Comme promis le 8 novembre dernier...
la suite de la saga du Baron Gabriel Henri François Noury...
l'un des fils de mon ancêtre Jean-Marie
et l'ancêtre de plusieurs de nos cousins ou cousines !
C'est en février 1808 que Gabriel Noury, chevalier de la Légion d'Honneur, commissaire ordonnateur des armées épouse Marie Louise Villers. Le mariage fut célébré par Mgr Enoch, évêque de Rennes, à Saint-Grégoire (35) où la jeune fille avait de la terre et le petit Castel du Haut Bourgneuf ou Bourgnouveau qui était depuis plus de deux cent ans dans sa famille et qui lui venait de la famille des Hayers de la Ménurais ? par les femmes. Le 10 août de la même année1808, l'empereur donna un bal et Gabriel lui présenta son jeune épouse...
C'est en 1809 que naquit leur premier enfant Charles Henri Gaëtan. A cette époque, Gabriel avait définitivement fixé son domicile à Nantes et hors la propriété du "Coin", il voulut avoir une résidence confortable en ville. Il acheta alors en janvier 1809 un hôtel, situé rue du lycée (Henri de Sallier Dupin le situe en 1936 au n°17). C'est dans cet hôtel que naîtront trois de ses enfants.
Les titres ou fonctions ne lui manqueront pas...Ordonnateur en 1812 de l'armée de réserve sur le Rhin sous les ordres du maréchal de Valmy jusqu'à la fin de 1813... nommé officier de la légion d'Honneur lors de la Retraite de Russie. L'empereur voulut le créer Baron mais il refusa !
Nommé par le Roi, en 1814, chevalier de Saint-Louis sans qu'il ait demandé cette distinction et en 1815 ordonnateur à Nantes...en 1816, ordonnateur à Rouen et en 1817, intendant militaire.
L'année suivante, Gabriel Noury fut appelé au Ministère de la Guerre par son ami le Maréchal de Gouvion Saint Cyr, en qualité de sous-secrétaire d'Etat, directeur de l'arriéré de la guerre. Il remplit cette fonction avec la plus grande droiture et la plus grande énergie. Sa place lui valut un traitement de 50 000 francs.
Il donna sa démission de Directeur de l'arriéré de guerre au Ministère en septembre 1821. Par deux fois, Louis XVIII refusa sa démission et, pour le récompenser de ses loyaux services, le créa par lettre patente du 20 juin 1822, baron héréditaire sur promesse d'institution d'un majorat !
Ses armoiries furent alors (d'après Révérend ?) : d'or au taureau furieux de sable, foulant aux pieds un serpent de même, et soutenu d'une terrasse de sinople, au chef d'argent chargé d'une tête de chouette arrachée de sable posée de face ????? difficile à imaginer, intéressant à rechercher.....Je ne l'ai pas retrouvée !
Enfin Gabriel Noury, fin lettré et excellent musicien, fut aussi Conseiller Général de Loire-Inférieure (aujourd'hui Loire-Atlantique).
Parallèlement au déroulement de sa carrière, Gabriel garda le goût de la campagne et des châteaux !...toujours entre ventes et achats... après le "Coin" acquis avant son mariage en 1807, il vend en 1910 les terres de la "Grande Auberge", située à Corps Nuds (Ille-et-Vilaine).
Arrive le temps de la retraite... Gabriel vécut alors avec Marlise tantôt à Nantes, tantôt au château du "Coin".
Pour résumer, Gabriel Noury fit, entre autres, l'acquisition de trois belles propriétés qu'il ne revendit pas, conserva jusqu'à sa mort et passa à la postérité...En 1807, il achète "Le Coin", superbe domaine de 130 hectares de vignes (cf. "post" du 8 novembre 2014) et sous la deuxième Restauration la forêt de "Touffou".....
et en 1836 le manoir de "Bel Abord". Nous savons que son fils aîné Charles Henri Gaëtan hérita de ce manoir. Toutes ces propriétés étaient proches les uns des autres et situées à une dizaine de Kms de Nantes. Coté anecdotes, mon cousin Christian Drouîn m'a confié qu'il entendit des centaines de fois les histoires suivantes sur son ancêtre... Il se déplaçait suivant la saison, de l'un à l'autre de ses châteaux, emportant avec lui sa malle d'argenterie. Un jour, cette malle fut pillée et la maréchaussée ne trouva point le coupable jusqu'au jour où l'une des bonnes de la famille Noury, passant devant l'atelier du forgeron, entendit celui-ci dire : "Fi ! qu'on est laid quand on est nue !..." La bonne se souvint alors que, le soir du vol, elle s'était déshabillée avant de se coucher et avait prononcé cette phrase en s'apercevant dans une glace. Le forgeron, le voleur, était caché sous le lit de la bonne. Elle fit le rapprochement, prévint la maréchaussée et le forgeron avoua son forfait. Et Christian d'ajouter qu'il a souvent regardé sous son lit avant de se coucher au cas où quelque malandrin, plus ou moins forgeron et amateur d'argenterie, s'y serait glissé. Autre anecdote...Un jour de fête villageoise, les bonnes de la famille avaient gagné un flacon de parfum. Le baron, à leur retour, leur demanda poliment (et sans doute paternellement) à humer le parfum. L'une des bonnes lui répondit : "On n'a plus ! On s'a tout foutu su nos goûles !"
Enfin grâce encore aux notes laissées par notre grande tante Jenny Rabillon, reprises par Henri de Sallier Dupin, nous en savons encore un peu plus sur notre parent.....
Gabriel Henri François Noury avait un excellent coeur et beaucoup d'esprit mais aussi un caractère vif, emporté, opiniâtre et dominateur. Il aimait à passer aux yeux de tous pour le protecteur de la famille et ne souffrait pas d'être remboursé quand il avait prêté de l'argent à un de ses parents bien qu'il en reçut les intérêts ! Ses soeurs religieuses furent ainsi obligées de lui envoyer un huissier pour le contraindre à reprendre une somme considérable qu'il leur avait avancée. Situation plutôt rare et cocasse pour un huissier ! Il pouvait être aussi fantasque que violent comme le montre l'anecdote suivante..... Son neveu Jean Marie Denis ne pouvant arriver, par intermédiaire, à rembourser un emprunt, vint le trouver dans on manoir du "Coin". La rencontre avec son oncle fut houleuse ! Gabriel était exaspéré et le neveu ne voulait pas quitter les lieux sans avoir reçu de son oncle un reçu. Gabriel dut céder.... Jean Marie Denis, heureux d'avoir obtenu quittance de sa dette mais craignant d'avoir fâché son oncle se disposait à partir rapidement. "Comment, lui dit Gabriel, c'est ainsi que vous vous en allez sans me dire un mot, sans souper avec moi. Ah ! par exemple ! j'entends bien que vous allez visiter ma propriété et me donner pour la gouverner vos conseils, vous qui vous y connaissez mieux que moi en exploitation." Et lui prenant le bras, il l'entraîna dans le jardin.
Brusque, Gabriel l'était aussi avec femme et enfants. Mais ceux-ci en avaient pris leur parti. Au reste, il avait de grandes qualités. D'une grande intégrité, dans les places de confiance qu'il occupait où tant d'autres auraient trouvé les moyens de s'enrichir, il ne se permit rien de contraire à la plus rigoureuse probité. Souvent, il est arrivé que des gens lui offrent de l'argent pour expédier leurs affaires en priorité. De pareilles propositions le mettaient en fureur.
Dans le Tome I de la saga du Baron, j'écrivais qu'avant d'éditer sa biographie, j'aurais aimé retrouver un tableau, un portrait, un buste de lui... mais jusqu'ici mes recherches n'ont rien données si ce n'est tout de même que l'existence de plusieurs portraits est avérée grâce encore aux archives laissées par ma tante Jenny Rabillon, soeur de mon grand-père et les notes d'Henri de Sallier Dupin, époux de la soeur de mon père...
Le premier appartenait à la famille d'Henri Noury, un de ses petits fils. C'est un portrait miniature sur un flacon de parfum. Germaine Noury en adressa la description suivante à notre oncle : "Ce portrait qui date vraisemblablement de 1808-1810 (1813 selon d'autres sources), a été fait par Châteaubourg, artiste de l'époque. Il est inscrit dans un ovale de 3 cm sur 2 cm1/2. Le baron dont la tête, placée au centre de l'ovale, mesure 1cm1/2, porte un uniforme bleu foncé avec broderies; le col haut, rouge est également brodé; sur la poitrine est épinglée la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur. En somme, il est représenté en uniforme d'intendant militaire."
Un portrait en buste de Gabriel et un autre, en buste également, de Marlise se trouvaient dans les années 30 en dépôt chez Me Robert Roy, arrière petit-fils du Baron Noury. C'est un Desclos le Peley , descendant par alliance du même baron, qui en fit la description "Les deux tableaux qui ont comme dimensions o,90 et o,70 m. ne sont ni daté ni signés. Le baron Noury est représenté en buste mais assis dans un fauteuil, habillé en noir avec un gilet blanc, col et cravates montants; il croise les bras et tient dans sa main un exemplaire de journal "journal de....". La baronne, également en buste, est vêtue d'un corsage bien échancré, col blanc, mante noire en dentelle. Sur la tête, elle porte une capeline légère ou petit bonnet à dentelle blanche avec un ruban bleu autour de la tête."
Enfin, un dernier tableau se trouvait à la même époque en possession de Madame Joseph Lefeuvre. Le même Desclos le Peley en parle "La baronne Noury, en costume de cour Premier Empire, porte une robe de velours gris perle. Assise dans un fauteuil en X, elle pose la main droite sur un clavecin et la gauche sur ses genoux. Autant qu'il est possible de déchiffrer, on lit dans le bas 1810. Quant à la signature, elle est complètement illisible mais elle existe. Ce tableau aurait comme dimensions 1 m80 x 1 m55."
Ce portrait ou buste de Marie Louise dite Marlise Villers, épouse du Baron Noury est le seul que quelques descendants, consultés, ont pu retrouver... Cette image ne correspond pas entièrement aux deux descriptions citées plus haut et qui m'ont été faites... peut-être une troisème représentaion de l'épouse de Gabriel Henri François... en tous cas la seule qui a été exhumée pour le moment !
Je n'ai peut-être pas frappé aux bonnes portes...Le temps aidant et d'autres contacts me permettront peut-être de finir par trouver le buste ou portrait de Gabriel François Henri ! Espérer n'est jamais interdit......


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