Il m'est arrivé en consultant un acte de mariage d'y trouver la reconnaissance d'un enfant jusque là illégitime, d'y découvrir en marge de l'acte que les époux ont divorcés ou encore que le père d'un des époux a disparu sans donner de nouvelles depuis des lustres. Les contrats de mariage ou les testaments sont souvent très riches d'enseignement sur "nos familles"..... enfants déshérités ou favorisés. Les actes de sépulture ou de décès peuvent aussi apporter leur lot de surprises même si parfois ils posent plus de questions qu'ils ne donnent de réponses..... décès rapprochés dans une même famille par exemple (épidémie ?), mort tragique ou inexpliquée !
Je me propose de partager avec vous quelques exemples extraits de nos arbres.....
Selon son acte de sépulture daté de mars 1653 et relevé à Châteaugiron (35)... "Maistre André Philippes Sieur des fontenelles fut inhumé dans l'eglise de la Magdeleine le 20e Mars 1653 aprés quil fut assassiné dans la rue du Porche par Henri Le Roux qui fut pendu à Rennes le 27e mars". J'ai cherché sans résultat jusqu'ici les Actes de justice (on dirait aujourd'hui le procès). Et pourtant un bénévole de l'Entraide d''Ille-et-Vilaine, interessé par cette affaire, a effectué plusieurs déplacements pour consulter différents types d'archives. Il n'a rien trouvé : "J'ai recherché dans la chambre criminelle, dite de la " Tournelle ", les documents possibles pour votre date, particulièrement, les interrogatoires de 1653 et si on en trouve pour août et octobre...rien pour mars, ni pour des Leroux, à cette époque. De même, avec l'aide d'un conservateur, j'ai trouvé dans des listes établies, des homonymes, mais pas ce prénom".....
A moins d'un nouvel indice (il reste à trouver !), nous ne saurons jamais pourquoi ce pauvre aïeul (bien ancien) a été assassiné ! L'une de ses petites filles Perrine Philippes (1678-1760) épousera en 1700, à Châteaugiron, Pierre Noury (1675-1720), grand-père de mon aïeul Jean-Marie Noury (1725-1806) dont bon nombre d'entre nous descendent de l'un ou l'autre de ses 17 enfants.
C'est après la naissance de leur fille Marie Cécile Caroline "Marguerite" en 1848 à Blois (41) que Pierre Louis Léonce Rabillon (neveu de mon aïeul Etienne Vital Rabillon) et son épouse Marie Zoé Caroline Lefort décident de s'embarquer pour les Etats-Unis où naîtra plus tard leur fils... Bien des années auparavant, Léonce (son prénom usuel) victime d'un accident, abandonne la fonction d'avocat pour se consacrer au dessin, à la musique et devint un artiste assez distingué. J'ai retrouvé, entre autres, sur le site de la Bibliothèque Nationale la référence d'un album dédié à l'abbaye de Pontlevoy et son collège, album illustré par Pierre Louis Léonce... Ce qui fera écrire à Henri de Sallier ".....Dans les années qui suivirent son mariage, Léonce Rabillon s'embarqua avec sa famille pour l'Amérique. Il est mort en ce pays d'outre-mer où il avait cru faire fortune mais où son art est de ceux qui n'y sont guère appréciés !"
On y reconnaît là l'esprit de l'époque mais ce que
l'oncle Henri ne savait pas, c'est que le talent de Léonce a bien été
reconnu puisque deux de ses oeuvres appartiennent aujourd'hui à un Musée
du Maryland, The "Peabody Art Collection". Cette découverte a été faite
par mon frère, Michel Rabillon, sur Internet (cf. post publié le 05/04/2009 sous le libellé "Un oncle d'Amérique"). Léonce devint-il riche pour autant ? rien n'est moins sûr ! Pourquoi ce départ en Amérique ? Nul ne le sait.... ce que par contre, j'ai pu relever ce sont les nombreuses visites en France de la famille, fin 19è et début 20è (cf. Base "Ellis Island"). On est d'ailleurs étonné de les voir prendre le bateau comme aujourd'hui on prend le train et pourtant ce n'était pas rien alors de traverser l'Atlantique ! Sans doute allaient-ils rendre visite à la famille Rabillon restée majoritairement dans le Vaucluse. Il semble qu'ils ne soient jamais venus à Rennes, je n'en ai pas trouvé trace. J'ai pu encore les suivre à travers les recensements des années 1880, 1900, 1910, 1920 sur la base "Ancestry". En 1880, la famille est au complet, pas d'autre enfant. Les Rabillon résident 407, Park Avenue à Baltimore (Maryland.). Des coupures du journal "The Sun" Maryland" nous apprennent que Mesdames Rabillon donnent des cours de piano (1861) et que Mr Rabillon donne des cours d'Histoire, de littérature française (1876) ou encore de dessin. Les journaux évoquent les expositions des oeuvres de Mr Rabillon dont quelques-unes appartiennent désormais à un musée de Baltimore. Apparemment, Léonce avait fait sa place dans le Maryland et y était connu et reconnu quoique restant modeste ! Plusieurs coupures relatent encore la vie sociale de la famille souvent invitée dans des soirées de notables ou en voyage.....Léonce décède en 1886 à Cape May dans le New Jersey où il termine sa carrière à l'université. Il sera inhumé à Baltimore au St Peter the Apostle Cemetery où son épouse le rejoindra en 1901 puis leurs enfants en 1925 et 1929 très vraisemblablement sans descendance (US GenWeb).
Restent les interrogations... Pourquoi partir si loin ? Cette immigration en terre américaine fut-elle heureuse ? Je n'en suis pas certaine... sans descendance, ils restent bien isolés des leurs restés en France !
En 1852 Paul Duboé quitte la France pour des raisons inconnues..... et part pour l'Amérique sans donner de ses nouvelles ! Paul est le demi-frère de Jean Paul Duboé dit Couyé (1803-1869), aïeul de quelques-uns de mes petits-enfants.
Au fil de mes recherches, quelques traces de son histoire...Dans l'acte de mariage de sa fille Françoise en 1875, il est dit "... que son père est absent... qu'il est resté à Vieille Adour jusqu'en 1852 époque où il a quitté le pays pour se rendre en Amérique d'où il n'est jamais revenu, ni n'a donné de ses nouvelles depuis fort longtemps; de sorte que son domicile est complètement ignoré"...Quelques années plus tard en 1870, sur l'acte de décès à l'âge de 21 ans de son autre fille, on le dit à Montevidéo ! Une piste à suivre.....L'Entraide 65 à laquelle j'adhère ne tarde à m'apporter un début de réponse.....
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| Place historique de Montevideo |
Nous resterons sur notre faim !... malgré l'aide renouvelée du forum généalogique des Hautes-Pyrénées avec l'aide d'une correspondante de Montevideo. Aucune trace d'un Paul Duboé. Il existe des patronymes voisins ! Le mystère persiste..... Loin des siens Paul a-t-il réussi à trouver le bonheur au delà des mers ???
Le 21 septembre 1901, Camille Alphonse Boulloud quitte la France pour...conquérir le monde ! Après son bachot en 1891 et son service terminé chez les chasseurs alpins, un ami lui offre de le prendre dans sa maison de commission-exportation à Paris. Il y reste 6 ans... une série de mauvaises affaires et la maison ferme ses portes ! Après une rapide étude des connaissances et méthodes commerciales acquises, Alphonse (prénom usuel) constitue un groupe de représentation : parfums et plumes d'autruches. Sa sœur lui avance les frais du voyage et en septembre 1901, sans y connaître personne, il part pour Buenos-Aires. A son arrivée, on lui dit : « Ah! mon jeune ami, vous arrivez de France ? et par quel bateau ? quand repart-il ? Un bon conseil, reprenez-le. Il n'y a plus rien à faire dans ce pays ! » Il resta et... rencontra la réussite ! Il eut le bonheur de connaître, un français fervent de chasse comme lui. Invité à chasser dans la Pampa, Alphonse fait la conquête de ce Béarnais, qui le reçoit
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| Une villa à Belgrano |
Qu'est-il arrivé à Ernest Auguste Henri Guérin en février 1923 ? Sur son acte de décès reçu de la mairie de Nantes, on lit que " Le premier février mil neuf cent vingt trois à quatorze heures nous avons constaté quai Jean Bart le décès paraissant remonter à quinze jours environ de Ernest Auguste Henri Guérin domicilié à Nantes, 12 rue du Marchix....."
Que s'est-il passé quai Jean Bart ? un mystère qui le restera sans doute faute de témoins de l'époque. Ce qui fait question c'est que le corps d'Henri (son prénom usuel) ait été retrouvé à l'adresse ou a proximité du domicile d'Angèle, l'une de ses soeurs domiciliée 1, quai Jean Bart ! a-t-il été agressé et laissé pour mort dissimulé au regard des passants ? Angèle était la grand-mère de Colette Chouin, elle-même grand-mère de Baptiste et Emilie Violet, deux de mes petits-enfants. Henri venait-il chez sa soeur, a-t-il été agressé sur le chemin et le corps ensuite caché aux yeux des passants ? Une énigme aujourd'hui et peut-être pour toujours ! Aurai-je toutefois la chance de retrouver quelques éléments de réponse dans les archives journalistiques de l'époque ? C'est possible !
Quoiqu'il en soit, tous ces récits racontent l'histoire de l'humanité au delà de celle de "nos familles", une histoire où se mêle au quotidien bonheur et larmes.



2 commentaires:
Je comprends maintenant ta passion...c'est tout simplement passionnant ! Merci Maman pour toutes ces recherches même si elles n'ont pas abouti...
Signé Céline
Encore et toujours un grand grand merci pour tes encouragements.
Signé maman
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