A force de fureter dans tous les coins, il arrive d'avoir de grandes surprises ou d'ajouter de gros points d'interrogation dans l'histoire de nos familles. On arrive souvent à faire la lumière sur ce qui, au premier abord, est tout à fait inconnu mais pas toujours ! Des zones d'ombre subsistent parfois.....
C'est le cas de ce Joseph Deschamps, frère de notre aïeul Marin Deschamps (Deschamps la Rivière) dont j'ai évoqué le parcours étonnant dans un "billet" du 08/07/2013. Un travail réussi avec l'aide généreuse de l'Entraide généalogique de Paris qui m'a permis de retracer ce parcours et une partie de sa descendance.
Si je n'avais pas "hérité" d'un portrait de lui mentionnant son activité de chirurgien à l'hôpital de la Charité (aujourd'hui détruit), j'ignorerai encore son existence. Aucune archive familiale n'en fait mention et je me demande encore pourquoi ! alors que les archives de la branche Deschamps la Rivière sont riches et bien connues des descendants dont nous sommes.
Même surprise que je partage aujourd'hui avec vous avec la découverte de quelques éléments biographiques de Michel Rabillon (1734-1786?) parus dans le "Dictionary of pastellists before 1800" (Neil Jeffares)***. Intriguée, j'ai aussitôt cherché dans l'arborescence des Rabillon, celui qui correspondait à ces dates. Et j'ai effectivement trouvé Michel, frère aîné de notre ancêtre Pierre Louis. Jusqu'ici, je n'avais de ce Michel Rabillon qu'un commentaire assez laconique issu d'archives familiales : "était un artiste d'un certain talent qui
réussissait surtout dans le portrait. Infirme toute sa vie, ses neveux ne
l'appelaient que "Oncle Le Bossu" !".
Qu'ajoute le "Dictionary" ?.....
"Michel Rabillon, peut-être un élève de Van Loo exposa des pastels et des miniatures à l'Académie de saint-Luc où il fut "agréé" en 1774. Le promoteur de cette exposition en 1774 faisait davantage l'éloge de ses pastels que de ses huiles distinguant la tête d'un abbé "de la plus grande vérité" et deux "charmantes" têtes d'enfants". L'almanach des peintres de 1776 classe Rabillon comme un "peintre au pastel, rue de l'Arbre-Sec, vis à vis la rue Bailleul" et commente : "Michel Rabillon peint le portrait avec beaucoup de succès... Il vient de construire pour son usage un mannequin singulier, dont la mécanique est très curieuse. En réalité cette invention serait plutôt celle de l'un de ses frères que nous connaissons bien Joseph Rabillon qui sera la racine de l'arborescence familiale du Loir-et-Cher (18è et 19é éteinte depuis).
Le dictionnaire mentionne encore quelques avis des critiques de l'époque : "Une grande facilité, une couleur vraie et de la ressemblance ont été applaudies". Il fut aussi un miniaturiste, avec le portrait d'une dame, signée et datée de 1785 au Louvre. Un spécialiste de la miniature Schildlof le considérait comme l'un des meilleurs miniaturiste français du 18è siècle. Comment se fait-il que cette renommé ne soit pas arrivée jusque dans la branche rennaise. Incroyable !!!
Il fut encore, nous dit-on, très lié avec le collectionneur Pierre-Louis Eveillard, marquis de Livois (1736- 1790), dont la collection de tableaux, saisis sous la Révolution constituèrent le noyau primitif du musée des Beaux-Arts d'Angers. Plusieurs oeuvres de Michel Rabillon apparaitront dans son catalogue. De son coté l'artiste servira au collectionneur lui permettant de localiser et d'acquérir des oeuvres sur le marché de l'art parisien. On lui connait encore des relations avec le peintre Jean Joseph Xavier Bidauld qui arriva à Paris en 1783. Michel Rabillon le mettra en contact avec un certain Dulac que je n'ai pas réussi à situer (apparemment pas de lien avec la famille Dulac des Pyrénées, patronyme de quelques-uns de nos petits-enfants).
Ce qui est certain c'est que ce peintre appartient bien à notre arbre. Pour preuve (si cela était nécessaire) "The dictionnary of pastellists before 1800" évoque un neveu de Michel, Pierre Paul (1772-1842) fils de son frère Joseph qui fut un élève de Jean Baptiste Regnault (1754-1829), peintre de sujets religieux, mythologiques, d'allégories, d'histoire. Pierre Paul sera professeur de dessin au célèbre collège de Pontlevoy (Cher). A-t-il peint comme son oncle, je l'ignore..... Par contre en 2010, grâce à la générosité d'un bénévole de l'Entraide du Loir-et-Cher, j'ai appris que Pierre Thérèse Joseph Rabillon, frère du précédent (cf. billet du 03/02/2010) est connu en tant que restaurateur de tableaux pour l'église Sainte Croix de Montrichard (41)...... (cf. billet du 03/02/2010).
L'Histoire n'est pas terminée puisque ces dernières années, plusieurs tableaux (originaux) de notre parent ont été vendus aux enchères en divers endroits d'Europe.
Et nous ne le savions pas.....
*** Mon frère qui porte le même prénom et même patronyme avait, m'a-t-il dit, déjà croisé le peintre sur le Net mais sans pouvoir l'identifier.
Notre lien..... Michel Rabillon était le frère aîné de notre ancêtre Pierre Louis dont je descends avec mon frère, ma soeur et mes cousins de Sallier Dupin. Il restera très vraisemblablement célibataire.
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