Voici l'histoire d'une vie peu banale, celle de Camille Alphonse Boulloud appelé familèrement Alphonse par les siens. Alphonse est un cousin du grand-père de Jean-Pierre, de sa cousine Jeannette et de ses cousins Claude et Georges Ferrand. Il est né en 1873 à Vaulnaveys-le-Haut (Isère). Après son bachot en 1891, Alphonse effectue son service militaire dans les chasseurs alpins. Son service terminé, deux situations lui sont proposées : l'une comme employé dans une maison de tissus 1/2 gros, l'autre dans une chemiserie à Grenoble. On lui conseille un apprentissage de quelques mois au Bon Marché à Paris. Alphonse a une soeur mariée à Pierre Auguste Thibaud, hôtelier du Grand Hôtel à Grenoble. A Uriage, tout près de Vaulnaveys, il y a aussi l'Hôtel de l'Europe tenu par la famille Thibaud. Tout le monde se connaît ! un client de l'Hôtel offre à Alphonse de le prendre au pair dans sa maison d'exportation à Paris. Il y reste 6 ans (1894-1900). Suite à de mauvaises affaires, la maison ferme ses portes et oblige Alphonse à chercher ailleurs. Après une rapide étude des connaissances et méthodes commerciales qu'il a acquises, il constitue un groupe de représentation : parfums, plumes d'autruches. Sa sœur lui avance les frais du voyage et en 1901, sans y connaître personne, il part pour Buenos-Aires ..... conquérir le monde ! Le premier contact n'est pas trop encourageant « Ah! mon jeune ami, vous arrivez de France? par quel bateau? quand repart-il? Un bon conseil, reprenez-le. Il n'y a plus rien à faire dans ce pays. » Il en faut plus pour décourager Alphonse qui reste..... il a la chance de connaître, par la famille française qui le loge, un fervent de chasse comme lui. Invité à chasser dans la pampa, Alphonse fait la conquête du père mais aussi de sa fille, Rosita qu'il épousera à Buenos-Aires en 1905, au grand effroi d'Eugénie Boulloud qui se demande comment son fils peut épouser une "Américaine" !!!En France, on attend les jeunes mariés. Les malles de Rosita arrivent ..... que contiennent-elles ?" ... les chapeaux de Rosita, des capelines de paille d'Italie couvertes de fleurs ou de cerises, des toques garnies de plumes d'autruche ou d'oiseaux du paradis, la mode de 1905 ! le jeune ménage est là : la voix chantante de Rosita, son rire. "Elle a du beaucoup plaire à son beau-père, à sa belle-mère ? je me le demande... "me confie son arrière petite fille Géraldine. C'était une femme très bonne mais très austère. Le séjour en France des jeunes mariés sera écourté par un télégramme. Un vol a été commis par son employé, Alphonse doit revenir au plus vite à Buenos Aires ! mais ensuite la famille revient régulièrement en France traversant l'Atlantique comme on prend le RER aujourd'hui ! Les affaires d'Alphonse marchent bien outre-Atlantique. En France, sans doute pour ses compétences commerciales, on lui confie la gestion de l'hôtel de l'Europe depuis Buenos Aires. Géraldine raconte : " Il n’y eut pas à l’hôtel à cette époque un tapis, une poignée de porte qui n’ait été acheté sans l’aval de l’Argentine. Il fallait envoyer un échantillon et c’était oui ou non, tout ça avec le courrier par bateau qui mettait plus d’un mois à l’aller et autant au retour ". En 1914, Alphonse échappe à la mobilisation maintenu à Buenos-Aires par le Consulat. En 1921, la famille rentre en France, s'installe à Paris, avenue Raymond Poincaré. Et grâce à Rosita qui "notait tout", nous assistons au ballet d'Alphonse , de Rosita et de leurs quatre filles : cures à Vittel ou Evian, voyages en Hollande, Allemagne, Italie, Suisse, de nouveau Argentine en 1937, séjours à Cannes, La Baule, Le Touquet, séjour bien évidemment dans le très recherché Hôtel de l'Europe à Uriage. Ils étaient chez eux..... tout le le bâtiment central coté sud était réservé à la famille, Alphonse et les siens avaient le 3è étage. Les clients avaient la partie au Nord (fraîche l'été). Bref la vie d'une famille aisée de la Belle Epoque et qui se poursuivra après le décès en 1940 d'Alphonse. Alphonse avait bien réussi son pari en prenant la route de l'Argentine.
L'Hôtel de L'Europe, au centre de l'histoire, fut vendu en appartements comme tous les autres en 1973 à une époque où le thermalisme n'avait plus la cote. Cité morte dans les années 70-80, Uriage a retrouvé aujourd'hui le visage souriant d'une petite ville d'eaux avec de beaux Thermes et une hôtellerie rénovée. Cela fait plaisir !



Cette fois, je vous emmène dans le Morbihan. Cela ne vous étonnera pas ! L'histoire a déjà un an mais elle n'a pas pris de rides ! Le 2 août 2007, un Britannique en vacances à Saint-Pierre-Quiberon ne pensait pas "trouver autre chose que de belles coquilles Saint-Jacques" même s'il est passionné d'archéologie. Il a découvert un ensemble "exceptionnel", selon les scientifiques, de deux paires de haches en pierres polies couleur vert d'eau (jadéitite), datant du début du Ve millénaire avant JC. Rapidement alerté, le musée de préhistoire de Carnac a demandé à une équipe d'archéologues et de géologues de mener l'enquête sur le lieu de la découverte, accessible seulement à basse mer lors des grandes marées. Les résultats de leurs investigations, menées pendant un an, ont montré qu'il y a 6.500 ans, alors que le rivage devait être éloigné d'environ 500 m, les haches ont été enfouies au pied d'un affleurement rocheux. Une quarantaine de menhirs alignés et mesurant jusqu'à 1,50 m ont également été découverts à cet endroit. Les haches retrouvées servaient très probablement à tailler ces menhirs aujourd'hui sous les eaux."Aucun ensemble de cette importance n'a été trouvé dans la région depuis le XIXe siècle" ce qui en fait une "découverte exceptionnelle", selon la direction du musée de préhistoire de Carnac.




