Mais depuis longtemps, je voulais évoquer le parcours "étonnant" de l'un des fils de Jean-Marie... Gabriel Henri François (1743-1867) dont plusieurs descendants sont parmi les fidèles du blog. Pourquoi ai-je tant tardé ?...parce que j'aurai aimé illustrer mon récit d'un buste ou d'un tableau le représentant. Vu son itinéraire, il me semblait incroyable que je ne puisse pas dénicher ne serait-ce qu'un dessin. J'ai donc passé bien du temps à contacter dans la "bulle généalogique" plusieurs descendants. Eux-mêmes, intéressés par ma démarche, ont fouillé tiroirs et archives, ont interrogé parents et cousins. Il a été évoqué un buste mais on en a perdu la trace ! Dommage..... Seul un tableau représentant l'épouse de Gabriel a été retrouvé.
Et pour pallier au manque d'images, ci-dessous le lien entre Gabriel et deux de nos cousines fidèles du blog.....
![]() |
| Cliquez droit et "afficher image" |
Grâce à des notes que Gabriel Noury laissa, nous connaissons bien des détails sur son enfance et sa jeunesse. Enfant fragile, Il se plaint de la dureté de son père lui préférant son frère "Je reçus les premiers principes d'éducation chez un prêtre à Louvigné-du-Désert (à 12 lieues3/4 de Rennes) J'y fus depuis sept jusqu'à neuf ans. C'était le pédant le plus cruel si je n'avais pas eu pour second maître à Rennes le sieur Martin dont le nom m'inspire encore la terreur. Cependant quoique je fusse dissipé, maraudeur, l'un des chefs d'insubordination et le vengeur des injures, autant que mon âge et mes forces le permettaient, je n'ai jamais reçu la correction humiliante du fouet ! Je doute qu'aucun autre ayant eu pendant dix ans l'un ou l'autre pour maître peut en dire autant. Je me serais fait tuer plutôt que de dénoncer un camarade mais je n'hésitais jamais à m'accuser. Prompt à m'acquitter de mes devoirs, j'étais ardent à la récréation. Si l'on me punissait avec justice, j'acceptais sans humeur la tâche qu'on m'aurait imposée. Ces raisons, sans doute, jointes à ce que j'entretenais la gaieté et l'harmonie parmi mes camarades m'obtinrent d'être traité avec un peu plus d'humanité !
Gabriel suivit à Rennes, en qualité d'externe, les cours du collège de la ville (vraisemblablement le collège des Oratoriens). Les jeunes Noury, prenaient pension chez une femme demeurant sur le Pré Botté (peut-être rue du Pré Botté aujourd'hui) et dont la maison portait le chat botté en enseigne. Il fit dans ce collège de très brillantes études. Dans les dernières années, Gabriel se fortifia et se disposait à l'étude des lois lorsque son père le frappa injustement ! Il quitta alors la maison paternelle avec peu d'argent et sans but déterminé. N'ayant point de passeport, il fut arrêté et en quelque sorte forcé de s'enrôler au 17è régiment d'infanterie (régiment d'Auvergne en garnison à Avranches). Il avait à peine 17 ans et il y resta jusqu'à l'âge de 20 ans. "Je fus soldat exact et soumis, je devins ferrailleur. Sans être très fort en escrime, je me fis redouter et soit l'effet du hasard ou de mon sang-froid, j'ai eu longtemps la malheureuse réputation de supériorité dans les combats singuliers. Je m'habillais aussi bien que la discipline et mon peu d'argent me le permettaient. Je payai six mois de maître de danse et de clarinette. Je profitais d'une bonne école que le Colonel entretenait au régiment pour les cadets et les jeunes sous-officiers. Là, j'appris un peu de mathématiques. Je m'occupais aussi de littérature, je ne perdais pas mon temps et je n'ai jamais été plus sage que pendant que j'étais soldat." Le régiment de Gabriel était en garnison à Amiens lorsqu'il le quitta. Il fut, en effet, congédié lors de la paix de 1783 et vint alors habiter Nantes où il s'occupa d'armement.
En 1792, il y faisait du commerce maritime avec de puissants armateurs, planteurs des Antilles et de Saint-Domingue. Mais la révolution de Saint-Domingue arriva et ruina presque toutes les maisons françaises en relation avec cette colonie. Gabriel fut ruiné mais il trouva, par la suite, moyen de refaire fortune ! Ensuite d'après Edouard Noury (un petit-fils de Gabriel), il fut à nouveau complètement ruiné par la Révolution dont il avait embrassé les idées. Cependant il n'adhéra aux idées nouvelles qu'en modéré et ne fit partie d'aucun club. Arrêté dans la nuit du 14 septembre 1793. Il habitait alors la maison qui fait l'encoignure des rues Raineau et Gretry, celle-ci se nommait alors rue Cereste. Il fut d'abord conduit à l'Entrepôt, puis à la prison des Saintes Claires, dite des "grands coupables" !....."Je fus arrêté par ordre provoqué des sept membres de la Convention alors à Nantes. Celui qui m'arrêta était le maître d'armes de France. Je fus d'abord mis aux fers et je mangeais avec un cochon, mon commensal !... On croirait que j'écris un roman sans vraisemblance si je racontais la moitié des horreurs que j'ai vues et complètement partagées. Parmi beaucoup de faits, en voici quelques-uns. Je n'étais plus aux fers par la protection du geôlier et de sa femme et par tour de rôle d'ancienneté. Je devais parfois faire l'appel d'hommes qu'on faisait sortir pour les guillotiner ou les noyer, 50 ou 60 personnes par jour... La prison était petite et malsaine. Le geôlier, lui-même, n'osait entrer dans nos cachots ! Un soir, on vint faire une sortie et on m'ordonna de faire l'appel. La liste était, je crois de 60 et quel était le premier nom ? C'était le mien. Je repoussai la liste en disant au geôlier "Lis toi-même. Celui-ci ne m'appela pas."
Gabriel fut sauvé par le concierge nommé Forget qui le fit évader. Il entra par la suite dans l'Administration de l'Intendance et suivit les armées dans leurs différentes campagnes. Il devait y faire une carrière très honorable grâce à sa haute intelligence et sa grande loyauté. Il fut nommé commissaire des guerres à l'armée des Côtes de Brest en 1794... à Saint-Malo en 1795... à Lyon en 1796 sous les ordres du général Kellermann... à Anvers en 1797 sous le général Souhain puis à l'armée des Alpes et en 1798, il est nommé commissaire pour la vérification des comptes de l'ancienne administration des Invalides à Paris. En 1800, Gabriel est nommé ordonnateur du corps de réserve à l'armée du Rhin (1800) et fait partie de la commission de l'arriéré à Paris. Il ira à Lyon, à Turin, à Bordeaux, à Bayonne. En 1803, il est nommé ordonnateur en chef du corps d'armée et ensuite au 7è corps de la Grande armée.
Gabriel continue ses voyages à travers l'Europe. En 1806, il est sous les ordres de Junot dans les Etats de Parme et de Plaisance, à l'armée de Dalmatte, etc. C'est cette année là, le 19 novembre 1806, que meurt son père âgé de 81 ans.
Le 21 juin 1807, Gabriel vend, devant Me Gaigeot, notaire à Châteaugiron, à Anne Marie et Marie Anne, ses soeurs, "La Clairaiserie" pour y établir le couvent des dames Ursulines. Il ne reviendra pas à Châteaugiron, fief de la famille et où il était né. Mais Gabriel aimait beaucoup la campagne...il chercha alors à acheter une propriété dans les environs de Nantes et en 1807, il achète un château nommé "le Coin".....
![]() |
| clic sur photo ! |
De l'autre coté du "Coin", Gabriel avait acquis aussi "les Avineaux", ancienne terre noble, et en grande partie de vignobles où l'on faisait plus de 200 barriques de vin blanc. Ces deux propriétés sont situées sur la commune de Saint-Fiacre à environ 16 kms au sud de Nantes.
Et le 15 février 1808, Gabriel se marie.....
Le Tome 2 très prochainement... Promis !


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire