![]() |
| Marie Decq |
"Je me donne à vous, Ô Seigneur,
Avec mon amour le plus tendre
Fermez votre coeur sur mon coeur
Pour ne plus pouvoir le reprendre... ! "(Caudéran, 5 juin 1892).
Texte prophétique puisque Charles, quelques années plus tard, choisira la vie religieuse.
L'année précédente, elle lui avait déjà envoyé un pieux poème pour sa Première Communion (24 mai 1891).
Charles fit ses études secondaires au Collège Saint-Martin à Rennes (1890-1896). Nous ignorons où il a suivi les petites classes. Au terme de sa scolarité à Saint-Martin, il entre au Juvénat de Kerlois ** en Morbihan (1896-1899).
En 1898, Charles écrit à sa soeur Caroline pour la naissance de son fils Yves (mon père). Il a hâte de l'embrasser mais devra, pour cela, attendre des vacances. Aussi, il demande à sa soeur de donner de temps en temps et de sa part un petit baiser au "gros Yves" et il ne l'oublie pas dans ses prières.
J'ai pu joindre le Canada qui m'a mis sur la piste d'un livre dédié aux prêtres et religieux partis en mission. Il s'agit du livre de A. Cleophas Morin /prêtre qui s'intitule "Dans la maison du Père" et qui traite de la nécrologie sacerdotale du diocèse de Rimouski pour la période 1867-1967. A la page 201, l'ouvrage cite Charles Decq.....
Né le 20 décembre 1880 à Rennes, en France, de Benoît Decq et Marie de Caqueray. Il fit ses études au Collège Saint-Martin à Rennes (1890-1896) puis au juvénat de Kerlois (1896-1898) et enfin ses études philosophiques toujours à Kerlois en 1899 où il est entré chez les Eudistes en 1898. Il serait arrivé au Canada en 1900, il a alors vingt ans. Un départ sans doute lié aux mesures anti- congrégationnistess religieuses de l'époque. Il fait alors sa théologie au Séminaire du Sacré-Coeur de Marie à Halifax (province de la Nouvelle-Écosse). Il est incorporé à la Congrégation, à Halifax, le 8 février 1902 et ordonné prêtre le 6 juin 1903 au Séminaire du Sacré Coeur d'Halifax.
![]() |
| Eudistes posant devant le premier collège |
Lors du décès de son père en 1912, Charles est donc toujours à Halifax.
Puis il sera aumônier de Sainte-Domitille du Bon Pas à Laval des Rapides (province du Québec) de 1915 à 1918.
De 1919 à 1922, on le retrouve au Collège de Sainte-Anne de la Pointe de l'Eglise, à la Rivière Pentecôte en 1924 et à Godbout (Province du Québec) de 1925 à 1926.
En 1929, au moment du décès de sa mère, Charles est au Hâvre Saint-Pierre (Province du Québec) où il restera jusqu'en 1934.
Puis on le trouve vicaire à Caraquet en 1935, chapelain à l'hôpital de Chandler en Gaspésie de 1936 à 1939.
De 1939 à 1950 Charles est à la Pointe aux Pères (Province du Québec) et de 1950 à 1952 à la Maison des missionnaires Eudistes à Laval des Rapides, sans doute une maison de retraite pour les religieux. Charles a alors 72 ans.
C'est alors qu'il revint en France .....
Avant de le voir, je connaîtrais Oncle Charles par les colis qu'il enverra à Rennes après la Libération. Ce sera, en particulier pour moi, le souvenir de blocs de bonbons qu'il fallait casser avec un marteau pour en extraire de menus morceaux. Peut-être "cet oncle sucré" envoyait-il d'autres sortes de gâteries à ceux qui avaient souffert des privations durant quatre longues années mais la petite fille que j'étais alors n'a retenu que le bonbon !....
Lors de son retour en Métropole, nous vîmes souvent oncle Charles à la table familiale, rue de la Monnaie à Rennes. C'était un homme bon et affable. Il me semble qu'il était alors résidant au Collège Saint-Martin de Rennes. Puis ce fut la maison de retraite de Plancoët et on ne le vit plus que rarement. Sans doute les déplacements ne lui étaient guère faciles. Je ne me souviens pas, par ailleurs, avoir été le visiter à cet endroit où il décède le 17 janvier 1960.***
![]() |
| Maison de retraite de Plancoët |
* Marie Decq, religieuse du Sacré-Coeur à Bonchuch (Isle de Wignt, 1839-1932)
** Note sur Kerlois : Kerlois a été contruit par la famille du Pou. La propriété appartient ensuite à plusieurs propriétaires jusqu'en 1875. C 'est alors que le père Jollivert, appartenant à la congrégation des pères Eudistes achète Kerlois.Les pères eudistes entreprennent d'y construire un séminaire pour former des prêtres. Mais à cause des lois anticongréganistes (contre les congrégations), les pères ont l'obligation de quitter Kerlois en 1905. C'est, en partie, ce qui explique, le nombre d'Eudistes envoyés au Canada, dont Charles Decq, en ce début du 20è siècle. Situation inconfortable des religieux en France et besoin de religieux missionnaires sur des contrées encore peu civilisées.
*** Oncle Charles était le frère de ma grand-mère Caroline Decq qui épouse en 1896 Vital Rabillon et de Laure Decq dont j'ai évoqué le parcours dans un précédent article.






























