mardi 11 novembre 2014

1914-2014.....Branche BOULLOUD !

 S'ils n'ont hélas ! pas d'autre tombe
Que la tranchée ou un champ
Nous savons bien que lorsqu'ils tombent
Ils sont morts en espérant...

Alphonse Eugène BOULLOUD (1892-1915)

..... Caporal au 12è BCP, Matricule 2930 au corps, classe 1912 N° 216 au recrutement de Grenoble. Alphonse va trouver la mort en 1915 sur le champ de bataille de la première guerre mondiale en Alsace..... il n'avait que 23 ans ! Alphonse était un cousin germain du grand-père de Jean-Pierre. Même lien de parenté pour sa cousine Jeanne de Vaulnaveys ou ses cousins Claude et Georges Ferrand. Le souvenir d'Alphonse est rappelé sur le monument aux morts de Vaulnaveys-le-Bas dans l'Isère où il avait vu le jour en 1892.....

"Aujourd'hui vingt-neuf avril mil neuf cent quinze à Sulzern (Alsace) devant nous Favier Claudius, sous-lieutenant au 12è Bataillon de Chasseurs sont comparus les sieurs Pierre Henri Lespinasse, adjudant à la 1ère Section de mitrailleuses du 12è Bataillon de Chasseurs Alpins et Pierre Genein, Caporal à la même section, lesquels nous ont déclaré que le sieur Boulloud Alphonse Eugène Constant, caporal à la 1ère section de mitrailleuses du 12è Bataillon de Chasseurs, fils de Jean Baptiste dit Constant et de Blanc Joséphine, né le premier mars mil huit cent quatre vingt douze à Vaulnaveys-le-Bas, département de l'Isère, est décédé à Sulzern (Alsace) le vingt sept avril mil neuf cent quinze par suite de blessures reçues aux avant-postes de Sulzern le dit jour. Le tout quoi nous avons dressé le présent procès verbal qui a été signé par nous et les témoins, lecture faite".



                          
       
Camille BOULLOUD (1875-1915)

..... était en 1914 sergent au 4è bataillon de chasseurs : Matricule 1002 au corps, classe 1895, n° 711 au recrutement de Grenoble.Porté disparu en 1915 (on a pas retrouvé son corps) à Bucy-le-Long (Aisne)... Son nom est porté sur le monument aux morts de la commune de Bucy (cf. site "Memorial Genweb") mais aussi sur celui de Vaulanaveys-le-Bas. Très proche de Jean-Pierre, de sa cousine Jeanne et de ses cousins ci-dessus nommés puisque Camille était le jeune frère de leur grand-père.

Extrait des minutes du Greffe du Tribunal Civil de Première Instance de l'arrondissement de Grenoble, Isère - République française... 
"Au nom du peuple français, la première Chambre du Tribunal de Première Instance de l'arrondissement de Grenoble, Isère a rendu en audience publique tenue le 6 octobre 1920 le jugement dont le dispositif est ainsi conçu.....
"Prononce et déclare que Boulloud Camille Eugène né à Vaulnaveys-le-Bas le 18 novembre 1875 de Pierre et Emilie Pillon, cultivateur, célibataire à Vaulnaveys-le-Bas est décédé le treize janvier mil neuf cent quinze à Bucy-le-Long (Aisne). Mort pour la France..."


1914-2014.....Branche DESCHAMPS !

Ils ont offert le sacrifice,
De leur jeunesse en pleine fleur 
Pour qu'à nouveau chez nous surgisse
Avec la paix le vrai bonheur...

Louis DESCHAMPS (1888-1914)

.....décède en captivité en octobre ou novembre 1914 à Lechsfeld (Bavière). Il était sans doute gravement blessé. Un petit neveu du coté de notre arrière grand-père Pierre-François Deschamps qui, par son union avec Judith Deschamps la Rivière reprit ce patronyme (cf. message du 13/02/2008).

1914-2014.....Branche NOURY !

 Là-bas bien loin de leur famille
Tombèrent ceux que nous pleurons
Ceux dont la mort fut héroïque
 et nous rend fiers aujourd'hui !

Jean Arthur ANNE-DUPORTAL (1891-1914)


 ..... le dernier des cinq enfants de la famille. Une parenté par les Noury mais avec un lien de plus grande proximité avec nos cousins Drouin et Thorel (branche Aulanier) dont il était un oncle. Etudiant en Droit, il fut incorporé au régiment d'infanterie de Vannes en 1913 pour faire son service militaire. Il partit sur le front dès les premiers jours d'août avec toutes les formations d'active et un mois après, âgé de 23 ans, il était porté disparu pendant les combats de la Marne . Ses soeurs conserveront longtemps l'espoir de le retrouver vivant. Il fallut la fin de la guerre, l'armistice, le retour de tous les prisonniers pour les convaincre que le petit frère avait succombé sous les balles allemandes dès les premiers combats. 
Il fut sans doute au nombre de ces milliers de jeunes hommes broyés par les armes de destruction qui furent privés de sépulture et dont les ossements épars, ne permettant aucune identification, furent placés dans un des ossuaires de la ligne de feu, tel Douaumont par exemple.


Louis Marie Alphonse NOURY (1892-1914)
 
..... était soldat au 65è Régiment d'Infanterie au moment de sa mort le 27 août 1914 durant la bataille du Bois de Chaumont-Saint-Quentin (Ardennes). Louis nous est, comme Jean Arthur, apparenté par les Noury (même degré).

                                                
Jean UBICINI (ca1886-1915)

 ..... Comme son cousin Jacques Bodin (ci-dessous), Jean a trouvé la mort durant cette guerre maudite. Il est tombé en Septembre 1915 durant l'assaut de l'Epine de Velgrange dans le Secteur de Saint-Hilaire-le-Grand (Marne). Jean était alors sous-lieutenant au 155è RI. C'était un cousin issu de germain de mon père. 


Jacques BODIN (1888-1916)

 23 ans est tombé au champ d'honneur pendant l'attaque du village de Fleury devant Douaumont en Juillet 1916. Il rejoignait dans la mort et le sacrifice Jean Ubicini, lui-même, tombé en Septembre 1915 à l'assaut de l'Epine de Velgrange. 
 Sur sa fiche relevée en 2006 sur la Base "Mémoire des Hommes", nous lisons que Jacques appartenait au 2è régiment de Tirailleurs Algériens (matricule 401 de la classe 1907).
Oncle Pierre Bodin, le jeune frère de Jacques, m'écrit le 9 septembre 1979 : 

 "Leurs noms figurent sur le monument de Lavaré (Sarthe) mais ils sont restés au milieu de leurs hommes sur la terre de Champagne et de Verdun.se sacrifiant pour que la France, dans l'Europe qui devait se faire ne soit pas une colonie des Pays de l'Est, mais occupe une place honorable, à part entière."


René RAME (1895-1917)  

..... fils aîné de l'oncle Edmond Ramé, respectable vieillard à la barbe blanche, plutôt impressionnant pour la petite fille que j'étais alors et à qui nous allions, tous les 1er janvier, présenter nos voeux. Le sergent René Ramé est tombé au champ d'honneur le 11 décembre 1917 à Fleury (55) intoxiqué par les gaz à l'âge de 22 ans. Et toujours la même parenté par les Noury.

Claude RAME (1896-1918)

..... caporal et frère du précédent, blessé, fait prisonnier, Claude décédera le 16 juillet 1918 à Heilbronn en Allemagne. Un exemple qui montre, si besoin était, combien de familles perdirent plusieurs enfants au cours de la terrible guerre.


Eugène BONAMY (1873-1917)

..... Capitaine au 9ème Cuirassiers. Militaire de carrière, il eut le temps d'être largement décoré : Chevalier de la Légion d'Honneur, Croix de guerre, Médailles coloniale et du Maroc, Officier du Mérite hafidien, Chevalier de l’Etoile noire du Bénin et de l’Ordre des Comores, 7 fois cité pour faits de guerre et finalement "tué à l’ennemi" le 25/3/1918 au Bois de Ferrières près de Chauny (Aisne). Il sera inhumé dans le caveau familial, cimetière de la Bouteillerie à Nantes (Loire-Atlantique). La photo de la tombe et de la plaque sur http://pagesperso-orange.fr/seynaeve. des années plus tard en 1940, son neveu François le rejoindra au cimetière !

                           
Enfin, un mot d'Emile Driant, héros de cette guerre, tombé en 1916 au "Bois des Caures" à Verdun et gendre du général Boulanger*. Nous avons un "petit, très petit lien" avec lui par le biais de Rosalie Boulanger (grande-tante du général et dont le petit-fils épousera une Noury). Mais si je vous en parle, c'est que j'ai été longtemps en contact avec le petit-fils d'Emile, Régis Driant (1944-2012) avec qui j'ai partagé bien des trouvailles. Il collabore à une base importante de données généalogiques. Son grand-père Emile Driant, un héros mais aussi un auteur, écrivait sous le pseudonyme de "Capitaine Danrit", l'anagramme de son nom choisi pour se protéger de la censure de ses supérieurs. J'avais, il y a bien longtemps remisé au grenier deux petits livres de ce "Capitaine Danrit" absolument inconnu de moi. Son petit-fils m' a permis d'extraire l'oeuvre de l'oubli et de la poussière mais, je vous l'avouerai, je ne l'ai pas encore lue !
* le général Boulanger fut immortalisé, entre autres, par une chanson écrite par Paulus "en revenant d'là revue"
 

1914-2014..... Branche THOREL


 Là-bas bien loin de leur famille
Tombèrent ceux que nous pleurons
Ceux dont la mort fut héroïque
et nous rend fiers aujourd'hui !

     Paul Marie THOREL (1882-1914)
 

 ..... sixième fils de mon arrière-grand-père Camille. Officier, il fut mortellement blessé au début de la guerre et mourut à 24 ans dans une ambulance allemande ! Un premier courrier du Comité international de la Croix-Rouge à Genève à ses parents...

"Nous avons le triste devoir de vous informer que nous trouvons sur les listes officielles allemandes : Thorel Paul, Sergent au 36è d'Infanterie est décédé le 3 Octobre 1914 au lazaret de campagne 8 du 7è corps allemand. Nous ignorons la date du décès et le lieu où il a été enseveli. Nous vous prions de croire, Monsieur, à l'assurance de notre profonde sympathie." D'après des renseignements donnés à son frère Jacques par un aumônier allemand, après la guerre de 1914-1918, Paul serait mort de la gangrène qui serait apparue sur la jambe où il avait été atteint. Toujours d'après cette même source, il serait décédé dans l'église du petit village de Bourgogne (51), transformée en hôpital de campagne."
 
Quelques photocopies de documents officiels adressés à l'époque à son père Camille nous parle encore de lui. Ils m'ont été communiqués par mon oncle Paul Thorel.

A cet hommage pour son courage, j'associe le souvenir de mon grand-père maternel Philippe Thorel qui, s'il n'est pas tombé sous les balles ennemies est décédé en 1920 des suites de ce qu'il avait enduré dans les tranchées. Philippe, bien que père d'une famille nombreuse, partit en 1914. Il contracta, à la bataille de la Somme, une maladie de poitrine, suite aux gaz asphyxiants utilisés par les Allemands. Après une courte maladie, il s'éteignit dans la nuit du 19 au 20 février 1920 laissant derrière lui sept enfants dont l'aînée, Geneviève, ma maman n'avait que 17 ans et le plus jeune oncle Michel, deux ans à peine. Paul, cité en tête, était un de ses jeunes frères.

Les autres fils de mes grands-parents partirent aussi mais furent épargnés. Marcel, officier de carrière, mis hors de combat en 1914 par une grave blessure. Louis, près de Verdun, ramenant des blessés fut "repéré" par l'ennemi, son train bombardé... mais il s'en sortit. Enfin André pour lui, cette guerre restera très vivante, souvenirs ancrés profondément dans son coeur... la Somme, la Champagne, les Vosges, Verdun comme caporal mitrailleur de chasseurs à pied. Partout en première ligne, il poussera l'élégance jusqu'à revenir sans une égratignure. Tous n'auront pas eu cette chance ! 
 

dimanche 9 novembre 2014

Les Thorel du Portugal ?.....c'était bien vrai ! Tome I

Je réactive une question
 laissée en suspens depuis des générations... 
Elle concerne Marc Antoine Thorel (1664-1748), l'un des enfants d'Anthoine Thorel (1628-1666) dont je descends par un autre de ses fils. Si l'arbre d'ascendance que j'ai pu remonter jusqu'à Jacques Thorel qui serait décédé vers 1566 est bien complet, au moins en ce qui me concerne comme pour mes proches cousins, il existe des lacunes sur les branches latérales. Pourquoi le destin de ce Marc Antoine me tenait-il tant à coeur !.....
Très simplement parce qu'il était écrit sur certaines notes d'archives familiales 
"a laissé des enfants à Lisbonne où il a du se marier".
J'avais envie d'en savoir plus... mais je ne savais pas très bien comment les retrouver là-bas ne parlant pas un mot de portugais et aucune relation sur place. Heureusement, j'ai appris au cours des années à faire appel à la solidarité des généalogistes implantés en divers pays à travers de nombreux forums de recherche.

C'est ainsi que j'ai pu retrouver de nombreuses infos sur la vie des Rabillon partis au 19è siècle à Baltimore (Maryland), leur adresse, leurs voyages vers l'Europe, leurs occupations, certaines d'ailleurs retrouvées aussi par mon frère Michel, il y a bien des années. Je poursuis encore aujourd'hui une recherche sur un ascendant de quelques-uns de mes petits-enfants parti en Uruguay. Je me suis alors inscrite sur un site d'Entraide portugais où j'ai exposé l'objet de ma recherche...en français ! Quelques jours après, un certain Carlos da Fonte me répondait. Il avait trouvé l'acte de décès d'un Marcos Antonio Torel..... Il y était dit "qu'il était le premier des Thorel à venir au Portugal et qu'il venait de Rouen en Normandie". Ce ne pouvait être que notre homme ou l'un de ses fils !

L'acte de décès en portugais m'a permis d'en comprendre l'essentiel mais Carlos, m'en proposait une traduction bien vite acceptée.....


"Au douze jour du mois de Juin de mil et  sept cent et quarante et huit dans la  Paroisse du Très Saint Sacrement a decedé de la vie  présente et a reçu toutes les sacrements  Marcos Antonios Tourel marié avec Dona Joana Francisca da Cunha Manuel demeurant prés de la Porte Laterale du Carmo, a fait son testament Éxécuteurs testamentaires ses fils Francisco António Torel, António José Torel et le Reverend  Père Maître Frère Joaquim Manuel religieux de l’Ordre du Christ et au jour treizième du mois et année courants, s’a enseveli à l’Église de Notre Dame du Mont Carmel et pour être vrai je l’ai fait et signé  Recteur Manoel Luiz Ribeyro". 

Il restait à confirmer la filiation de Marc Antoine (rebaptisé Marcos Antonio) avec Anthoine Thorel, marchand à Rouen ! mais déjà mon correspondant m'avait envoyé d'autres documents extraits d'un "nobilaire"allant dans le sens d'un lien avec la famille normande comme celui-ci....
"Marco Antonio Torel, fils de António Thorel et de Jeanne Dehors (apparait aussi dans le même contexte "Jeanne de Heri"). Marc Antonio Torel est dit né à Rome, mais peut-être il s'agit de son père."
Tout cela allait dans le bon sens, la naissance à Rome étant, à l'évidence, une erreur de traduction et ne pouvait être que Rouen où nous savons que Marc Antoine est né en 1664. La filiation était exacte.


Il fallait aller plus loin et si cela était possible avec notre ami Carlos. Je lui ai demandé s'il pensait possible de trouver le mariage de Marc Antoine... Il m'envoya, non seulement, la publication des bans du mariage mais encore les enfants du couple. Nous en sommes là ! Pourrons-nous aller plus loin et rejoindre notre siècle ?..... 

L'acte de bans du mariage confirme bien que Marc Antoine est celui que je cherchais......
" Dans le quatre de Mai de mil et sept cent et un, publiés les bans du mariage "via ordinaria" et en vertu d'un mandat du Sieur Docteur Sebastião Monteiro da Vide, Vicaire Général et Pourvoyeur des Mariages, dans la porte de cette Église, a midi, avec autorisation, a reçu en forme ordinaire (selon la) disposition du sacré Concile de Trente, le Révérend  Docteur Jeronimo Roballo Freire Vicaire Général au Archidiaconat de Santarem a.....  Marcos Antonio Torel fils de Antonio Torel et de Joanna du Oz((i)er?) né à Rouen, province de Normandie, Royaume de France, a reçu le baptême en la paroisse de Saint Lô .....et demeurant (aujourd'hui) dans cette ville à la paroisse de São Paulo: avec Dona Joanna Francisca da Cunha fille de Francisco da Cunha Manoel et de Dona Sebastiana de Seixas Felix, née à la ville de Lourinhã, a reçu le baptesme à la paroisse de Notre Dame de l'Annonciation et présentement ma paroissienne. Témoins le Révérend Pére Mathias Craveiro Tagarro, trésorier de cette église et Mathias
[dans la marge gauche]: Marcos Antonio Torel avec  D(ona) Joanna Franc(isc)ª da Cunha/


Hormis la déformation du patronyme de sa mère Jeanne Dehors, on retrouve bien Marc Antoine, fils d'Antoine, né à Rouen, Normandie, Royaume de France et baptisé en l'église Sain-Lô comme on peut le lire dans son acte de baptême que je possède depuis bien des années.

Mon correspondant ajoute qu'il est certain que Marc Antoine n'a pas contracté un mariage avant 1701 car, m'écrivait-il, cette union serait mentionné dans l'acte ci-dessus.


Une branche de la famille Thorel de Rouen
 existe donc bien au Portugal 
ou, du moins, y a existé en attendant...
 que nous puissions pousser plus loin nos investigations !

Cerise sur le gâteau... une ébauche de descendance certifiée de Marc Antoine et de Jeanne Françoise de Cunha : 7 enfants dont 6 garçons et une fille. L'un d'entre eux sera évêque, un autre gentilhomme de la Maison royale avec descendance, tous seront Chevalier de l'Ordre du Christ sans, pour l'instant en savoir beaucoup plus. A suivre si possible.....
J'ajoute que Carlos est, lui aussi, interessé par les Thorel à qui il pourrait être lié, m'at-il confié par l'épouse de l'un des fils de Marc Antoine. 

*  Carlos attire enfin notre attention sur le "jardim do Torel" à Lisbonne...  
On peut retrouver ce site sur Internet.....mais ce jardin, si il a aujourd'hui bien changé, fut à l'origine le lieu d'un palais édifié pour Marc Antoine Torel et sa famille. Il faut croire que notre parent , faisant commerce du coton et de la soie, comme son père et son frère a du faire fortune au Portugal. La suite de l'histoire nous est inconnue si ce n'est que le palais changea de mains mais le jardin est resté le jardin des Thorel où l'on peut encore s'y promener et admirer Lisbonne d'en haut....." L'indication d'origine néerlandaise est intéressante puisqu'il a été souvent évoqué que les Thorel pourrait venir des pays du Nord et descendre des Vikings.
A l'intention des cousins Thorel...Si, un jour, vous allez à Lisbonne, ne manquez pas le "jardim do Thorel" à défaut d'y rencontrer des membres de "nos familles !"

samedi 8 novembre 2014

Gabriel Henri François Noury.....un étonnant parcours...Tome 1

J'avais, jusqu'ici, mis en scène Jean-Marie (1725-1806) ancêtre commun à bon nombre d'habitués du blog de "nos familles". Notaire, Procureur de la baronnie de Châteaugiron et autres, Juge de Paix 1789, il eut 17 enfants dont 7 eurent descendance. L'une de ses petites-filles épousera en 1804 à Rennes mon AAGP Etienne Vital Rabillon (plusieurs "posts" lui ont été consacrés depuis 2008).

Mais depuis longtemps, je voulais évoquer le parcours "étonnant" de l'un des fils de Jean-Marie... Gabriel Henri François (1743-1867) dont plusieurs descendants sont parmi les fidèles du blog. Pourquoi ai-je tant tardé ?...parce que j'aurai aimé illustrer mon récit d'un buste ou d'un tableau le représentant. Vu son itinéraire, il me semblait incroyable que je ne puisse pas dénicher ne serait-ce qu'un dessin. J'ai donc passé bien du temps à contacter dans la "bulle généalogique" plusieurs descendants. Eux-mêmes, intéressés par ma démarche, ont fouillé tiroirs et archives, ont interrogé parents et cousins. Il a été évoqué un buste mais on en a perdu la trace ! Dommage..... Seul un tableau représentant l'épouse de Gabriel a été retrouvé. 

 Et pour pallier au manque d'images, ci-dessous le lien entre Gabriel et deux de nos cousines fidèles du blog..... 

Cliquez droit et "afficher image"
 Voici donc l'histoire de ce parent pour les uns, d'un ancêtre pour les autres, une histoire étonnante aux multiples rebondissements, reflet d'une époque où l'on ne transigeait pas avec rigueur et obéissance, où le courage, l'intelligence et la volonté vous aidait à franchir les obstacles que la vie et les aléas de l'histoire semaient sur votre chemin. En l'évoquant, je pense à mon ancêtre Etienne Vital Rabillon, originaire du Vaucluse dont le parcours, assez semblable avant d'arriver à Rennes, fut aussi le reflet d'une société et d'une époque troublée...
 
Grâce à des notes que Gabriel Noury laissa, nous connaissons bien des détails sur son enfance et sa jeunesse. Enfant fragile, Il se plaint de la dureté de son père lui préférant son frère "Je reçus les premiers principes d'éducation chez un prêtre à Louvigné-du-Désert (à 12 lieues3/4 de Rennes) J'y fus depuis sept jusqu'à neuf ans. C'était le pédant le plus cruel si je n'avais pas eu pour second maître à Rennes le sieur Martin dont le nom m'inspire encore la terreur. Cependant quoique je fusse dissipé, maraudeur, l'un des chefs d'insubordination et le vengeur des injures, autant que mon âge et mes forces le permettaient, je n'ai jamais reçu la correction humiliante du fouet ! Je doute qu'aucun autre ayant eu pendant dix ans l'un ou l'autre pour maître peut en dire autant. Je me serais fait tuer plutôt que de dénoncer un camarade mais je n'hésitais jamais à m'accuser. Prompt à m'acquitter de mes devoirs, j'étais ardent à la récréation. Si l'on me punissait avec justice, j'acceptais sans humeur la tâche qu'on m'aurait imposée. Ces raisons, sans doute, jointes à ce que j'entretenais la gaieté et l'harmonie parmi mes camarades m'obtinrent d'être traité avec un peu plus d'humanité !

Gabriel suivit à Rennes, en qualité d'externe, les cours du collège de la ville (vraisemblablement le collège des Oratoriens). Les jeunes Noury, prenaient pension chez une femme demeurant sur le Pré Botté (peut-être rue du Pré Botté aujourd'hui) et dont la maison portait le chat botté en enseigne. Il fit dans ce collège de très brillantes études. Dans les dernières années, Gabriel se fortifia et se disposait à l'étude des lois lorsque son père le frappa injustement ! Il quitta alors la maison paternelle avec peu d'argent et sans but déterminé. N'ayant point de passeport, il fut arrêté et en quelque sorte forcé de s'enrôler au 17è régiment d'infanterie (régiment d'Auvergne en garnison à Avranches). Il avait à peine 17 ans et il y resta jusqu'à l'âge de 20 ans. "Je fus soldat exact et soumis, je devins ferrailleur. Sans être très fort en escrime, je me fis redouter et soit l'effet du hasard ou de mon sang-froid, j'ai eu longtemps la malheureuse réputation de supériorité dans les combats singuliers. Je m'habillais aussi bien que la discipline et mon peu d'argent me le permettaient. Je payai six mois de maître de danse et de clarinette. Je profitais d'une bonne école que le Colonel entretenait au régiment pour les cadets et les jeunes sous-officiers. Là, j'appris un peu de mathématiques. Je m'occupais aussi de littérature, je ne perdais pas mon temps et je n'ai jamais été plus sage que pendant que j'étais soldat." Le  régiment de Gabriel était en garnison à Amiens lorsqu'il le quitta. Il fut, en effet, congédié lors de la paix de 1783 et vint alors habiter Nantes où il s'occupa d'armement. 

En 1792, il y faisait du commerce maritime avec de puissants armateurs, planteurs des Antilles et de Saint-Domingue. Mais la révolution de Saint-Domingue arriva et ruina presque toutes les maisons françaises en relation avec cette colonie. Gabriel fut ruiné mais il trouva, par la suite, moyen de refaire fortune ! Ensuite d'après Edouard Noury (un petit-fils de Gabriel), il fut à nouveau complètement ruiné par la Révolution dont il avait embrassé les idées. Cependant il n'adhéra aux idées nouvelles qu'en modéré et ne fit partie d'aucun club. Arrêté dans la nuit du 14 septembre 1793. Il habitait alors la maison qui fait l'encoignure des rues Raineau et Gretry, celle-ci se nommait alors rue Cereste. Il fut d'abord conduit à l'Entrepôt, puis à la prison des Saintes Claires, dite des "grands coupables" !....."Je fus arrêté par ordre provoqué des sept membres de la Convention alors à Nantes. Celui qui m'arrêta était le maître d'armes de France. Je fus d'abord mis aux fers et je mangeais avec un cochon, mon commensal !... On croirait que j'écris un roman sans vraisemblance si je racontais la moitié des horreurs que j'ai vues et complètement partagées. Parmi beaucoup de faits, en voici quelques-uns. Je n'étais plus aux fers par la protection du geôlier et de sa femme et par tour de rôle d'ancienneté. Je devais parfois faire l'appel d'hommes qu'on faisait sortir pour les guillotiner ou les noye
r, 50 ou 60 personnes par jour... La prison était petite et malsaine. Le geôlier, lui-même, n'osait entrer dans nos cachots ! Un soir, on vint faire une sortie et on m'ordonna de faire l'appel. La liste était, je crois de 60 et quel était le premier nom ? C'était le mien. Je repoussai la liste en disant au geôlier "Lis toi-même. Celui-ci ne m'appela pas."
 
Gabriel fut sauvé par le concierge nommé Forget qui le fit évader. Il entra par la suite dans l'Administration de l'Intendance et suivit les armées dans leurs différentes campagnes. Il devait y faire une carrière très honorable grâce à sa haute intelligence et sa grande loyauté. Il fut nommé commissaire des guerres à l'armée des Côtes de Brest en 1794... à Saint-Malo en 1795... à Lyon en 1796 sous les ordres du général Kellermann... à Anvers en 1797 sous le général Souhain puis à l'armée des Alpes et en 1798, il est nommé commissaire pour la vérification des comptes de l'ancienne administration des Invalides à Paris.  En 1800, Gabriel est nommé ordonnateur du corps de réserve à l'armée du Rhin (1800) et fait partie de la commission de l'arriéré à Paris. Il ira à Lyon, à Turin, à Bordeaux, à Bayonne. En 1803, il est nommé ordonnateur en chef du corps d'armée et ensuite au 7è corps de la Grande armée.
Gabriel continue ses voyages à travers l'Europe. En 1806, il est sous les ordres de Junot dans les Etats de Parme et de Plaisance, à l'armée de Dalmatte, etc. C'est cette année là, le 19 novembre 1806, que meurt son père âgé de 81 ans.
Le 21 juin 1807, Gabriel vend, devant Me Gaigeot, notaire à Châteaugiron, à Anne Marie et Marie Anne, ses soeurs, "La Clairaiserie" pour y établir le couvent des dames Ursulines. Il ne reviendra pas à Châteaugiron, fief de la famille et où il était né. Mais Gabriel aimait beaucoup la campagne...il chercha alors à acheter une propriété dans les environs de Nantes et en 1807, il achète un château nommé "le Coin"..... 

clic sur photo !
"Cet endroit est vraiment ravissant. La propriété est au confluent de deux petites rivières, la Sèvre Nantaise et la Maine d'où le nom de Coin. Le château est presque au bord de l'eau et se trouve très "embocagé. Les deux rivières sont fort jolies à parcourir et la seconde qui est plus étroite, forme une grande quantités de courbes."dira Gabriel. 

De l'autre coté du "Coin", Gabriel avait acquis aussi "les Avineaux", ancienne terre noble, et en grande partie de vignobles où l'on faisait plus de 200 barriques de vin blanc. Ces deux propriétés sont situées sur la commune de Saint-Fiacre à environ 16 kms au sud de Nantes.


                   Et le 15 février 1808, Gabriel se marie.....
                            Le Tome 2 très prochainement... Promis !

vendredi 7 novembre 2014

Hippolyte Monpou.....compositeur !

Il s'agit ici d'actualiser un "post" publié en février en 2008 et concernant Hippolyte Monpou (1804-1841) ! Je ne reviens pas sur l'historique de mes recherches en 2004 d'un frère de Marie-Louise Monpou, l'une de mes ancêtres (branche maternelle). Ce qui motive ce retour sur le parcours de Monpou, c'est la découverte récente d'un article extrait, cette fois, du "Journal de l'Ain du 15/12/1841".
François Louis Hyppolite n'avait pas trois ans que le génie de la musique s'emparait de lui. A cinq ans, enfant de choeur à Saint-Germain l'Auxerrois, avec sa voix "argentine"et sa grâce d'enfant il grandit entre chants sacrés et accord de l'orgue. A neuf ans, il entre dans la maîtrise de Notre-Dame et avide de savoir, il étudia vite et bien. Il entre ensuite à l'Ecole d'Alexandre Choron et à seize part à Tours, organiste de la cathédrale.
Quand Choron crée en 1828 "L'Institution royale de musique classique et religieuse", il fait naturellement appel à Monpou. Mais jouer en public ne va pas de soi. Hippolyte doit combattre sa timidité. C'est vers cette époque qu'il fait ses premiers pas dans la musique profane. Entre musique sacrée et musique profane, la révolution de 1830 tranchera. Le mouvement romantique fait une entrée tumultueuse sur la scène culturelle. Hippolyte rallie ce mouvement et compose la musique de "l'Andalouse" sur des paroles d'Alfred de Musset. Le succès est instantané et immense mais, en même temps fait scandale auprès des mères de famille !... Monpou devient le musicien romantique, ami de Victor Hugo, Alfred de Musset, Alexandre Dumas ou Théophile Gautier.   Son nom devient populaire comme ses oeuvres suivantes qui des salons étaient passées dans la rue sans parler de la province ou de l'étranger qui applaudirent le jeune compositeur. Travailleur acharné, Monpou multiplie les créations dont "Gastilbeza" en 1840 qui trouvera en moi un écho !!!!! J'ai beaucoup entendu parler de lui par ma mère qui reprochait à Brassens d'avoir emprunté la musique de son arrière grand-oncle en se l'appropriant. Et il est vrai que lorsqu'on interroge Internet, concernant "Gastibelza" on trouve mentionné bien plus souvent Brassens que Monpou ! J'ai donc souhaité en savoir plus car "fan" de l'ami Georges, le reproche de ma mère ne collait pas avec le profil que je conservais du poète.
En 2004, j'ai eu la réponse...en dénichant sur Google une communication d'un groupe de l'université de Jussieu intitulé "Variation sur une guitare de Hugo.....", texte qui mentionnait à plusieurs reprises Monpou. Plusieurs mois après, le groupe Jussieu en la personne d'Arnaud Laster m'a répondu  "Hippolyte Monpou a bien composé un "Gastibelza" sur la "Guitare" de Hugo, avant Litz et Brassens. Cette chanson obtint un grand succès au 19è siècle et lorsque j'ai présenté sur France-Culture les oeuvres de Litsz inspirées par Hugo, j'ai fait enregistrer le premier couplet de la chanson de Monpou. Il ne me semble pas que Brassens s'en soit inspiré... " Justice lui est rendue !

Retour sur la carrière d'Hippolyte...Travailleur acharné, il multiplie les créations et renouvelle les thèmes. Encouragé par les succès qu'il rencontre dans la romance, il se décide à aborder la scène théâtrale. Et dès 1835 à l'Opéra Comique, il fait représenter "Les Deux Reines" de Frédéric Soulié, peut-être sa plus remarquable partition. Suivront d'autres compositions mais là le succès ne sera pas toujours au rendez-vous ! à l'exception en 1840 de la dernière oeuvre de Monpou  "Jeanne de Naples" qui remportera un vif succès auprès du public en dépit d'une critique sévère !.....Les difficultés rencontrées lors de la représentation de "La chaste Suzanne" dont les représentations furent arrêtées, en dépit de son succès, par l'Académie royale de musique au prétexte que cette pièce appartient au genre du "Grand Opéra" auront des conséquences sur la santé de Monpou mais pas seulement !
En 1841, il conclut un contrat draconien avec Eugène Scribe pour mettre en musique "Lambert Simmel". Le thème historique, dans la tradition de Walter Scott se prêtait bien à l'imagination de Monpou. Mais les conditions imposées par l'Opéra-comique étaient draconiennes : obligation de livrer la partition fin du mois d'août sous peine d'une lourde pénalité. Hippolyte avait la réputation de respecter ses engagements, il travaille jour et nuit... mais une maladie de l'estomac ou de l'intestin  se déclare. Il demande un sursis qu'on lui refuse ! L'impitoyable Opéra-comique envoie des huissiers..... Malade, désespéré, il veut revoir la ville de Tours où il avait connu les premiers éloges et la conviction du talent qui les obtient. En vain sa femme et son médecin le supplièrent de ne pas entreprendre ce voyage dans l'état de faiblesse où il se trouvait. Mais il voulait partir !...On a plusieurs versions de ce voyage et du  séjour à ou près d'Orléans où il serait arrivé le 9 août. L'histoire familiale dit qu'il aurait trouvé refuge chez un ami à la Chapelle- Saint-Mesmin à 6 kms d'Orléans. Son état s'aggrave, il est hospitalisé. Un prêtre fut appelé et Hippolyte se prépara à quitter cette terre et plus encore sa femme, sa fille  dont il emportait le bonheur et la fortune. 14 Août 1841... et toujours dans la presse, je relève "...Les obsèques de feu notre collaborateur Hippolyte Monpou ont eu lieu à Saint-Roch à Paris. Une foule d'artistes....et d'amis dévoués assistaient à cette triste cérémonie. On a exécuté une messe en musique.....on s'est rendu ensuite au cimetière du Père-Lachaise, où quelques discours ont été prononcés sur la tombe du défunt."
Et en décembre de la même année...  "un grand concert vocal et instrumental sera organisé par l'épouse de notre infortuné collaborateur, mort à la fleur de l'âge et de ses succès. On y entendra plusieurs artistes connus comme  Masset  pour la partie vocale. Messieurs Herz, Rosellen et M!le Anna Monpou,sa fille composeront la partie instrumentale. On y exécutera plusieurs des plus remarquables compositions d'Hippolyte..."

Dans cet article, j'avais relevé avec curiosité le nom d'Anna qui, si l'on en croit l'article, accompagnait la musique paternelle. J'ignorais qu'elle fut elle-même musicienne. D'elle, je connais peu de choses hormis son mariage avec un monsieur Pelletier et un fils qui serait mort en Algérie en 1883....peut-être là quelques pistes encore à suivre pour en savoir plus sur la descendance éventuelle de notre parent.

La tombe d'Hippolyte est au Père Lachaise. En 2004, le service du cimetière, répondant à ma requête, écrivait "Monsieur Hippolyte Monpou a été inhumé dans la concession n°200CC de 1841, située dans la 58ème division, 1ère ligne face à la 59ème division et 17ème tombe à partir de la 4ème division."

Enfin, Hervé-Martin Bordighoni, parent de la famille Chamonin à laquelle nous sommes également liés par les Monpou a trouvé dans un guide du cimetière du Père Lachaise l'inscription qui, semble-t-il, avait été souhaité par Hippolyte pour être inscrite sur sa tombe.....
 « On jette enfin de la terre sur la tête, et en voila pour jamais"

 Sur la photo de la tombe qui m'a été envoyée en 2004 par Michèle Letenneur , bénévole de l'Entraide généalogique de Paris, on remarque qu'elle est fleurie. Michèle m'a confiée alors qu'elle l'était régulièrement ! Par qui ?...des admirateurs fidèles ou  des descendants d'Hippolyte que je n'ai pas encore retrouvés.

Le grand apport d'Hippolyte Monpou à la musique du 19è siècle est d'avoir conféré ses lettres de noblesse à la romance, genre jusque là stéréotypé et souvent mièvre. Pour mieux comprendre la portée de cette innovation, il faut se souvenir que durant la première moitié du 19è siècle, la musique vocale avait les faveurs de la classe dirigeante. C'est alors qu'intervient une jeune génération de compositeurs emmenée par Hector Berlioz et Hippolyte Monpou avec dans leur sillage Henri Duparc, Victor Massé et beaucoup d'autres qui feront évoluer la romance vers ce que l'on appellera "mélodie". Et ce petit groupe imposera la mélodie comme un genre "noble" au même titre que la musique dite "classique". Le recours aux poètes romantiques sera leur outil de choix. La transition de la romance à la mélodie ne sera pas facile, ainsi qu'en témoigne le long travail de Berlioz sur "La Captive" et dans le cas de Monpou, les critiques qu'il a souvent subies.
Il appartiendra aux poètes de rendre justice à ce pionnier méconnu de la mélodie. On peut citer Verlaine qui s'écria.....
 " Laissez-moi retourner
 au Victor Hugo de Pétrus Borel et de Monpou"