lundi 22 septembre 2008

de Vaulnaveys en Argentine et...retour

Voici l'histoire d'une vie peu banale, celle de Camille Alphonse Boulloud appelé familèrement Alphonse par les siens. Alphonse est un cousin du grand-père de Jean-Pierre, de sa cousine Jeannette et de ses cousins Claude et Georges Ferrand. Il est né en 1873 à Vaulnaveys-le-Haut (Isère). Après son bachot en 1891, Alphonse effectue son service militaire dans les chasseurs alpins. Son service terminé, deux situations lui sont proposées : l'une comme employé dans une maison de tissus 1/2 gros, l'autre dans une chemiserie à Grenoble. On lui conseille un apprentissage de quelques mois au Bon Marché à Paris. Alphonse a une soeur mariée à Pierre Auguste Thibaud, hôtelier du Grand Hôtel à Grenoble. A Uriage, tout près de Vaulnaveys, il y a aussi l'Hôtel de l'Europe tenu par la famille Thibaud. Tout le monde se connaît ! un client de l'Hôtel offre à Alphonse de le prendre au pair dans sa maison d'exportation à Paris. Il y reste 6 ans (1894-1900). Suite à de mauvaises affaires, la maison ferme ses portes et oblige Alphonse à chercher ailleurs. Après une rapide étude des connaissances et méthodes commerciales qu'il a acquises, il constitue un groupe de représentation : parfums, plumes d'autruches. Sa sœur lui avance les frais du voyage et en 1901, sans y connaître personne, il part pour Buenos-Aires ..... conquérir le monde ! Le premier contact n'est pas trop encourageant « Ah! mon jeune ami, vous arrivez de France? par quel bateau? quand repart-il? Un bon conseil, reprenez-le. Il n'y a plus rien à faire dans ce pays. » Il en faut plus pour décourager Alphonse qui reste..... il a la chance de connaître, par la famille française qui le loge, un fervent de chasse comme lui. Invité à chasser dans la pampa, Alphonse fait la conquête du père mais aussi de sa fille, Rosita qu'il épousera à Buenos-Aires en 1905, au grand effroi d'Eugénie Boulloud qui se demande comment son fils peut épouser une "Américaine" !!!
En France, on attend les jeunes mariés. Les malles de Rosita arrivent ..... que contiennent-elles ?" ... les chapeaux de Rosita, des capelines de paille d'Italie couvertes de fleurs ou de cerises, des toques garnies de plumes d'autruche ou d'oiseaux du paradis, la mode de 1905 ! le jeune ménage est là : la voix chantante de Rosita, son rire. "Elle a du beaucoup plaire à son beau-père, à sa belle-mère ? je me le demande... "me confie son arrière petite fille Géraldine. C'était une femme très bonne mais très austère. Le séjour en France des jeunes mariés sera écourté par un télégramme. Un vol a été commis par son employé, Alphonse doit revenir au plus vite à Buenos Aires ! mais ensuite la famille revient régulièrement en France traversant l'Atlantique comme on prend le RER aujourd'hui ! Les affaires d'Alphonse marchent bien outre-Atlantique. En France, sans doute pour ses compétences commerciales, on lui confie la gestion de l'hôtel de l'Europe depuis Buenos Aires. Géraldine raconte : " Il n’y eut pas à l’hôtel à cette époque un tapis, une poignée de porte qui n’ait été acheté sans l’aval de l’Argentine. Il fallait envoyer un échantillon et c’était oui ou non, tout ça avec le courrier par bateau qui mettait plus d’un mois à l’aller et autant au retour ". En 1914, Alphonse échappe à la mobilisation maintenu à Buenos-Aires par le Consulat. En 1921, la famille rentre en France, s'installe à Paris, avenue Raymond Poincaré. Et grâce à Rosita qui "notait tout", nous assistons au ballet d'Alphonse , de Rosita et de leurs quatre filles : cures à Vittel ou Evian, voyages en Hollande, Allemagne, Italie, Suisse, de nouveau Argentine en 1937, séjours à Cannes, La Baule, Le Touquet, séjour bien évidemment dans le très recherché Hôtel de l'Europe à Uriage. Ils étaient chez eux..... tout le le bâtiment central coté sud était réservé à la famille, Alphonse et les siens avaient le 3è étage. Les clients avaient la partie au Nord (fraîche l'été). Bref la vie d'une famille aisée de la Belle Epoque et qui se poursuivra après le décès en 1940 d'Alphonse. Alphonse avait bien réussi son pari en prenant la route de l'Argentine.
L'an passé, je n'aurai pu conter l'histoire d'Alphonse. Je connaissais si peu de choses de lui ! J'avais seulement, il y a quelques années, appris par Pierre Ferrand, neveu de Jean-Pierre que des liens existaient entre les Boulloud de Vaulnaveys et la famille Thibaud d'Uriage,liens confirmés par des relevés que j'avais fait au cimetière mais cela ne suffisait pas. Ce neveu avait croisé sur sa route Cyril Thibaud. En parlant, ils s'étaient rendus compte que leurs familles venaient toutes deux de Vaulnaveys. J'ai pu retrouver Cyril qui me mit en relation avec sa soeur Géraldine, passionnée de généalogie. Elle m'a alors confié les souvenirs de son arrière grand-mère Rosita et de sa grand-mère Yvonne Boulloud-Thibaud.
L'Hôtel de L'Europe, au centre de l'histoire, fut vendu en appartements comme tous les autres en 1973 à une époque où le thermalisme n'avait plus la cote. Cité morte dans les années 70-80, Uriage a retrouvé aujourd'hui le visage souriant d'une petite ville d'eaux avec de beaux Thermes et une hôtellerie rénovée. Cela fait plaisir !
Sous l'occupation, les Thibaud cachèrent ou firent travailler des juifs même lorsque les allemands prenant la succession des italiens vinrent occuper l'hôtel. En juillet 1944, l'hôtel fut au centre d'un accrochage entre Milice et FFI. L'impact d'une balle est restée dans une verrière du hall. C'est durant cet été là que Madame de Saint-Exupéry, présente dans l'hôtel, recevra le courrier lui annonçant la disparition de son fils. Puis ce furent les américains, le jazz, les blues grâce à la collection de disques d'un client, le Prince Ruspoli. En 1947, pendant le tournage à Vizille du film de Jean Cocteau "L'Aigle à deux têtes" avec Jean Marais et Edwige Feuillère, toute l'équipe du fim logeait à l'Hôtel. Enfin, en 1973, à l'hôtel a été tourné la "Chair de l'orchidée" avec Charlotte Rampling et Bruno Kremer. Dernier acte de l'Histoire.... de l'Hôtel de L'Europe à Uriage !

Joseph Decq..... toujours plus !

Ici encore, il n'est pas inutile que vous fassiez un petit retour en arrière sur les messages libellés "Généalogie Famille Decq" (colonne de droite sous les "archives de Blog").
Suite à différents contacts et courriers, j'ai reçu fin août deux diapositives des archives de Rennes. Développées, elles m'ont effectivement dévoilé une partie de la carrière du grand oncle. Sur la première, au coté de l'état-civil et du signalement, il est dit que Bonaventure Joseph est entré en service au 2è dépôt des équipages de la Flotte comme engagé volontaire pour 3 ans le 01/04/1897 à Brest. Apprenti marin, élève de la Marine Marchande, il est inscrit au quartier de Dunkerque le 20/04/1899 puis passe au quartier de Saint-Malo le 27/10/1904.

La seconde diapo nous révèle tous ses embarquements de 1904 à 1917. C'est là que nous touchons la fin de l'énigme ! Rappelez-vous, nous savions qu'il avait été médaillé en 1906 pour un acte de courage, celui d'avoir participé au sauvetage des passagers d'un bateau en perdition au large du Brésil. La mention de cette médaille venait des travaux de Henri de Sallier Dupin mais il ne disait rien de plus ! J'ai voulu en savoir davantage..... Quel était le navire accidenté, quel était le navire sur lequel Bonaventure était embarqué ? Grâce au Cdt Pierre Cole, secrétaire de l'association des capitaines au long cours, la mention de ce naufrage a été trouvée (cf. message du 27/05/2008). Il s'agissait d'un vapeur "La France". Il me donnait en même temps la relation de l'accident en Portugais !!! un cousin retrouvé Louis de Cacqueray Saint-Quentin eu la gentillesse de le traduire sur le blog à travers les commentaires. Je cherchais toujours le navire "sauveur". C'est cette diapositive qui m'a donné la bonne clé. Le planning des embarquements indique que Bonaventure Joseph était en service sur le vapeur "France" de juillet 1905 à juillet 1906 en tant que lieutenant. Par conséquent, pas d'autre bateau à identifier, c'était le vapeur sur lequel il naviguait qui se trouvait en perdition. Je demande tout de même confirmation au professionnel qu'est le Cdt Cole. Ce qui est certain et qui a motivé la médaille c'est que notre grand oncle eut à conduire une opération de sauvetage dans des conditions difficiles puisque la remise de médaille s'accompagnait du commentaire suivant "pour avoir fait preuve de dévouement en participant, en canot, à une longue et périlleuse expédition, afin d'assurer du secours à l'équipage et aux passagers du paquebot "France" échoué sur la côte de l'île St-Sébastien au Brésil en Février et mars 1906" .
Enfin, sur les diapos, il ya d'autres indications intéressant la suite de sa carrière et qui nécessiteront d'autres courriers, d'autres contacts en particulier vers Dunkerque (avant 1904) ou Casablanca (après 1917).


Alors à bientôt sur les pas de Bonaventure Joseph !

Les parisiennes de Kiraz (suite et fin)

Je vous invite à relire le message du 12 mai 2008 que vous retrouverez facilement dans les libellés (colonne de droite, série "A l'affiche 2008").

Ce jour-là je vous invitais si vous veniez à Paris ou si vous y habitiez à venir découvrir l'esposition Kiraz et se célèbres "Parisiennes". Qui ne les a croisées au détour d'une page magazine ? Le croirez-vous, les mois ont passé et je n'ai pu moi-même la visiter que jeudi dernier, deux jours avant la fermeture !
Je n'ai pas été déçue, les "Parisiennes" n'ont pas pris une ride, toujours aussi belles, toujours aussi drôles. Des dialogues décapants, des dessins bien mis en valeur et des salles "relookées" pour la circonstance. Bref, un beau travail d'équipe mis en lumière par la vidéo de Sylvie Boulloud. J'ai passé un super moment et, cerise sur le gâteau, j'y ai croisé Sylvie. Cà, vraiment, je ne m'y attendais pas même si ce n'est pas si surprenant puisqu'elle est partie prenante de cette réalisation.
Ce n'est pas tout, "L'occasion fait le larron" dit-on..... j'ai découvert en même temps le musée Carnavalet qui abritait l'expo Kiraz en temps qu'expo temporaire.
En plein cœur du Marais, non loin de la place des Vosges, le musée Carnavalet abrite la mémoire de Paris. Logé dans deux magnifiques hôtels particuliers, il présente des collections d’une grande diversité . Innombrables tableaux évoquant des scènes de la vie parisienne ou portraits d'hommes célèbres de la "Belle époque", témoignages de la vie quotidienne comme la chambre de Proust (photo) ou la reconstitution d'un salon particulier du "Café de Paris" style art nouveau, de boudoirs style Louis XV et Louis XVI. Et je n'ai pas tout vu ! en plus les salles de ces hôtels sont magnifiques. L'un d'entre eux a eu pour locataire Madame de Sévigné, pas moins !

dimanche 21 septembre 2008

Carnet de Blog

Nouveaux blogs à ouvrir :

Un peu avant l'été Michel Rabillon, mon frère, a créé son blog "Barnolli niouze" où il nous parle de la maison qu'ils ont quitté en Ile de France (Essonne), celle où ils ont désormais choisi de vivre à Dinard dans les Côtes d'Armor.....Très vite après, Oscar leur petit-fils est arrivé.Vous retrouverez ce petit bonhomme dans un "babyblog "créé à son intention par Morgane, l'heureuse maman et qu'elle a baptisé "La p'tite vie d'Oscar".

Je vous invite donc à découvrir ces deux nouvelles adresses que je mets dans mes liens (colonne de droite après les archives de blog et les libellés) :
- le blog de Michel "barnolli niouze"...... http://barnolli.blogspot.com/
- le blog d'Oscar "La ptite vie d'Oscar"..... http://oscarpymorgane.spaces.live.com/

A propos des Journées du patrimoine (suite)

Cette fois, je vous emmène dans le Morbihan. Cela ne vous étonnera pas ! L'histoire a déjà un an mais elle n'a pas pris de rides ! Le 2 août 2007, un Britannique en vacances à Saint-Pierre-Quiberon ne pensait pas "trouver autre chose que de belles coquilles Saint-Jacques" même s'il est passionné d'archéologie. Il a découvert un ensemble "exceptionnel", selon les scientifiques, de deux paires de haches en pierres polies couleur vert d'eau (jadéitite), datant du début du Ve millénaire avant JC. Rapidement alerté, le musée de préhistoire de Carnac a demandé à une équipe d'archéologues et de géologues de mener l'enquête sur le lieu de la découverte, accessible seulement à basse mer lors des grandes marées. Les résultats de leurs investigations, menées pendant un an, ont montré qu'il y a 6.500 ans, alors que le rivage devait être éloigné d'environ 500 m, les haches ont été enfouies au pied d'un affleurement rocheux. Une quarantaine de menhirs alignés et mesurant jusqu'à 1,50 m ont également été découverts à cet endroit. Les haches retrouvées servaient très probablement à tailler ces menhirs aujourd'hui sous les eaux."Aucun ensemble de cette importance n'a été trouvé dans la région depuis le XIXe siècle" ce qui en fait une "découverte exceptionnelle", selon la direction du musée de préhistoire de Carnac.

Cette histoire est intéressante à double titre, la découverte en elle-même qui nous ramène 7000 ans en arrière ! mais aussi la preuve qu'effectivement la configuration de notre planète a bien changé au cours des millénaires. Le rivage éloigné de 500 mètres, ces mehnirs retrouvés aujourd'hui sous l'océan comme le Cromlech (cercle de Pierre) d'Er Lannic dans notre Golfe du Morbihan où à l'époque l'homme néolithique devait chasser l'ours ! Impressionnant..... Il faut savoir qu'alors "Er Lannic" était une jolie colline au bas de laquelle coulait une rivière. Depuis le néolithique, l'eau n'a donc cessé de monter mais en prenant son temps. Une histoire qui confirme encore que César n'a sans doute pas pu observer la victoire de ses vaisseaux sur les malheureuses barques des Vénètes (56 av. J.C) depuis le Tumulus dit "de César" près de Saint-Gildas puisque l'on est certain que l'eau n'était pas encore arrivée sur nos côtes actuelles. Mais aujourd'hui, l'océan se montrerait-il plus gourmand avec ce qui se passe en Arctique ? si l'on en croit certains la montée des eaux est irréversible. La banquise qui se "délite" par blocs entiers semble leur donner raison mais à quel rythme, un... deux...trois millénaires ? alors je me dis que la Bretagne a encore de beaux jours devant elle pour le bonheur de nos descendants. A suivre.....

A propos des Journées du Patrimoine

Après la période un peu chaotique de l'été, je reprends avec plaisir la rédaction de nouvelles ou d'infos pour alimenter ce blog. J'espère que vous serez de plus en plus nombreux à le parcourir et à l'alimenter vous-mêmes par vos remarques et l'écho de vos familles. Je reste à votre écoute !
Une histoire qui me touche de près autant que celle de nos familles, c'est celle de notre Patrimoine. Suis-je passée à coté d'une carrière d'historienne ou d'archéologue ? J'ai été particulièrement impressionnée par la restauration récente du Collège des Bernardins, bijou cistercien du 13è au coeur de Paris et confisqué à la Révolution. Chacun connaît la suite de l'histoire. Mon propos n'est donc pas de refaire l'actualité mais de vous parler de deux autres nouvelles passionnantes !..... celle du désensablement du Mont Saint-Michel et l'aventure de deux anglais qui ont "glané" sur la côte du Morbihan deux haches datant du néolithique qui fera l'objet d'un deuxième article !

Pourquoi cet intérêt pour le Mont ? Bien sûr, pour sa beauté, pour son histoire mais aussi pour les souvenirs qu'il a laissé à la petite fille qui a eu la chance d'assister à un phénomène étonnant, l'arrivée de la mer encerclant le Mont. En quelle année , je l'ai oublié mais ce que j'ai retenu, c'est l'émotion ressentie mêlée de crainte, avouons-le, en voyant cette barre ourlée d'écume arriver à toute allure de l'horizon et venir s'agenouiller à nos pieds. On disait alors "à l'allure d'un cheval au galop".....A l'époque pas de digue d'accès construite plus tard pour le confort des visiteurs et de leur véhicule et qui engendra à terme le désastre ! Petit à petit, le Mont perdait son caractère d'insularité pour devenir terrien. Un deuxième souvenir, très récent celui-là. Il y a quelques années, nous sommes retournés au Mont Saint Michel. J'avais souhaité prendre une chambre sur le Mont pour revoir cette arrivée de la marée haute. Certes, il ne s'agissait pas d'une grande marée mais la mer, nous ne l'avons pas vue si ce n'est très, très, très loin. Quelle déception ! Et puis des gens se sont émus, ont remué ciel et terre. Petit à petit, on a pris conscience qu'il fallait réagir, revenir en arrière, revoir la copie mais à quel prix ! C'est en effet d'un projet pharaonique qu'il s'agit mais un projet courageux et magnifique qui redonnera à ce bijou architectural sa vocation première, le Mont entouré d'eau.


La première phase du désensablement du Mont-Saint-Michel avec la construction du barrage du Couesnon s'est achevée pour l'essentiel, le mardi 26 août dernier avec la pose de la huitième et dernière vanne. La livraison de cet ouvrage est une étape clé dans les travaux devant rétablir en 2015 l'insularité du Mont-Saint-Michel. Les premiers essais sont prévus pour l'automne, et la mise en service totale du barrage pour le printemps 2009. En retenant l'eau de la marée haute pour la libérer d'un seul coup à marée basse, le barrage doit contribuer à chasser les sédiments qui ont ensablé le Mont au gré des années. Pour accroître cet effet de chasse-d'eau, l'étape suivante consistera, d'ici à 2013, à retirer 2 millions de m3 de sédiments en amont du barrage pour augmenter le volume du Couesnon. L'objectif est que la rivière vienne enlacer le Mont qu'elle contourne pour l'instant uniquement par l'Ouest. Pour permettre le passage de l'eau des deux côtés du rocher, la digue reliant actuellement le Mont à la terre ferme sera remplacée par une passerelle, et de nouveaux parkings doivent voir le jour d'ici à 2015. Le coût total du projet est évalué à 204 millions d'euros dont 164 financés par l'Etat et les collectivités.

Alors je fais un voeu..... revoir la "Merveille" en 2015

Et je ne résiste pas au plaisir de citer un ascendant (coté maternel) :
" l'abbaye escarpée, poussée là-bas, loin de terre,
comme un manoir fantastique,
stupéfiante comme un palais de rêve,
invraisemblablement étrange et belle "
Guy de Maupassant

mardi 2 septembre 2008

Oncle Guy

Oncle Guy n'est plus ! C'est hier matin 1er septembre qu'il est parti rejoindre celle qui lui manquait tant, son épouse Marie-Rose décédée en 2001.
Aujourd'hui, il a retrouvé "Marose" comme il aimait à la nommer. Ayant eu le bonheur de lui rendre visite autant qu'il me l'était possible depuis plusieurs années, je garderai le souvenir de son visage éclairé par un bon sourire lorsque je franchissais la porte de sa chambre qu'il ne quittait plus ou si peu. Homme de conviction, passionné, généreux mais aussi exigeant avec lui-même qu'avec les autres, il le sera resté jusqu'au bout accompagné au quotidien par sa fille Marie-Françoise. Ses jambes l'avaient abandonné au bord du chemin le contraignant à une quasi-inactivité, la croix qu'il dut porter ! mais la pensée restait intacte, il lisait encore un peu et lorsque nous pouvions échanger, sa réactivité était tout aussi vive, défendant son point de vue ou contredisant une opinion.

Il aura été le dernier à passer le gué..... Oncle Guy était le 5ème enfant d'une fratrie qui en comptait sept et dont ma mère, Geneviève (+1965) était l'aînée..... suivaient Bernard (+1976 et sur la photo en tête en raison de sa taille), Anne-Marie (+1978), Joseph (+1990) puis Guy avant Xavier (+2002) et Michel (+1991). Cette belle fratrie gardait le souvenir d'une petite soeur Thérèse, soeur jumelle de Xavier décédée en 1916 à l'âge de dix-huit mois.
Plus tard, je retracerai le parcours de Guy et Marie-Rose évoquant mes souvenirs. Aujourd'hui, j'ai seulement envie d'en rappeler quelques étapes.....
Ils s'étaient rencontrés à la Sorbonne où tous deux suivait des cours d'Histoire. Guy fut très actif au sein de la paroisse Saint Séverin, réputée après-guerre comme paroisse d'avant-garde ce qui convenait à son charisme de chrétien social.
En 1954, avec l'Abbé Pierre, Guy fonde la Confédération Générale du Logement (C.G.L) dont il tiendra la présidence très longtemps. Oncle Guy et ses collaborateurs ne manqueront pas de travail : cités d'urgence, défense du droit des locataires, etc. Ce sera d'ailleurs l'Abbé Pierre qui, en juillet 1983, sera chargé de le décorer de la Légion d'Honneur (la photo ne date pas de cet événement. Plus récente prise, je crois, en 2004)...
Novembre 1985, toute la famille fut invitée à partager la joie de Guy et de Marie-Rose qui fêtent leur Noces d'or. Après le décès en 2001 de Marie-Rose, Oncle Guy connaîtra alors une solitude douloureuse en dépit de l'accompagnement dévoué de sa fille Marie Françoise et l'affection de tous, enfants et petits-enfants. Marchant déjà difficilement les choses ne firent qu'empirer. De mois en mois, d'année en année, les déplacements sont de plus en plus difficiles et les chutes nombreuses.
Novembre 2006... nouvelle chute mais cette fois, il y a fracture du col du fémur qui nécéssite opération et rééducation. A la veille de ses 95 ans, il paraît aller plutôt bien et rentre chez lui, rue Monge à Paris. Commence alors pour lui le "temps immobile" de son fauteuil au lit, un quotidien toutefois éclairé par la présence de Marie-Françoise, de Philippe, les séjours de Sylvie, les visites de Jean-Baptiste, de Gilles mais encore celles des petits-enfants et arrière-petits-enfants..... C'est à eux tous que je pense aujourd'hui et à qui j'adresse toute mon affection. Ils ont perdu un père, un grand-père, quelqu'un qui comptait dans leur vie. En février dernier, Oncle Guy fêtait ses 96 ans..... évocation de l'histoire d'une belle et longue vie. A Dieu.....


Cérémonie religieuse à Paris
Vendredi 5 septembre
Eglise Saint-Séverin à 14h30
suivie de l'inhumation dans le caveau familial



"Je ne suis pas loin
juste de l'autre côté
du chemin