?..... le retour de nos prisonniers mais quand ?Alors je vais évoquer la mémoire d'un militaire américain Charles William qui fut reçu à maintes reprises chez mes parents, rue de la Monnaie à Rennes. Qu'est-il devenu ? je l'ignore. Ses quelques lettres évoquent le désir de revenir voir notre famille rennaise et bien sûr le retour au pays. Que savons-nous de lui ? trois lettres évoquent son parcours en France depuis la Libération. La première en avril 1945, écrite curieusement en Français alors que les suivantes le seront dans sa langue natale. Charles est en Allemagne, évoque ville et villages dévastés mais ajoute "c'est juste parce que les allemands ont commencé la guerre" ! Il espère que la Victoire va arriver et qu'alors tous les soldats rentreront chez eux. La suivante date de juin 1945, un an après le D Day, Il dit combien il est heureux de recevoir nos lettres et s'inquiète pour ses frères. L'un d'eux est à Epinal en France, l'autre dans le Pacifique. Il évoque le souvenir d'un ami venu avec lui dans notre maison (je n'en ai pas le souvenir) qui a trouvé la mort sur sa route. Il est mort en héros, écrit-il et a reçu "the Silver Star". Je vous laisse découvrir la dernière lettre reçue ou du moins la dernière en ma possession ! Elle date du 17/10/1945......
Que disait-il ? je laisse à ceux ou celles qui parlent couramment l'anglais (à défaut de l'américain) le plaisir de lire Charles dans le texte. Pour les autres, j'en extrait quelques passages..... (n'oubliez pas qu'en cliquant sur les photos, vous obtenez une bonne visualisation)Il remercie ses amis français de leur lettre et annonce son transfert dans une autre division. Il est dans un village de tentes à Sissonnes qu'il situe près de Reims. Charles espère bien revoir notre famille mais pour l'instant il est trop loin de Rennes. Prochainement, leur camp devrait se tenir près du Havre. Il espère qu'il y aura une liaison ferroviaire possible pour aller à Rennes tant il a apprécié notre amitié. Charles termine en disant au revoir à Bernadette, Marie-Edith et Michel (voir photo) ainsi qu'à leurs paren
ts. C'est la dernière missive que j'ai de lui. Nous n'avons jamais plus entendu parler de Charles ! Dans le meilleur des cas, il est rentré et n'a pu revenir en Europe mais dans le plus mauvais !..... Lors des célébrations et manifestations organisées pour le cinquantenaire, j'ai tenté de le retrouver mais n'y suis pas arrivée. De lui, je me souviens d'un soldat, doux et gentil, arrivant toujours les poches pleines de chocolat, d'oranges et de chewing-gum...... sorte de magicien pour la petite fille de 7 ans qui, jusque-là ne connaissait ni le goût d'un bonbon, ni celui d'une orange. Nostalgie ! une nostalgie que je ne traîne toutefois dans mon souvenir que depuis ce cinquantenaire. Pourquoi ? parce qu'alors, toute une page de mon enfance s'est révélée à moi, une page un peu effacée par les années qui ont suivi plus occupées et plus émues par la guerre d'Indochine et surtout la guerre d'Algérie durant laquelle j'ai vu tomber plusieurs de mes copains et amis.
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