Alors, il me fallait redonner au 8 mai la place qui lui revient dans la mémoire familiale par le biais des archives familiales et que je n'aurai su lui donner avec les seuls souvenirs d'une enfant de 7 ans.
Ce que j'ai compris aujourd'hui (enfin un peu avant tout de même !) c'est que ce 8 mai fut pour beaucoup de nos aînés le chemin de la liberté ou même de la liberté tout court et..... ce n'est pas rien ! Je n'en citerai que quelques-uns, les plus proches..... d'autres ne sont pas revenus.....
Ils sont souffert ... Ne les oublions pas !
Geo
rges Boulloud, frère aîné de Jean-Pierre qui nous a quitté en novembre dernier rencontre sa femme en 1942. Cette même année, la Kommandantur d'Enghien recherche les jeunes gens en âge de partir au S.T.O (Service du travail obligatoire). Emile, mon beau-père, cadre dans une société de forages miniers a des relations avec les sociétés minières. Georges part travailler au fond d'une mine de charbon près de Saint-Etienne. Mariage en 1943 et trois jours après le mariage...la mine! Claude le rejoint durant les vacances et se souvient du petit hôtel où ils se retrouvaient: l'hôtel Chirac! Les choses devinrent plus difficiles quand l'hôtel fut réquisitionné par les Allemands.Quand Claude fut enceinte (Jean-Claude naîtra en juillet 1944), Georges voulut rejoindre sa femme. Mais comment faire quand les Allemands interrogeaient Claude. Où est votre mari? Alors le directeur de la sucrerie voisine embaucha Georges justifiant ainsi sa présence. Il y remplit diverses tâches avant de pouvoir enfin vivre au grand jour.
Geo
rges Boulloud, frère aîné de Jean-Pierre qui nous a quitté en novembre dernier rencontre sa femme en 1942. Cette même année, la Kommandantur d'Enghien recherche les jeunes gens en âge de partir au S.T.O (Service du travail obligatoire). Emile, mon beau-père, cadre dans une société de forages miniers a des relations avec les sociétés minières. Georges part travailler au fond d'une mine de charbon près de Saint-Etienne. Mariage en 1943 et trois jours après le mariage...la mine! Claude le rejoint durant les vacances et se souvient du petit hôtel où ils se retrouvaient: l'hôtel Chirac! Les choses devinrent plus difficiles quand l'hôtel fut réquisitionné par les Allemands.Quand Claude fut enceinte (Jean-Claude naîtra en juillet 1944), Georges voulut rejoindre sa femme. Mais comment faire quand les Allemands interrogeaient Claude. Où est votre mari? Alors le directeur de la sucrerie voisine embaucha Georges justifiant ainsi sa présence. Il y remplit diverses tâches avant de pouvoir enfin vivre au grand jour. Michel Thorel, oncle Michel, le petit frère de maman..... En décembre 40, sa famille sait qu'
il est prisonnier dans un camp à Saint-Brieuc. En 1941, interné au stalag XVIIB à Gneixendorf (près de Wiesbaden) avant d'être envoyé dans une ferme pour y travailler comme prisonnier. A partir d'octobre 41, il travaille chez un tonnelier, un travail qui lui plaît davantage que l'agriculture. Les années passent, en mars 43, Michel toujours prisonnier apprend le décès de Madeleine, sa maman. Immense douleur qu'il partage de loin avec frères et soeurs. Il apprend encore le terrible bombardement de Rennes et veut espérer qu'il n'est rien arrivé à Geneviève et à sa famille. Ce n'est qu'en décembre 1944, quatre mois après leur libération qu'il sera rassuré sur le sort des Rennais. Par contre le danger aérien devient de plus en plus menaçant pour lui mais "il prend des précautions. J'ai confiance au Bon Dieu et je mets mon espoir en lui seul". Michel rentre à Paris dans la nuit du 15 au 16 Avril 1945. Il se rend chez sa soeur Anne-Marie qui l'hébergera jusqu'à son retour au noviciat d'Athis Mons un peu plus tard. Auparavant, il a maintes démarches à faire et il faut songer à troquer sa tenue militaire pour un habit civil. Le jour du 8 mai 1945, il écoute à la Radio le discours du Général de Gaulle et l'hymne national. Puis le lendemain, il entend le Te Deum de la Victoire à Notre-Dame, le Regina Coeli et pour terminer l'hymne national. Michel est heureux d'entendre à nouveau de beaux chants dont il a été privé si longtemps.
les siens qui se préparent à le serrer dans leurs bras et faire connaissance de son petit François, né en 1941. Des inquiétudes pour ce petit bonhomme dont l'état de santé est préoccupant. Joie du retour mais peine de laisser derrière lui la maman de François, décédée et de ne plus retrouver sa mère, Madeleine (+ janv. 43) ainsi que la maison de Courbevoie où, tous ensemble, ils ont laissé tant de souvenirs. Geneviève ajoute qu'il trouvera une famille aggrandie, des neveux, des nièces qui "attendent avec impatience ce nouveau petit cousin" et elle ajoute "Tu es paré de tout le charme que représente l'inconnu du pays où tu as vécu". Et c'est vrai que du charme, il en eut cet oncle qui, plusieurs années durant partagera nos vacances enfantines et nos jeux sur la plage. Nous l'adorions ! Il rencontra un peu plus tard Edith et ils nous offrirons alors quatre ravissantes petites cousines. Bernard Thorel, frère des précédents.... En 1939, c'est à son tour d'être mobilisé et envoyé sur le Front mais son moral est excellent. Et ce n'est qu'en 1941 que la famille connaîtra les circonstances tragiques au cours desquelles Bernard fut fait prisonnier le 21/06/1940 sur la ligne des Vosges. En août 42, un prisonnier qui était dans le même camp que Bernard et qui a été libéré, donne de ses nouvelles à sa mère... "La santé et le moral sont bons mais il faut pour cela la grâce du Bon Dieu car leur vie est bien dure. Envoyez-lui des colis car la nourriture est insuffisante." Ses coordonnées Lieutenant B. Thorel, n°3779, camp Kriegsgef, Offizierlager VI A à Soest (Westphalie). Il y apprendra la venue au monde d'un nouveau neveu, un petit Michel au foyer de Geneviève et d'Yves à Rennes. Arrive avril 1945, Bernard écrit "enfin libre! enfin retrouvées des conditions d'existence moins anormales!" Il est toujours à Soest car il a choisi d'y rester en arrière-garde au lieu de rentrer de suite à Paris. Il reste pour assurer la vie religieuse de milliers de français et de françaises dispersés dans la région et qui, dès leur libération, ont commençé à se regrouper autour d'eux. Soest est devenu un point de départ et de mise en route pour la France. Bernard espère tout de même être à Paris vers la mi-mai. Bernard rentrera en France le 13 mai 1945 dans la nuit. A l'inverse de son frère Michel, il est moralement moins atteint mais davantage physiquement. Peu importe, il est libre !
D'autres ne sont pas rentrés.... et n'auront pas goûté cette liberté commémorée le 8 mai mais à laquelle ils ont contribué par leur sacrifice.
Ne les oublions pas !
Georges de Chappotin (lien collatéral par les Noury), Capitaine au long cours, son bateau avait été immobilisé en Afrique du Nord par le débarquement allié de novembre 1942. Il perdra la vie sur son navire dans les combats liés à ce débarquement à Casablanca.
Quelques semaines avant la disparition de son père Jean-Claude de Chappotin sera arrêté par les nazis et déporté en Allemagne pour avoir fait passer la frontière espagnole, à travers la montagne, à nombre de personnes. Il avait dix-huit ans.
Hippolyte d'Estibayre, parent de la Jean-Michel Dulac, époux de notre fille Christel, trouva la mort le 19/12/1944 dans l'Est de la France au "Col du Bonhomme".
Roger Laurance (petit-fils d'une soeur de mon arrière-grand-mère maternelle née Bressel). Décédé en mars 1945 au camp de concentration de Buchenwald des suites de la dysenterie ou de mauvais traitements subis par les Nazis à l'heure de l'avancée des Alliés.
Georges de Chappotin (lien collatéral par les Noury), Capitaine au long cours, son bateau avait été immobilisé en Afrique du Nord par le débarquement allié de novembre 1942. Il perdra la vie sur son navire dans les combats liés à ce débarquement à Casablanca.
Quelques semaines avant la disparition de son père Jean-Claude de Chappotin sera arrêté par les nazis et déporté en Allemagne pour avoir fait passer la frontière espagnole, à travers la montagne, à nombre de personnes. Il avait dix-huit ans.
Hippolyte d'Estibayre, parent de la Jean-Michel Dulac, époux de notre fille Christel, trouva la mort le 19/12/1944 dans l'Est de la France au "Col du Bonhomme".
Roger Laurance (petit-fils d'une soeur de mon arrière-grand-mère maternelle née Bressel). Décédé en mars 1945 au camp de concentration de Buchenwald des suites de la dysenterie ou de mauvais traitements subis par les Nazis à l'heure de l'avancée des Alliés.






