mercredi 11 novembre 2009

11 Novembre... aujourd'hui... comment et pourquoi ?

Le choix du titre est volontiers un peu provocateur ! J'entends ici et là que la disparition du dernier"poilu" remettrait en cause le motif de la célébration. On pourrait tourner une page pour en ouvrir une autre ? Il me semble que l'on a pas attendu ce 11 novembre pour se réjouir du rapprochement franco-allemand déjà illustré par l'accolade du Général de Gaulle à Adenauer ou la poignée de main de Mitterand à Kohl. Alors aujourd'hui, certes, la présence de Merkel aux cotés de Sarkozy ajoute encore à ces temps forts mais ils ne doivent pas se substituer à la mémoire de toutes ces jeunes vies sacrifiées au nom de la Patrie mais aussi, trop souvent par une hiérarchie politique bornée et sous la férule de généraux incompétents ou peu soucieux du sort de leurs hommes.
L'an passé, j'avais évoqué (sous le libellé "généalogie et histoire pour tous"), l'histoire de Camille Eugène Boulloud dont on a jamais su ce qu'il était devenu..... seulement disparu comme tant d'autres ! Une vie fauchée, un deuil impossible, une reconnaissance tardive avec (après jugement) son inscription auprès de son cousin et de ses frères d'armes sur le monument aux morts de Vaulnaveys dans l'Isère.
Cette année, j'évoquerai la mémoire de Paul Thorel, l'un des frères de mon grand-père paternel.
Je lui donne la parole à travers une lettre qu'il écrivait peu de temps avant sa mort à son frère aîné, Marcel qu'il nomme amicalement "mon bon vieux". J'ajoute que Marcel, lui militaire, est le grand-père de Bertrand Thorel, récemment venu à la généalogie et auquel j'ai fait souvent allusion depuis que le contact s'est établi entre nous. C'est lui qui m'a transmis ce document !
(Cliquez sur la photo ci-dessus pour une meilleure visibilité)

Cette lettre va peut-être en surprendre quelques-uns. Elle est assez éloignée des pauvres mots écrits dans les tranchées par ceux qui vivaient le calvaire des tranchées. Non, Paul en août 14 est à l'arrière. Trop vieux dit-il (il avait 32 ans !) "Il y a des compagnies de formées avec les jeunes, je n'en suis pas encore. Mon tour viendra sans doute. Car il en faut un peu par petites ponctions. Lorsque celles constituées seront épuisées, il faudra que d'autres les remplacent !" On ne peut être plus lucide.....
Paul y va même d'un peu d'humour, reflet sans doute un peu de l'esprit ambiant à l'arrière avant de descendre en enfer : "Dans quel coin décimes-tu les allemands avec tes mitrailleuses".
Touchante fin de lettre pourtant si courte où il n'oublie personne pas même de prier pour les siens. Son tour viendra effectivement... Paul tombera en octobre 1914 sans doute près de Bourgogne, un petit village de la Marne. D'après des renseignements donnés à son frère Jacques après la guerre par un aumônier allemand, Paul serait mort de la gangrène apparue sur la jambe où il avait été atteint. Toujours selon cette même source, il serait décédé dans l'église du village, transformé en hôpital de campagne par les allemands. Le lieu de sa sépulture est inconnu !
N'oublions pas !

mardi 10 novembre 2009

Le Mur..... les murs..... nos murs !

J'ai beaucoup hésité à évoquer ce jour ou le Mur est tombé ! car si, d'évidence, ce fut un jour exceptionnel, je ne ressentais pas le besoin d'en parler ici ! D'autres l'ont fait, le font ou le feront avec beaucoup plus d'éloquence et d'érudition ! quoiqu'il en soit qui pourrait banaliser ce magnifique symbole dans un monde dont l'horizon est encore bouché par tant et tant de murs. Et c'est la raison qui brise mon silence..... bonheur et joie pour tous ces hommes et femmes qui ont vu leur horizon s'élargir mais tant de détresse et de colère pour tous ces murs qui s'élèvent ou se contruisent encore dans le monde : mur de béton parfois mais plus nombreux encore murs d'indifférence, de haine, d'idéologies de quelque bord qu'elles soient, de fanatismes, d'égoïsme..... Il y a du boulot avant que nous puissions danser, rire et chanter sur les ruines de nos murs !
Je ne suis jamais allé à Berlin mais à l'époque Jean-Claude Boulloud s'y est rendu et je conserve précieusement ce petit morceau de mur qu'il nous a donné. Il sera transmis à nos petits-enfants pour qu'il n'oublient jamais comme je leur transmettrai encore de petits témoignages tactiles des deux grandes guerres qui ont secoué l'Europe.
En attendant, le mur fait encore parler de lui à travers des expositions de morceaux de béton sur lequel des artistes sont exprimés et qui ont été démontés après la chute. Expression d'un art qui voulait stigmatiser l'enfermement de ceux qui étaient restés du mauvais coté. Aujourd'hui, affaire commerciale avec des ventes qui marchent bien, paraît-il. Pourquoi pas ! de telles oeuvres, si elles entrent dans des musées, seront les fragments d'un symbole puissant comme une toile neuve destinée à la création de notre siècle.
Mais hors musées, réquisitoires ou célébrations..... n'oublions pas ces autres murs élevés depuis et qui attendent toujours leurs chutes et leurs artistes.

dimanche 8 novembre 2009

Utilisation du blog

Jusqu'en septembre dernier, ce blog proposait à ses lecteurs un moyen bien pratique et rapide d'accéder aux chroniques qui les intéressaient.
Curieusement et sans que j'ai pu, encore aujourd'hui, comprendre le pourquoi du comment, cette barre de navigation ("navbar" située en haut et à gauche de la page d'accueil) ne fonctionne plus ou du moins très très partiellement. Il semble, si j'en juge par ce que je lis (sans tout comprendre et de là ! sur le forum "blogger" c'est que des modifs ont été faites. J'en suis là !
Alors qu'en est-il aujourd'hui ? Hé bien si vous tapez un nom de famille ou un événement sur cette barre de navigation, vous n'obtiendrez réponse que sur des chroniques émises durant le mois courant. C'est évidemment un peu réducteur ! Auparavant, le balayage se faisait sur l'ensemble du blog depuis sa création en janvier 2008.
Que faire désormais pour une bonne lecture du blog ? Moins rapide, certes, mais tout de même pas si contraignant que cela, dirigez votre recherche vers les "archives" ou encore les "libellés" que vous trouvez en colonne de droite. Très facile !
Les archives remontent le temps, les libellés vous permettent de cibler les "posts ou chroniques" écrites sur telle ou telle famille ou groupes de familles, sur les événements, l'actualité, le carnet familial, etc. C'est archi-simple.
Par ailleurs, j'observe toujours que je reçois bien peu de commentaires. Allez, n'hésitez pas, c'est pas bien compliqué. Utilisez la méthode "Corinne" c'est-à dire répondez sous "anonyme" (pas besoin d'ouvrir un compte chez Google") mais n'oubliez pas de signer. D'avance merci.
Donnez-moi aussi de vos nouvelles, de celles des vôtres, des événements familiaux. Les liens entretenus sont porteurs de vie ! Je rappelle que ce blog est privé donc n'apparait pas sur le Net.

samedi 7 novembre 2009

Allez..... on parle encore un peu des vacances ! de Toussaint bien sûr

Voici donc notre petite bande venue rejoindre leurs grands-parents maternels en Seine-et-Marne, exception faite à la Bretagne depuis l'an passé. Le beau temps, durant presque toute la semaine, a pu permettre à la majorité du club des cinq de jouer ou courir dans le jardin ou aux alentours. Nous avons la chance d'avoir la proximité de la forêt et dans notre résidence de disposer de quelques six hectares de parties communes qui donnent vue sur prairies où paissent les chevaux du haras voisin, un petit ru nous séparant ainsi de nos voisins à quatre pattes !
Pas trop tentés d'aller plus loin nos jeunes compagnons !... les journéees furent donc ponctuées le matin d'un peu de travail (scolaire !) et les après-midi de quelques jeux (Scrabble, Il était une fois notre Terre, Code de Vinci, Taboo junior, etc.) ou encore l'inévitable Wii, les jeux sur ordinateur, quelques DVD le soir mais encore au cinéma "Le petit Nicolas" , un parcours réclamé au booling proche et cerise sur le gâteau (enfin, c'est moi qui le dit !) visite du château de Vaux-le Vicomte bien connu en raison des malheurs survenus à son propriétaire Nicolas Fouquet condamné par la jalousie de Louis XIV mais surtout victime de la fourberie de son ennemi Colbert. Une visite avec les seuls enfants de Christel et Jean-Michel, leurs cousin et cousine étant partis rejoindre la veille leur famille paternelle pour la fin des vacances. Promis Baptiste et Emilie, nous retournerons à Vaux-le-Vicomte !
Résumé en quelques clics....."at home"
























puis "Vaux-le-Vicomte" avec....... ses magnifiques jeux d'eaux, ses jardins de buis taillés que l'on appelle les "jardins de broderie" et les très belles perspectives que ce soit du château ou du parc vue du haut de sa coupole. Seuls Jean-Pierre et les garçons purent y accéder, cet accès étant interdit à Margaux trop jeune.










En découvrant cette magnifique fontaine en forme de couronne, Margaux dira avec beaucoup d'humour que la tête des rois devaient être bien grosse.....


dimanche 1 novembre 2009

Toussaint..... patrimoine et généalogie !

La pression foncière, l’évolution des mœurs accompagnant une certaine déchristianisation à laquelle s'ajoute parfois l'idée d' une disparition « propre » des morts, purifiés par le feu, l’économie générale suscitent actuellement un engouement certain pour l’incinération. Avec elle, les cendres se dispersent..... Les traces funéraires risquent donc de devenir de plus en plus ténues.

Ce n'était pas le cas des générations précédentes : pierres tombales, croix et inscriptions témoignaient fortement des présences ancestrales et affirmaient en résumé les dates extrêmes du défunt, naissance et décès. La tombe familiale des Rabillon au cimetière du Nord à Rennes en est le témoignage. On y relève pas moins de quatre générations de mes arrière-arrière grands-parents paternels à mes parents..... réunis avec les parents de mes cousins de Sallier Dupin dont la mère etait née Rabillon.













Ce patrimoine risque de disparaître. Du fait de son ancienneté mais aussi par négligence et abandon. Qui n'a pas remarqué de pauvres tombes, pierres levées moussues et décrépites, penchées, inscriptions presque effacées ou encore des croix de ferronnerie cassées, renversées..... On peut y trouver un certain charme car s'opère là le subtil mélange du temps, de la nature et des croyances face à la mort. Le charme cependant n'est pas une fin en soi. Si rien n'est fait, on va simplement à l'anéantissement des lieux. Les descendants sont ailleurs, dispersés. Les vieilles tombes finissent à la décharge, la nature reprend ses droits : les arbres, le lierre, les lichens font leur travail.
D'autres lieux de mémoire ont plus de chance protégés en raison d'un site particulier, d'une histoire, d'un lieu de pèlerinage. Ils font alors parfois l'objet d'une restauration ou d'un entretien grâce au volontariat de quelques-uns.
Il nous appartient de préserver ces lieux, les dates, les noms, les pierres érigées en souvenir des morts. Faire le relevé de ces inscriptions, photographier est un devoir patrimonial qui s'impose à nous pour pouvoir transmettre aux historiens, aux généalogistes, aux petits-enfants.....
C'est ce que font nombre de généalogistes bénévoles au sein de "CimGenWeb", un site qui collecte leurs relevés et les diffuse sans esprit de mercantilisme. Des bénévoles qui, dans leur commune, relèvent aussi les noms de tous ceux qui ont leur nom inscrit sur les monuments aux morts. Par devoir sans doute mais aussi par plaisir, le plaisir de transmettre.....
Afin que ces lieux émouvants, façonnés par le temps...
ne disparaissent pas à leur tour
victimes de l'indifférence générale...

Et que nous ne vivions pas à l'avenir de "regrets éternels" !

dimanche 18 octobre 2009

Un peu de leur histoire.....

C'est effectivement un peu de l'histoire de nos ancêtres que nous lisons sur une vieille photo retrouvée au hasard d'un rangement ou cadeau d'un parent. C'est ainsi que Bertrand Thorel a souhaité partager avec nous cette photo que lui a envoyé sa soeur Françoise.
Je vous ai parlé de ce jeune cousin dans un post du 09/12/2008 sous le libellé "une branche qui va se développer". Hé ! oui, Bertrand partage le même intérêt que moi pour l'histoire de "nos familles" ce qui nous réunit sur un thème commun... les Thorel, partageant ainsi notre travail et nos acquis depuis un an.Que nous raconte cette photo ? un instant de vie d'une famille réunie à Courbevoie au début du siècle dernier. Cette famille est celle de notre arrière grand-père Camille Thorel. La famille n'est pas au grand complet... Il y manque trois des fils de Camille, mon grand-père Philippe, Louis, grand-père de Jean, cousin "retrouvé" en 2005, enfin Marcel, grand-père de Bertrand, lui aussi retrouvé l'an dernier. Par contre trois petits-enfants sont eux, bien présents sur la photo (vous pouvez cliquer sur la photo pour agrandir).
Bertrand écrit : "On distingue de gauche à droite Henri, mon père, sur les épaules de son oncle Paul tant aimé... Louise Dubois, notre arrière-grand-mère, épouse de Camille... leur fille Marguerite-Marie... Camille notre aïeul... Pierre (jeune frère d'Henri) sur les genoux de son oncle André... Louise Daguerre des Hureaux (première épouse d'André)... Jacques dans les bras de son oncle Jacques, prêtre. Je trouve ces photos très émouvantes... découvrir ces instantanés de toutes ces personnes dont je connais maintenant un peu leur histoire, leur devenir heureux ou tragique".
Oui, histoire heureuse ou tragique... heureuse parce que famille unie, soudée mais aussi tragique... Quelques années après, Paul disparaîtra dans la Marne en 1914, André perdra sa toute jeune épouse et mon grand-père Philippe décédera en 1920 des suites de ce qu'il a enduré dans les tranchées laissant sept orphelins dont l'aînée Geneviève (ma mère) n'avait alors que 17 ans. Sur tous encore sont passés l'épreuve de la seconde guerre mondiale, exode, bombardements, blessures de guerre, etc. mais aussi le bonheur de fonder une famille et de donner à l'arbre des Thorel de nombreux et robustes rameaux.
Longue histoire dont nous ne connaissons qu'un petit bout puisque pour l'instant nous nous sommes arrêtés en 1566 avec les deux générations les plus anciennes identifiées seulement l'an passé : Nicolas et Anne Roussel suivis en 1591 par Robert et Jeanne Planterose. Ils ont rejoint au sommet de l'arbre Jean et Isabeau Lambert (1627), ces derniers "libérés" au siècle dernier du linceul des archives par notre grand-oncle Jacques... Notre ambition, aujourd'hui, est toujours de creuser encore plus profond dans le terreau de nos racines tout en accueillant les nouveaux-venus... pas moins difficile mais passionnant !