dimanche 11 octobre 2015

Henri BEYLE dit Stendhal...Branche Boulloud



Je vous ai déjà présenté quelques personnages connus rencontrés sur nos arbres généalogiques...
François Louis "Hippolyte" MONPOU, compositeur (cf. "post" du 04/02/2008 et 07/11/2014)
et à Guy de MAUPASSANT, auteur (cf. "post" du 20/02/2008). 
Tous deux appartiennent à mon ascendance maternelle.....branche Thorel-Sausse pour le premier...branche  Thorel-Dubois pour le second.  

Cette fois, il s'agit de Henri BEYLE plus connu sous le nom de STENDHAL appartenant à la branche paternelle de Jean-Pierre Boulloud...bien implantée depuis le 16è siècle en Isère. Il naît le 23 janvier 1783 au 12, rue des Vieux Jésuites à Grenoble. Ses premières années furent malheureuses : sa mère qu'il adorait, mourut en couches alors qu'il avait sept ans. Le jeune Henri a peu d’estime pour son père, avocat au Parlement de Grenoble, homme taciturne, pieux, bourgeois qui ne pensait qu’à ses affaires financières. Le précepteur qu'on lui donne  va détériorer leurs rapports : « Je haïssais l'abbé, je haïssais mon père, source des pouvoirs de l'abbé, je haïssais encore plus la religion au nom de laquelle ils me tyrannisaient. »   Une enfance difficile atténuée par la présence bienveillante de son grand-père maternel, Henri Gagnon, médecin célèbre de Grenoble, homme des Lumières, « extrêmement aimable et amusant », qui l'initie à la littérature. Sa maison place Grenette, avec sa terrasse ensoleillée, devient l'antithèse de celle de son père, « étroite, sombre, humide » et, de manière générale, Henri voit dans les valeurs des deux branches de sa famille deux mondes que tout oppose : « Le côté Beyle, c'est le pouvoir, l'avarice, l'insensibilité, le pédantisme, la vanité, etc. Du coté Gagnon, c'est pour le jeune Henri, la culture, la gaieté, la lumière, le plaisir, la beauté, la tendresse, la générosité et la fierté, la folie des chimères, rattachés à cette « Italie » dont l'enfant se persuade qu'elle est la patrie des Gagnons. »
Le 7 juin 1788, le jeune Henri assiste à la "Journée des Tuiles"  du balcon de son grand-père, qui annonce les journées révolutionnaires de 1789. En 1796, à treize ans, il entre à "l'Ecole Centrale de Grenoble", école créée par la Révolution pour remplacer les collèges religieux. Il s'y fait, enfin, des camarades de son âge et se passionne pour les mathématiques. C'est grâce à un prix en mathématique qu'il peut fuir Grenoble en octobre 1799, à seize ans, pour tenter d’entrer à l'Ecole Polytechnique à Paris.
Henri arrive à Paris au lendemain du coup d'état du 18 brumaire an VII (09/11/1799). Il loge près de l’École Polytechnique, alors installée rue de l’Université. Dans la solitude de sa petite chambre près des Invalides, il déchante. Il n’a nulle envie d’entrer à l’École Polytechnique et Paris lui déplaît: « La boue, l’absence de montagnes, la vue de tant de gens occupés passant rapidement dans de belles voitures à côté de moi connu de personne et n’ayant rien à faire me donnaient un chagrin profond." Il renonce au concours de l'Ecole Polytechnique pour s'engager dans l'armée de Bonaparte en 1800. Arrivé à Milan à la veille de Marengo, cette ville devient pour lui « le plus beau lieu de la terre. » Il revient à Paris début 1802, démissionne mais en 1806 reprend du service dans l'Intendance. Il accompagne l'armée de Napoléon en Allemagne, où la petite ville de Stendal lui fournit son futur pseudonyme.
Après la sanglante bataille de Borodino, l’armée pénètre à Moscou désertée. L’armée française pille les maisons dont les vitres éclatent sous la chaleur des incendies. Au lieu de voler du vin ou de la nourriture, Henri prend un volume des Facéties de Voltaire. Le froid terrible, la faim, la fatigue ont réduit la Grande Armée en miettes... Henri passe la Bérézina le 27 novembre, la veille de la bataille et du désastre qui s'ensuivit. Il a survécu à la Campagne de Russie !...mais les souffrances de cette campagne l’ont vieilli et rendu amer !
Il retourne à Paris fin mars 1814 et assiste, indifférent, aux batailles qui font rage autour de la ville. Le 6 avril 1814, l’Empereur abdique. La chute de Napoléon et le régime de la restauration mirent une fin brutale à sa carrière. N’ayant plus rien à faire en France, il part pour Milan puis Gênes, Livourne, Pise, Florence… 
Au printemps 1815, le retour de Napoléon ne l'incite pas à revenir en France. La défaite de Waterloo lui fait dire que « tout est perdu, même l’honneur. »
En avril 1817, il se rend à Paris, après un passage par Grenoble. En août, il visite Londres ! À son retour à Paris, sont parus l’Histoire de la peinture en Italie, sous son vrai nom, et Rome, Naples et Florence sous le pseudonyme de Stendhal. Retour à Milan, fin décembre 1819 dont il sera expulsé en 1821 après une révolution dans le Piémont contre l'occupant autrichien.
Fin juin 1821, il est de retour à Paris, presque ruiné après le décès de son père, déprimé par ses adieux à Matilde, la femme qu'il aime... A Paris, il passe ses soirées à l’opéra ou dans les salons de la gauche Libérale, de royalistes, de savants ou de peintres. Il est admiré pour sa manière de raconter des histoires, mais choque par ses sarcasmes, ses boutades, ses provocations politiques, ses idées jacobines… Un ami lui présente le jeune Prosper Mérimée avec qui il nouera une amitié ambivalente faite de complicité et de méfiance.
En 1822, il prend ardemment la défense du Romantisme avec Racine et Shakespeare,  ainsi qu’une Vie de Rossini en 1823, ouvrages qui le font connaître. Afin de gagner sa vie, il entame une intense activité de journaliste. De 1824 à 1827, il écrit des articles pour le Journal de Paris. Cette époque est aussi celle des amours tumultueuses mais encore une période intellectuellement très féconde : il publie son premier roman "Armance" en 1827, mal compris et mal reçu. Tout en écrivant de nombreuses nouvelles, il commence à écrire son second roman..."Le Rouge et le Noir" qui paraît le 13 novembre 1830, alors qu'il est déjà parti en Italie où on lui propose un poste de consul.  Admiré par Sainte-Beuve, il est honni par Victor Hugo.....
Il est finalement nommé en 1831 à Civitavecchia, seul port des États Pontificaux, « trou abominable » de sept mille cinq cents habitants, dont mille forçats. Là, il est terrassé par l'ennui et la bêtise : aucun salon, aucun ami, aucune jolie femme, aucune discussion intellectuelle. Il commence plusieurs romans et n’en termine aucun ! Il écrit pour lui seul car il a décidé, en février 1831 de ne rien publier tant qu'il serait fonctionnaire, par crainte de déplaire à sa hiérarchie. En mai 1836, il obtient un congé de trois ans en France, jusqu’en avril 1839, qui lui permet d'écrire ses Chroniques italiennes et "La Chartreuse de Parme". En mars 1839, changement de gouvernement, Stendhal n’est plus sous la protection du Comte Molé, il doit retourner à son poste. Le 6 avril, paraît La Chartreuse de Parme qui remporte un vif succès. Revenu à Civitavecchia en 1839, il est à nouveau malade d’ennui. Puis il est frappé d’une syncope le 1er janvier 1840. 
En septembre 1840, un article élogieux d’Honoré de Balzac sur la Chartreuse de Parme l’étonne, l’amuse et lui fait plaisir. Une autre attaque d’apoplexie le frappe en mars 1841. Se sentant mieux, il s’engage le 21 mars 1842, à fournir des nouvelles à la Revue des Deux-Mondes, juste avant d’être foudroyé par une nouvelle attaque alors qu'il sortait d'un rendez-vous avec Guizot, son ministre de tutelle. Il meurt à son domicile parisien, Hôtel de Nantes au 22, rue Danielle-Casanova, le 23 mars à deux heures du matin.
Sa dépouille est inhumée au Cimetière de Montmartre à Paris en présence de trois amis malgré son vœu testamentaire d'être enterré à Andilly (Val d'Oise), où il avait séjourné. Comme ultime provocation, il avait dès 1821 composé lui-même son épitaphe en italien.....
 Arrigo Beyle Milanese Scrisse Amò Visse 
  Henri Beyle Milanais. Il écrivit, Il aima, Il vécut
que fait graver Romain Colomb, son cousin et ami d'enfance, exécuteur testamentaire. Méprisé et moqué par son siècle, il ne connaîtra qu'un succès posthume comme il l'avait prédit :
 « Je serai connu en 1880. Je serai compris en 1930 ».


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