Comme
l'an passé...j'ai reçu dernièrement un affectueux message
de
ma cousine Ghislaine Mougeot, née de Chappotin.....
avec
photo d'une crèche !
C'est l'oeuvre de son époux Robert
qui, chaque année, crée et installe une crèche en y ajoutant parfois quelques
nouveautés. Cette année... il a, nous confiait Ghislaine, ajouté le Pigeonnier
de Port Lauragais (près de Toulouse) et quelques nouveautés que je vous laisse
trouver en retrouvant...si vous le souhaitez !... la crèche de l'an dernier éditée le 22 décembre 2017 !J'ajoute à ce lien le message suivant de Ghislaine qui reconstitue pour nous l'histoire de la "Crèche" et de ses "santons".....
Savez-vous comment sont nées les petites figurines que nous appelons "santons", qui veut dire "petits saints"❓
Les figurines de Jésus, Marie et Joseph, le Bœuf et l’âne, les rois mages, sont nés au XII° siècle lorsque Saint François d’assise voulut réaliser se première crèche dans son village.
Tous les autres personnages sont nés à la révolution française après 1789.
Lorsque le culte fut interdit et que les libertés furent supprimées, le petit peuple, celui qui peinait au quotidien, celui qui ne mangeait pas toujours à sa faim, s’est vu tout d’un coup privé du seul secours qu’il avait encore, c'est-à-dire la vénération du Dieu auquel il croyait.
Ce fut terrible pour eux, de ne plus pouvoir assister à un office religieux !
Alors,
vint une idée à tous ces "besogneux", inventer des petites figurines
qui représenteraient chacun dans son métier, avec ses vêtements et les instruments de son ouvrage. Au
début, pendant la terreur, les "petits saints" étaient fait de "bric et
de broc", car tout le monde n’était pas sculpteur, loin s’en faut...Pourtant cette coutume, bien implantée en Provence allait persister, et c’est Louis Laniel, marseillais, qui, en 1800 allait faire perdurer la tradition qui existe encore aujourd’hui..…
Mais savez-vous que ces petits personnages
que vous mettez dans votre "crèche" ont,
pour la plupart, un nom ❓.
Tout d’abord le mot crèche est issu du mot provençal "gruppi", lequel désigne la mangoire ou l’abreuvoir à bestiaux et, par extension, le petit édifice représentant l’étable de Bethléem.
Boufarèou est l’ange que l’on met au dessus de l’étable. Il a en principe les joues bien gonflées et très roses.
Lou pastre, vous l’aurez deviné, c’est le berger gardien du troupeau, enveloppé de sa cape de cadix roux et tenant un agneau dans ses bras.
Le ravi et la ravido, paysan ou paysanne qui lève les bras, ébahi par tout ce qu’il voit.
En Provence, le ravi est souvent apparenté au fada. C’est le simple d’esprit que l’on protégeait dans chaque village car il était entouré par les fées (fada).
Frosine la poissonnière, le fichu à fleurs croisé sur sa poitrine et qui balance à son bras une banaste ( le panier en osier).
Grasset et Grasseto, le couple de vieux, couple uni.
Mounine la danseuse.
Badi-Badaou l’homme au fanal.
Norade sur son âne porte un panier rempli de provisions.
Labouscatiero la vieille femme au fagot de brindilles perché sur sa tête.
Guillaumette, et ses poulets.
Toussel le meunier avec son sac de farine sur l’épaule.
Pimpera l’amoulaïre ( le rémouleur, aiguiseur).
Pistachier le bouffon, valet de ferme, poltron et fada avec sa lanterne à la main.
Le vannier qui tresse une corbeille.
Et LES ROIS MAGES…
Melkior, a la peau blanche avec une superbe barbe et il porte l’or.
Balthazar, lou moure (le maure) a la peau noire et il porte la myrrhe.
Gaspard, est celui qui a la peau rouge et porte l’encens.
La légende raconte que Balthazar serait venu aux Baux de Provence et par ce fait les seigneurs des Baux, Vicomtes de Marseille, Princes d’Orange,
Comtes de Provence, rois d’Arles et empereurs de Constantinople, portaient sur leurs armes l’étoile à seize rais, celle du roi mage Balthazar qui est
aussi l’étoile de Bethléem.
Et leur devise était : "A l’azar Balthazard", "au hasard Balthazar".
La
tradition raconte que ces mages venus du monde païen furent martyrisés,
le 1°, le 6 et le 11 janvier du début de l’ère chrétienne,
sainte Épiphanie étant, selon la légende, la mère des trois rois.
Les restes de ces trois rois furent pieusement ensevelis par leurs fidèles et plus tard réunis dans une même sépulture.
L’impératrice Sainte Hélène qui en fit la
découverte fit transporter ces restes à Constantinople en l’église
Sainte Sophie et dans la grotte de Bethléem elle fit élever un autel en
hommage aux saints rois.
À la demande de Saint-Eutorge, évêque de Milan les restes furent transférés en 330 dans l’église de cette ville italienne.
Prise
et ruinée en 1163 par l’empereur Frédéric Barberousse, la ville de
Milan possédait encore à cette date les restes des rois.
Ami de Barberousse, l’évêque Reinald de Russel obtint de ce dernier le transfert des restes des rois mages dans sa ville épiscopale : Cologne
C’est
ainsi qu’au XII° siècle, Cologne devint la ville des Rois et que, par
la suite, les Colonais souhaitèrent voir les reliques des saints rois
reposer dans une chasse incomparable, la "Châsse de Cologne", une
véritable merveille, qui est l’œuvre de Nicolas de Verdun et fût terminée entre 1220 et 1230.
Diamants, rubis, émeraudes et perles qui l’ornent sont au nombre de 1520 dont certains d’une taille étonnante.
Christophe Colomb, lui, avait orné le drapeau de la "Santa Maria",
de l’image des trois rois.
Je remercie Ghislaine de nous avoir permis de retrouver
ou de découvrir l'histoire de nos crèches
et de leurs santons !

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