samedi 26 octobre 2013

Odile Decq

Mon cousin Guy de Sallier Dupin m'envoie la copie d'une page du supplément de la revue "Habiter" parue le 16 octobre dernier. Mention est faite de notre cousine Odile Decq, architecte mondialement reconnue..... et choisie cette année comme.....

"Créateur de l'année 2013".

Je ne reviens pas sur le brillant parcours de notre cousine. Plusieurs billets lui ont été consacrés sur ce blog.
Un clic sur Google... elle y est aussi omniprésente !
Je rappelle seulement qu'avec Odile et les siens nous partageons la même ascendance.....à compter du 22 juin 1868. C'est ce jour-là que Benoît Joseph Decq, un militaire originaire de Vicq  (Nord) épouse à Rennes (35) Marie Caroline Alphonsine de Caqueray Valolive, née à Paris. 
Pourquoi Rennes ? parce que le père de l'épouse, avocat, était alors professeur de droit en la Faculté de cette ville.
Pourquoi Benoît Joseph venu du Nord ?  très vraisemblablement un ami de l'un des frères de Marie Caroline, Charles Marie Joseph, lui-même militaire.
Benoît Joseph et Marie Caroline eurent 11 enfants dont j'ai évoqué le parcours sur ce blog à plusieurs reprises au cours de ces cinq dernières années !..... Retrouvez les en cliquant "Decq" en haut et à gauche de la page d'accueil ou en vous aidant des Archives ou "libellés" (colonne de droite.
Une de leurs filles Caroline Anne Marie Josèphe épouse le 26 novembre 1896 Vital Marie Ernest Rabillon, mes grands-parents paternels que je partage avec Guy de Sallier Dupin qui m'a adressé l'article cité en tête
..... et l'un de leurs fils Bonaventure Joseph épouse le 14 février 1910 Germaine Marie Julie Charpentier, grands parents d'Odile Decq, au centre de ce billet qui partage ce lien avec plusieurs fidèles du blog telles Cécile Bienvenu et  Sophie Bastit, née Bienvenu.
Merci à Guy pour ce partage !

mardi 15 octobre 2013

Ignoré dans la famille mais pas au Louvre ou encore aujourd'hui dans les salles de vente......

A force de fureter dans tous les coins, il arrive d'avoir de grandes surprises ou d'ajouter de gros points d'interrogation dans l'histoire de nos familles. On arrive souvent à faire la lumière sur ce qui, au premier abord, est tout à fait inconnu mais pas toujours ! Des zones d'ombre subsistent parfois.....
C'est le cas de ce Joseph Deschamps, frère de notre aïeul Marin Deschamps (Deschamps la Rivière) dont j'ai évoqué le parcours étonnant dans un "billet" du 08/07/2013. Un travail réussi avec l'aide généreuse de l'Entraide généalogique de Paris qui m'a permis de retracer ce parcours et une partie de sa descendance. 
Si je n'avais pas "hérité" d'un portrait de lui mentionnant son activité de chirurgien à l'hôpital de la Charité (aujourd'hui détruit), j'ignorerai encore son existence. Aucune archive familiale n'en fait mention et je me demande encore pourquoi ! alors que les archives de la branche Deschamps la Rivière sont riches et bien connues des descendants dont nous sommes.
Même surprise que je partage aujourd'hui avec vous avec la découverte de quelques éléments biographiques de Michel Rabillon (1734-1786?) parus dans le "Dictionary of pastellists before 1800" (Neil Jeffares)***. Intriguée, j'ai aussitôt cherché dans l'arborescence des Rabillon, celui qui correspondait à ces dates. Et j'ai effectivement trouvé Michel, frère aîné de notre ancêtre Pierre Louis. Jusqu'ici, je n'avais de ce Michel Rabillon  qu'un commentaire assez laconique issu d'archives familiales : "était un artiste d'un certain talent qui réussissait surtout dans le portrait. Infirme toute sa vie, ses neveux ne l'appelaient que "Oncle Le Bossu" !".

Qu'ajoute le "Dictionary" ?.....
"Michel Rabillon, peut-être un élève de Van Loo exposa des pastels et des miniatures à l'Académie de saint-Luc où il fut "agréé" en 1774. Le promoteur de cette exposition en 1774 faisait davantage l'éloge de ses pastels que de ses huiles distinguant la tête d'un abbé "de la plus grande vérité" et deux "charmantes" têtes d'enfants". L'almanach des peintres de 1776 classe Rabillon comme un "peintre au pastel, rue de l'Arbre-Sec, vis à vis la rue Bailleul" et commente : "Michel Rabillon peint le portrait avec beaucoup de succès... Il vient de construire pour son usage un mannequin singulier, dont la mécanique est très curieuse. En réalité cette invention serait plutôt celle de l'un de ses frères que nous connaissons bien Joseph Rabillon qui sera la racine de l'arborescence familiale du Loir-et-Cher (18è et 19é éteinte depuis). 
Le dictionnaire mentionne encore quelques avis des critiques de l'époque : "Une grande facilité, une couleur vraie et de la ressemblance ont été applaudies". Il fut aussi un miniaturiste, avec le portrait d'une dame, signée et datée de 1785 au Louvre. Un spécialiste de la miniature Schildlof le considérait comme l'un des meilleurs miniaturiste français du 18è siècle. Comment se fait-il que cette renommé ne soit pas arrivée jusque dans la branche rennaise. Incroyable !!!
Il fut encore, nous dit-on, très lié avec le collectionneur Pierre-Louis Eveillard, marquis de Livois (1736- 1790), dont la collection de tableaux, saisis sous la Révolution constituèrent le noyau primitif du musée des Beaux-Arts d'Angers. Plusieurs oeuvres de Michel Rabillon apparaitront dans son catalogue. De son coté l'artiste servira au collectionneur lui permettant  de localiser et d'acquérir des oeuvres sur le marché de l'art parisien. On lui connait encore des relations avec le peintre Jean Joseph Xavier Bidauld qui arriva à Paris en 1783. Michel Rabillon le mettra en contact avec un certain Dulac que je n'ai pas réussi à situer (apparemment pas de lien avec la famille Dulac des Pyrénées, patronyme de quelques-uns de nos petits-enfants). 
Ce qui est certain c'est que ce peintre appartient bien à notre arbre. Pour preuve (si cela était nécessaire) "The dictionnary of pastellists before 1800" évoque un neveu de Michel, Pierre Paul (1772-1842) fils de son frère Joseph qui fut un élève de Jean Baptiste Regnault (1754-1829), peintre de sujets religieux, mythologiques, d'allégories, d'histoire. Pierre Paul sera professeur de dessin au célèbre collège de Pontlevoy (Cher). A-t-il peint comme son oncle, je l'ignore..... Par contre en 2010, grâce à la générosité d'un bénévole de l'Entraide du Loir-et-Cher, j'ai appris que Pierre Thérèse Joseph Rabillon, frère du précédent (cf. billet du 03/02/2010) est connu en tant que restaurateur de tableaux pour l'église Sainte Croix de Montrichard (41)...... (cf. billet du 03/02/2010). 
L'Histoire n'est pas terminée puisque ces dernières années, plusieurs tableaux (originaux) de notre parent ont été vendus aux enchères en divers endroits d'Europe. Et nous ne le savions pas.....
 
Quelques oeuvres de Michel Rabillon (1733 - ~ 1786)
 *** Mon frère qui porte le même prénom et même patronyme avait, m'a-t-il dit, déjà croisé le peintre sur le Net mais sans pouvoir l'identifier.
Notre lien..... Michel Rabillon était le frère aîné de notre ancêtre Pierre Louis dont je descends avec mon frère, ma soeur et mes cousins de Sallier Dupin. Il restera très vraisemblablement célibataire.

samedi 28 septembre 2013

Silence radio !!!!!

Depuis début septembre, le silence s'est installé sur les ondes du "Blog de nos familles"...
Une rentrée c'est toujours une remise en route avec parfois des imprévus, des impondérables aux quels il faut répondre..... 
J'ai toujours sous le coude des nouvelles à relayer, des photos à partager ou des trouvailles à dévoiler mais le temps manque.....parfois pour mettre tout cela en place !


Mais très vite, j'espère vous retrouver et pouvoir reprendre nos échanges. Adressez-moi des nouvelles de "vos familles".... c'est toujours une joie de les accueillir.
A bientôt.
Bernadette pour les uns...
Nadette pour les autres !

vendredi 30 août 2013

Regards au parfum d'océan..... (suite et fin)

Et voilà que le mois d'août s'ouvre avec le retour en terre bretonne de nos voyageurs partis à la découverte du rivage hispanique (cf. billet du 27 Juillet). Céline retrouve avec bonheur son Gribouille resté bien sagement en Bretagne.
Pas de temps à perdre... Michel et Céline ne resteront que quelques jours, le temps de passer quelques bons moments avec des amis autour d'un barbecue. Ils reprendront la route le 5... pour eux c'est déjà la rentrée !
Le 4 août à la veille de leur départ, nous rejoignent Corinne et Laurence..... J-1 pour mon anniversaire qui sera généreusement fêté le soir profitant d'un soleil encore généreux.


Elle recevra, elle aussi, de nombreuses visites. Nous aurons même l'occasion de faire connaissance avec Florence Masnada, sportive de haut niveau, qui gagna entre autres la coupe du monde de ski en 1981. Le hasard de la vie fait qu'elle est née tout près du village fief de la famille Boulloud en Isère et qu'elle a fait ses premiers pas sur des skis à Chamrousse, terres appartenant aux Boulloud du 16è et 17è siècle !......
Le temps s'écoule ensuite tranquillement partagé entre les tâches quotidiennes, l'ordi ou les jeux vidéo pour les uns, livres, plage et baignade pour d'autres.....
Cet été généreux et surprenant après l'épreuve de l'hiver et l'absence de printemps nous invite à à contempler la beauté du jardin. Seule la pelouse a perdu sa couleur !


Un jardin où il fait bon prendre un savoureux petit déjeuner avec Nutella, cela va de soi !!!!!








La plage et un océan où il fait bon se baigner, le plus souvent un lac protégé par les îles, la pointe de Quiberon à droite et la pointe de Piriac à gauche. Démonstration avec Emilie.....


C'est au tour de Baptiste de répondre à l'appel du large.....
mais sur cata !
Baptiste..... accompagné de Laurence et d'Anne


Toutefois, de temps à autre, l'océan se montre plus belliqueux ce qui fait le bonheur de quelques-uns (pas de chez nous !) et  crée le spectacle pour les habitués de la plage qui suivent du regard les évolutions d'un "Kitesurf" par exemple ! Désolée pas de photo !
Quelques autre moments de vie partagés avec Baptiste, Emilie en cette fin du mois d'août..... quelques jours avant la rentrée !.....


mardi 27 août 2013

"Nos familles" en Côtes d'Armor

Comme chaque année, à l'occasion des vacances "Les Corsaires" ouvrent leur porte pour accueillir enfants et petits-enfants de Jean-Louis Rey du Boissieu et Michèle, née Drouïn.....
Michèle me trace un petit résumé de ce temps partagé accompagné de plusieurs photos (n'oubliez pas le petit clic, c'est tellement mieux). Elles nous permettent, à défaut de rencontres, de suivre "nos familles". 
Merci Michèle..... J'en profite pour encourager tous ceux qui le souhaitent à me faire le cadeau de quelques nouvelles et photos à partager.

Elle écrit :
"Depuis le 24 juin, beaucoup d'allées et venues, les aînés de nos petits-enfants conduisent, cela leur facilite la vie... puis les familles, au grand complet et en ordre dispersé, arriveront le 10 août et les jours suivants en vélo ou en voitures !
le 15 août, la famille est au complet... 19 pour fêter un anniversaire.....

Jean Louis et Michèle entourés de leurs petits-enfants
 et puis... nous avons gardé tout ce monde pour le week-end, départs  échelonnés ensuite. Il nous reste Arthur qui a récupéré un ami de Maths Sup pour travailler ici (la cause est juste) !
et Michèle d'ajouter ce à quoi j'adhère entièrement "Heureusement, le soleil est là pour sècher mon linge (14 lits, 19 linge de table, douche et plage)".

Famille Besançon
Famille Georges








Famille Gaillard
Bonus :
  • Chez les Besançon, on trouve Ludovic (le père), Pascale Rey du Boissieu (la mère), Jean-Pierre, Hélène, Arthur et Louis.
  • Chez les Georges,  Lionel (le père), Bénédicte Rey du Boissieu, Gabrielle, Titouan et Roméo.
  • Chez les Gaillard, Bertrand (le père), Christine Rey du Boissieu, Marine, Chloë et Corentin
Manque le profil de Vincent qui a sans doute assuré le reportage photo de l'événement !... Le voilà au premier rang (Michèle vient de m'envoyer leur descendance au grand complet !)



  Michèle appartient comme moi à la descendance de Jean-Marie Noury qui fut notaire et Procureur en la baronnie de Châteaugiron et autres, Juge de Paix en 1789. Il eut 17 enfants entre 1749 et 1769 dont 7 eurent descendance . Châteaugiron est une commune près de Rennes et aujourd'hui quasiment grande banlieue.

dimanche 18 août 2013

Charles Decq, Eudiste (1880-1960)


Marie Decq
Si l'on en croit un poéme écrit pour son petit frère Charles par sa soeur Marie* en 1892, c'est cette année-là, le 12 juin qu'il fit sa seconde communion en la chapelle du collège Saint-Martin de Rennes.... Un texte qui se termine par cette strophe...

"Je me donne à vous, Ô Seigneur,
Avec mon amour le plus tendre
Fermez votre coeur sur mon coeur
Pour ne plus pouvoir le reprendre... ! "(Caudéran, 5 juin 1892).

Texte prophétique puisque Charles, quelques années plus tard, choisira la vie religieuse. 
L'année précédente, elle lui avait déjà envoyé un pieux poème pour sa Première Communion (24 mai 1891).
Charles fit ses études secondaires au Collège Saint-Martin à Rennes (1890-1896). Nous ignorons où il a suivi les petites classes. Au terme de sa scolarité à Saint-Martin, il entre au Juvénat de Kerlois ** en Morbihan (1896-1899). 
En 1898, Charles écrit à sa soeur Caroline pour la naissance de son fils Yves (mon père). Il a hâte de l'embrasser mais devra, pour cela, attendre des vacances. Aussi, il demande à sa soeur de donner de temps en temps et de sa part un petit baiser au "gros Yves" et il ne l'oublie pas dans ses prières.
J'ai pu joindre le Canada qui m'a mis sur la piste d'un livre dédié aux prêtres et religieux partis en mission. Il s'agit du livre de A. Cleophas Morin /prêtre qui s'intitule "Dans la maison du Père" et qui traite de la nécrologie sacerdotale du diocèse de Rimouski pour la période 1867-1967. A la page 201, l'ouvrage cite Charles Decq..... 

Né le 20 décembre 1880 à Rennes, en France, de Benoît Decq et Marie de Caqueray. Il fit ses études au Collège Saint-Martin à Rennes (1890-1896) puis au juvénat de Kerlois (1896-1898) et enfin ses études philosophiques toujours à Kerlois en 1899 où il est entré chez les Eudistes en 1898. 
Il serait arrivé au Canada en 1900, il a alors vingt ans. Un départ sans doute lié aux mesures anti- congrégationnistess religieuses de l'époque. Il fait alors sa théologie  au Séminaire du Sacré-Coeur de Marie à Halifax (province de la Nouvelle-Écosse). Il est incorporé à la Congrégation, à Halifax, le 8 février 1902 et ordonné prêtre le 6 juin 1903 au Séminaire du Sacré Coeur d'Halifax.
Eudistes posant devant le premier collège  
Il est ensuite nommé au collège classique de Sainte-Anne de la Pointe de l'Eglise, diocèse d'Halifax de 1903 à 1914.
Lors du décès de son père en 1912, Charles est donc toujours à Halifax.
Puis il sera aumônier de Sainte-Domitille du Bon Pas à Laval des Rapides (province du Québec) de 1915 à 1918.
De 1919 à 1922, on le retrouve au Collège de Sainte-Anne de la Pointe de l'Eglise, à la Rivière Pentecôte en 1924 et à Godbout (Province du Québec) de 1925 à 1926.
En 1929, au moment du décès de sa mère, Charles est au Hâvre Saint-Pierre (Province du Québec) où il restera jusqu'en 1934.
Puis on le trouve vicaire à Caraquet en 1935, chapelain à l'hôpital de Chandler en Gaspésie de 1936 à 1939.
De 1939 à 1950 Charles est à la Pointe aux Pères (Province du Québec) et de 1950 à 1952 à la Maison des missionnaires Eudistes à Laval des Rapides, sans doute une maison de retraite pour les religieux. Charles a alors 72 ans.

C'est alors qu'il revint en France .....
Avant de le voir, je connaîtrais Oncle Charles par les colis qu'il enverra à Rennes après la Libération. Ce sera, en particulier pour moi, le souvenir de blocs de bonbons qu'il fallait casser avec un marteau pour en extraire de menus morceaux. Peut-être "cet oncle sucré" envoyait-il d'autres sortes de gâteries à ceux qui avaient souffert des privations durant quatre longues années mais la petite fille que j'étais alors n'a retenu que le bonbon !....


Lors de son retour en Métropole, nous vîmes souvent oncle Charles à la table familiale, rue de la Monnaie à Rennes. C'était un homme bon et affable. Il me semble qu'il était alors résidant au Collège Saint-Martin de Rennes. Puis ce fut la maison de retraite de Plancoët et on ne le vit plus que rarement. Sans doute les déplacements ne lui étaient guère faciles. Je ne me souviens pas, par ailleurs, avoir été le visiter à cet endroit où il décède le 17 janvier 1960.***
 
Maison de retraite de Plancoët

* Marie Decq, religieuse du Sacré-Coeur  à Bonchuch (Isle de Wignt, 1839-1932)

** Note sur Kerlois : Kerlois a été contruit par la famille du Pou. La propriété appartient ensuite à plusieurs propriétaires jusqu'en 1875. C 'est alors que le père Jollivert, appartenant à la congrégation des pères Eudistes achète Kerlois.Les pères eudistes entreprennent d'y construire un séminaire pour former des prêtres. Mais à cause des lois anticongréganistes (contre les congrégations), les pères ont l'obligation de quitter Kerlois en 1905. C'est, en partie, ce qui explique, le nombre d'Eudistes envoyés au Canada, dont Charles Decq, en ce début du 20è siècle. Situation inconfortable des religieux en France et besoin de religieux missionnaires sur des contrées encore peu civilisées.


*** Oncle Charles était le frère de ma grand-mère Caroline Decq qui épouse en 1896 Vital Rabillon et de Laure Decq dont j'ai évoqué le parcours dans un précédent article. 

mercredi 14 août 2013

Généalogie pour tous.....



La généalogie n'est plus l'apanage des seniors.....On aurait pu croire la généalogie réservée à quelques retraités qui, demi-lunes perchées au bout du nez, profitent de leur temps libre pour consulter les archives des sombres salles de lecture des préfectures. L'activité n'est plus l'apanage des seniors en quête de loisirs.
 «La population de généalogistes a considérablement augmenté en trente ans. La fréquentation des salles d'archives, souvent bondées, s'en ressent!».
  • Démocratisée, la généalogie est aussi en voie de rajeunissement. Étonnamment, les moins de 35 ans n'ont ainsi rien à envier à leurs aînés, puisque 65 % d'entre eux ont déjà pratiqué une quête plus ou moins poussée de leurs ascendants. Pourquoi cet engouement croissant pour une science tournée vers le passé? C'est qu'à l'heure où tous les ancrages semblent se relâcher, laissant chacun voguer dans des flots d'incertitude, il est difficile de trouver ses marques. Questionnements autour de la religion, remises en cause du politique, les Français ne savent plus à quel saint se vouer. D'autant que notre société mouvante ne leur laisse guère le temps de s'interroger sur ses transformations. «Dans une période où les repères deviennent plus flous, où l'on perd du sens, revenir sur son arbre généalogique est une façon de retrouver de la fixité, confirme Serge Guérin, sociologue spécialiste des seniors et auteur de La Nouvelle Société des seniors. Dans une société où tout va trop vite, on reprend son souffle, on arrête le temps.»

Et la crise économique qui sévit encore n'a rien arrangé à l'affaire. Lorsqu'on est confronté à la sinistrose qui asphyxie l'Hexagone, à un avenir incertain, regarder dans le rétroviseur rassure. «Les Français se vivent dans un moment de recul relatif, voient leur pays comme une puissance en retrait, ajoute Serge Guérin. Ils se tournent vers des périodes plus exaltantes, plus chargées d'histoire.»

  • Déjà, la seconde moitié des années 1970 avait vu apparaître ce besoin de retour aux sources. En étudiant la première augmentation de généalogistes à cette période, on se rend compte qu'elle correspondait à l'arrivée des crises pétrolières, traînant dans leur sillage la première récession économique de l'après-guerre !
  • Plus encore que ses voisins, la France a fait naître ce besoin chez ses concitoyens. «Notre pays a perdu sa ruralité bien avant ses voisins. Exilés de leurs campagnes pour s'établir en ville, les Français ont subi un déracinement familial plus précoce, qui leur a fait perdre la trace de leurs ancêtres plus fortement que les autres.» D'après l'enquête Ipsos, 48 % des personnes interrogées ne sont pas capables de fournir l'état civil d'au moins un de leurs arrière-grands-parents !
  • Autre spécificité nationale, la facilité d'accès aux sources documentaires. La France dispose d'outils incomparables pour effectuer son enquête. Pour consulter les registres, pas besoin, comme en Espagne ou en Italie, d'aller sonner à la porte d'un prêtre de campagne parfois peu disposé à aider les chasseurs d'ancêtres. «A la Révolution, toutes les archives ont été confisquées aux châteaux et églises, pour être classées, regroupées et soigneusement conservées dans chaque département. Et les lois successives ont offert le libre accès à tous les documents de plus de 75 ans». Résultat, le système d'archives français est un modèle du genre. Sans compter le tissu associatif, particulièrement dense….. «Les bénévoles ont fait un travail remarquable de dépouillement systématique. Dès les années 1980, les associations ont travaillé en réseau, édité des bulletins regroupant leurs résultats.»

Le contexte historique n'est pas le seul moteur de cette démocratisation. Depuis quelques années, les nouvelles technologies y ont joué un rôle prépondérant, proposant sur la toile une véritable mine d'informations. 
  • Environ 70 % des départements ont désormais numérisé leurs archives. «Chaque généalogiste peut consulter ces sources officielles sans craindre pour leur fiabilité. Les chercheurs ont aussi mis en ligne leurs arbres, créant de formidables bases de données.».
  • Internet a aussi fortement dépoussiéré l'image jusque-là désuète de la généalogie, lui offrant une seconde jeunesse. «Les accros d'internet sont venus rejoindre les rangs des généalogistes traditionnels. Ce média a amené de plus en plus de jeunes à s'intéresser à leurs ascendants. Beaucoup ont saisi leur patronyme dans un moteur de recherche et se sont retrouvés pris au jeu.»
  • Mais la toile a ses limites. «Les nouveaux généalogistes, souvent jeunes, font preuve de moins de patience. Ils se contentent parfois de recopier des données, sans prendre le temps de vérifier leurs sources», regrette le rédacteur de La Revue française de généalogie.
L'engouement a en outre favorisé le développement d'un secteur marchand plus ou moins fiable. Créé par deux passionnés en 1996, Geneanet, site de partage de généalogies déposées par des chercheurs, met gratuitement à disposition plus de 436 millions de données. Le site est passé de 330.000 visiteurs uniques en 2006 à plus d'un million depuis le début de l'année. Regrettant les dérives de certains concurrents, l'entreprise exhorte ses abonnés à la vigilance. «Parfois recopiée par des collectionneurs d'ancêtres peu scrupuleux, une erreur peut se répandre comme une traînée de poudre, insiste Christophe Becker, son PDG. Nous incitons à associer chaque information à un acte authentifié.»