"Bonjour Madame,
Pourriez-vous m'indiquer la date et le lieu de décès d' Adolphe Gustave Jean Coton (ou Cotton), Capitaine marin, né le 14/09/1825 à Port-Vendres et marié le 29/06/1854 à Marseille avec Anne Mathilde Félicité Rabillon ? Il commandait le 28 mars 1860 le bateau à vapeur "Le Prophète", d'une contenance de 200 tonneaux, appartenant à l'armateur Claude Mourou de Marseille. Ce bateau assurait les liaisons commerciales sur la ligne Marseille - Bône -Philippeville. Anne Mathilde Félicité Rabillon est décédée le 22/03/1890 à Marseille, rue de Bruys n° 13. Elle était alors veuve d'Adolphe Coton."
Le patronyme de ce correspondant est celui de l'armateur. Il s'agit donc d'un descendant du propriétaire du bateau. De mon coté, je connais le couple Rabillon /Coton. Anne Mathilde descend de Louis Germain Rabillon (1776-1831), l'un des frères de mon ancêtre Etienne Vital (1769-1840) qui quitta le Vaucluse en 1787 pour se fixer quelques années après à Rennes en Bretagne ! (cf. "post" du 28/01/08).
Je sais aussi que son époux Adolphe est capitaine au long cours mais..... j'ignore tout de son parcours professionnel. C'est dire que le message de René Mourou m'intéresse !
Sa question en soulève beaucoup d'autres..... Pourquoi s'intéresse t-il tant à un employé de son ancêtre..... Que s'est-il passé en mars 1860 ? je n'en sais vraiment rien..... aussi en place d'infos à donner à mon correspondant, c'est moi qui devient demandeuse !
Sans attendre la réponse de ce correspondant à mes questions, j'ai cherché et pu réunir quelques éléments d'informations sur ce "le Prophète"..... Ce bateau a effectivement une histoire !Extrait de "Portraits d'épaves" aux éditions Océans (JP. Joncheray & U. Brun)"Le petit bâtiment était utilisé sur les lignes maritimes reliant l'Algérie à la côte provençale. Construit en 1853, il est vendu à Claude Mourou le 8 juillet 1857 pour la somme de 70 000 F. Le 26 mars 1860, le Prophète, Commandant Cotton, en provenance de Bône et Philippeville, s'abrite dans la rade d'Agay près de St-Raphaël. On peut penser à des difficultés dues au mauvais temps. Quelques jours plus tard, vers le 30, il talonne sur une roche et fait naufrage près du cap Lardier (entre les baies de Saint-Tropez et Cavalaire) à la suite d'une voie d'eau. La cargaison de blé est perdue mais il est dit que le navire coula sans faire de victimes. Le Prophète représente la plus vieille épave connue à ce jour, de navire à vapeur et à hélice de la côte provençale. "

J'ai appris encore que, chaque année, plongeurs et archéologues visitent l'épave et selon eux "Le Prophète" n'a pas encore livré tous ses secrets.
"Le bateau a sombré sur un fond de sable par 34 mètres de fond. Il a bien souffert depuis son naufrage, la mer ne l'a pas épargné ! La forme du bateau est difficilement identifiable car la coque et le pont se sont ouverts à plat sur le sable. Cette épave est surnommée « les Chaudières ». En effet celles-ci représentent la seule partie relativement bien conservée du Prophète. Elles se trouvent au centre de l’épave.
Le reste est constitué de belles pièces réparties sur la proue et la poupe : les ancres à jas et le treuil... le gouvernail et l’hélice à pales triangulaire.
Il n’y a aucune superstructure. Les plongeurs ont encore remonté des plaques de marbre, provenant des cabines réservées aux passagers, des objets en cuivre..."
On parle bien d'une épave mais d'après ce que j'ai pu lire, si le bateau a bien fait naufrage en mars 1860, le capitaine et l'équipage ont pu être sauvés ! Il est probable qu'il y ait eu d'autres naufrages dont l'un a été tragique pour les hommes. C'est un peu ce que semble vouloir dire la recherche mon correspondant. Le décès du capitaine pourrait être un indice. Malheureusement le mystère persiste..... trouverons-nous où et quand notre cousin par alliance a disparu. Un indice qui va dans le sens de cette thèse, la compagnie Mourou mit fin à son activité en 1873 puisqu'elle perdit tragiquement 3 de ses 5 navires. On peut donc penser qu'après 1860, Adolphe Cotton reprit du service sur un autre bateau de la Cie Mourou et qu'un tragique destin l'y attendait !
Quoiqu'il en soit, nous savons aujourd'hui qu'Adolphe Cotton est décédé entre 1860 et 1890, date à laquelle notre cousine est décédée veuve. C'est peu, me direz-vous mais la généalogie est une école de patience ! Je reprends la route des Archives maritimes comme je l'ai fait en 2008 pour comprendre le rôle courageux de mon grand-oncle Joseph Decq dans le naufrage de son bateau "La France" au large du Brésil en 1906 (cf. "post" du 22/09/2008).... et j'ai pu reconstituer son aventure. J'espère réussir ici aussi à reconstituer le parcours du capitaine Adolphe Cotton. A suivre.....
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