vendredi 8 mai 2009

Agaçant..... les lacunes !

La plaie pour un généalogiste, ce sont les lacunes ! Elles vous tombent dessus alors qu'on pensait pouvoir faire aboutir une recherche. Alors pourquoi ces lacunes dans les registres ?
On distingue les registes dits"paroissiaux "..... et les régistres d'Etat-civil . Les premiers (1539 à la Révolution) sont sous la responsabilté et le bon vouloir des curés. Et tous n'ont pas rempli leur mission avec beaucoup d'enthousiasme. Les infos sont pauvres, les registres souvent mal soignés, les patronymes écorchés. Au 16è siècle qui dit curé ne dit pas nécéssairement lettré ! alors ces transcriptions exigées par l'autorité royale constituaient pour lui plus une corvée qu'un devoir. Dans les villes, la situation était différente avec un clergé plus nombreux et souvent plus lettré. Et puis pour notre brave curé de campagne, l' important c'est de baptiser tous ces enfants qu'on lui présentait et le plus vite possible car les lendemains étaient alors bien incertains. Alors les écritures ? et pour qui ?
Toutefois, sur un même registre, les plumes changent et après une écriture de cochon, on peut trouver une transcription soignée et lisible. Pas inutile non plus d'avoir quelques reminiscences de latin (photo) et dans tous les cas, savoir interprêter le vieux français !
En 1667, l'ordonnance royale connue sous le nom de "Code Louis" réglemente pour la première fois en France la tenue des registres paroissiaux. Dans chaque paroisse, les actes de baptêmes, de mariages et de sépultures devront être rédigés en une seule série chronologique sur deux registres. Le premier, portant les signatures des témoins, constituera la "minute" ou original et sera conservé par le curé. Le second servira de copie, et devra être porté au début de l'année suivante au greffe du tribunal royal pour y être conservé. Le nouveau système se met en place en principe le 1er janvier 1668. A partir de 1674, les registres doivent être tenus sur papier
timbré, ce qui dissuade certains curés de rédiger les copies. Enfin, après 1713, pour manifester leur opposition à l'autorité royale à l'occasion de la querelle janséniste, de nombreux curés refusent de tenir le second exemplaire du registre. Pour ces raisons, la collection du greffe est donc le plus souvent lacunaire, et parfois s'interrompt totalement vers 1715. Sur cette période, les recensements n'apportent rien car ils consistent juste à compter le nombre de feux dans un village.
Combien de fois, ai-je été confrontée à ces lacunes au 16è et 17è siècle ? Quelle frustration et comment aller au-delà si on ne possède pas d'autres archives ? Lorsqu'on travaille sur des familles nobles ou plus simplement de notables, la difficulté peut être contournée par la recherche d'écrits répertoriés et consultables (exemple Gallica par exemple) ou le gisement d'archives familiales bien conservées. Si l'on a affaire au monde rural, les testaments ou contrats de mariage peuvent aussi supléer l'absence des actes d'état-civil. En effet, ces documents ont toujours pris une grande place dans les campagnes où aucun mariage ne se faisait sans contrat et où le testament était très présent.
De 1737 à 1792 L'ordonnance royale de 1736 édicte de nouvelles règles. Les curés doivent désormais tenir non un original et une copie, mais deux originaux de même valeur probante, également signés par les témoins, et dont l'un est destiné à être conservé par le curé et l'autre déposé au greffe. La nouvelle réglementation, en vigueur à compter du 1er janvier 1737, est
cette fois scrupuleusement appliquée et, sauf perte ou destruction accidentelle de registres, les deux collections sont complètes dans toutes les paroisses." Ouf !
Vient alors la Révolution , on crée les communes et l'avénement de que nous appelons aujourd'hui l'état-civil. Cette fois, comme aujourd'hui, les déclarations se font à la Mairie. En principe, on ne devrait plus rencontrer de période lacunaire mais...... c'est oublier les incendies, le dégât des eaux, les guerres et autres motifs de destructions d'archives souvent mal protégées. Un exemple, celui de Paris où toutes les archives ont brûlé dans l'incendie de la Mairie en 1870. Catastrophique ! Bien difficile alors de travailler sur la période d'avant 1870. Des reconstitutions d'actes ont été faites (photo) à la demandes de familles sur la foi de leurs archives familiales mais ces reconstitutions sont bien pauvres au regard de ce que pouvait apprendre les actes eux-mêmes.
Et partout où des lacunes vous barrent la route, il faut se tourner vers d'autres moyens, les notaires (et c'est plus compliqué), les recensements nominatifs ( à partir de 1831) mais ils n'existent pas partout, les listes electorales pour les hommes puisque nous, pauves femmes, ne voteront qu'en 1944 ! Pas facile mais avec de la passion et autant de curiosité, on franchit les obstacles, du moins on essaie et parfois cela marche ! Justement, une amie m'a demandé de tenter de trouver trace de ses ascendants dont elle ne sait pas grand chose au-delà de ses grands-parents paternels qui se sont justement mariés à Paris avant 1870 ! Elle sait seulement que son aïeul est né à Levallois-Perret..... une piste que je vais emprunter, la seule pour l'instant ! Arriverai-je à réaliser le voeu de cette amie ? les paris sont ouverts et je vous ferai part de mes avancées.
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