samedi 18 juillet 2009

"Faire son arbre".....

Quelle généalogie ?

« Faire sa généalogie » ou « faire son arbre » sont des expressions souvent employées. Mais elles englobent de multiples possibilités. Construire une généalogie n'est pas synonyme d'obligation quelconque, chacun fera ce que bon lui semble. Plusieurs choix possibles :
La généalogie ascendante qui consiste en partant de soi-même, à rechercher le plus grand nombre de ses ancêtres... et ils vont rapidement devenir très nombreux, car leur nombre double à chaque génération (2 parents, 4 grands-parents, 8 arrière-grands-parents, etc.) ce qui fait plus de 500 personnes à identifier pour atteindre le début du 18è siècle.
Je ne mentionnerai que pour info la généalogie ascendante limitée aux porteurs de son nom (généalogie « agnatique ») ou la généalogie ascendante limitée aux femmes ( généalogie « cognatique »).
On peut encore faire sa généalogie descendante qui consiste, à partir d'un couple d'ancêtres que vous choisissez, de rechercher tous leurs descendants... qui sont aussi vos cousins. Elle se révèle plus difficile à établir en raison de la dispersion géographique des familles depuis un siècle.

Avant toute démarche, il faut d'abord collecter tous les documents familiaux en sa possession : cartes d'identité, livrets de famille, actes d'état civil et papiers divers (correspondances, faire-part de naissance, mariage, décès, etc). Ils permettent de faire un premier point. Très important encore, interroger ses proches et surtout les personnes âgées - pour compléter les renseignements qui manquent et surtout noter leurs souvenirs. C'est trop souvent ce que l'on ne fait pas quand on est jeune. "On a toujours le temps" pense-t-on et puis.... Combien ai-je regretté de n'avoir pas pas interrogé parents, oncle ou tantes quand il en était encore temps. J'ai eu toutefois la joie d'interroger les tantes Marie-Louise, Michelle ou Geneviève ainsi qu'oncle Jo (époux de Geneviève Decq). Je remercie aussi mon cousin Guy de Salier Dupin qui a bien voulu me confier sa biographie comme Colette Violet-Chouin, la maman du mari de notre fille Céline. J'ai fait encore le bon choix depuis notre mariage d'avoir conservé toutes les lettres reçues à l'occasion du nouvel an. Un trésor ! ..... qui m'a permis d'alimenter notablement l'histoire familiale.
Enfin, si on trouve un arbre généalogique tout fait ou si quelques ancêtres ont fait un bout du chemin, ecrit, rédigé, une chance ! Cette chance, elle a été mienne avec les travaux de mon grand-oncle Gaston de Caqueray dont les écrits font toujours référence dans la nébuleuse généalogique, ou encore ceux de Jenny Rabillon, Henri de Sallier Dupin, de Paul Thorel. Et je n'oublie pas les archives prêtées par Jeannette Ducolombier-Boulloud, les archives Thorel transmises par Bertrand et tant d'autres qui ont collaboré à l'enrichissement de notre histoire familiale. Mais quelques soient les sources, il faut malgré tout vérifier, une erreur est toujours possible à moins que ce ne soit des oublis volontaires. C'est ainsi que sur un forum travaillant sur une famille proche des Caqueray (ascendance Rabillon) ou Le Vaillant du Chouquet (ascendance Thorel) on m'a signalé que notre grand oncle Gaston aurait "oublié " de mentionner les filles dans certaines branches. Il est certain qu'à l'époque on donnait priorité à la transmission du nom. Les filles avaient donc une place mineure !
  • Par ailleurs, si Internet a fait "exploser" les échanges. la méfiance est de rigueur !.... le revers de la médaille existe : qui dit multiplication des données dit multiplication des erreurs, surtout lorsque des internautes copient des données les uns sur les autres en quelques clics, et les renvoient sur l'Internet. Tout généalogiste sérieux aujourd'hui doit donc vérifier très sérieusement ses sources. A ce stade, une généalogie sera peut-être bien avancée mais surtout, on s'est lancé !
    Dès lors, il faut apporter comme je le soulignais le plus grand soin à la quête des infos et respecter quelques règles d'or :
  • se méfier des idées reçues, par exemple :
    - « tout a été détruit à la Révolution » : c'est parfaitement faux. Les archives françaises sont pour la plupart très bien conservées, avec quelques exceptions notables il est vrai, comme celles de la ville de Paris qui ont brûlé en grande partie pendant la Commune de Paris, en 1871. Toutefois, à la demande des familles, beaucoup d'actes ont été reconstitués. Il est alors possible de sortir de l'impasse ! Cest ce qui m'est arrivé à la demande de l'épouse de Chistian Flavigny avec lequel nous cousinons via la banche Thorel et dont une nièce a épousé un de nos neveux Hervé de Sallier Dupin. Par ailleurs, nous voisinons à Saint Gildas de Rhuys. Claire ignorait tout de son ascendance n'allant guère plus loin que son grand-père sans toutefois connaître son origine. A ce stade, la famille réside à Paris. Uun des frères de Claire avait commencé des recherches mais en était resté à cette idée bien répandue que les archives parisiennes antérieures à 1871 n'existent plus. Je me suis lancée et j'avoue avoir eu bien du mal à trouver un indice. Indice que j'ai trouvé sur une base de données des Hauts-de-Seine indiquant qu'un homme avec le patronyme recherché (et le même prénom) était originaire de Paris. Je me suis rendue aux Archives de la ville de Paris et après quelques tatonnements, j'ai eu le bonheur de trouver la trace de cette famille. Vous imaginez la joie de Claire apprenant au passage qu'elle descendait d'un compositeur de musique. A présent, grâce au dernier acte de mariage trouvé à Paris (1850), l'espoir est permis d'aller plus avant et nous nous dirigeons vers le Vaucluse. A suivre....
  • -« mon nom s'orthographie avec 1 "T" et 2 "L" donc si j'en trouve un avec 2 "T" et 1 "L" ce n'est pas la même famille » : faux également, l'orthographe des noms propres a de tout temps varié, certains se déformant plus que d'autres. Il n'existait pas de règle écrite, et les scribes écrivaient de façon phonétique. C'est ainsi que le patronyme Boulloud s'orthographiait "Bolloud" au 17è siècle, . On trouve, à la même époque "Rabilion" en place de Rabillon. Un forum s'est penché sur les Sallier Dupin ou Sellier Dupin ? Il n'y a que chez les Dulac que je encore jamais trouvé de distorsion dans le nom mais sans doute est-il suffisament parlant !
  • s'organiser de façon efficace : classer les documents pour pouvoir les retrouver facilement. L'informatique offre aujourd'hui de grandes possibilités, mais ne peut remplacer la valeur d'un acte original . Quoiqu'il en soit, il faut sauvegarder régulièrement les fichiers informatiques sur un support indépendant de l'ordinateur et si possible dans un autre lieu (parent, coffre à la banque, etc.). On peut perdre des années de recherches en quelques secondes: virus informatiques, catastrophes naturelles ou humaines (commune de Paris - 1871) sont autant de dangers pour vos précieux documents.
    Il existe encore des possibilités de stockage en ligne : certains sites offrent un espace mais souvent coûteux ! toutefois Geneanet permet d'envoyer gratuitement des Gedcom et qu'ils sont récupérables.
  • savoir renoncer... c'est le "mur" ! Il n'existe plus de registres paroissiaux, les archives notariales ont disparu, il n'y a rien dans les autres types d'archives. La situation est frustrante..... Restent toutefois les recherches sur les collatéraux : parfois de bonnes surprises ! Intéressants aussi, les parrains et marraines : s'ils sont parents avec leur filleul, ce qui est le plus souvent le cas, ils peuvent fournir des pistes susceptibles de débloquer une recherche. Il faut également savoir que, bien souvent et contrairement à ce que l'on pense généralement, la difficulté n'est pas tant de retrouver la pièce manquante du puzzle dans des archives, mais de n'oublier aucune piste parmi la multitude des sources existantes : être ouvert, attentif, curieux, méticuleux, soigneux et surtout patient... très très patient!
    Soyez également convaincu que la généalogie ne se réduit pas, loin s'en faut, en une collection de « papillons morts » ; bien au contraire, elle est l'occasion de se pencher sur l'environnement social, culturel, économique de nos ancêtres.
    Au gré des recherches, on s'engage souvent dans une enquête quasi policière d'autant plus stimulante que les obstacles s'accumulent devant vous. La généalogie est un jeu de piste et c'est très précisément ce qui en fait tout le sel !
    Alors qui reprendra le flambeau ???

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