurant, le meilleur homme du monde, très consciencieux et excellent instructeur." Etait-il donc si terrible que cela ?
Benoît Joseph terminera sa carrière comme chef d'escadron puis sera nommé lieutenant-colonel. Il décède à Rennes en 1912.
En 1926, Marie-Caroline fait son testament :" Je laisse par principut et hors part à mes filles Marguerite, Henriette et Jeanne tout ce dont la loi me permet de disposer. Si une ou deux venaient à disparaître la part de la quotité disponible reviendrait à ses deux soeurs ou à la soeur légataire restante.
Je ne fais point ceci par quelque défaveur pour mes autres enfants pour lesquels je prie Dieu d'accorder toute prospérité, mais comme l'avenir de ceux-ci est plus ou moins assuré, je suis obligée de veiller particulièrement à la situation possible de mes filles vu l'exiguité de ma fortune et ce qui pourra être leurs moyens d'existence.
Aussi j'espère que mes autres enfants seront les premiers à approuver mes dispositions".
Ma grand-mère pense à se deux filles restées célibataires et sans aucune ressources ainsi qu'à Jeanne, veuve avec deux enfants et en situation précaire. Pour elle, les religieuses et religieux sont "en bonnes mains", ma grand-mère "bien mariée", Joseph et Louis avec des emplois. Elle peut quitter ce monde !
Marie-Caroline décède en 1929 et peu après la maison familiale sera vendue.
"Les Tilleuls" avec les dépendances ont été vendues en octobre 1929 à deux sociétés. Mon père évoquait souvent "Cleunay" où il allait pour voir ses grands-parents. Il en parlait toujours avec émotion. Je suis certaine qu'il devait, de temps à autre, revenir sur les lieux habités de son enfance mais il ne nous y a jamais conduit. J'avoue que le désir de connaître ce lieu de mémoire ne m'a pas alors effleuré. Jeunesse ! je le regrette aujourd'hui mais rien de tout cela n'existe plus depuis longtemps. Alors.....

Tous ensemble.....

Aujourd'hui, vous ne pourrez y échapper..... Journée internationale de la Femme. Alors en tant que telle, je me dois d'apporter ma modeste contribution à une initiative qui n'a rien de folklo en dépit de possibles récupérations......
La journée internationale de la femme existe depuis 1910. A l'époque, ce sont des danoises qui créent ce concept afin de permettre aux femmes de voter. Mais la journée n'a commencé à prendre de l'ampleur qu'après la seconde guerre mondiale. Pourquoi ? parce que la femme a pris au cours de la guerre une place prépondérante et nouvelle dans la société. Ce n'est toutefois qu'en 1977 que les Nations Unis ont reconnu le 8 mars comme la journée internationale de la femme. La France s'est faite un peu attendre et n'a décrété le 8 mars journée de la femme qu'en 1982.
Outre le titre, cette journée a un véritable but. Celui de faire le point chaque année sur les combats menés dans l'intérêt de la femme, que cela soit d'un point de vue social ou du point de vue des droits. Cela signifie bien sûr que dans chaque pays, l'objectif de cette journée pourra être différent.
Au delà des discours, je retiendrai ceci : En dépit de son label, cette journée nous concerne tous et pour illustrer mon propos, je laisse la parole au Secrétaire général des Etats-Unis :


« Il nous incombe à tous, hommes et femmes, membres des forces armées et des forces de maintien de la paix, simples citoyens et dirigeants, de contribuer à mettre un terme à la violence contre les femmes. Les États doivent tenir les engagements qu’ils ont pris de lutter contre la violence, en traduisant en justice les auteurs de ces actes et en offrant des moyens de recours aux victimes. Chacun de nous doit parler de ces actes de violence en famille, sur son lieu de travail et dans sa communauté, pour qu’un terme y soit mis. »
Ban Ki-moon

jeudi 5 mars 2009

Retour sur orbite...



Aïe ! dur... dur..... Pas beaucoup de temps cette semaine et pourtant mes doigts fourmillaient d'envie de pianoter sur le clavier pour vous conter ces quelques moments de bonheur passés en compagnie du "club des cinq" arrivé, cette fois, en ordre dispersé. Voilà, j'y arrive !Tandis que leurs cousins et cousine surfaient sur la neige en Savoie, Baptiste et Emilie arrivent les premiers. Histoire sans paroles ou presque.


Au programme de la semaine (avec commentaires des intéressés) : faire connaissance avec "Volt" au cinéma (Super !), découvrir la galerie de l'évolution au Muséum d'Histoire naturelle à Paris ("Bof" tu nous avais promis des dinosaures et on a tout vu sauf des dinosaures..... zéro pointé pour Mamie !). Une seule sortie illustrée par photos et vidéos, une grande promenade le long du Ru de la "Ménagerie"qui serpente en notre résidence et dans les bois qui l'entourent. De l'autre coté du Ru, un haras.....
Enfin cerise sur le gâteau, visite surprise de Corinne ! Notez le "doudou" kangourou pour Emilie et la casquette "Australie" pour Baptiste..... Retour de Corinne oblige !









Et voilà le temps venu du retour de nos valeureux skieurs..... Mines superbes et pas de bobos !
Le programme affiché ne présentera pas de gros écarts avec le précédent si ce n'est la sortie "hors territoire" qui nous ménera, cette fois, non vers la paléontologie mais vers le patrimoine moyenâgeux régional avec la visite de Blandy les Tours, château-fort situé non loin d'Ozoir-la-Ferrière. Une restauration menée depuis quelques années par le Conseil général à l'image de celle réalisée au profit du splendide château de Suscinio (Morbihan) pour ceux qui connaissent.















Et pour pimenter la sauce, quelques brins de vidéos (cliquez sur flèche à gauche)