J'ai toujours été surprise de trouver dans "nos familles" entre 1600 et 1800 autant de personnes dites "Maître chirurgien ou chirurgien" si bien que j'ai un peu travaillé la question. Difficile de discerner leur statut à travers les actes trouvés aux archives, le terme utilisé est bien vague ! La plupart du temps, je connais peu leur histoire à l'exception de trois d'entre eux : André PHILIPPES qui sera assassiné en 1653 à Châteaugiron (Branche Noury)... André GUINOLAS qui tout officier de santé qu'il était et une belle signature, preuve d'une certaine culture pour l'époque , mourut indigent (Branche Dulac) et Joseph François DESCHAMPS, frère de mon aïeul Noël Marin Deschamps qui, après avoir acquis la Rivière, sera autorisé à l'ajouter à son patronyme. J'ajoute tout de même queJoseph François Deschamps fut chirurgien en chef de l'hôpital de la Charité (Branche Deschamps la Rivière). Pour l'anecdote, c'est lui qui autopsia le corps de Marat. Je vous en reparlerai...
L'Histoire avance et une convention nationale, par décret du 14 frimaire an III (04.12.1794), organise le recrutement d'officiers de santé pour le service des hôpitaux et spécialement
pour le service des hôpitaux militaires et de la marine. C'est seulement le 19 ventôse an XI (10.03.1803) que
Bonaparte décrète l'existence d'officiers de santé civils, praticiens de formation
simplifiée et d'activité chirurgicale limitée
Désormais, la loi "permettait à tout
citoyen d'exercer la médecine et la chirurgie" sans qu'aucun jury de
personnalités compétentes ne puisse évaluer les connaissances de la personne prétendant
exercer cet art. De plus, la suppression des collèges enseignants et des facultés
faisait disparaître tout enseignement. Les médecins exercent en ville en toute indépendance et sans aucun contrôle.C'est alors que les hôpitaux prennent la relève et petit à petit instaurent externat et internat. Les étudiants en
médecine commencent alors à négliger les examens de la faculté pour se
consacrer à la préparation de ces concours, synonymes d’élite et de
qualité de la formation, préparant à la médecine clinique à l'hôpital. À cette époque, l'hôpital devient prépondérant en termes de prestige
sur la faculté de médecine ! La réforme hospitalière du 30 décembre 1958 fusionne la fonction d'enseignement universitaire et hospitalière pour accéder à la médecine que l'on connaît. Je m'arrêterai là !

















