samedi 28 mars 2009

Les Thorel et Henri II d'Orléans

J'ai récemment trouvé dans un ouvrage la mention de deux de nos ancêtres rouennais Isabeau Lambert, veuve Thorel (1605-1663/1680) et son fils Anthoine (ca1636-1666): il s'agit des funérailles de Henri II d'Orléans qui, le 11 mai 1663, eut l'excellente idée de venir mourir à Rouen, une ville restée durant plusieurs générations le fief des Thorel. Et encore aujourd'hui nous y avons des cousins qui descendent de l'oncle Marcel, l'un des frères de mon grand-père. Depuis quelque temps, j'échange avec Bertrand et Jean-Claude, petits-fils de Marcel. Ils n'habitent plus en Normandie mais y ont encore frères ou soeurs.
Ce brave Henri II venant s'éteindre à Rouen nous permet donc d'y retrouver quelques Thorel qui ont participé par leur savoir-faire à la splendeur de ses funérailles en la cathédrale. Et, cerise sur le gâteau, cela m'a permis d'affiner la date du décès d'Isabeau non encore connue. Jusqu'ici, je n'avais pour repère que la date de naissance de son dernier enfant (1639), un gain de 25 ans. C'est appréciable lorsqu'on doit doit parcourir des archives de cette époque.
Je vous fais grâce de tout le récit pour n'en retenir que ce qui nous intéresse. Si vous souhaitez en savoir plus sur l'événement, vous trouverez le lien en bas de page.....

Le dimanche 11 mai 1663, jour de la fête de la Trinité, décédait à Rouen très haut et très illustre prince Monseigneur Henri II d'Orléans, duc de Longueville et d'Estouteville, prince souverain
de Neufchatel et de Valengin, comte de Dunois et de Saint-Pol, pair de France, duc de Coulommiers, gouverneur de Picardie, puis de Normandie, chevalier des Ordres du roi.
Un des rares auteurs qui nous aient conservé quelques détails est Louis du Souillet, encore le fait-il brièvement; heureusement qu'il nous est possible de suppléer à son silence grâce au
compte du trésorier général de la maison de Longueville, Louis Le Porquier, compte dont le manuscrit est aujourd'hui conservé à laBibliothèque Mazarine.......etc.

....... Dépenses à cause de frais funéraires de Feue Son Altesse Monseigneur.......

A Isabeau Lambert, veuve de feu Jean Thorel, et à Anthoine Thorel son fils, drapier à Rouen, 1436 livres 4 s. pour les étoffes employées à draper les carrosses, les scelles des chevaux, les bâtons à porter le corps, les harnois de carrosse.....
A la dame Isabeau Thorel et son fils 650 livres pour les tentures de velours et drap noir de la salle où était exposé le corps de feu Son Altesse......
etc...etc...

Liens : http://collections.geneanet.org/livres/22802/335
(attention quand vous affichez ce lien, vous arrivez sur la page 335, le début de l'article qui nous intéresse est en page 336, la mention des Thorel en page 340)

mercredi 18 mars 2009

Les Rouliers de Campan

Aujourd'hui, on les appelle "routiers", ces hommes de la route au volant de camions au lourd tonnage. Il n'y a pas si longtemps, on parlait des camionneurs mais encore avant... il y avait les rouliers. C'était eux qui transportaient les marchandises sur une charrette , un chariot ou autre matériel roulant... Et comme aujourd'hui, on voit le long des routes des restaurants avec enseigne "les Routiers", il existait des auberges pour les rouliers.
Et le savez-vous ? des incidents, des bagarres éclataient quand deux rouliers se trouvaient face à face dans un chemin où ne pouvait passer qu'un seule charrette et que personne ne voulait céder le passage..... ça se terminait parfois à coups de manche de fouet. Bon, d'accord, plus de fouet mais !..... l'explication musclée est encore malheureusement parfois d'actualité.
J'ai entendu dire que des rouliers de Campan dans les Hautes-Pyrénées auraient transporté du marbre de Campan jusqu'à Versailles pour la construction du Petit Trianon..... ils auraient aussi transporté des matériaux pour la construction de la Basilique de Lourdes ! Confirmation m'est donnée par Jean-Michel Dulac, natif de Tarbes et qui connaît bien l'histoire de sa région.
Alors, je me suis intéressée à la destination et au mode de transport des blocs de marbre de Campan. J'y ai été aidée par le témoignage de plusieurs membres du "forum généalogique 65" auquel j'appartiens dans le cadre de mon travail sur les ascendants de Jean-Michel et à fortiori de mes petits-enfants. Quelques-uns habitent encore la région, d'autres s'en sont éloignés mais toujours avides de connaître et faire connaître l'histoire de la Bigorre. Je laisse la parole à l'un d'entre eux :
"Originaire de la vallée d'Aure, je me suis intéressé au marbre de Sarrancolin, Beyrède et Ilhet et j'ai trouvé quelques éléments concernant celui de Campan (rose ou vert) extrait de la carrière d'Espiadet, au pied du col d'Aspin. Si l'on en croit certains auteurs, huit colonnes du Grand Trianon viendraient de la vallée de Campan. D'autres assurent que l'on aurait utilisé ce marbre pour la décoration du Petit Trianon. Comment s'effectuait le transport ? L'Adour ne se prêtant pas au flottage, les blocs étaient «exportés» par voie terrestre sans doute par des rouliers jusqu'à Montréjeau via Bagnères, Cieutat, l'Escaladieu, Mauvezin, mais, très vite, la lenteur et la cherté du procédé firent rechercher une solution plus rapide et moins onéreuse. En 1629, Claude Picot, dit Lafleur, bourgeois de Bayonne et marbrier du roi, écrivait aux consuls de Sarrancolin que le marbre de Campan « devait être voituré sur des chariots ou des traîneaux depuis la carrière d'Espiadet jusqu'au port de la Hourcade, à Beyrède, rive gauche de la Neste ». Les blocs, hissés jusqu'au col de Beyrède à l'aide de chars à boeufs, étaient ensuite descendus jusqu'à la Neste d'où partaient les radeaux de transport jusqu'à Toulouse. Là, les blocs étaient embarqués sur des bateaux à fond plat jusqu'à Bordeaux, puis sur des navires qui rejoignaient Rouen par l'Océan et remontaient la Seine jusqu'à Paris. C'est aussi du marbre de Beyrède que l'architecte Garnier a utilisé pour la construction de l'Opéra. Il emprunta également cet itinéraire. Il semble cependant que voituriers ou rouliers Campanois continuèrent leurs transports par Bagnères-de-Bigorre et l'Escaladieu, Capvern et Montréjeau puisqu'en 1685, un document fait obligation aux habitants de ces villages d'entretenir les chemins pour le passage des convois transportant les blocs de marbre. Cette notification fut également adressée aux consuls de Beyrède le 3 février de la même année, prouvant ainsi l'acheminement des blocs de marbre de Campan à travers la montagne jusqu'au port de la Hourcade.Il est possible que les deux itinéraires - hypothèse tout à fait personnelle - aient été tour à tour empruntés, en fonction des saisons. On imagine mal en effet le transport de gros blocs par le col de Beyrède en période d'hiver. C'est alors sans doute que les rouliers ou voituriers de Campan effectuaient le voyage qui les menait jusqu'à Montréjeau. À la bonne saison, il est évident que le col de Beyrède devait avoir la préférence.Quoi qu'il en soit, compte tenu de leur renommée et malgré les difficultés d'acheminement, les marbres des vallées d'Aure et de Campan ont figuré ou figurent encore dans divers monuments" (André Galicia).

samedi 14 mars 2009

Coupeur d'hommes.....Brrr !

Vaste débat la semaine passée sur le forum des Hautes-Pyrénnées pour répondre à la question d'un "chercheur d'ancêtres". Il avait relevé dans un acte un homme qui faisait métier de "coupeur d'hommes" et même "Maître coupeur d'hommes" en 1734. A priori, il ne pensait pas qu'il puisse s'agir d'un chrirurgien, ce métier étant déjà bien connu et souvent cité ni même un bourreau pour les mêmes raisons. Alors un tailleur ? un coiffeur ? Quelqu'un connaît-il ce beau métier ? lançait-il sur le Forum.....
..... Première réponse d'une internaute " il doit s'agir d'un tailleur. Wikipedia (encécyclopédie du Net) fait une différence entre les deux. Le tailleur n'est pas nécessairement le coupeur: ce sont deux métiers qui peuvent être distincts. En règle générale, le patron réalisé par un(e) modéliste, est utilisé par le coupeur qui en trace les contours à la craie sur le tissu, avant de découper les pièces de tissu, qui seront ensuite assemblées par le tailleur".....
.....mais l'auteur du premier message persiste et signe. Il a trouvé d'autres traces de ce métier bizarre et inconnu : " j'ai relevé d'autres actes mentionnant Pierre Plassin, Maître coupeur d'hommes, en particulier un acte du 8 novembre 1741 par lequel un habitant de Sarsan, diocèse deTarbes en Bigorre, s'oblige à payer au Sieur Plassin, habitant d'Izaourt la somme de..... provenant de traictemans (sic), pansemans (sic) et medicamans (sic)..." Est-ce alors un guérisseur, un concurrent des chirurgiens ? et ajoute notre internaute, il achète beaucoup deterrains et semble être assez riche ! Le mystère reste entier.....
.....enfin, de nouveaux actes trouvés chez le notaire à Izaourt, concernant les frères Pierre et Gaspard Plassin "Maîtres coupeurs d'hommes" apporte la réponse..... dans un acte du 22 février 1743 : "Jean Abadie, habitant du lieu d'Avezac, a dit avoir été dans la maison de sieur Gaspard Plassin, Me coupeur d'hommes, habitant d'Izaourt, pour y faire l'opération d'une"dessante" de "Bineaux"? qui lui étaient tombées sur les parties nobles...". Par ailleurs le dictionnaire des métiers mentionne que coupeurs de chevaux est celui qui les castre. Enfin, dans le Tarn, vers cette époque, le traitement des hernies inguinales pouvait être la castration.
En conclusion, on peut donc considérer qu'au 18è siècle et avant à fortiori, un coupeur d'hommes est un chirurgien urologue très sommaire ! et dans tous les cas, ajoute notre ami généalogiste du 65, on est très heureux de voir les progrès réalisés depuis en chirurgie.

Bernard Violet... signe un nouveau livre


Bernard Violet vient de signer son tout dernier ouvrage :
Yannick Noah, le Guerrier pacifique



(Fayard, 2009)



Avant d'évoquer un brillant parcours de journaliste et d'écrivain, je prends le temps et l'espace pour vous situer le personnage dans la famille. Il nous est proche puisque frère aîné de Michel, époux de notre fille Céline, oncle de Baptiste et d'Emilie. C'est dire que nous le connaissons bien et que ses livres ont trouvé place en notre bibliothèque !

Bernard Violet est né en 1949 dans le Poitou. Il a vingt ans lorsqu’il est consacré lauréat de la Fondation Zellidja, après deux longs séjours en Inde et à l’île Maurice.....
- 1968: 2ème prix avec une étude sur le système des castes en Inde
- 1969: 3ème prix avec un essai consacré au philosophe-poète-peintre Malcolm de Chazal.
Parallèlement à ses études de lettres et de langue arabe à l’université Saint-Joseph de Beyrouth et à l’Institut français d’études arabes de Damas, il collabore à de nombreux quotidiens et périodiques français (Combat, Le Nouveau planète, Le Pèlerin, Sud-Ouest, La Quinzaine littéraire, France-Pays Arabes, Les Nouvelles littéraires, etc.). Par ailleurs, Bernard Violet produit plusieurs séries d’émissions sur France Culture consacrées, entre autres, à Malcolm de Chazal, au poète syro-libanais Adonis, et à la poésie palestinienne (Mahmoud Darwish, Samir al-Kassem, Ghassan Kanafani, etc).
Après des études de journalisme à l’université de Bordeaux, il devient en 1977 reporter statutaire à FR3 Côte d’Azur. Il y présente régulièrement le journal télévisé régional pour lequel il réalise également plusieurs centaines de reportages, ainsi qu’une cinquantaine de magazines.
En 1982, il est le coauteur d’un documentaire de 52 mn consacré aux jeunes de la banlieue niçoise et de Saint-Laurent du Var "Les Écorchés du Point du jour" (produit par Daniel Karlin et Claude Otzenberger) et diffusé sur l’antenne nationale de FR3. Un an plus tard, Bernard Violet est le seul journaliste français avec lequel l’écrivain britannique Graham Greene accepte d’apparaître à la télévision (FR3 & BBC, un entretien de 90 mn).
En 1985, il quitte la Côte d’Azur pour Paris où il devient reporter spécialisé à TF1 - où il collabore à différents services: « Enquêtes et reportages », « Culture », et « Magazines » (Infovision de Alain Denvers, Le Monde en face de Christine Ockrent).

Journaliste indépendant depuis 1988, il signe de nombreux articles dans différents journaux et magazines (L'Événement du Jeudi, le Point, le Journal du Dimanche, Paris-Match, le Canard enchaîné, VSD, France-Soir, etc).

Bernard Violet est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages parmi lesquels : Services secrets sous François Mitterrand (La Découverte, 1988), L’Affaire Ben Barka (Fayard, 1992), Cousteau, une biographie (Fayard, 1993), Le Dossier Papon (Flammarion, 1997), Vergès, le Maître de l’ombre (Seuil, 2000), Les Mystères Delon (Flammarion, 2000), La Saga Monaco (Flammarion, 2002), Johnny, le Rebelle amoureux (Fayard, 2003), L’Abbé Pierre (Fayard, 2004), Yannick Noah, le Guerrier pacifique (Fayard, 2009). Ces trois derniers portraits ont été réalisés avec la collaboration fructueuse et amicale de ses héros.

Bernard Violet a également signé quatre autres biographies « indépendantes », « libres » ou « vérité » (comme on veut, tant que l’on utilise pas la formule « non autorisée » qu’il n’apprécie guère) : Mylène Farmer (Fayard, 2004/J’ai Lu, 2006) ; PPDA (Flammarion, 2005/J’ai Lu, 2006), Depardieu, l’insoumis (Fayard, 2006), et Deneuve, l’affranchie (Flammarion, 2007), Jamel Debbouze, l’As de cœur (Fayard, 2008). Plusieurs de ses ouvrages ont fait l’objet d’une traduction en espagnol, tchèque, coréen, chinois, grec et russe.

Le "CAC 40" de nos aïeux

Dans le monde de nos ancêtres et quelque soit le milieu, on revenait toujours à la terre, seule valeur sûre et référence universelle. On le voit bien justement dans les testaments où l'on parle peu d'argent mais surtout de "toit", de terre ou des produits de la terre. Les mesures de surface reposaient sur la parcelle de terre que pouvait cultiver, labourer ou ensemencer un homme ou un animal. Le "journal" correspondait à ce qu'un homme pouvait labourer en une journée. Il variait donc forcément selon les lieux puisqu'en fonction de la nature du sol (lourd ou sablonneux, abrupt ou plat ... ), des instruments de travail (araire ou charrue) et des attelages que ces diférents sols exigeaient ou permettaient (bœufs, chevaux, mulets ... ).

Le rendement d'une journée était donc bien différent d'une région à l'autre.
Voilà évidem­ment pourquoi l'argent est devenu en argot le blé, référence symbo­lique et imagée. Le fric dut son nom au fricot, le ragoût, plat unique qu'il permettair de se payer.
De toute manière, le "bled", désignant autrefois toute céréale panifiable (blé,orge, seigle, et naturellement le froment, qui donnait le meilleur pain), était forcément une des valeurs écono~ miques de référence.

Si la Bourse avait existé
elle n'aurait eu que peu d'articles à son CAC 40
au nombre desquels le blé et le bœuf.

Une partie de la France, au sud, continua longtemps à se contenter de l'araire, dépourvue de roues. Mais plus au nord, on utilisait déjà la charrue que tirait, selon la lourdeur du sol, un attelage de bœufs, en Limousin, ou de chevaux, en Lorraine. L'animal de trait, et particulière­ment le bœuf, producteur en même temps de viande et de cuir représentait donc une richesse considérable et ne pouvait qu'être considéré comme une référence économique. Il arrivait d'ailleurs souvent que les grosses dots soient versées en bétail : un laboureur offrant ainsi volontiers à sa fille qui se mariait une "vache et son suivant" (son veau), autrement dit de quoi assurer plusieurs années de lait, et un bœuf pour l'avenir, une fois que l'affranchisseur (le castreur de bétail) aurait exercé son art.

jeudi 12 mars 2009

Une mine à "fonds ouverts".....les testaments

L'objet de ma précédente chronique était de vous présenter un testament, un de ces documents qui avec les contrats de mariage, les donations, le cadastre et plus tard les recensements, listes électorales, etc... nous en apprennent beaucoup plus sur nos familles que les seuls actes d'état-civil. J'ai choisi le deuxième testament de Jean Bolloud de Murianne qui teste en 1721 à Vizille, bourg proche de Vaulnaveys-le-Bas, fief de la famille Boulloud où Jean-Pierre compte encore de nombreux cousins familiers ou plus éloignés. C'est un exemple mais très représentatif de l'époque.
J'ai conservé l'orthographe de l'époque et les expressions dans ma transcription qui accompagne les clichés que vous pourrez lire vous-même en cliquant sur la photo.Une transcription qui page après page s'accompagne de quelques commentaires ou explications......

Page 1 :
1. Au nom de Dieu soit que le dix neuvième feuvrier
2. après midy mille sept cent vingt et un avec pardevant le notaire
3. royal au bourg de Vizille et témoins soussignés fut présent
4. Sieur Jean Bolloud Murianne Bourgeois de Vaulnaveys

Page 2 :
1. le Bas lequel degré étant Dieu grâce en parfaite
2. santé tant de sa personne que de ses sens mémoire et
3. entendement ainsi qu'il est apparu aux dits notaire et témoins
4. et néanmoins craignant d'être surpris par la mort à
5. cause de l'incertitude de son heure et voulant prévenir
6. tous procès et différents entre les siens au subjet des
7. biens qu'il a pleu à la divine Providence lui départir
8. en cette vie. Il en a disposé par les présents testaments
9. nuncupatif de la manière que s'ensuit. Premierement
10. apres s’etre muny du signe de la Ste Croix et avoir fait
11. les prieres et invocations que tout bon chretien est
12. en coutume de faire en pareille rencontre. Il a
13. choysi la sepulture de son corps dans leglise parroissiale
14. dudit Vaulnaveys en la tumbe de sesdits predecesseurs , et
15. remis ses obseques et funérailles à la discression de
16. son héritier ci-après institué espérant qu'il s'en
17. acquittera honorablement et ainsy qu'il est de coutume
18. dans la ditte parroisse pour les chefs de famille de
19. sa condition donne et legue a laditte eglise parroissiale
20. la somme de trente livres et a la chapelle des penitents
21. erigée en icelle , celle de trois livres le tout payable
22. une année apres son decedz pour etre lesdittes sommes
23. employées en ornement desdittes eglise et chapelle
24. Donne et legue aux pauvres dudit Vaulnaveys deux
25. sextiers seigle pour leur etre distribué le jour de son
26. enterrement, Donne et legue par droit d’institution
27. particuliere et hereditaire a Jean Joseph, Pierre, André
28. Justine, Magdeleine et Therese Bolloud ses enfants
29. du second lict au chacun la somme de trois centz livres
30. a eux payables lors qu’ils auront atteint l’age de
31. vingt cinq ans ou qu’ils trouveront leurs partyes en
32. mariage et jusques a ce veut qu’ils soient nourris et
33. entretenus par sondit heritier en travaillant de leur

Notes : - dans tout testament de cette époque, la référence à Dieu est très, très forte. La prière est aussi très présente avec le désir d'être enterré en l'église paroissiale. Cette dernière disposition est, en général, le signe d'une famille d'un certain rang qui pouvait bénéficier de cet avantage. Plus tard, tout le monde alla au cimetière, en général autour de l'église. Pour ce faire, il était de coutume de verser à l'église une certaine somme d'argent et aux pauvres des vivres à distribuer le jour de l'enterrement.
- Testament nuncupatif : se dit d'un testament fait à haute voix devant témoins.
- Sextier = sestier : mesure de grains.
- quand il teste Jean a huit enfants vivants issus de deux unions. En 1721, les enfants du second lit sont tous mineurs et non mariés. Il leur lègue une certaine somme qui ne sera leur que lorsqu'ils seront majeurs ou qu'ils se marieront (en quelque sorte leur dot). dans l'immédiat, ils restent à la charge de celui qui sera nommé héritier qui devra les nourrir et les entretenir mais pour lequel, en échange, ils devront travailler.

Page 3 :
1. pouvoir au proffit d’icelluy. Et a l’egard
2. de Joseph et Marguerite Bolloud
3. ses autres enfants du premier
4. lict lesquels son mariés il veut et entend quils
5. soient contents de ce qu’il leur a donné en leurs
6. contract de mariage les instituant en ce ses heritiers
7. particuliers / Donne et legue a demoyselle
8. Justine Galland sa tres chere epouze une pension
9. annuelle et viagere de cinq sextriers froment cinq
10. charges de vin huit pots huille de noix dix livres
11. beurre quarante livres fromage vingt livres sel
12. et trente livres argent ensemble son habitation
13. dans l’une des chambres de sa maison avec l’usage
14. des meubles a elle nécéssaire suivant quils seront
15. réglés par deux des plus proches parents lesquels
16. meubles après son décès seront repris par sondit
17. héritier en l'état qu'ils se trouveront. Laquelle susdite
18. pension tiendra lieu à la dite demoiselle Galland des
19. intherets de tous les droits qu'elle pourrait avoir et
20. prétendre sur les biens dudit testateur. Et finalement
21. donne et lègue à tous ses autres parents et
22. prétendants droit en son hérédité au chacun la
23. somme de cinq sols a eux payables dès qu'ils auront
24. fait apparoir de leurdits droit moyennant quoy
25. les exclud prive et dejette aussi bien que tous les
26. autres legataires sy dessus de ses autres biens au
27. residu desquels tant meubles qu'immeubles noms
28. droitz actions et pretentions au quoy que le tout
29. consiste ou puisse consister de present et a l’advenir
30. Il a fait institué et nommé de sa propre bouche
31. son héritier universel Jean Baptiste Boulloud,
32. son autre fils du premier lit par lequel il veut
33. et ordonne ses debtes et legats etre payés et auquelles
34. sans difficultés ny proces declarant que le present
35. est son dernier et valable testament qu’il veut valoir

Notes : - Deux des enfants du premier lit encore vivants sont mariés. Ils devront se contenter de ce qu'ils ont reçu à l'heure de leur mariage dans un contrat de mariage passé en bonne et due forme devant notaire. L'épouse reçoit une rente viagère sous forme de vivres plus une partie de l'habitation qu'elle partagera avec l'héritier jusqu'à sa mort.
- Il institue Jean Baptiste, autre fils du premier lit comme son héritier qui devra régler dettes et legs définis par son père. Un changement par rapport au précédent testament daté de 1716 où l'héritier était un fils du second lit. Que s'est-il passé entre ses dates. Pour l'instant mystère ! Pourquoi le plus jeune aviat-il été désigné ? pourquoi, ensuite, ce fut un aîné qui prend l'avantage ? et pourquoi ne l'avait-il pas eu au premier chef ? tout cela reste en point d'interrogation. Il y a, à l'évidence, un souci dans la famille.....
- Legs = don(s) fait(s) par le défunt et payable(s) par l'héritier.

Page 4 :
1. par droit de testament si faire se peut, sinon par
2. droit de codicille donnation a cause de mort ou de
3. toutte autre manière que mieux il pourra valloir
4. nonobstant le testament par luy cy devant fait en
5. faveur dudit Jean Joseph BOLLOUD son fils du second lit
6. receu par le notaire soubsigné le troisieme juin mil sept
7. cent seize, et tous autres testaments, codicilles donnations
8. a cause de mort et autres dispositions de derniere volonté
9. qu’il pourroit avoir cy devant faites dont il n’est
10. memoratif, le tout quoy il casse revoque et annulle
11. par le present, voulant au surplus que tous les autres
12. testaments et autres dispositions de derniere volonte qu’il
13. pourroit faire dans la suitte a la presente contraires
14. soient nulles et de nul effet et regardées comme suggerees
15. d’une volonté genée si ces mos ny sont expressement
16. rapellés Saint Jean mon patron de qui jay
17. lhonneur de porter le nom pries Dieu
18. pour moy qu’il me fasse misericorde
, priant
19. et requérant ledit testateur les temoins cy apres qu’il
20. a tous bien connus et appellés par noms et surnoms
21. de vouloir conserver mémoire de sa presente disposition
22. pour en pouvoir porter temoignage en jugement et
23. dehors quand ils en seront requis et moy notaire luy en
24. octroyer acte ce que j’ay fait, leu publié et
25. recité audit lieu de Vizille dans mon etude en
26. presence de sieur Jean Baptiste Chaullet de la
27. ville de Romans, habitant presentement en ce
28. lieu, de Pierre Pillon M° chirurgien juré
29. dudit Vizille, de Messire Etiene Pillon son fils clerc
30. tonsuré de ce dioceze, de Claue Martin a feu
31. Cosme, journallier dudit lieu, de Joseph Simonet
32. peigneur de chanvre du meme lieu, d’Etienne Finet

Note : Jean casse donc son premier testament et demande à ses témoins d'être très vigilants. Il ne devrait pas en faire d'autres et si il y en a, c'est qu'il aura été fait alors qu'il n'était plus en état de tester à moins qu'il ne soit mentionné la phrase (en gras) invoquant son saint patron! Jean est quelqu'un de prudent !

Page 6 :
1. journallier aussy du lieu et de Sr Etienne
2. Martinet marchand de Vaulnaveys temoins
3. requis lesdits Sr Chaullet, Pillon père
4. et fils et Etienne Martinet signés
5. avec le testateur non les autres pour ne scavoir
6. enquis et requis lequel testateur a declaré que la
7. valleur de son heredite compris les legats cy-dessus
8. ne peut exceder la somme de cinq livres
9. scavoir de celle qui est au-dessus de la cuisine où
10. il y a une cheminée

Notes : la fin est un peu en forme d'énigme ! Si le notaire n'a pas fait d'erreur, l'on comprend que l'héritier n'a que cinq livres pour lui une fois dispositions, dettes et legs réglés. Pourquoi cette punition ? A suivre.....

Généapassion d'hier à aujourd'hui

Le premier chapitre est commun à toutes générations ! la rencontre avec le monde des archives..... mais une fois épuisées les archives ordinaires du lieu et de l'époque... je veux dire les registres paroissiaux (avant révolution) et l'état-civil (ensuite) vous avez dressé un arbre mais il est bien sec ! connaître naissance, mariage éventuel et décès, c'est certes incontournable mais insuffisant. Que savons-nous alors de nos aïeux ? Les plus chanceux auront exhumé des tiroirs ou des cartons, documents, titres de proriétés, ou lettres religieusement transmises de génération en génération...... peut-être encore profité du travail effectué par des proches atteints, eux aussi, en leur temps par le virus. Je rends hommage dans ma famille à Jenny Rabillon, Gaston de Caqueray, Henri de Sallier Dupin, Jacques Decq ou Paul Thorel. Un travail que l'on reprend et que l'on enrichit en amont comme en aval. La généalogie d'une famille n'est jamais terminée. Cela peut paraître décourageant... pas du tout ! c'est, bien au contraire, passionnant car de nouvelles découvertes sont à tous les coins de "registres". Je veux parler, par exemple, de la richesse des testaments, des listes electorales , des recensements, etc. Evidemment, on n'y trouve pas là la réponse à toute interrogation. Si les testaments peuvent être très anciens et précieux, d'autres archives se sont crées au cours des siècles. A partir du 19è siècle, le recensement est un outil précieux permettant d'identifier les membres d'une famille. Ils m'ont bien aidée, par exemple, à reconstituer une partie de la branche maternelle et nantaise de Baptiste et Emilie. Les listes électorales apportent, elle encore, leur lot d'infos à condition d'être un homme avant 1945 ! et bien d'autres archives encore !....

D'aucuns pensent aujourd'hui qu'avec un certain nombre d'archives numérisées, tout est simple ! quelques clics encore et la famille est dans la poche..... Nenni ! la généalogie c'est encore aujourdh'ui, visionner des pages et des pages, des jours et des jours, pour arriver à trouver l'acte mal écrit ou à moitié effacé ! c'est aussi se heurter aux lacunes qui enlèvent tout espoir , passer des heures devant son ordinateur, un métier manuel en quelque sorte. Bon, alors me direz-vous, pourquoi s'entêter à remonter le temps..... tout simplement parce que la recherche de l'histoire d'une famille est passionnante. A coté de ce travail un peu obscur de déchiffrage, il y a souvent la réponse à des tas de questions laissées en suspens ou la satisfaction d'avoir réussi à découvrir des ancêtres encore plus lointains que ceux qui nous étaient familiers. C'est le bonheur !

Je souhaite évidemment partager cette passion avec le plus grand nombre. Parmi les plus jeunes, quelques-uns ont pris le bâton du pélerin tel Bertrand Thorel représentant de la branche rouennaise de cette famille ou encore Catherine Mouttou-Drouïn pour la famille Aulanier et au delà les liens vers les Noury, branche emblématique et prolifique de Châteaugiron près de Rennes.

D'aucuns pensent que le travail de recherche aujourd'hui est plus simple qu'hier. Je ne le pense pas. Il est seulement différent. Jusque dans les annéees 1960, on pouvait rechercher de l'aide auprès de l'archiviste local. Les demandes étaient peu nombreuses. La société évoluant, le désir est venu à beaucoup de retrouver leurs origines. Les archivistes ne répondent plus aux demandes que de façon très restrictive. Se déplacer vers le lieu de recherche reste toujours un moyen pratiqué profitant de vacances, par exemple. L'informatique et petit à petit la numérisation des archives, leur mise en ligne (encore bien incomplète) a, évidemment modifié la donne ! mais une recherche serait restée bien difficile sans le mouvement d'entraide qui s'est alors développé avec des bénévoles enthousiastes ne ménageant ni leur temps, ni leur peine. Certains deviendront des amis. C'est ainsi que j'entretiens des relations amicales avec l'Isère (Boulloud), les Hautes-Pyrénnées (Dulac), la Normandie (Thorel) ou encore le Vaucluse (Rabillon). Une liste non exhaustive. Au gré des échanges, il arrive aussi que vous y retrouviez des cousins ignorés jusque-là ou seulement perdus de vue.
Ombre au tableau..... se sont installées parallèlement sur le Net des officines commerciales à fuir absolument. De petits malins collectent, par exemple, les faire-part de décès, une mine d'infos au 19è et début 20è siècle. Ce n'est qu'une des dérives observées. Il faut savoir "raison garder", privilégier les échanges en famille ou avec les "Entraides", se servir si elles existent des Archives "en ligne", toujours vérifier ses sources car il arrive que certains assoiffés d'aïeux construisent leur arbre en "piquant" à droite et à gauche sans aucun complexe.
Et si la méthode a parfois changé
Rigueur et authentification reste les clés du travail
bien fait aujourd'hui comme celui d'hier.