jeudi 25 août 2016

Les perles des archives n°4...Inhumé "sous leur banc" !

Autrefois, la place et la concession d'un banc dans une église faisaient l'objet d'une transaction et d'une réglementation, tout comme d'ailleurs le droit au tombeau ou droit de sépulture. Ces concessions sont souvent l'objet d'actes notariés très intéressants, mais assez rares.....
On en retrouve également la mention dans les actes de sépulture lorsque le défunt était inhumé "sous le banc" de la famille.
Au début du 18è siècle, être enterré dans l'église était déjà une pratique très ancienne. D'abord privilège accordé de droit au seigneur et aux clercs du lieu, il pouvait être lié à la fondation d'une chapelle ou d'une partie de l'église. L'emplacement de la tombe était alors dans la chapelle ou dans le choeur où ces dignitaires avaient leur banc familial gravé à leur nom. Parallèlement, des particuliers, notamment les notables, qui avaient acquis le droit de disposer d'un banc permanent dans l'église pouvaient obtenir la concession du sol sous ce banc pour y être inhumé.
Même au 19è siècle, les bienfaiteurs de l'église seront encore enterrés dans l'église mais alors sous les dalles du choeur.

L'évocation du "banc familial" me rappelle une anecdote. Dans les années 80, nous allions, de temps à autre, rendre visite à une grande-tante par alliance, veuve de notre grand-oncle René de Caqueray (+1944). Elle vivait dans sa propriété au Hézo (Morbihan) et il me semble qu'elle était heureuse de ces petits moments passés ensemble évoquant les membres de la famille. Et un jour, elle nous fit remarquer un banc qui avait trouvé une place dans son entrée...C'était "le banc familial" qui se trouvait sans doute depuis des siècles dans l'église locale. Le Curé souhaitait s'en debarasser au profit des chaises. Tante Jehanne, furieuse, ne l'entendit pas ainsi et récupéra le "banc familial". Qu'est-il devenu après le décès de tante Jehanne ? Elle avait fait don de la propriété à la congrégation des Pères Blancs. La propriété fut vendue à un particulier et le mobilier "aux enchères". Un livre évoque ces enchères dans le petit village du Hézo. Triste épilogue !.....

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