lundi 31 mars 2008

Le champ des martyrs

J'ai évoqué dans un précédent message l'union de mon arrière grand-père Noël Thorel avec une jeune fille appartenant à une famille de gentilhommes verriers normands, les Le Vaillant. Le frère de Thérèse Le Vaillant dite de la Lande prit part au débarquement des émigrés à Quiberon en juillet 1795.
Avec ses compagnons, il fut fait prisonnier et fusillé malgré les promesses du Général Hoche de les laisser en vie ! Leurs noms sont inscrits sur le mausolée commémoratif de la Chartreuse de Brecht près d'Auray (Morbihan) où je vous emmène..... Mais auparavant, quelques éléments de la tragédie vécue par mon arrière-arrière-grand-oncle Adrien, il avait 28 ans !
"Le 27 juin 1795, sur les plages de Carnac, plusieurs milliers d'émigrés débarquent venus rejoindre les Chouans. Un objectif commun : restaurer la monarchie. Mais face à la réactivité et à l'organisation de l'armée républicaine, les "Blancs" se retranchent sur la presqu'île de Quiberon dans le fort de Penthièvre. Trois semaines à peine suffiront à l'armée du général Hoche pour réduire le dessein royaliste en cauchemar. L'Histoire lui a laissé le nom d' «Affaire de Quiberon»".
Cet épisode, a tourné au drame. Carnac, Auray, Vannes et Quiberon ont gardé des stigmates du débarquement et de la terrible répression qui s'ensuivit. Des stèles et croix rappellent sur les plages de Carnac et de Quiberon le débarquement des émigrés. Le fort Penthièvre existe bien entendu toujours.
Dès 1795, les lieux d'exécution des émigrés et des Chouans sont appelés «Champs des martyrs». C'est ainsi que 206 d'entre eux dont Adrien sont exécutés dans les marais de Kerzo sur la commune de Brech et ensevelis dans ce champ.

Août 2007... Saint-Gildas-de-Rhuys étant proche d'Auray, nous sommes partis avec trois de nos petits-enfants Gautier, Baptiste et Emilie sur les traces d'Adrien Le Vaillant. Nous avons retrouvé le "Champ des Martyrs", intact, protégé par un enclos et entouré de marais.

Le lieu chargé d'émotion invite au recueillement.
Dans l'enclos, a été édifiée une chapelle votive de style néo-classique qui nous a paru un peu délaissée ! Sur le fronton, deux inscriptions y sont portées



"Hic ceciderunt".....
ici ils tombèrent
"In memoriam eternam erunt justi"
..... dans la mémoire éternelle
ils seront justes.
A coté existe une Chartreuse dont les Chartreux furent expulsés en 1791. Le curé d'Auray rachète le domaine, y installe les "Filles de la Sagesse". En 1814 avec l'aide d'une souscription, il fait construire une chapelle en mémoire des victimes de Quiberon. Il donna l'ordre d'exhumer les corps du Champ des martyrs et de les transporter en cette chapelle. Le Duc d'Angoulême décide ensuite l'érection d'un Mausolée qui couvre le caveau.Nous ne pourrons pas visiter la chapelle et y lire le nom d'Adrien sur le mausolée fermés lors de notre passage. Il est toujours prudent de se renseigner !Nous avons cependant eu plus de chance que mon cousin Jean venu de sa Provence dans le courant de l'été 2006. Notre grand-père Camille Thorel dans une lettre adressée le 2 août 1918 de Gouarec (Finistère) à sa petite fille Geneviève, écrit : "Je regrette de n'avoir pu aller à Sainte-Anne d'Auray où un de mes grands oncles (il s'agit bien sûr d'Adrien) est enterré dans la crypte. C'est trop loin et serait trop coûteux". Se fondant sur cette lettre dont je lui avais communiqué le contenu, Jean ne trouva rien et pour cause... sa mésaventure me poussa à plus d'investigations et c'est ainsi que j'ai retrouvé sur Google le "Champ des Martyrs". Si vous passez dans la région, visitez ce lieu chargé d'Histoire et inscrit à notre patrimoine.

Archives: Je possède une copie du jugement du tribunal militaire condamnant à mort Adrien Antoine, fait prisonnier avec plusieurs compatriotes dans la presqu'île de Quiberon. Convaincus d'émigration, d'avoir porté les armes ou fait partie de rassemblement d'émigrés...Ce document m'a été communiqué par Paul Thorel qui, avant moi, fit des recherches sur la famille Thorel

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