L'histoire de cet aïeul est étonnante et je vous invite à en relire la première partie éditée dans ce blog le 28 janvier 2008 sous le libellé "Généalogie Famille Rabillon-Debout). En effet, la vie d'Etienne Vital peut se résumer à trois tranches de vie toutes aussi passionnantes et touchantes les unes que les autres : 1769-1787.....1787-1796 et enfin 1797-1840.
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| Extrait de la Base Léonore (cliquez sur la photo) |
"Je suis entré dans la carrière de l'instruction, le vingt Prairial an quatre ( 8 juin 1796), jour où je fus nommé professeur d'histoire à l'Ecole Centrale du département d'Ille et Vilaine, par le jury central d'instruction, et ma nomination fut confirmée par les administrateurs du département, le trois messidor suivant (21 juin de la même année).
J'ai exercé en cette qualité jusqu'à l'établissement des Lycées, et je fus placé dans celui de Rennes, comme Professeur des 1ère et 2de de latin, par arrêté du premier Consul, en date du 7 thermidor an II (26 juillet 1803). Lors de la réorganisation des Lycées, je fus confirmé dans ma place, sous le titre des 2de d'humanités, par arrêté du 14 décembre 1809.
Le 20 juillet 1809, je fus nommé Professeur de Littérature Grecque et Secrétaire de la Faculté des Lettres de l'Académie de Rennes
Le 24 septembre 1812, je fus nommé Professeur de Rhétorique au Lycée de la m^me ville.
Enfin le 9 mai 1821, le Ministre Secrétaire d'Etat, président du Conseil Royal de l'instruction publique, m'a nommé Inspecteur de la même Académie et c'est de cette place que j'exerce maintenant les fonctions.
Il résulte de cet exposé, fait d'après les pièces officielles que j'ai sous les yeux, et que je puis produire au besoin, que depuis le 8 juin 1796 jusqu'à ce jour, j'ai exercé sans interruption, comme membre de l'instruction publique.
J'ajouterai que je suis pourvu de deux diplômes, l'un de licencié ès Lettres, en date du 31 octobre 1809, et l'autre de Docteur ès Lettres en date du 14 août 1810."
Fait à Rennes le 21 août 1821.
Signé Rabillon, Inspecteur de l'académie de Rennes, membre de la Légion d'honneur.
Certifié véritable par le recteur de l'académie à Rennes, le 21 août 1821.
Bonus : En 1821 (il a 52 ans), le professorat pesait lourdement sur sa santé et il désirait occuper une place moins fatigante. Il s'en ouvrit à son oncle par alliance, Gabriel Noury, lequel à cette époque était vraisemblablement en fonction au Ministère comme Secrétaire d'Etat. Son souhait, comme en témoigne sa lettre à Gabriel Noury (cf. ouvrage d'Henri de Sallier, page 22-23), est d'obtenir une place d'Inspecteur d'académie. Le zèle de Gabriel Noury auprès du Ministre Corbière (un proche aussi puisqu'oncle par alliance de Felix Martin-Feuillée qui épousa Zoë Noury et devint garde des Sceaux) fut tel que celui-ci offrit à Vital plus qu'il ne lui était permis d'espérer. D'après Jenny Rabillon (soeur de mon grand-père), le ministre proposait à Etienne Vital la place de Recteur à Grenoble, ville où venait de se produire des troubles. Après avoir remercié son oncle, il refusera cette proposition "...Je suis entièrement étranger à la science de l'administration et ma santé est en ce moment tout à fait délabrée. Comment puis-je espérer alors faire quelque bien en me chargeant dans une circonstance critique de fonctions dont j'ignore la nature et l'étendue et cela dans une ville où tout est fermentation.?...où j'aurais peut-être pour ennemi secret chaque personne avec qui j'aurais affaire, où mon ignorance m'exposerait à une multitude de faux pas qui pourraient avoir pour moi et pour l'éducation de la jeunesse les suites les plus fâcheuses et où des douleurs habituelles m'empêcheraient de me livrer aux occupations de ma place avec cette attention soutenue qui, seule, peut les rendre utiles..." et Vital poursuit en plaidant pour ce poste d'inspecteur dans l'Académie de Rennes où il est favorablement connu et où il pense être utile. Il ajoute "qu'à ce poste il pourrait alors s'instruire de tous les détails de l'administration académique et que, dans ces conditions et plus tard, il pourrait alors accepter des fonctions plus élevées comme celle que "Son Excellence" lui offre aujourd'hui."
Sur ces entrefaites, le 2 mai 1821, Vital reçut la Croix de la Légion d'honneur et le 5 mai, l'Académie de Rennes comptait un troisième inspecteur, Etienne Vital Rabillon. .
A l'époque la place d'inspecteur était beaucoup plus importante qu'aujourd'hui où chaque département a un inspecteur. Il devait inspecter toute la province de Bretagne et s'occuper de tous les lycées d'enseignement secondaire. Il n'y avait alors de des lycées d'Etat à l'exception du collège Stanislas à Paris et de celui de Pontlevoy dans le Loir-et-Cher parfois évoqué dans ce blog à propos de la branche Rabillon du Loir-et-Cher.
Il occupera ce poste jusqu'en 1840, date à laquelle, toujours pour des raisons de santé, il demandera sa mise à la retraite.
En septembre 1828, un professeur qui avait rédigé une grammaire grecque était heureux d'entrer en relation avec un helléniste aussi distingué que l'était Etienne Vital. Il lui demanda sa protection pour que cette grammaire devienne classique dans l'enseignement. Vital possédait toute la littérature grecque et latine, savait les Livres Saints par coeur, comprenait les langues italienne et espagnole (il avait fait une grammaire espagnole). Il savait un peu d'anglais et était très érudit en Histoire.
Je possède une traduction Hérïcomique des deux premiers livre de l'Enéide par un certain J.F Lagogué, ancien élève de l'Ecole Normale, Répétiteur d'Humanités, etc. qui dédicacera ce livre à Ernest alors enfant en hommage à l'enseignement de son père, Etienne Vital.
* Cette banque de données donne accès aux dossiers nominatifs des personnes nommées ou promues dans l'Ordre de la Légion d'honneur depuis 1802 et décédées avant 1977.




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