Léonce était un cousin issu de germain de notre arrière-grand-père, Ernest Rabillon. En 1848, il habitait Blois et y exerçait, semble-t-il, encore la profession d'avocat ! Coté loisirs, il dessinait, faisait de la musique et avait un joli talent de statuaire. Il y reçut la visite de son cousin, substitut à St Calais, qui le trouva en train de faire une statuette , fort ressemblante, de son épouse. Il venait d'achever celle d'un ancien préfet de Blois et la revue "La Mosaïque de l'Ouest" le mentionnait comme l'auteur de la statuette de Papin. Aussi aimé et estimé de tous que l'était son père, Léonce était un type achevé de distinction. Il épousa en 1847 une parisienne Marie Zoé Caroline Lefort, fille d'un médecin et petite fille d'un conseiller à la cour de Bourges. De ce mariage naquit à Blois en 1848 une fille.
Il semble alors que c'est après la naissance de Marguerite que Léonce décide de s'embarquer pour les Etats-Unis où naquit ensuite un fils Léonce..... Ce qui fera écrire à Henri de Sallier Dupin "Dans les années qui suivirent son mariage, Léonce Rabillon s'embarqua avec sa famille pour l'Amérique. Il est mort en ce pays d'outre-mer où il avait cru faire fortune mais où son art est de ceux qui n'y sont guère appréciés !!!"
Ce que l'oncle Henri ne savait pas, c'est que le talent de Léonce y a bien été reconnu puisque au moins deux de ses oeuvres appartiennent à un Musée du Maryland, The "Peabody Art Collection". Cette découverte a été faite par mon frère, Michel Rabillon. Il s'agit de deux sculptures, la première de John Pendleton Kennedy (1795-1870) Second Président de l'Institut Peabody, en marbre, la seconde de George Peabody (1795-1869) en bronze. Léonce devint-il riche pour autant ? rien n'est moin sûr.Pourquoi ce départ en Amérique ? nul ne le sait.
Ce que, par contre, j'ai pu relever ce sont les nombreuses visites en France de la famille puis des enfants, seuls, fin 19è et début 20è (Base "Ellis Island"). C'est ainsi que l'on apprend qu'en 1908 Léonce fils et sa soeur ont embarqué pour le Havre afin de passer l'été en Europe. On est d'ailleurs étonné de les voir prendre le bateau comme aujourd'hui on prend le train et pourtant ce n'était pas rien alors de traverser l'Atlantique ! Sans doute allaient-ils rendre visite à la famille Rabillon restée majoritairement dans leurs fiefs du Vaucluse (Piolenc, Avignon, Orange). Il semble qu'ils ne soient jamais venus à Rennes, je n'en ai pas trouvé trace.J'ai pu suivre la famille à tavers les recensements des annéees 1880, 1900, 1910, 1920..... (Base "Ancestry"). En 1880, par exemple, Léonce et les siens habitent au 407, Park Avenue à Baltimore (Maryland.). On y trouve Léonce, 65 ans, "blanc", né en France, professeur. Caroline, 52 ans, née en France, maîtresse de maison. Ils ont une femme de ménage "noire" Mary Caroll, née dans le Maryland, 30 ans et célibataire et deux enfants, Marguerite, 30 ans, née en France, sans profession et Léonce, 22 ans, né dans le Maryland, assureur, tous deux célibataires.
En 1900, Léonce n'est plus, il est décédé en 1886 dans le New Jersey. Son épouse, en 1900, est toujours recensée à Baltimore mais cette fois à Baltimore City (Independant City). Après le décés de son époux, Caroline est sans doute revenue à Baltimore chez ses enfants qui s'étaient alors installés en ville lorsque leurs parents étaient partis tous deux à Cape May (New Jersey). Sur le recensement de 1910, Caroline n'est plus mentionnée. Elle est effectivement décédée en avril 1901 (Sources : US GenWeb)
Si Léonce est décédé dans le New-Jersey, il a été inhumé à Baltimore au "St Peter the Apostle Cemetery" où son épouse le rejoindra en 1901 puis leurs enfants en 1925 et 1929 très vraisemblablement sans descendance.
Les journaux du Maryland nous permettent aussi de suivre les Rabillon, "The Sun" du Maryland par exemple... on y l'annonce des cours donnés par Léonce, cours d'Histoire, de Langue ou de Littérature française mais aussi d'italien..... cours de de
ssin ou bien encore des soirées où il lira des extraits d'oeuvres classiques en Français..... Expositions ou manifestations culturelles auxquelles il est convié ..... une exposition où il présente des oeuvres
dont deux miniatures... une annonce concernant un établissement reçevant des internes dans lequel "The French department will be under the control of Monsieur Rabillon" .On y apprend encore que Madame et sa fille donne des leçons de piano...plusieurs coupures relatent encore la vie sociale de la famille souvent invitée dans des soirées de notables ou en voyage aux environs. Apparemment, Léonce avait fait sa place dans le Maryland et y était connu quoique restant modeste. Il finira sa carrière à l'université John Hopkins dans le New-Jersey.
Dans l'Encyclopédie "Gallica", on peut lire :
"Léonce Rabillon, "Lecturer on French Litterature" à l'Université Johns Hopkins est décédé à Cape May, New Jersey 11 août 1886 dans sa soixante treizième année. Professeur Rabillon vint à Baltimore il y a de cela plusieurs années et avant l'ouverture de cette université (1876) travailla en donnant des leçons de français. Il était en relation de temps à autre avec plusieurs écoles de la ville dans la même discipline. Bachelier ès Lettres (France 1732) et Licencié en Droit (France 1836), il publia en 1856 "Le Livre des Merveilles, Contes pour les enfants, tirés de la mythologie par Nathaniel Hawthorne (Paris Librairie Hachette et Cie); de cette oeuvre fut tirée une deuxième édition en 1865. Et en 1885 suivit le principal ouvrage littéraire de sa vie, une traduction en Anglais de la "Chanson de Roland". A coté de ses productions littéraires, Professeur Rabillon était un artiste d'un grand talent (sculpture)."
On doit y ajouter un ouvrage, sur l'abbaye de Pontlevoy et son collège, illustré par notre cousin. On m'avait signalé que cet ouvrage était réédité, je n'ai jamais pu le trouver.
(pour une meilleure visualisation, cliquez sur les photos)
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